Errances et phylactères

Manga, éditions taïwanaises, Moto Hagio, Akimi Yoshida, bandes dessinées… du papier avant tout!

2014

Je n’ai jamais réussi à écrire le moindre « bilan de l’année passée » sur ce blog, car je suis beaucoup trop désordonnée. Et si j’essaie aujourd’hui, c’est sans doute pour combler l’absence de l’année, pour réparer un peu toutes ces lectures qui n’ont pas eu de billets dédiés (et qui l’auraient mérité). Comme je suis avant tout une lectrice, on ne verra pas grand chose à part mes lectures dans ce bilan. Rien de très structuré non plus ni de passionnant, je vais faire un malheureux listing un peu rébarbatif de mes lectures et découvertes cette année. Bonne année 2015 et bonnes lectures! Au final, le bilan n’est pas entier, n’ayant plus le courage de continuer (je m’excuse pour ce long monlogue)…

Plan austérité

Comme j’en parlais déjà dans un autre billet à propos de ma panne d’écriture dans ces lieux, l’année 2014 fut surtout une année « plan austérité ». En fin décembre 2013, je m’aperçois que le nombre de volumes non lus a rapidement augmenté. Résultat, j’ai fixé un budget bandes dessinées mensuel de 70€ pour ralentir la donne, avec pour conséquence une année assez cornélienne au sujet des achats: succomber à mes envies du moment quand je vais en librairie ou bien acheter de manière plus réfléchie, en privilégiant ce qui est difficile à se procurer. J’ai opté pour la seconde solution: prioriser les éditions taïwanaises de manga sur le marché de l’occasion, ce qui m’a privé d’achats au début de l’année, générant pas mal de frustration. Très peu d’achats manga neufs au détriment des éditeurs français en 2014: Le pavillon des hommes #9, La vie de Raffaello Santi dit Raphaël, Ecole Bleue #4, Dorohedoro #15, Bride Stories #6. Au final, j’ai réussi mon défi en trichant un peu: 75€ de bons d’achat offerts et un cadeau à moi-même pour mes 32 ans. Je retiens surtout la difficulté de résister devant chaque sortie de Cesare (il me manque donc 4 volumes), Kamakura Diary #5 (ayant lu 4 volumes en fin 2012), les nouveautés de l’automne: Six Half, Moyasimon, Altaïr, Orange, les très attendus What did you eat yesterday? (enfin acheté le volume 1 au début du mois) et Sunny.

A cela s’ajoute la technique draconienne des lots de lecture et de l’interdit bibliothèques. Les listes de lecture, j’ai essayé par le passé (pas souvent) et ça n’a jamais fonctionné. J’ai toujours commencé par ce qui était le plus simple: les manga VF en premier, et tout ce qui était en chinois, en allemand ou simplement épais se trouvait donc au fond de la pile vu que je continuais à acheter des manga. Ma technique consiste à former un lot à partir de livres provenant d’une même période d’achat (en général un trimestre) et porter son choix sur tout ce qui est disponible dans le lot en cours jusqu’à plus de choix. Une technique qui m’a pas mal aidé car j’arrivais forcément à mes Némésis. Le premier lot répertoriait tout achat avant 2013 et j’ai pris 3 mois pour en venir à bout!

Globalement, ça a porté ses fruits mais j’ai quand même triché en plaçant hors-lot: des manga de Fumi Saimon (un don d’une copine indirecte de ma mère), les TPB de Calvin & Hobbes (je devais en lire un par mois, j’en ai lu 2), l’intégrale de Little Nemo, l’intégrale de Mafalda, l’anthologie de BD alternative chinoise Special Comix #3. L’échec le plus cuisant a été l’abandon de l’avant-dernier volume de Cerebus intitulé Latter Days, et je ne sais pas si je vais retenter le défi en 2015 tellement ce fut chiant. J’ai aussi triché un peu en dispersant sur plusieurs lots des manga d’histoires courtes en chinois pour éviter toute lassitude (Le Cortège des cent démons, Uryuudou YumebanashiYume no Ishibumi). J’ai pu résister à l’automne sans achat en transgressant à mes lectures de lots grâce aux emprunts bibliothèque (bandes dessinées franco-belge et romans surtout, pas de manga).

Lectures en vrac

Découvertes

Malgré les années à lire des manga, je n’arrive pas à être blasée et je continue encore à faire des découvertes. Pour les comics et les autres types de bandes dessinées, je suis toujours en train de découvrir des choses.

rakugo_shinjuuShôwa genroku rakugo shinjû (昭和元禄落語心中) de Haruko Kumota (雲田はるこ), série issue du Itan (josei, Kodansha). J’ai découvert ce manga par sa couverture un peu austère, à l’image du Pavillon des hommes, sans me souvenir du titre. C’est Jocelyne Allen qui m’a finalement rappelé le titre du manga. J’ai fini par craquer sur le volume 1 quand je l’ai vu disponible à Taïwan. L’histoire se penche sur un grand dadais un peu idiot sortant de prison et qui fonce chez le maître de rakugo Yakumo afin de devenir son disciple. Alors que Yakumo n’en reçoit aucun, il finit par héberger ce personnage qu’il baptise Yotaro (dans le rakugo, ce terme désigne un personnage un peu idiot). Je suis immédiatement tombée sous le charme de ce manga (il me tarde de lire le volume 2) déjà pour son graphisme, mais aussi l’univers du rakugo, les relations entre les personnages et l’humour. Car c’est plutôt sur cet aspect que Kumota se penche pour le moment, et c’est plus vers Le disciple de Doraku qu’il faut se diriger pour les coulisses du rakugo. On voit que Kumota a fait du boys love vu la dynamique qui se développe entre Yotaro et son « maître », mais aussi avec le flashback du fameux maître et son rival. Je me demande si Tong Li va continuer la série, ne voyant rien dans les prévisions jusqu’en mars, avec un volume 4 sorti en juin. Un vrai coup de cœur.

wandering_sonWandering Son de Takako Shimura, série terminée au Japon en 15 volumes, issue du Comic Beam (seinen, Enterbrain). A vrai dire, j’ai longtemps espéré une traduction française de cette série de Takako Shimura, mais on a eu Fleurs Bleues. Peut-être que j’ai tort, mais j’ai finalement craqué pour l’édition américaine du titre chez Fantagraphics, et ce malgré l’aspect luxueux qui me repoussait: couverture cartonnée, grand format, prix élevé (pas moins de 15€), même découpage qu’un volume japonais. J’ai lu 7 volumes cette année et j’attends le volume 8 avec beaucoup d’impatience (mai 2015). Pour la petite histoire, Shimura se penche sur le quotidien de Shuichi Nitori, garçon en dernière année de primaire qui se pose des questions sur son identité sexuelle. A côté, on suit Takatsuki, une fille qui aimerait être un garçon. A la fin du volume 4, Nitori entre au collège et Shimura va donc vers les questions liées à la puberté. On ne suit pas que Nitori mais tous les personnages (et il y en a beaucoup) de son entourage, que ce soit les camarades de classe, la sœur de Nitori et ses amies mannequins. Le tout se lit très facilement, la narration de Shimura étant très fluide et toujours reconnaissable avec ses ellipses temporelles où l’événement marquant est souvent retransmis après. Les personnages sont extrêmement touchants et plein de sensibilités, on partage les pensées très intimes de chacun et chacune. J’ai eu un grand coup de cœur pour cette série toute en finesse et en subtilité, et je dois dire que le dessin de Shimura me charme décidément beaucoup (le trait rond et les profils, les cheveux, sur ces derniers points, il y a quelque chose de Fumi Yoshinaga!). Il paraît que la partie au lycée est moins réussie.

lollipopLollipop de Ricaco Iketani, Delcourt, série complète en 7 volumes, issue du Cookie (shôjo, Shueisha). Lollipop est une de mes grandes découvertes manga cette année. Alors que la série est sortie depuis des années, je ne l’ai curieusement jamais lue. Les avis du forum de Club Shôjo m’ont plus d’une fois donné envie, mais tout cela fut contrebalancé à chaque fois que je lisais le quatrième de couverture faisait mention d’une « Cendrillon des temps modernes », alors que les dessins me plaisaient beaucoup. Avec Lollipop, Iketani écrit son premier shôjo alors qu’elle était plutôt une josei mangaka. Madoka est une adolescente de 16 ans bien dans sa peau dont la vie bascule le jour où ses parents gagnent à la loterie et décident de réaliser leur rêve: reprendre leurs études afin de devenir médecins! Grâce à Lollipop, je découvre une mangaka du tonnerre: style de narration, humour, dessin typé josei des personnages rappelant parfois Anno dans Happy Mania notamment lors des phases où ils gueulent la bouche grande ouverte. L’histoire est très dynamique et presque sans temps mort, même si Iketani aurait tout aussi bien pu s’arrêter au volume 5, au lieu de prolonger la donne sur 2 volumes. La seconde partie où Madoka part à l’université est moins réussie: l’humour manque, l’ambiance est mélo à souhait, l’histoire d’amour ne me passionne pas et un des personnages devient réellement con. En fait, plus qu’un manga, j’ai surtout découvert une auteure qui m’a beaucoup plu. Il me tarde de lire Six Half, même si on est sur un registre plus sérieux. En feuilletant, j’ai trouvé le dessin plus maîtrisé (et plus joli) mais moins dynamique. J’aimerais bien lire Futago un jour (disponible en scans).

finderFinder de Carla Speed McNeil, inédit. A l’origine, Carla Speed McNeil sortait la série en auto-édition. Depuis quelques années, Finder est édité chez Dark Horse et c’est à cette occasion qu’est sorti un gros pavé rassemblant plusieurs histoires de la série sous le titre The Finder Library. Deux volumes de 600 pages sont ainsi sortis chez l’éditeur, la suite de la série sortant en TPB simples: Voices et cette année Third World, totalement en couleurs (toute la série était en noir et blanc). La couverture du premier pavé m’ayant immédiatement attiré, j’ai fini par l’acheter lorsqu’il fut proposé pour 6€ sur un site que nous connaissons tous (sûrement une erreur). Il est resté 2 ou 3 ans de côté parce que trop épais. Résumer la série me paraît clairement difficile, mais on a là quelque chose de tout à fait original (dans cette interview, Carla décrit sa série). Dans Finder, McNeil s’intéresse avant tout à un monde, et chaque arc est en fait une histoire indépendante, même si il y a des personnages récurrents. Dans Finder, les grandes villes (sur plusieurs étages) sont placées sous des dômes en verre, il n’y a plus de nuit ni de jour, et la société est composée de différents clans. Les personnes d’un même clan partagent un même bagage génétique et la société étant basée sur ce système, mieux vaut faire partie d’un clan pour ne pas mener une vie précaire. Dans les premières histoires, on suit surtout la famille Grovesnor composée d’une mère et de ses trois filles. Le père n’est pas du même clan, ce qui est très rare. Jaeger, autre personnage récurrent, est également un métisse du peuple Ascian (qui s’apparente aux Amérindiens). Il est très libre, n’habite nulle part et vient de temps en temps en ville. Un de ses amis le compare à un chat, et c’est un peu le cas. Jaeger est aussi un Finder et un bouc-émissaire professionnel, la première fonction étant encore obscure à mes yeux, la seconde ne lui permettant pas d’être payé. L’univers de Finder est plutôt complexe, original, et chaque page est dotée de multiples notes dans lesquelles McNeil se lâche. Elle se revendique beaucoup des frères Hernandez pour donner une idée (jamais lu pour le moment). Le début n’est pas facile à prendre en main (dessin et narration), et on se passionne réellement avec l’arc Talisman ayant pour héroïne Marcie, la cadette des Grosvenor. Cette série permet à l’auteure de parler de ce qui lui plaît, on a là de la tranche de vie, du drame familial, du thriller, des réflexions sur les lectures, de MMORPG aussi (on voit que McNeil joue, lit et regarde pas mal d’anime…). J’ai hâte de m’acheter le dernier arc (et voir le résultat de la couleur, moi qui aime tant le noir et blanc). Difficile aux premiers abords, mais carrément immersif!

atagoul_tamatebakoAtagoul Tamatebako (アタゴオル玉手箱) de Hiroshi Masumura (ますむらひろし), série terminée en 9 volumes, issue de Comic Moe (コミック・モエ) et Comic Fantasy (コミックFantasy) (seinen?, Kaiseisha). J’ai découvert Atagoul par un article de Shaenon Garrity pour le blog du Comics Journal, et tout cela en faisant des recherches sur Moto Hagio en 2012 (j’ai découvert plein de choses par Moto Hagio: Margaret Atwood, Ursula Le Guin, les mangaka du Groupe de l’an 24). Les images de l’article m’ont immédiatement conquise et frustrée car le manga est inédit. C’est par hasard que j’ai appris l’existence d’une édition taïwanaise épuisée chez Sharp Point Press et j’ai fini par acheter la série en 2013 puis la flemme s’en est mêlée. Atagoul a été adapté en film d’animation 3D (que je trouve assez laid) sous l’ortographe Atagoal. Il paraît que les studio Ghibli auraient approché Masumura. Les univers de Masumura et Miyazaki sont tous deux pleins de féerie et j’aurais bien aimé voir le résultat d’une telle adaptation. Atagoul est un univers dans lequel Masumura revient souvent, et sur plusieurs séries: Atagoul Monogatari (アタゴオル物語) (6 volumes) en 1976, Atagoul Tamatebako (アタゴオル玉手箱) (9 volumes) en 1984, Atagoul (アタゴオル) (2 volumes) en 1994 et Atagoul wa neko no mori (アタゴオルは猫の森) (18 volumes) en 1999. Cet homme semble aimer dessiner les matous, il a aussi adapté Train de nuit de la voie lactée en manga avec des chats, et ce dernier été adapté en film d’animation. Atagoul est le nom d’une forêt dans laquelle cohabitent des chats géants doués de parole et des humains, chacun vivant dans une maison en forme de fruit ou légume. Hideyoshi, le gros chat jaune qu’on voit sur les couvertures, est surtout gouverné par son estomac. Les histoires peuvent être lues séparément et souvent, il s’agit d’aller chercher une pieuvre géante ou autre poisson géant pour satisfaire la gloutonnerie de Hideyoshi (celle-ci est telle qu’il est interdit de séjour dans les restaurants du coin). Les aventures n’ont parfois aucun sens, et Masumura ne manque pas d’imagination, comme cette pêche aux poissons lune afin d’aller sur la lune et se rendre à un café! D’autres personnages entourent ou plutôt supportent et se laissent entraîner par Hideyoshi (je les plains). J’ai adoré cet univers féerique et surtout le trait super joli de Masumura, mais la lecture en chinois fut assez difficile, entre les noms de plantes et autres jeux de mot. Enfin, on voit dans une illustration couleurs un sosie du chat-bus de Mon voisin Totoro! Depuis, Atagoul Tamatebako est disponible en scantrad (un chapitre en anglais). Références en chinois: 艾塔戈爾魯百寶箱, 增村博, 尖端.

lady_detectiveLady Detective de Lee Ki-Ha et Jeon Hey-Jin, série terminée en 6 volumes, manhwa, Clair de Lune. Une série totalement passée inaperçue et découverte au hasard sur Manga News, notamment grâce à un titre que j’ai trouvé ridicule… Clair de Lune aime bien sortir ses séries par grappe de plusieurs volumes, et ce fut le cas pour les 6 volumes de Lady Detective qui ont dû faire un passage éclair: 3 premiers volumes au milieu du mois de mai, les 3 suivants au début du mois de juin! Je n’ai pour le moment lu que le volume 1 trouvé d’occasion (le volume neuf coûte 8€ pour un petit format) et je ne suis pas déçue. Les dessins ne sont pas originaux mais réussis, la narration est fluide, la dynamique entre les personnages me plaît et l’enquête du volume m’a plu. L’ambiance Angleterre victorienne dépayse, avec tout ce qu’il faut de bonnes manières, de sexisme et de robes, sans parler du majordome bishônen. Ce titre a donc pas mal d’atouts et fait un excellent divertissement. Il fallait juste le sortir « normalement ». Pour la petite histoire, on suit Lizzie Newton, jeune fille de bonne famille qui s’intéresse plus aux enquêtes qu’autre chose. Elle cache aussi son identité d’écrivain à succès de romans policiers, chose inconvenante pour une jeune fille bien élevée. Un manhwa qu’on peut ranger en librairie à côté de Emma de Kaoru Mori pour un coin Angleterre victorienne.

papa_told_mePapa told me de Nanae Haruno, anthologie en 3 volumes chez Kana, issue de Cocohana et Young YOU (josei, Shueisha). Papa told me fait 27 volumes dans sa totalité, il s’agit d’une série très célèbre au Japon. Kana a fait le choix (judicieux, vu le potentiel commercial) de publier en France l’anthologie reprenant les histoires préférées de Nanae Haruno. A mes yeux, elle est un peu passée inaperçue, les couvertures ne me parlaient pas mais surtout, je n’aimais pas du tout le titre. Enfin, Delcourt sortait Un drôle de père auquel je n’ai pas du tout accroché et je pensais trouver le même univers. J’ai eu bien tort au final, et les chroniques de Sorrow sur Manga News me l’ont prouvé. L’univers de Papa told me n’est pas ancré dans le réel comme Un drôle de père, on ne sait pas réellement où se situe l’histoire, ni quand. Pas mal d’éléments imaginaires qui ne sont pas là pour me déplaire non plus. On suit un père veuf et sa fille (en primaire), celle-ci étant particulièrement intelligente et aimant les livres (et son papa bien entendu). Le quotidien y est montré, mais aussi les escapades de Chise pour un petit thé, des chats, une bibliothèque, une boutique étrange, une artiste de rue. Les histoires ne se suivent pas (pas de continuité réelle, l’anthologie se fiche bien de l’ordre, on passe du chapitre 45 à 5 puis 21 par exemple!) et Haruno transporte le lecteur dans un univers très particulier. Le rythme est par contre très lent et le dessin particulier ne plaira pas à tout le monde. Et c’est ce style graphique (ces nez, ces visages très simples), cette narration qui m’ont plu, un peu comme avec Lollipop, j’ai découvert par Papa told me une mangaka avant tout. Nanae Haruno est malheureusement peu traduite, mais Pieta et Double House, deux travaux plus courts (2 et 1 volumes) sont disponibles en scantrad (toujours pas lu, mais je n’espère pas une sortie ici). Une belle surprise!

ecole_bleueEcole Bleue de Aki Irie, série terminée en 4 volumes chez Kana, issue de Comic Beam (seinen, Enterbrain). Voici un autre manga sorti depuis des années. Là, j’ai au moins lu le volume 1 en bibliothèque et n’aimant pas les histoires courtes, je n’avais pas du tout accroché. C’est en découvrant des dessins de Ran to Haiiro no sekai (disponible en scantrad) que j’ai redécouvert Aki Irie, du moins graphiquement. Ce nom ne m’était pas inconnu et pour cause: Ecole Bleue est sorti chez Kana il y a quelques années, et la chronique de Morgan sur le site de Mangaverse m’a de nouveau convaincue. Aki Irie est une manga au style de dessin rond et chaleureux très proche de Kaoru Mori, toutes deux publient d’ailleurs leurs séries dans le même magazine (Harta chez Enterbrain, Comic Beam par le passé, Fellows aussi). Ecole Bleue est en réalité un recueil d’histoires courtes sur 4 volumes. On y retrouve de tout: des histoires de fantasy costumées avec des princesses, des tranches de vie, de la romance, et toutes ont cette ambiance particulièrement chaleureuse, douce, pleine de magie, qui ne peut que séduire. Mention spéciale aux dessins de la princesse orientale (le magnifique sarouelle *__*) et à l’histoire du volume 4 avec une mère et ses fils. J’ai été tellement happée par cet univers que j’ai acheté le dernier volume neuf.

queen_and_countryQueen & Country de Greg Rucka et divers illustrateurs, intégrale en 4 volumes chez Oni Press (disponible en français chez Akileos). Entre cette série et moi, ce fut le jeu du chat et de la souris. Je bave sur les dessins en noir et blanc de cette série depuis longtemps, mais j’ai été plus ou moins traumatisée par le nom de Greg Rucka (mauvais souvenir d’un Ultimate Daredevil & Elektra) et le format d’Akileos était trop imposant à mon goût (en réalité, la même taille que Courtney Crumrin que je me suis pourtant acheté). J’ai découvert l’édition intégrale américaine en petit format très compact (plus de 300 pages) un peu avant ma lubie du budget: je n’ai pu me l’acheter au début de l’année, puis quand j’ai enfin pu, le volume 1 coûtait de plus en plus cher. J’ai réussi à l’acheter d’occasion à un prix raisonnable: jamais reçu. En décembre, je le reprends d’occasion (pas cher cette fois) en « Très bon état » pour que la Poste me l’abîme, ce qui fait un dos tordu pour un joli livre. Bref, ce livre et moi n’avons AUCUNE affinité! Pourtant, je dois dire que je suis totalement éblouie par ce que j’ai lu. Une belle claque tellement c’était génial au niveau narration. Le tout est immersif, on suit les services secrets britanniques et en particulier une femme de terrain: Tara Chace, et ses collègues, ses rapports avec la hiérarchie, les interactions avec partenaires comme la CIA, les effets psychologiques après une mission. De l’espionnage (je ne pensais pas en lire un jour!) mais pas du James Bond, le ton étant plutôt réaliste. Les changements de dessinateurs à chaque histoire font que l’on doit se remettre dans le bain pour reconnaître les personnages mais chaque dessinateur apporte son style: trait gras pour Steve Rolston, trait plutôt fin (puis noir et blanc argentin très reconnaissable) sous Leandro Fernandez (le chef de Chase ressemble beaucoup au Capricorne d’Andreas, troublée!). Rucka semble excellent pour raconter des histoires d’hommes et de femmes travaillant sur le terrain, on retrouve cette particularité dans Gotham Central par exemple. Tout simplement excellent et à découvrir d’urgence. Et que dire des couvertures de Tim Sale… Pour l’instant, je n’ai lu qu’un seul volume (hâte de voir Carla Speed McNeil dans le volume 2).

books_of_magicThe Books of Magic (la série régulière) de John Ney Rieber et Peter Gross, 75 numéros (50 repris sur 7 TPB). Je suis assez fan de l’univers magique de Vertigo (années 90, quand l’univers était encore lié à DC) et il faut dire que The Books of Magic a toujours piqué ma curiosité. Au départ de cette série se trouve Neil Gaiman, qui écrit une mini-série de 4 épisodes sur Timothy Hunter, un adolescent malheureux de la banlieue de Londres destiné à devenir le plus grand magicien de l’univers Vertigo. Dans cette mini-série, il est chapeauté par la Trenchcoat Brigade (John Constantine, Phantom Stranger, Mister E et Doctor Occult) qui lui révèle son pouvoir en lui faisant visiter divers mondes. Après cela, Tim revient dans un crossover mettant en scène tous les enfants de l’univers Vertigo intitulé Children Crusade dans lequel il est kidnappé par un certain Tamlin. Une série régulière voit le jour, avec John N. Rieber au scénario jusqu’à l’épisode 50, et Peter Gross, dessinateur, endosse la casquette de scénariste pour les 25 numéros suivants. Les TPB de Vertigo ne reprennent que les 50 épisodes de Rieber et rien d’autre. Si bien que dés le premier épisode, on se sent bien perdu car des personnages débarquent et Tim semble les connaître: Tamlin par exemple. Au début de la série, Tim apprend ses véritables origines: sa mère est la reine des Faerie Titania (celle qu’on voit dans Sandman) et son père Tamlin, un humain qui peut se transformer en rapace. Le tout reste tout de même intriguant, et j’ai sauté sur l’occasion car des TPB étaient disponibles à prix raisonnable, car cette série est difficilement accessible sinon. Le scénario de la série est parfois tordu (le volume 2 où Tim doit affronter un lui futur devenu connard et esclave d’un démon) et confus mais la magie est là et je dois dire qu’il y a un cachet, une ambiance sombre particulière très prenante (mais moins trash que les autres titres Vertigo de l’époque). Le personnage de Tim Hunter est touchant en adolescent malheureux, mais parfois agaçant sur les derniers volumes, que ce soit dans ses rapports avec sa famille terrestre ou sa petite amie Molly. A noter que la partie où Tim rencontre Tamlin est reprise dans un recueil intitulé The Books Of Faerie (il faut le savoir) où sont racontées les origines de Titania, recueil assez terne et peu passionnant mais juste informatif (ce qui ne m’a pas donné envie de lire le suivant consacré à Auberon). J’ai toujours eu du mal avec le dessin de Peter Gross parfois plaisant parfois fade ou laid. Les couvertures de Michael Kaluta sont très belles. Une série pas excellente, mais attachante et prenante, avec des arcs allant parfois du coq à l’âne.

the_unwrittenThe Unwritten de Mike Carey et Peter Gross, prévue sur 11 TPB (fin en 2015), 2 volumes sortis chez Panini, Urban ne s’est pas encore prononcé pour sortir la suite. Encore une fois une série sur laquelle j’ai longtemps réfléchi avant de l’acheter. Les couvertures de Yuko Shimizu sont sublimes, mais le dessin de Peter Gross, encore une fois, me paraît extrêmement fade. De plus, la série sortant en France, j’ai plus ou moins pensé à faire un essai en bibliothèque avant, et le temps passe finalement très vite. Au final, j’ai acheté la série en anglais (après avoir lu un excellent dossier consacré à Mike Carey dans Scarce) et je ne le regrette absolument pas. J’ai pour le moment lu 3 volumes, tentant de suivre la série à un rythme mensuel. The Unwritten est mené par un duo que je connaissais déjà, Mike Carey et Peter Gross ayant travaillé sur Lucifer (que je ne peux conseiller car je n’en conserve aucun souvenir), série spin-off de Sandman. Le nom de Peter Gross me file la chair de poule, tant j’ai trouvé son dessin fade sur Lucifer, et ce sentiment s’est intensifié dans The Unwritten (mais ce n’est pas vrai dés que Gross n’illustre plus la vie réelle). Mike Carey est par contre très inspiré. L’histoire est difficile pour moi à résumer mais en gros, The Unwritten est une série sur la force de la fiction sur nous tous. Le tout commence avec Thomas Taylor, fils de Wilson Taylor, auteur culte d’une saga de jeune sorcier en 13 tomes dont l’engouement est comparable à celui de Harry Potter. Wilson Taylor a mystérieusement disparu depuis et Thomas participe régulièrement à des conventions. Car le héros de la saga s’appelle Tommy Taylor et est inspiré par Thomas. L’univers de Tom bascule le jour où il rencontre Lizzie Hexam, remettant en doute son existence même, il se pourrait que Tom ait été créé par les mots de son père. S’ensuit une longue quête d’identité où il faut déjouer les plans machiavéliques de la Cabale, une mystérieuse organisation tirant les ficelles du monde de la fiction. La lecture n’est pas toujours simple et très dense et la relecture ne fait sans doute pas de mal. Je suis complètement devenue accroc à cette série, surtout avec le volume 3 qui comporte un chapitre sur le mode « Un livre dont vous êtes le héros ». Les dessins sont fades mais clairs, et l’histoire de Carey est passionnante. La magie prend, tout simplement. Mention spéciale au chapitre sur la propagande Nazie ou Rudyard Kipling.

Continuité

Dans cette partie, je vais tenter de m’exprimer sur les lectures ne résultant pas d’une découverte, mais découlant de mes lubies habituelles: est em, Ichiko Ima, Moto Hagio, Reiko Okano, Fumi Yoshinaga, Taiyou Matsumoto, Yumi Tamura, Reiko Shimizu, etc… Des lectures dans la continuité de ce que je connais déjà, en somme. Concernant Ichiko Ima, j’ai surtout continué de creuser plus loin que Le cortège des cent démons, allant même à la découverte de ses boys love, afin de mieux connaître son travail. Je me contentais jusque là d’acheter ses manga fantastiques uniquement. Jusque là, j’ai tout aimé de ce que j’ai lu d’Ima, seul le one-shot Kyouka Ayakashi Hichou (adaptation d’un light novel) m’a un peu déçue. Difficile de poursuivre ce billet car j’ai finalement lu plein de choses, même chez mes auteurs fétiches! J’ai aussi pu découvrir Hi Izuru Tokoro No Tenshi de Ryôko Yamagishi, puis Yume No Ishibumi de Toshie Kihara, pour rester sur le groupe de l’an 24.

marginalMarginal (マージナル) de Moto Hagio, série terminée en 5 volumes (tankôbon), issue du Petit Flower (josei/shôjo?, Shogakukan). Marginal est LE titre qui m’a fait découvrir Moto Hagio, du moins graphiquement. La mention SF me plaisait, étant à l’époque en plein dégoût des shôjo romantiques. En voyant des images de Marginal, j’ai été surprise du trait aussi « moderne » (si je puis dire) de Moto Hagio, pour un manga datant de 1985. Marginal fait partie des œuvres de SF de la mangaka, et la plus longue qu’elle ait écrite dans le genre. Dans cette série, Hagio s’intéresse à un futur lointain sur Terre où la population rencontre des problèmes de renouvellement. Le monde est peuplé d’hommes uniquement, et une seule femme, la Mère, est chargée de faire des enfants après une offrande de sperme dans un temple. En réalité, le monde de Marginal cache bien des secrets, et tout ceci est chamboulé avec la rencontre d’un homme du désert avec un mystérieux jeune homme qui a complètement perdu la mémoire. La série est disponible en scantrad en anglais par Pink Panzer, et j’ai commencé ainsi avant une longue pause (ça a bien repris depuis). J’ai fini par acheter l’édition taïwanaise d’occasion pour terminer le tout après un essai infructueux en scans chinois. L’histoire m’a beaucoup plu, pleine de mystères et très intéressante, bien racontée, dense, mais surtout très riche (mais ma lecture date maintenant) et supportant bien des relectures.

barbara_ikaiBarbara Ikai (バルバラ異界) de Moto Hagio, série terminée en 4 volumes, issue du Flower (josei, Shogakukan). Avec Marginal, on a là l’autre série importante de SF de Hagio. Une série qui m’a paru mystérieuse par son scénario découvert lors de l’interview de Matt Thorn pour The Comics Journal: Aoba est une jeune fille dans le coma depuis 9 ans que ses parents ont été assassinés. Surtout, on a découvert dans l’estomac de la jeune fille le cœur de sa mère, et ses rêves très étranges semblent influencer le futur de la Terre (il s’agit d’un futur où une technique avancée permet de voir les rêves des autres comme un film). Un psychologue japonais parvient à entrer dans les rêves des autres et sa mission est donc de découvrir le mystère autour de Aoba. Celui-ci a un fils qui semble aussi lié à Aoba, même s’ils ne se connaissent pas. Un manga très difficile à résumer en somme, car le scénario est éclaté et plutôt original dans le genre. Graphiquement, on a là une Moto Hagio des années 2000 (son dessin post années 1990 qui me plaît moins que celui des années 1980), au trait et aux compositions bien moins marquante que jadis. Même si la série date de 2002, elle a une ambiance proche des manga fantastique des années 1980-1990, tels que Please save my earth de Hiwatari! On y retrouve ces thèmes avec les rêves, les cheveux très longs, une ambiance plutôt douce, des traumatismes mais aussi des pouvoirs psi, des rencontres sur les toits d’immeubles en volant dans le ciel. Le scénario choral est complexe et beaucoup de choses s’enchevêtrent. Encore une fois, Moto Hagio a besoin de peu de volumes pour raconter une histoire dense et pleine d’événements (sa narration est ainsi qu’on a le sentiment de sortir de 10 volumes!) et de rebondissements (parfois tirés par les cheveux sur la fin). J’ai eu du mal à trouver les personnages attachants, mais on a là un excellent manga qui supporte, encore une fois, de nombreuses relectures. Comme souvent chez Hagio, le personnage de la mère est peu sympathique (ici, elle est comme à moitié folle). En chinois, la série est assez rare et j’ai dû sauter dessus quand je l’ai croisée à un prix raisonnable. Curieux alors que c’est la plus récente de ses séries à Taïwan (éditeur Sharp Point Press).

hyakki_yakoushouLe cortège des cent démons de Ichiko Ima, 23 volumes en cours, issue du Nemuki. Ceux qui connaissent Le cortège des cent démons sont en terrain connu. Pour faire court, voici une excellente série de yôkai (la meilleure!) cruellement stoppée depuis des années au volume 6 par Doki-Doki. Un deuil douloureux s’est ensuivi et une idée a germé dans mon esprit: continuer la série en chinois si elle existe. Et en effet, celle-ci existe, avec des volumes épuisés (le début de la série, j’ai toujours un volume 14 manquant). La série mêle habilement fantastique par ses yôkai, vie quotidienne d’une vieille famille japonaise assez traditionnelle et pas mal d’éléments comiques comme Ima sait si bien le faire. J’ai lu les volumes 7 à 21 sans me lasser (c’est tellement amusant), et je dois dire que c’est parfois éprouvant et pour cause: il y a plus de cases que la moyenne dans les planches de Ima (densité commune avec Moto Hagio, son idole de toujours), beaucoup d’informations mais surtout des scénarios pas toujours faciles à suivre (intrigues parfois parallèles). A vrai dire, à cause du deuil douloureux, je n’ai jamais osé écrire un billet sur Le cortège des cent démons, et je profite de ce bilan un peu bordélique pour le faire. Mais ATTENTION SPOILERS car il se passe quelques petits trucs depuis les 6 premiers volumes. Les personnages continuent à évoluer, évidemment, et la série reste toujours aussi excellente. Ritsu parvient à entrer à l’université, a un semblant de vie sociale et se fait même quelques amis, Tsukasa a un petit ami (tout à fait banal) même si la mère de Ritsu et sa grand-mère (et les oiseaux) aimeraient bien la caser avec son cousin, Ritsu libère du monde des yôkai son oncle Kai ayant les mêmes facultés et porté disparu depuis 26 ans (il a de nouveau disparu depuis le volume 19), il a aujourd’hui 46 ans et tente de s’insérer en société, puis surtout, Akira perd Saburo qui, pour une raison que je n’ai pas comprise, n’a plus d’énergie pour rester sous une forme humaine et doit retourner dans son jardin miniature, pour le moment, il est resté en coq. Akira tente aussi de rencontrer une autre personne (parfois des rencontres arrangées!).

uryuudou_yumebanashiUryûdô Yumebanashi (雨柳堂夢咄) de Akiko Hatsu (波津彬子), 14 volumes en cours, issue du Nemuki (shôjo fantastique, Asahi Shinbunsha). 12 volumes lus, en chinois. Série découverte par l’entremise de Ialda, ses couvertures dégageant une ambiance proche du Cortège des cent démons m’ont immédiatement attirée. En enquêtant sur Akiko Hatsu, on découvre aussi qu’elle est, avec son amie Yasuko Sakata, à l’origine du mot yaoi. Elle a été l’assistante de Moto Hagio. Outre ces détails la rendant clairement sympathique à mes yeux, elle écrit surtout des manga de yôkai plutôt courts. Uryûdô Yumebanashi est sa série la plus longue, et celle-ci n’en est pas véritablement une. En effet, il s’agit plutôt d’histoires courtes fantastiques mettant en scène fantômes ou yôkai, avec quelques personnages récurrents. Souvent, même, le jeune homme qui orne les couvertures n’est qu’un personnage de fond, le personnage principal de l’histoire étant un personnage non récurrent. L’histoire se passe au Japon du début du XXème siècle (ère Meiji) autour d’une boutique d’antiquités. Le jeune Ren donne un coup de pouce à la boutique de son grand-père, Uryûdô (saule pleureur). On n’apprend jamais rien sur Ren, à part qu’il a un don pour voir ce qui sort de l’ordinaire. C’est un personnage mystérieux. Les antiquités sont souvent hantées, et c’est plutôt sur elles que Hatsu focalise son récit. Ainsi, un vieux sorti d’une peinture chinoise peut voler une pêche d’une autre peinture, par exemple. Les histoires ont un ton parfois mélancolique, l’ambiance est assez romantique, plus que dans Le cortège des cent démons, et on sent tout l’amour de Hatsu pour les vieux objets tant ceux-ci sont joliment représentés. Elle semble aussi aimer les objets chinois (une autre série porte le titre Lady Chinoiserie) et anglais. En tant que buveuse de thé, j’ai adoré l’histoire où une théière est hantée par un fantôme chinois très mignon. Enfin, il arrive à Hatsu de dessiner des animaux folkloriques comme le tapir qui aspire les mauvais rêves, ou un sanglier magique. Quant aux personnages récurrents gravitant autour de la boutique, on a aussi un faussaire et une orpheline avec une intrigue survenant sur plusieurs volumes, mais rien de plus niveau intrigue récurrente. Enfin, notons qu’on trouve dans les pages publicitaires Le Cortège des cent démons, The Top Secret et Onmyôji, que des best-sellers en France.

ryuu_no_nemuru_hoshiRyuu no Nemeru Hoshi (竜の眠る星) de Reiko Shimizu, série terminée en 5 volumes, issue du Lala (shôjo, Hakusensha). Aimant beaucoup Princesse Kaguya et m’intéressant aux shôjo de SF, j’ai fait un essai avec la série longue reprenant les personnages fétiches de Shimizu, les androïdes Jack et Elena. Cette série dont le titre veut dire (à peu près) « la planète des dragons endormis » date des années 1980, elle est antérieure à la série longue Tsuki no Ko (Moon Child, jadis édité en entier chez CMX aux Etats-Unis). On retrouve donc un graphisme un peu ancien de Shimizu, et cela se voit plus au niveau des coupes de cheveux et des vêtements que dans le trait même, celui-ci étant déjà très joli à l’époque. Ma lecture date désormais, mais je vais tenter de raconter un peu. Les androïdes Jack et Elena paraissent dans plusieurs one-shot de Shimizu, et Ryuu no nemeru hoshi est la seule série longue avec ces deux personnages. Elle permet aussi de connaître le passé d’Elena. Jack (le brun) est un androïde imparfait: il a des défauts comme tous les humains. Au contraire, Elena (le blond, androgyne, évidemment) est un androïde parfait: il sait tout faire et a des capacités hors-normes. Malgré son nom féminin, ce n’est pas une femme, il est d’ailleurs particulièrement misogyne. Les deux voyagent à travers l’espace afin d’accomplir des missions. A l’époque de cette série, Jack et Elena partagent un petit appartement et doivent payer des factures. Ils acceptent donc une mission à laquelle Elena ne voulait pas participer, suite à un mauvais feeling quant à la destination: la planète des dragons endormis. Sur cette planète, deux peuples se font une guerre depuis longtemps, et les deux sont chargés d’assassiner une personne importante. Ils sont embarqués dans cette guerre et dans le passé d’Elena. Cette série de 5 volumes est très dense et en même temps un peu mal rythmée. C’est donc une semi-déception, la fin est très précipitée car il y a de l’action et de l’émotion à gogo, avec trop d’événements, mais le début met pas mal de temps à démarrer. Ça a un peu vieilli, ou alors c’est moi qui suis trop vieille, n’ayant pas été prise par les émotions des personnages, même si l’intrigue autour de Elena est intéressante. Certains personnages sont assez pénibles aussi, comme Shimizu sait bien les faire, il suffit de lire Princesse Kaguya pour s’en rendre compte.

yakumo_tatsuYakumo Tatsu (八雲立つ) de Natsumi Itsuki, série terminée en 19 volumes, issue du Hana To Yume (shôjo, Hakusensha). Natsumi Itsuki est une auteure de shôjo connue pour écrire des shôjo fantastiques. Yakumo Tatsu est sa plus longue série. Si elle est peu traduite ici, ses manga ont souvent été portés à l’écran: des noms tels que Hanasakeru Seishounen ou Jyu-Oh-Sei vous diront peut-être quelque chose. En France, sa seule série traduite est Vampir, un seinen, chez Panini (5 volumes, en pause au Japon). Yakumo Tatsu est une longue saga des années 1990 dans une ambiance shinto et mettant en scène la recherche de 7 sabres aux pouvoirs puissants. On suit l’histoire de deux jeunes hommes: Nanachi est un étudiant très gentil et simple tandis que Karuki est un lycéen taciturne et très beau garçon issu d’une grande famille traditionnelle. Les deux garçons se prennent d’une profonde amitié et ont tous deux des pouvoirs spirituels. En même temps, l’auteure donne un aperçu de leur vie sans doute antérieure, à l’époque du Yamato. Ce scénario, et surtout le début, mettant en scène deux bishônen que tout oppose, ravit les fujoshi. Si le premier volume est très réussi avec son ambiance sombre et fantastique au milieu des montagnes de la province Izumo, le rythme retombe très vite pour se concentrer sur la vie quotidienne des personnages, avec des rencontres d’esprits, fantômes et autres énergie négative dégagée par d’autres personnes, et qu’il faut purifier par le sabre (rôle de Kuraki). Mais surtout, l’auteure se concentre sur les relations entre les personnages, surtout les filles qui tombent en pâmoison devant le « beaaaaauuuu » Kuraki. En cela, c’est très décevant et juste agaçant (la sœur de Nanachi la première) avec toutes sortes de jalousies et même une superbe histoire d’inceste. Les drames familiaux sont nombreux entre le mec qui veut tuer son père, qui hait sa mère (et toute femme, misogynie par traumatisme). Les personnages sont nombreux mais peu sont attachants. Au final, je pensais trouver un manga fantastique et je me suis plutôt retrouvée avec des histoires de cœur, le rythme étant en plus assez lent, j’ai donc mis du temps pour venir à bout des 19 volumes. Les souvenir sont lointain et j’ai été assez déçue par cette série. En revanche, j’ai adoré le manga de Jyu-Oh-Sei.

nekomix_genkitan_torajiNeko Mix Genkitan Toraji (猫mix幻奇譚とらじ) de Yumi Tamura, 7 volumes en cours, issue du Zôkan Flowers (josei, Shogakukan). 5 volumes lus, en chinois. Acheté un peu en même temps que Atagoul Tamatebako parce qu’il y a un chat. Et aussi parce que Yumi Tamura, et que j’aime beaucoup 7 SEEDS. Il s’agit d’un manga d’aventure dans un monde fantasy où les humains font la guerre à des souris… ridicule? Les souris ont des pouvoirs magiques et suite à cela, de nombreux animaux sont devenus des « mix » d’humains et d’animaux. Notre héros est Paiyan, un grand guerrier du royaume qui combat des souris. Alors qu’il est constamment au front, loin de sa femme et de son fils, ceux-ci ne sont plus là lorsqu’il rentre pour les voir: son fils a été kidnappé et sa femme a disparu. Seul reste Toraji, un chaton-mix, ancien animal de compagnie de son fils. Paiyan entreprend donc un voyage avec Toraji afin de retrouver la souris ayant kidnappé son fils, et prend conscience de sa paternité. C’est un manga que je trouve curieux dans un josei: de la fantasy, un guerrier en guise de héros, affublé d’un chat! Au final, le manga est prenant et Tamura utilise pas mal de ficelles communes avec 7 SEEDS pour susciter l’émotion de son public. C’est bien raconté, et les animaux-mix sont plutôt rigolos, mention spéciale au poisson-mix! Mais surtout, l’histoire s’avère intéressante alors qu’elle peut paraître ridicule lorsqu’on lit le synopsis…

the_callingThe Calling (コーリング) de Reiko Okano, série terminée en 3 volumes, adaptation du roman fantasy La Magicienne de la forêt d’Eld de Patricia McKillip. Une folie. Une folie car j’ai acheté cette série en italien, langue que je ne lis absolument pas, pour mes 31 ans. A vrai dire, je voulais surtout avoir des planches de Okano sous les yeux, surtout dans un environnement médiéval européen. J’ai tout de même opté pour une langue latine par rapport à une version originale en japonais, et j’ai bien fait car j’ai pu « comprendre » l’histoire malgré tout. Enfin, j’ai également acheté le roman d’origine au cas où je ne comprendrais rien et j’ai aussi pu découvrir Patricia McKillip! L’histoire est celle de Sybel, une belle jeune femme qui a toujours vécu dans la forêt autour de ses bêtes magiques. Dotée d’un grand pouvoir, elle peut appeler n’importe qui auprès d’elle, mais ne parvient pas à appeler le grand oiseau Liralen. Un jour, le prince Coren de Sirle vient troubler cmagicienne_foret_eldette vie tranquille en lui amenant un bébé: le fils de sa tante, qui est réclamé par deux royaumes en guerre. Sybel finit par élever l’enfant qui est finalement rattrapé par le monde humain. Il s’agit d’une histoire de fantasy bien loin des grandes saga avec quêtes qui se vendent bien dans les librairies. Ici, c’est calme, c’est concis et il ne s’y passe pas grand chose, du moins en apparence. Le manga semble très fidèle au roman original et les dessins de Okano sont merveilleux, c’est sûrement le plus beau manga de l’année à mes yeux, surtout la fin en tapisserie de Bayeux. Les trames sont très belles, relevant en plus les différentes textures, les pierres ou les tapisseries. Que ce soit le roman ou le manga, les deux œuvres sont excellentes.

onmyoji_tamatebakoOnmyôji – Tamatebako (陰陽師 玉手匣) de Reiko Okano, série en cours, suite de Onmyôji, issue du Melody (josei, Hakusensha).1 volume lu, en chinois. Avec Onmyôji – Tamatebako, Okano signe son retour sur le personnage de Abe No Seimei. Cette série se situe après la fin de la série Onmyôji, et je n’ai pu résister quand je l’ai vue disponible en chinois. A l’origine, je l’ai achetée juste pour regarder les dessins car mon niveau en chinois n’est pas très élevé (et je dois dire que j’ai baissé les bras devant une sortie ici vu le rythme, je serais déjà contente d’avoir les 13 volumes chez Delcourt!). Devant l’absence de sortie de Onmyôji chez Delcourt cette année, j’ai fini par tenter une lecture. Ce qui marque dans ce manga, ce sont les graphismes de Okano: le tout est au fusain (et c’est magnifique, surtout les pages couleurs), mais niveau design, je suis un peu déçue de voir que tout le monde a pris du poids (le menton de Seimei)! Pour ce qui est de l’histoire attention, mini-spoilers: Le manga suit le fils de Abe No Seimei et Makuzu, et il faut dire que l’enfant a bel et bien hérité des personnalités de ses deux parents! Il a pour précepteur un parchemin hanté qui peine beaucoup à s’occuper de lui: son intelligence n’a d’égal que son désir de liberté, caractérisé en plus par beaucoup de facétie et de malice. Bref, il fait ce qu’il veut! Dans le volume 1, Seimei revient à Heian après avoir passé du temps à l’extérieur de la ville en compagnie de sa « mère » (je ne sais pas si j’ai pas tout compris, ou si ça a un rapport avec la série d’origine qui n’est pas terminée ici), et il se trouve à une histoire de brigands que raconte Makuzu au parchemin. La fin du volume voit le fils et ses pouvoirs spirituels très forts, puisque des statues de divinités bouddhistes lui obéissent…

Pour ceux qui sont arrivés au bout (je vous remercie!!!!!), je termine ici pour le moment, n’ayant pas le courage de continuer… 

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Ashinaga Ojisantachi No Yukue (Ichiko Ima)

Ashinaga Ojisantachi No Yukue (あしながおじさん達の行方) fait partie des boys’ love de Ichiko Ima, plus connue en France pour sa série phare – et regrettée – Le Cortège des cent démons. Prépubliée dans le magazine Hanaoto (花音) de l’éditeur Hôbunsha en 1999, l’histoire s’étale sur deux volumes. Il semble que la mangaka est une habituée du Hanaoto dans lequel sont déjà parus plusieurs de ses boys’ love: Boku no yasashii oniisan (僕のやさしいお兄さん), Otona no mondai (大人の問題), Rakuen Made Ato Mou Chotto (楽園まであともうちょっと) et l’actuellement en cours Homeless Salary Man (ホームレス・サラリーマン). Le titre, particulièrement long à retenir , signifie littéralement quelque chose comme « A la recherche de mes Papas longues jambes ». A Taïwan, la série est éditée par l’éditeur aujourd’hui disparu Daran (大然) sous le titre 沉浸在彼方的幸福 (attention aux contrefaçons, l’édition officielle est verte, comme sur cette photo).

Ashinaga Ojisantachi no Yukue

La référence à Papa longues jambes est bel et bien présente, comme en témoigne le synopsis. A l’âge de 5 ans, Kasuga Yoshioka (吉岡春日) a été abandonné par sa mère dans un orphelinat où il a grandi depuis. Aujourd’hui, Kasuga a 15 ans et veut à tout prix quitter ce lieu afin de devenir indépendant et subvenir à ses propres besoins en travaillant. Cependant, Kasuga a des « anges gardiens » ayant veillé sur lui toutes ces années et lui ayant payé ses études jusqu’au lycée. De plus, comme dans Papa longues jambes, un de ses bienfaiteurs lui écrivait très souvent des lettres. C’est donc dans cette optique qu’il décide de retrouver ses 5 bienfaiteurs afin de les remercier et d’en savoir plus sur ses origines.

Le point de départ de ce boys’ love ne ressemble pas à la plupart de ceux qu’on a pu voir en France. Je m’avance peut-être un peu, n’étant pas une grande lectrice des titres (principalement) proposés par Taïfu. Tout comme dans Otona no mondai et Boku no yasashii oniisan (dont je n’ai malheureusement pas parlé ici mais voici mon avis pour le premier, et le second), Ima s’intéresse avant tout aux relations entre les personnages en général, plus qu’aux histoires purement romantiques. Ainsi, la vie quotidienne à travers une curieuse cohabitation et la famille au sens large sont au centre de Ashinaga ojisantachi no yukue. Un peu comme dans Otono no mondai, et c’est ce qui constitue une particularité dans les boys’ love d’Ima, l’homosexualité ne concerne pas en premier lieu le héros de l’histoire, mais plusieurs personnages masculins de l’histoire nourrissent des sentiments amoureux pour un autre homme.

Très souvent, dans les histoires de Ima, j’ai remarqué que les parents divorçaient ou se séparaient, donnant lieu à des familles recomposées. C’est un peu moins le cas ici (du moins au début de l’histoire…) mais cela permet à Ima de composer avec le sens de la famille et de faire un peu réfléchir sur ce sens. Dans Ashinaga ojisantachi no yukue, on part d’un héros sans famille qui va découvrir la vie à plusieurs dans un petit appartement. Dés le début de l’histoire, il va retrouver 3 de ses bienfaiteurs, et va vivre chez l’un d’eux, Natsumi Suzuki (鈴木夏海), concierge d’un immeuble, et c’est d’ailleurs dans ce même immeuble que vivent en couple deux autres de ses bienfaiteurs: Kyōhei Yamamoto (山本恭兵) et Kaoru Akiyoshi (秋吉薫). Alors que Natsumi propose à Kasuga de vivre avec lui débarque un autre adolescent du même âge – Yasuhiro Naito (内藤也寸尋) – complètement épris de Natsumi, décidé de vivre en couple avec l’objet de son amour. Cet adolescent a lui aussi une vie bien compliquée car il ne veut plus vivre avec sa mère et son cinquième mari avec qui il ne s’entend pas. Et j’oubliais aussi autre chose: Natsumi est aussi le quatrième mari de sa mère, et avec qui il a passé de très bons souvenirs. A noter que le métier de concierge d’immeuble de Natsumi évoque la première histoire professionnelle de Ima: My Beautiful Green Palace (マイ ビューティフル グリーン パレス) qu’on retrouve dans le recueil d’histoires courtes Natsukashii Hana no Omoide (懐かしい花の思い出).

Au milieu de tout ce tumulte (et une colocation assez folle dans un espace tout petit), Kasuga se cherche et tente surtout d’en savoir plus sur les raisons qui ont poussé ses bienfaiteurs à l’aider lui, ce qui constitue donc le fil rouge de l’histoire. Alors que mon texte ne le reflète pas vraiment, l’humour est omniprésent au long du manga. On avait déjà remarqué le talent de Ima pour faire rire dans Le cortège des cent démons et cela continue effectivement dans ses autres titres moins empreints de fantastique (Otona no mondai notamment). Quant au fil rouge, celui-ci s’avère plutôt intéressant et l’histoire est tout aussi bien menée de ce côté, le mystère étant préservé jusqu’à la fin du manga, de même ce qui lie tous les bienfaiteurs et les raisons de l’aider. Les relations entre les personnages sont pleines de surprises (et de piquant) et le ton est évidemment très positif (et empreint d’un certain flegme), alors que l’histoire en soi n’est pas drôle du tout: orphelins, divorces, parents démissionnaires et autres drames que je ne révèle pas ici. Cette note un peu légère et envolée rappelle un peu Kiki dans Love Me Tender (à quand le volume 7?), et c’est sans doute le point commun qui existe entre les mangaka très fortes dans la tranche de vie telles que Fumi Yoshinaga, est em (dans Happy End Apartment notamment), Ichiko Ima ou encore Reiko Okano (j’en oublie peut-être).

Au final, la famille n’est pas seulement « un papa + une maman = des enfants », mais plutôt des personnes qui vivent sous le même toit, qui s’aiment et sont solidaires. Comme dans Otona no mondai, l’homosexualité n’est pas forcément bien vécue par les parents du concerné, voyant ce choix comme une « maladie à guérir » voire une passade, et non un véritable amour, voulant même aller jusqu’à un mariage contraint pour guérir le « malade ». Les histoires d’amour sont présentes mais ne prennent pas le pas sur l’intrigue, le tout constituant plutôt un fond comique, comme l’adolescent amoureux de Natsumi au début du manga, ou encore cette histoire passée entre Natsumi et son ami Kyōhei, le premier devenant un peu « dangereux » après avoir un peu trop bu, ne sachant plus trop avec qui il partage son lit (il n’a pas vu une certaine prévention contre l’alcool dans les années 90 lui…). En bref, Ashinaga ojisantachi no yukue est un excellent manga signé Ichiko Ima sous le signe de la comédie. Petite remarque sur la lecture ceci dit, je trouve les manga de Ima plutôt longs à lire: beaucoup de cases dans une page, pas mal de dialogues aussi, ce qui prend du temps. Après, je n’ai pas noté de difficultés sur le vocabulaire. Enfin, on ne voit quasiment pas de scènes de sexe dans les boys’ love de Ima. Graphiquement, on retrouve Ima avec son dessin habituel, toujours très doux et particulièrement agréable (quand on l’apprécie).

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Fancy Dance (Reiko Okano)

Fancy Dance (ファンシィダンス) est un manga de Reiko Okano (Onmyôji – celui qui parle aux démons chez Delcourt) prépublié entre 1984 et 1990 dans le Petit Flower (プチフラワ) de Shogakukan. En 1989, Okano reçoit le 34ème prix Shogakukan dans la catégorie shôjo pour cette série. Au Japon, l’histoire de Fancy Dance s’étale sur 9 volumes (tankôbon), mais la série est (semble?) plus facilement trouvable en format bunko en 5 volumes. A Taïwan, Fancy Dance prend le titre 摩登和尚 (sous-titré Modern Monk, il s’agit de la traduction littérale du titre en chinois) en 8 volumes, chez l’éditeur Sharp Point Press (尖端). Chez cet éditeur, les manga des années 90 étaient souvent affublés d’un sous-tire en anglais (Marginal de Moto Hagio est par exemple sous-titré Infertile World). Le succès de Fancy Dance fut tel que le manga a connu une adaptation filmique réalisée par Masayuki Suo.

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L’histoire se penche sur Yôhei Shiono (塩野陽平), étudiant branché qui vit à Tokyô au début des années 80. Véritable citadin des temps modernes, il aime fréquenter les endroits « in » de la capitale, fait partie d’un groupe de rock baptisé les Flamingos et surtout, il aime son look, choisissant ses tenues avec grand soin. Le seul problème dans sa vie, c’est sa famille et surtout son père: il est le moine bouddhiste d’un temple d’une petite ville de province, et Yôhei doit hériter de ce temple, vu qu’il est le fils aîné. Il a bien un petit frère, Ikuo, mais surprotégé par sa mère, il a été diagnostiqué « trop fragile psychologiquement ». Entre autre, Yôhei fait la connaissance de Masoho (赤石真朱), jeune femme tout aussi belle et fashion que Yôhei et au caractère bien trempé. Les deux ont visiblement des sentiments l’un pour l’autre, mais Yôhei doit tout de même suivre sa formation de moine dans un monastère pendant plusieurs années, ce qui le coupe de sa bien-aimée.

Reiko Okano a dû batailler avec son éditeur, si on en croit les dires de Frederik Schodt dans son Dreamland Japan, pour écrire sur un moine bouddhiste, tellement le sujet semblait ringard à cette époque au Japon (et sinistre, les moines bouddhistes étant plus associés aux funérailles qu’autre chose). C’est peut-être pour cela que Okano a dû rassurer un peu son public en inscrivant l’histoire dans un Tokyô très moderne entre discothèques et autres fringues à la mode. Le début est plein d’humour et un peu ringard, c’est une comédie sentimentale qui prend son temps (on est dans les années 80, le premier bisou c’est jamais tout de suite!). Pour autant, Okano n’est jamais ennuyante dans le sens où le couple prend un peu son temps pour se former, mais pas trop de quiproquos ou autres comportements puérils faisant allonger la sauce. Côté dessins, on retrouve le talent graphique de Okano.

La relation entre Yôhei et Masoho est très humaine et évolue petit à petit, les sentiments se développent mais les personnages sont souvent en proie à des réflexions, surtout Masoho qui s’interroge beaucoup sur la notion de liberté et du couple. Car la liberté est un thème central pour cette jeunesse qui tente de croquer la vie à pleine dent, Masoho ne veut pas « changer Yôhei », et c’est une des difficultés l’empêchant en quelque sorte d’accepter ses sentiments amoureux. J’ai malgré tout eu un peu de mal à lire cette partie, entre les noms de groupes, d’endroits et le côté un peu ringard (puis faut dire que j’étais là pour voir des moines!!!). Cette partie sur une jeunesse insouciante, vu le contexte économique du Japon, m’a fait penser à Tokyô Girls Bravo de Kyôko Okazaki, ou à PIL de Mari Yamazaki. Dans les deux cas, la musique est très présentes et les vêtements très datés (ou du gros n’importe quoi… si j’arrive à prendre des photos). La narration est un peu ancienne aussi, Okano s’attarde beaucoup moins sur les personnages secondaires que dans les manga qu’on peut lire de nos jours, l’histoire se centrant vraiment sur le héros Yôhei, puis Masoho, qui tient le rôle féminin principal.

Le tout décolle avec le volume 3 lorsque Yôhei suit enfin la (tant attendue!!!) formation de moine dans un temple bouddhiste Zen (école Sôtô d’après Schodt). Là, finie l’ambiance ringarde pour aller dans un monde clos, sévère, austère, pleine de personnes sans cheveu. La vie dans le temple est très détaillée, de même que la formation. J’ai malheureusement été victime de flemmingite du dictionnaire, et il se trouve que je n’ai donc pas tout compris aux différents grades. On reconnaît le côté toujours détaillé et érudit des manga de Okano. Toujours est-il que le tout fut passionnant, et à partir de ce moment, je dois dire que j’ai eu beaucoup de mal à quitter les pages de Fancy Dance. Pour autant, l’ambiance n’est absolument pas austère, bien au contraire. Car Yôhei, accompagné de son petit frère, se fait de nombreux amis lors de cette formation, et ceux-ci ne sont pas les derniers pour la déconne! Même si les repas sont frugaux, l’alcool interdit, la viande proscrite, la vie chaste, les jeunes sont toujours pleins d’énergie et d’entrain pour tenter d’enfreindre les règles et s’amuser, donnant lieu à de multiples punitions et donc, pas mal de moments rigolos (le KFC, le matage de Saint-Seiya en cachette, les beuveries, le karaoké, le taxi). Côté dessins, je suis gâtée, entre les bâtiments, les tenues de moines et ces jeunes hommes chauves. Et puis il faut dire qu’au niveau du visage, Yôhei se Seimei-ise…

Yôhei est un héros décidément attachant. Il sait se montrer très drôle et un peu idiot, mais il lui arrive souvent, même avant sa formation bouddhiste, de réfléchir sur beaucoup de choses, sur la vie, sur l’être humain. Il progresse sous nos yeux lors de sa formation, et finit par apprécier la vie au temple et surtout les instants de méditation. Alors qu’il pensait partir une année, Yôhei reste plusieurs années au monastère, et plusieurs vieux moines s’attachent à lui. Le retour à la ville s’avère difficile, de même que le retour avec sa bien-aimée. Tout au long de la formation, Masoho et Yôhei restent en contact au moyen de lettres, et on voit tout de même les deux évoluer chacun de leur côté. Masoho finit par trouver un boulot de bureau, en tant que OL (office lady, un job qu’on voit souvent dans les manga comme une espèce  de moyen pour rencontrer des hommes ayant une situation stable…), mais se montre plus travailleuse que je ne le pensais, et monte peu à peu les échelons. Elle se voit comme une femme indépendante économiquement parlant.

Le mariage est une discussion souvent abordée lors de discussions entre copines, et tout cela me paraît bien loin (déjà que je n’y pense jamais…) aujourd’hui, car toutes même lors des années étudiantes, désirent trouver un mari. Parmi les amies de Masoho, on s’intéresse à l’une d’entre elles restée célibataire lors d’un chapitre, voyant tout son entourage se mettre en couple (elle devient professeur d’anglais et mate les voyous, elle m’évoque un peu une Gokusen). Au final, elle connaîtra aussi le « bonheur », évidemment. Il y a quelque chose de daté dans ces histoires de mariage et de couple. Et même Masoho, finalement, s’inquiète de la direction qu’elle veut donner à son « couple », se demande ce que « veut » Yôhei, attendant plutôt sagement son amoureux qui doit descendre de la montagne, une partie de la personnalité de Masoho qui m’a quelque peu étonnée. C’est sans doute le contexte social de l’époque, un peu plus coincée sur ces histoires de mariage. Et puis il ne faut pas s’attendre à grand chose à part quelques bisous entre Masoho et Yôhei, celui-ci étant un homme correct (après, c’était plus difficile au milieu du manga).

La famille de Yôhei est assez peu abordée, mais chaque fois qu’elle est mise en avant, c’est souvent un bon moment de rigolade. Il faut dire que la dynamique entre tous les membres est cocasse. Yôhei est souvent jaloux de son petit frère Ikuo, qui parvient souvent à se faire aimer de tous, que ce soit dans la famille ou pendant la formation de moine où il n’est pratiquement pas puni! Il a un don pour éviter les ennuis, et n’a même pas besoin de se battre contre son père pour pouvoir faire partie d’un groupe de rock. Même avec les filles, la vie lui sourit! Tout ceci attise la jalousie de Yôhei qui n’hésite pas à lui jouer de mauvais tours. Quant à Yôhei et son père, l’engueulade ayant lieu au début du manga est juste tordante, avec le père qui finit par hurler un « OH MY BUDDHA! », réminiscence de l’humour Okano, celle-ci aimant tant faire dire des « OH MY GOD » dans son Yômi Henjô Yawa, et je suppose que ce doit être le cas dans Onmyôji aussi. La mère n’est pas mal dans son genre, à surprotéger son Ikuo chéri, une belle femme qui arrive même à attirer de vieux moines (au grand dam de Yôhei…). Que dire alors de la grand-mère, farceuse au possible, et lisant son roman SM lors d’une cérémonie bouddhiste pour l’âme de son défunt mari… Bref, une famille que j’ai regretté de trop peu voir, vraiment!!!

En bref, si vous le pouvez, il faut tenter l’aventure Fancy Dance. C’est très drôle, très bien écrit, les personnages principaux sont attachants et le trait de Okano est déjà très joli. Mais c’est surtout sur la formation au temple bouddhiste Zen que le tout s’envole vraiment, la description dans la vie au monastère marque une rupture graphique et narrative. Les deux derniers volumes, dans lesquels Yôhei revient en ville, sont tout aussi passionnants, entre réflexions philosophiques de Yôhei et doutes de Masoho, le tout ponctué de nombreux gags. Surtout, les personnages grandissent, on a sous les yeux un véritable passage à l’âge adulte sur plusieurs années (l’action se déroule entre 1984 et 1990) dans un environnement daté. Okano est une auteure pleine d’humour, parfois décalée (elle le prouve dans Onmyôji ou Yômi Henjô Yawa moins dans The Calling ceci dit), comme lors d’un chapitre dans lequel on laisse de côté notre héros et le Tokyô des années 80 pour… la Grèce Antique! Ce procédé m’a presque rappelé le fameux volume de Hôshin où Fujisaki parle de remplacer la série par un manga de sport. Un mot ceci dit, le tout peut être un peu long à lire, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de cases dans une planche, et que les dialogues sont nombreux (le tout est peut-être biaisé du fait de ma lecture en chinois). On peut retrouver un article sur Fancy Dance dans l’ouvrage en anglais Dreamland Japan de Frederik Schodt (un grand merci à la personne qui me l’a prêté), puis une chronique sur le site italien Shoujo Manga Outline. [Ajout du 02/01/2015] Notons que les pages publicitaires de l’éditeur sont consacrées à Rumiko Takahashi, et en particulier Urusei Yatsura

Tout ceci m’a malheureusement donné envie de relire Ikkyû de Hisashi Sakaguchi, aujourd’hui devenu bien rare (je me demande si il y a un problème avec les droits, il n’y a pas eu de réédition depuis celle de Vents d’Ouest il y a dix ans. L’édition taïwanaise semble également coûter un bras). J’ai été trop jeune et trop bête pour l’acheter à l’époque dans l’édition Glénat (l’édition Vents d’Ouest étant bien trop grand format, et le papier glacé pour du noir et blanc, sans commentaires, heureusement qu’il est dispo à la bibliothèque).

(images à venir… je ne garantis rien)

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A-Un de Mari Okazaki – extraits

A-Un Mari Okazaki

Mari Okazaki est une mangaka que j’ai toujours trouvé intéressante, et ce depuis la sortie de Déclic amoureux à l’époque où Akata travaillait avec Delcourt (ça fait déjà dix ans!), même si je ne peux me vanter de l’avoir soutenue (et je le regrette aujourd’hui). Avec Complément Affectif, elle prouve qu’elle est également capable d’écrire une série longue comme des histoires courtes. Depuis, elle a sorti & qui s’est terminé au volume 8, puis s’est lancée dans A-Un (阿吽), un seinen prépublié dans le Gekkan! Spirits, première incursion dans la catégorie éditoriale étant donné que Okazaki était jusque là publiée dans des revues shôjo ou josei.

Un titre qui m’a intriguée dés l’annonce de sa sortie, déjà pour le côté seinen, mais surtout pour son sujet: des moines bouddhistes! L’histoire se déroule à l’ère Heian (l’époque de Onmyôji de Reiko Okano, à quand le volume 8?), ce qui promet des kimono. D’ailleurs, les kimono et le dessin d’Okazaki font bon ménage: quelques illustrations dans Complément Affectif, dans &, mais aussi une histoire courte du Cocon (un poil glauque d’ailleurs). Mais aussi et surtout, il s’agit des moines Kûkai et Saicho, fondateurs des temples Enryaku et Kôya (ce qui me fait penser à Sorata de X… souvenirs de vieille peau), d’après Manga-news.

Evidemment, je n’ai pas lu ce manga. Mais si vous voulez voir à quoi ressemblent les planches, Shogakukan propose des pages du premier chapitre ici. Il suffit de cliquer sur le bouton bleu de la page. Le découpage reste toujours aussi particulier.

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Le volume 1 vient de sortir, et je dois dire que les moines font un peu des têtes de psychopathes dessus. Encore plus de cernes que Sanzô dans Saiyuki!

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Pour information (si cela peut intéresser quelqu’un), la série & a commencé il y a quelques mois à Taïwan chez l’éditeur Tong Li sous le titre & ~ 兼職 (nom de l’auteure 岡崎真里) avec 2 volumes sortis. Espérons qu’elle ira à son terme. Pour le moment, je me demande si une sortie est envisageable en France. Pour A-Un, je ne sais pas du tout ce qu’il en sera. Il faut dire que le nom de Mari Okazaki n’est pas des plus vendeurs, et que les histoires de bouddhisme ne semblent pas non plus des plus attirantes…

Petit ajout: interview de Mari Okazaki sur Akata (faite dans le cadre du Feel Young, je suppose).

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En panne!

Comme vous (rares lecteurs et lectrices) l’aurez sans doute remarqué, je n’ai pas écrit de l’année ou presque sur ce blog. La raison? Sûrement pas le temps car je reste tout de même active en tant que forumeuse, ma vie sociale est toujours aussi désertique et surtout, je n’arrête pas de penser à mes lectures!

Au départ, dans ce blog, je voulais avant tout regrouper tous mes bla-bla manga lus en chinois, étant donné qu’il est plus facile de s’y retrouver ainsi que sur un forum (et peut-être faire profiter quelqu’un qui rechercherait des info sur tel ou tel manga). Je ne parviens pas vraiment à trouver l’origine du blocage, sans doute la perte d’habitude de ce blog. Pourtant, la spontanéité ayant été plus ou moins  mon credo ici, j’aurais dû écrire, même si c’est pour dire des trucs complètement inintéressants, dans ma relation entre moi et… mes manga voire mes lectures.

Pourtant, il y avait matière à écrire vu toutes mes lectures cette année, dont pas mal de manga inédits en français. Je pense aussi qu’écrire sur un manga à moitié compris m’a un peu bloquée, plus que sur un forum. Pourtant, c’était un peu le but, écrire bien que tout n’a pas été compris, et relire ensuite! La flemme n’est pas totalement étrangère à tout cela non plus, malheureusement. Je suis ainsi retombée dans cet état difficile de fainéante …

L’année manga fut plus ou moins éprouvante, dans le sens où, pour celles et ceux qui l’ignorent, je me suis fixée un budget mensuel avec un dépassement permis inférieur à 5€. Le plus difficile a été de rester raisonnable tout en achetant des manga en chinois, avec les frais de port élevés, et ne pas craquer en librairie (un véritable défi, surtout en septembre! Malheureusement, je n’ai pas beaucoup soutenu le marché français…).

En plus de cela, j’ai été assez drastique et je me suis plus ou moins forcée à lire tous les manga/comics/BDs achetés et non lus chez moi. Ce fut donc éprouvant car je ne pouvais pas trop déroger. Éprouvant mais néanmoins efficace puisque certains livres traînaient depuis des années ont été lus. Dans ce tas de livres (enfin bandes dessinées), on peut distinguer les oubliés par flemme, d’autres par peur (chinois, allemand), et finalement, ce ne fut pas si terrible (même si certains furent à moitié compris, il faudra les relire…). A vrai dire, même en français, il me faut parfois lire deux fois pour saisir réellement quelque chose, je ne parle même pas d’une autre langue!

Au final, je ne sais pas encore si je réécrirai ici. J’aimerais quand même faire un peu vivre cet espace, que ce soit sur les manga ou sur des trucs « ma life » toujours en relation avec les manga (en fait 80% de ma vie tourne autour! une véritable obsession, je dois bien me l’avouer…). Rien que ce billet fut un défi, alors qu’il n’est pas structuré et mal écrit. D’ailleurs, le fait de tenir un blog était aussi une manière d’apprendre à me structurer un peu, mais je suis bien loin de l’objectif… Alors que novembre se termine bientôt, et que décembre s’approche, je vais enfin voir si le défi de 2014, à savoir limitation financière et un comportement moins « acheteuse compulsive qui achète plus vite qu’elle ne lit », a été relevé!

Peut-être à bientôt pour un post toujours aussi mal écrit et aussi peu structuré, autour d’une lecture!

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Le club des bavard(e)s

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Tout d’abord, comme je n’ai pas eu l’occasion de le faire avant, je voudrais vous souhaiter une très bonne année 2014 ainsi que tous mes voeux de bonheur et d’excellentes lectures. Je vais aussi en profiter pour remercier toutes les personnes qui passent par là, et qui commentent ou non. Merci à vous de me lire (si vous le faites) et je suis toujours contente de savoir que certaines personnes peuvent partager un côté quelque peu fétichiste.

Il faut se rendre à l’évidence, je suis une bavarde. Cela est vrai dans la vie réelle, mais ce phénomène s’amplifie dés qu’on prononce un mot: « manga ». A partir de là, on peut dire que je suis partie, et pour longtemps, trèèèèèèèès longtemps. Et certaines personnes l’ont repéré: j’ai été nommée par Bidib de Ma petite médiathèque et aussi par Carolus du Club-Shôjo pour le prix de la convivialité, une idée qui vient de Mo’ du Bar à BD. J’imagine déjà des personnes que je côtoie au quotidien se marrer si elles savaient que j’ai été citée dans un club de bavards…

Voici les règles :

1. Lorsque tu apprendras que tu as été désigné, te réjouir tu devras. Danser la gigue et arborer le logo de ce Tag sur ton blog tu feras.
2. Pour remercier celui qui t’a désigné, un petit texte tu rédigeras.
3. Puis, les 10 internautes les plus bavards sur ton blog tu nommeras.
5. Les prévenir (sur leur blog) de ton méfait tu devras.
6. Faire ce tag UNE SEULE FOIS tu pourras.

Comme Bidib, je vais faire l’impasse du petit pas de danse, étant une piètre danseuse. Je ne ferai pas l’impasse sur la deuxième règle, et je remercie très chaleureusement Carolus et Bidib de m’avoir balancée d’avoir pensé à moi. Maintenant, le plus difficile est de balancer les autres étant donné mon e-sociabilité dans la blogosphère, ce qui peut sembler incongru après avoir été citée par deux blogueuses. D’une part, les commentaires ne sont pas vraiment nombreux en cet espace, qui n’invite peut-être pas suffisamment à la discussion. De deux, le blog est très peu visité, et quand il l’est, je pense plus à un hasard ou plutôt à des récupérations d’images. Mais surtout, ceux qui ont la plus grosse (part de commentaires ici!) ne tiennent pas tous des blogs.

Je pense que si je devais citer une bavarde par la longueur et la fréquence de ses posts, ce serait sûrement Tama… qui ne tient donc pas de blog (enfin, si, en quelque sorte, mais pas très régulièrement et pas sur les manga)! Donc, bravo à toi Tama pour tes longs commentaires toujours très pertinants, c’est toujours un plaisir de te lire ici.

Pour la suite, je vais donc nommer – rien d’ordonné – celles et ceux qui repartiront d’ici avec un prix de la convivialité… suspense!!!

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Dokebi Bride #1

Fut un temps où les éditeurs ont tous voulu se lancer dans le manga, ou plutôt dans la bande dessinée asiatique petit format, en passant par les manhwa coréens ou les manhua (que je suppose taïwanais). En 2007, Kymera Comics fait partie de ces éditeurs ayant tenté l’aventure pendant un temps bien bref au travers du label Drakosia par 4 titres: Cynical Orange et Dokebi Bride côté coréen, La Perle du Dragon et The Moon côté chinois (ou plutôt monde chinois, ne sachant pas ce qu’il en est de The Moon, dernier titre sorti en 2008 dans le catalogue de Drakosia). Si les deux titres chinois sont des one-shot, ce n’est pas le cas des titres coréens dont fait partie Dokebi Bride. Cynical Orange aura droit à 2 volumes, et Dokebi Bride s’arrêtera au volume 1. Dokebi Bride est donc un manhwa complètement passé inaperçu.

dokebi_bride_vol1 Lire la suite »

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Moto Hagio – Univers SF

Cela fait longtemps que je voulais dresser un inventaire des titres de science-fiction de Moto Hagio. Il n’est peut-être pas complet, dû à ma méconnaissance de la langue japonaise (j’utilise pour me débrouiller, les fameuses traductions automatiques de vous-savez-qui). Dans ce cas-là, vous pourrez me le signaler, et j’espère que les fautes seront pardonnées. Certains titres m’ont donné du fil à retordre, hésitant entre fantasy, fantastique et science-fiction, les initiales « SF » ne signifiant pas toujours qu’il s’agit de science-fiction. Si j’ai réussi à dénicher des scans japonais pour certaines histoires afin de voir le contenu, cela n’est pas le cas pour d’autres. Je considère qu’il s’agit de science-fiction dés qu’on y mentionne des voyages dans l’espace ou d’autres planètes.

Comme pour les manga de la période musicale de Moto Hagio, j’ai fait mes recherches via le site hagiomoto.net avec en complément Mangayomi (notamment pour les romaji) et l’inévitable Wikipédia. Pour les titres en anglais des manga inédits aux États-Unis, j’ai repris ceux de Matt Thorn dans son interview pour The Comics Journal. Pour les titres en français, l’anthologie Moto Hagio sortie chez Glénat très récemment (achetez-la pour Noël!!!) fait évidemment foi. Certaines informations proviennent aussi de mes lectures (avec une compréhension parfois minime): Nous sommes onze, sa suite Est et Ouest, un horizon lointainStar RedTen Billion Days and One Hundred Billion NightsGin No SankakuUn rêve ivre, Slow Down et une partie de Marginal. Lire la suite »

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Moto Hagio – Période musicale

Si Moto Hagio (萩尾望都) est surtout connue comme pionnière du boys love à travers des titres tels que Le pensionnat de novembre ou Le Cœur de Thomas, elle est aussi célèbre pour ses histoires de science-fiction et ses drames humains (ou plutôt traumatismes familiaux devrais-je dire). A la fin des années 1980, soit après sa plus longue série de science-fiction Marginal (マージナル), Moto Hagio peut enfin s’en donner à cœur joie avec un domaine qui l’intéresse beaucoup depuis 1985: la musique, et plus particulièrement le ballet, avant d’attaquer en 1993 sa série fleuve (17 volumes!) Zankoku na Kami ga Shihaisuru (残酷な神が支配する).

Sources: Wikipédia, l’interview de Matt Thorn donnée pour The Comics Journal, le site hagiomoto.net, le vieux mais excellent site Mangayomi, et le fameux traducteur approximatif que je refuse de nommer. Les images proviennent de hagiomoto.net ou de scans en chinois. Certains manga sont aussi sortis chez l’éditeur taïwanais Sharp Point Press (尖端出版), ce que je signalerai par la suite. Et pour ceux qui se posent la question, je n’ai lu aucun de ces manga.

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Une illustration qui je l’espère, met dans l’ambiance. « Le pirate et la belle » en chinois, tiré de Blue Bird.

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Projets Moto Hagio chez JP Fantastica

moto_hagio_polishL’éditeur polonais de manga J.P. Fantastica (Japonica Polonia Fantastica) continue à faire découvrir Moto Hagio à son lectorat en proposant une collection spéciale pour l’auteur qui comprendra 9 volumes. Source: la page Facebook de l’éditeur.

Je le répète, je ne comprends pas le polonais (après, des fans de Moto Hagio qui lisent cette langue ici?). Avec un petit coup de traduction Bing, voici ce que ça donne en anglais:

All lovers of good comic books and classics-here’s something for you. At least once a year we will release one of the masterpieces of Moto Hagio!

The collection will consist of a total of 9 volumes:
– Clan Poe (2 volumes)
– They were eleven (1 volume) – inclut Nous sommes onze, et sa séquelle Est et ouest, un horizon lointain
– Star Red (1 volume)
– Thomas no Shinzou (2 volumes)
– Hanshin (1 volume) – recueil d’histoires courtes détaillées ci-dessous
– Mesh (2 volumes)

You will find here a little Sci-Fi and psychological dramas.
One of these titles will be shown as a Mega Manga in 2014.

Pour ceux qui se demanderaient à quoi correspond Hanshin, l’éditeur indique qu’il s’agira d’un recueil d’histoires courtes comprenant 440 pages. Je rappelle que Hanshin est en fait le titre original de Mon côté ange disponible dans le volet « De l’humain » de l’anthologie sortie chez Glénat. L’histoire La Princesse Iguane figurera dans ce recueil.

It will be a collection of short stories, about 440 pages and will include:

– Hanshin – Mon côté ange
– Iguana no Musume – La Princesse Iguane
– Tenshi no gitai [天使の擬態] – Angel Mimic (dans l’anthologie de Matt Thorn A Drunken Dream and Other Stories)
– Gakkou e Iku Kusuri
– Gogo no Hizashi
– Giou
– Onshitsu – une histoire de vampire, dont on peut trouver un résumé chez Mangayomi
– Marine – une histoire courte inclue dans le one-shot Golden Lilac, résumé chez Mangayomi
– Catharsis
– Kaettekuru Ko [帰ってくる子] – The Child Who Comes Home (dans l’anthologie A Drunken Dream and Other Stories)
– Sayo no Nuu Yukata
– Yuujin K

On peut en déduire que Klan Poe a suffisamment intéressé le public manga polonais pour que tout ceci sorte un jour. Normalement, Nous sommes onze et sa suite est sorti ce mois-ci. J’adore la couverture du Clan Poe… Même chose pour Nous sommes onze, mais je ne sais pas quel est le résultat en vrai par contre.

J’ai du mal à écrire de nouveau ces temps-ci mais je tente de sortir un billet sur l’anthologie Moto Hagio. Avec le prix abordable, l’édition, les préfaces et la qualité des histoires, il s’agit à mes yeux de la sortie de l’année. Gemini a donné son avis, mais on en trouve aussi sur les forums de Mangaverse et Jeux Vidéo pour ceux qui pourraient encore hésiter.

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