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Mangasochisme: Golondrina d’est em

L’an passé, j’ai souvent souffert de ne pouvoir lire la suite de tel ou tel manga. Et j’en suis venue à créer un mot pour ça: mangasochisme. Parce que je ressassais, à longueur de temps, dans ma tête, tous ces manga que je traîne depuis des années sans en voir le bout (bout que je ne verrai peut-être jamais de mon vivant si je n’apprends pas le japonais…). Bref, tout ceci pour dire que j’inaugure ici une nouvelle rubrique qui combinera toutes mes frustrations. En somme, un espace qui permet ENFIN d’exprimer tout ça à l’écrit (en fait c’est thérapeutique quoi)… Rien d’intéressant, il s’agit ici de râler un bon coup car ça fait du bien. En plus, j’adore me plaindre (pas de quoi s’en vanter, je sais)… Et si vous voulez vous y adonner en commentaires, vous êtes les bienvenu-e-s!

Je commence cette série de lamentations par Golondrina d’est em (je résume mais c’est une mangaka ayant commencé par le BL, mais elle officie aussi dans le josei et le seinen. C’est évidemment une des chouchoutes de ce blog… en VF, courrez lire Tango aux Éditions H, hélas trouvable partout à prix très petit ;__; ). Golondrina (hirondelle en espagnol) est une série inédite en France. est em est venue vers le seinen en 2011-2012 avec Golondrina et Ippo (rien à voir avec le boxeur), deux titres respectivement prépubliés chez IKKI (Shogakukan) et Jump Kai (Shueisha). L’histoire de Golondrina est centrée autour d’un domaine qui fait débat en Europe: la tauromachie. Pourtant, naïve comme je le suis, avec l’actu chargée de est em au Japon, je croyais dur comme fer à une sortie, soit aux États-Unis chez Viz (il faut dire que l’espoir fut entretenu lors de la venue d’est em au TCAF 2014 ainsi que la sortie de Tableau Numéro 20 chez SuBLime, branche BL de Viz), soit sur le sol français chez Kana dans une collection du type Made In (après tout, Kana a sorti des IKKI, pensais-je). Et ce malgré le four que fut Tango et son dessin paraît-il « particulier », « les Français ne sont pas prêts » me dira-t-on un jour.

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Golondrina est un titre prévu en 6 volumes. Le tout semble avancer, sauf qu’au Japon, l’aventure du IKKI s’achève en 2014. Par la suite, Shogakukan fonde le Hibana en mars 2015, un magazine seinen dans lequel la plupart des mangaka prépubliés sont des femmes. D’après les dires, c’est peut-être pour concurrencer le Harta de Enterbrain qui cartonne au Japon (on y trouve entre autre Bride Stories). Cela n’a rien à voir avec Golondrina, mais notons que le Hibana s’arrêtera aussi en été 2017… Tout ça pour dire que les choses commencent déjà mal pour Golondrina d’est em: lorsque le Hibana est lancé, on y retrouve certaines séries issues du IKKI (comme Futagashira de Natsume Ono et Dorohedoro de Q Hayashida) mais pas Golondrina! Visiblement, Golondrina ne sera repris dans aucun magazine et sa sortie sera prévue directement en volume relié sans passer par la case prépublication! A ce moment-là, sur les 6 volumes prévus de la série, on en est au 5. Tout cela pour dire qu’évidemment, cela n’aide pas à vendre les droits de la série à l’étranger (paraît-il que Shogakukan essayait pourtant pour le marché occidental, mais n’a jamais trouvé preneur pour cette merveilleuse série).

Miracle dans le « planning » de l’éditeur taïwanais Tong Li (un des plus grands acteurs du marché, local ou en licences manga), j’apprends que Golondrina sort en janvier 2015 (je relis même plusieurs fois le nom de l’auteure pour être SÛRE de ne pas me réjouir pour rien)! Autant dire que je saute de joie, surtout que cela signe peut-être un excellent début d’année (des événements tragiques diront quand même le contraire). Tong Li fait donc un lancement comme on en voit souvent en France, en sortant les deux premiers volumes le même jour. Inutile de dire que je commande évidemment les volumes très rapidement, attendant avec impatience la suite (je n’ai jamais écrit dessus mais à ce jour, Golondrina est mon chouchou personnel dans l’œuvre d’est em, tant pour son histoire que son merveilleux dessin). Les mois passent, et même l’année qui passe, avec 2016 qui pointe son nez et toujours: RIEN. Le néant, nada, null (oserais-je même). On est en 2018 et évidemment, toujours aucune nouvelle de Tong Li. Et toujours cette sempiternelle réponse sur le forum de l’éditeur, à savoir que Tong Li n’a plus les droits, et qu’aux premières nouvelles, nous serons mis au courant sur le site de l’éditeur (si si, il sont sur Facebook, mais ils ne répondent pas aux questions de ce type dessus, faut passer par le forum…). Réponse identique à quasiment toutes les questions concernant des sorties que je me demande si elle n’est pas… automatique!

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L’espoir fut donc plus que bref, Tong Li faisant même pire que Panini: opération que j’ai même fini par baptiser le lancement-arrêt. C’est lorsque l’éditeur fait un lancement en grande pompe avec 2 volumes d’un coup, et qu’en fait la suite ne sortira jamais  (ce n’est pas la première série victime de l’opération chez l’éditeur). Notons que l’éditeur (ou les éditeurs en général à Taïwan) ne communique pas comme le font les éditeurs français. C’est donc plus que désagréable de se voir arrêter ainsi une série (longtemps) rêvée. Car il n’y a JAMAIS d’arrêt de série (sauf que les séries arrêtées à un volume de la fin, je ne les compte même plus): c’est la sempiternelle réponse dont je parlais plus haut. Au petit bonheur la chance, certaines séries voient un volume sortir après des années d’interruption. Et on ne me dira pas que Tong Li est un petit éditeur: c’est un mastodonte à Taïwan, qui a même une branche à Hong Kong, possédant les licences de gros shônen qui cartonnent (The Promised Neverland, One Punch Man, One Piece, My Hero Academia, au niveau local, il y a le bestseller The Ravages of Time du Hongkongais Chen Mou, et j’en passe, là où ces titres sont partagés en France entre plusieurs éditeurs…).

Si vous êtes toujours vivant-e-s, merci d’avoir lu ma complainte. A noter que récemment, est em a publié sur Twitter des dessins de Golondrina: elle reprend donc la série et travaille sur le volume 6. Avec une fin, peut-on espérer une situation qui se débloquerait pour une sortie… en Occident? Ce serait tellement bien! Le public français serait-il « prêt » (on se pose tout de même moins cette question pour d’autres mangaka, curieusement…)? De ma lucarne, c’est un titre que j’aurais très bien vu dans une collection atypique comme celle de Futoropolis (je sais, le coût, tout ça, je n’ai toujours pas acheté Les Chats du Louvre en plus), au vu du dessin très européen d’est em et du lieu où l’histoire se passe: en Espagne.

Le ptich: Chika est une jeune femme de 18 ans que l’on confond souvent avec un garçon. Elle est lesbienne et a rompu il y a peu avec sa petite amie. Ce que Chika aimerait, c’est trouver la mort. Mais pas n’importe comment: à l’aide de la tauromachie, elle pourrait mourir fière, et de manière visible, à la télévision!

A lire: la chronique de Jocelyn Allen.

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Fumi Yoshinaga – Editions étrangères

Fumi Yoshinaga (よしなが ふみ) est une mangaka que j’affectionne particulièrement. Mon premier contact avec son oeuvre fut le one-shot All My Darling Daughters, alors édité dans la collection Sakka (et traduit par Marie-Saskia Raynal même si cela n’est indiqué nulle part car erreur de l’éditeur). J’y ai découvert une grande mangaka, incroyablement douée pour parler des relations humaines, avec, dans le one-shot en question, une petite pointe de féminisme. Le propos est en plus mature, s’adressant donc à un public adulte. Son style graphique est simple et sobre, voire austère et très vide au niveau des décors, mais tout cela n’a guère d’importance dés qu’on se lance à corps perdu dans la lecture de ses manga. Ses dialogues sont très fluides et son humour fait mouche. Graphiquement, ses personnages se ressemblent d’une série à l’autre. Ses personnages bruns me plaisent beaucoup.

Sentimentaux, ses manga le sont sans aucun doute, mais sans pathos. Finesse psychologique des personnages, observation des relations humaines, subtilité, sentiments et maturité sont les maîtres mots de son oeuvre. Fumi Yoshinaga est très peu traduite en France. Heureusement, ses meilleures oeuvres nous sont parvenues: All My Darling Daughters et Le pavillon des hommes, actuellement en cours chez Kana. Si cela n’est pas fait, je vous invite à lire les oeuvres citées. Le pavillon des hommes est, à ce jour, son titre le plus ambitieux. Fumi Yoshinaga fait partie de ces auteures ayant débuté avec des dojinshi de Slam Dunk avant de se lancer dans une carrière professionnelle, elle écrit donc du boys love, mais a su s’en affranchir pour toucher un public plus large, s’aventurant aujourd’hui sur le terrain du seinen. Au Japon, elle mène actuellement deux séries: Le pavillon des hommes dans le Melody de Hakusensha et Kinou Nani Tabeta? (What did you eat yesterday?) dans le Morning de Kodansha (magazine seinen). Deux sujets reviennent souvent dans son oeuvre: l’homosexualité et la nourriture, tous deux rassemblés dans le second titre cité. Enfin, elle semble apprécier l’époque de la Révolution française.

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Natsume Ono / basso – Editions étrangères

Peu avant est em, j’ai découvert Natsume Ono (オノ ナツメ) par sa série Goyô, et elle a rapidement rejoint le club de mes mangaka préférés. En France, seuls Goyô, Gente et Ristorante Paradiso sont sortis chez Kana. Il faut croire que le dessin particulier et le rythme extrêmement lent des histoires de Natsume Ono n’aient pas trouvé son public, ce qui fait qu’on en est resté là. La carrière de Natsume Ono a démarré assez tard, mais elle s’est rapidement fait remarquer. Son succès n’est pas démenti, et elle sort même une nouvelle série dans le Monthly Big Gangan de Square Enix: ACCA 13-Ku Kansatsu-Ka.

Alors qu’elle a commencé avec le seinen, Natsume Ono mène également une carrière dans le boys love sous le pseudonyme de basso. Natsume Ono voue un culte à l’Italie, et inscrit souvent ses histoires dans ce pays. Dans ses titres sortis en France, elle a un style plutôt élégant, celui qu’elle utilise dans ses boys love. La plupart de ses autres manga sont dessinés dans un style plutôt ratatiné, « cartoony » comme on peut le voir sur la blogosphère anglophone, avec de grosses têtes et de petits corps, sans parler de très grands yeux ronds. Lors d’une interview, Natsume Ono cite Yumi Tada (多田由美) comme une de ses influences (planches issues de Yukikaze). Je compte ici parler non pas de l’artiste, ni de ses oeuvres (quelques mots maxi), mais surtout des livres disponibles en anglais et en chinois.

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Il se trouve que Natsume Ono a rencontré plus de succès aux Etats-Unis (sûrement le côté très comics indépendant de son trait). Cela a donné lieu à sa présence lors de l’édition 2011 du Toronto Comics Arts Festival. Aux Etats-Unis, c’est surtout Viz qui édite les titres de Natsume Ono. Comme chez nous, il y a eu Goyô sous le titre House Of Five Leaves sous le label SigIKKI. De même, Gente – People of Ristorante Paradiso et Ristorante Paradiso sont aussi disponibles chez Viz. Mais en plus de cela, les Américains ont eu la chance d’avoir, encore une fois chez Viz, plusieurs one-shots: Not Simple, La Quinta Camera – The Fifth Room et Tesoro. En fin d’année 2012, Kodansha Comics, la branche américaine de l’éditeur du même nom, sort le one-shot Danza. La machine à fantasmes était lancée et j’espérais d’autres annonces des manga de Natsume Ono du Morning 2, tels que Coppers ou Tsuratsura Waraji, mais cela n’a pour le moment rien donné. De même, lors de l’annonce du label boys love suBLime de chez Viz, on aurait pu penser voir des annonces des boys love de basso tomber. Malheureusement, toujours rien à l’horizon. Peut-être Ono est-elle passée de mode?

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Titre: House Of Five Leaves, Titre original: さらい屋五葉 (Saraiya Goyou), Editeur: Viz Media, série terminée en 8 volumes

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Titre: Ristorante Paradiso, Titre original: リストランテ・パラディーゾ (Ristorante Paradiso), Editeur: Viz Media, one-shot lié à la série Gente

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Titre: Gente – The People of Ristorante Paradiso, Titre original: GENTE – リストランテの人々 (Gente – Ristorante No Hibito), Editeur: Viz Media, série terminée en 3 volumes

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Titre: Not Simple, Titre original: Not Simple, Editeur: Viz Media, one-shot. Drame familial se déroulant aux Etats-Unis. Le récit s’étale environ sur 300 pages. Je recommande chaudement cette très belle histoire, très triste et émouvante. L’ambiance y est particulière et le rythme extrêmement lent, avec pas mal de flashbacks. Un récit qui n’accrochera pas tout le monde et peut parfois sembler soporifique (un peu comme Goyô l’a été pour certains). Le dessin est dans un style « cartoony ». Chronique de Plumy sur L’heure du boeuf.

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Titre: La Quinta Camera – The Fifth Room, Titre original: LA QUINTA CAMERA – 5番目の部屋 (LA QUINTA CAMERA – 5banme no Heya), Editeur: Viz Media, one-shot. Il s’agit d’un one-shot très facile à lire, une sorte d’Auberge Espagnole en Italie. Le tout est né, évidemment, de l’amour de Natsume Ono pour l’Italie. Ca joue donc sur l’exotisme et ça se rapproche donc de Gente. C’est très accessible et parfois un peu facile, ça respire la bonne humeur, mais ce n’est clairement pas le titre que je préfère de Ono. Le dessin est dans un style « cartoony » dans une bichromie sépia. C’est avec ce titre, publié en web comic au début, qu’a débuté la carrière professionnelle de Natsume Ono.

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Titre: Tesoro, Titre original: テゾーロ (Tesoro), Editeur: Viz Media, one-shot (recueil d’histoires courtes). Nombreuses histoires sont réunies dans ce recueil d’environ 300 pages. La plupart sont réussies et tournent autour de la famille, des relations humaines et de la nourriture (notamment celle avec le bento). On y trouve aussi des histoires des débuts d’Ono. Dessin dans un style « cartoony » et bichromie sépia.

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Titre: Danza, Titre original: ダンツァ (Danza), Editeur: Kodansha Comics, one-shot (recueil d’histoires courtes). Six histoires sont réunies dans ce recueil. Le tout est principalement centré sur les relations masculines et souvent familiales: père-fils, père-gendre, frère-frère, mais aussi entre collègues. On y trouve aussi le pilote de ce qui donnera lieu à la série Coppers, ce qui m’a fait légèrement espérer… L’histoire SF vaut le coup aussi, moi qui n’ai jamais vu Ono dans ce registre. Enfin, le dessin est « cartoony » et très réussi. Un recueil que je recommande pour ceux qui aiment Ono.

En chinois, les traductions sont plus nombreuses. Parmi les titre sortis aux Etats-Unis, seuls Not simple et Danza manquent. Le nom chinois de Natsume Ono s’écrit 小野夏芽 pour les fans de Natsume Ono qui lisent bien le chinois (je précise que ce n’est pas vraiment mon cas, ce qui est un peu frustrant pour certains titres que j’aimerais tellement avoir chez moi!). La plupart de ses titres sont encore trouvables sur les sites de vente en ligne type Books.com.tw.

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Titre: 江戶盜賊團五葉, Titre original: さらい屋五葉 (Saraiya Goyou), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), série terminée en 8 volumes

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Titre: 天堂餐館, Titre original: リストランテ・パラディーゾ (Ristorante Paradiso), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), one-shot lié à la série Gente

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Titre: GENTE ~ 天堂餐館外傳, Titre original: GENTE – リストランテの人々 (Gente – Ristorante No Hibito), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), série terminée en 3 volumes

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Titre: 草鞋武士-備前熊田家出勤記, Titre original: つらつらわらじ (Tsuratsura Waraji), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), 4 volumes sortis (série terminée en 5 volumes au Japon)

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Titre: 時尚五號房, Titre original: LA QUINTA CAMERA – 5番目の部屋 (LA QUINTA CAMERA – 5banme no Heya), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), one-shot

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Titre: 逃跑的男人, Titre original: 逃げる男 (Nigeru Otoko), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), one-shot. [MAJ de novembre 2013] indisponible, l’éditeur semble ne plus donner signe de vie (et tous les manga de Mightor ne figurent plus sur les sites de vente en ligne). Reste encore Taobao… [MAJ de mars 2014] One-shot fort conseillé. Il donne l’occasion de voir Ono dans un trait plus croquis. Que ce soit dans l’histoire ou dans son graphisme, on pense beaucoup ici à la BD indé ou au comics indé. Les pages sont très silencieuses, il y a peu de bulles pour ceux qui voudraient tenter le volume en VO.

Le problème se situe plutôt au niveau de ses boys love sous le pseudonyme de basso. En effet, ceux-ci ne sont pas commandables sur des sites de vente en ligne tels que Books.com.tw ou Kingstone.com.tw, ce qui nécessite de se rendre sur Taobao. Le hic est donc de tomber sur du pirate (je reviens sur ce point à la fin de ce post). De ce que j’en déduis, il n’y a pas vraiment d’édition officielle pour les titres de basso. L’éditeur taïwanais spécialisé dans le boys love 晶採漫畫 (晶采漫画 en simplifié, ou Crystal Comics) propose des éditions soignées que je recommande, malgré le papier un peu fin (et les noirs pas assez noirs). Tous les titres de basso sont des one-shot se déroulant en Italie, et le tout se déroule dans un même univers. Les personnages de politiciens (à lunettes, le même délire que dans Ristorante Paradiso) et journalistes se croisent chez le même glacier de Rome ou encore dans un même restaurant.

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Titre: 熊男與知識分子, Titre original: クマとインテリ – Orso e Intelletuale (Kuma To Interi), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

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Titre: Amato Amaro 被愛與苦澀, Titre original: アマート・アマーロ (Amato Amaro), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

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Titre: 亞爾與尼利,以及身邊事, Titre original: アルとネーリとその周辺 (Aru to Neeri to Sono Shuuhen), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot, spin-off de Orso e Intelletuale

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Titre: 刺青師加德, Titre original: ガッド スフォルトゥナート (Gad Sfortunato), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

Il semble que le dernier basso, Naka-san no Nagare, soit également vendu sur Taobao. Evidemment, le titre n’est pas officiel, et même pas disponible chez l’éditeur taïwanais Crystal Comics que je soupçonne déjà de ne pas être officiel. Ce titre se déroule non pas en Italie comme souvent, mais au Japon. En chinois, le titre signifie « Les ramen de Naka-san ». Evidemment, le prix du livre est très bas (environ 1 yuan haha). Je mets ma main au feu qu’il s’agit d’imprimés de scans trouvés sur le net reliés ensuite. Cependant, le prix du livre en dollars taïwanais laisse supposer qu’il existe une édition taïwanaise 青點 (BL Comics) (sûrement pirate), scannée sur le net. Mais sur Taobao, ce n’est clairement pas l’édition taïwanaise (du moins pour le moment).

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Titre: 阿中拉面, Titre original: ナカさんのながれ(Naka-san No Nagare), Editeur: 青點 (BL Comics), one-shot

A propos des éditions pirates chinoises: j’ai été très déçue après l’achat d’un exemplaire de Gad Sfortunato car je n’ai pas fait attention au nom de l’éditeur lors de ma commande chez Taobao. En effet, je recommande plutôt l’éditeur taïwanais spécialisé dans le boys love 晶採漫畫 (晶采漫画) (Crystal Comics) plutôt que l’éditeur chinois 藍色領域 (蓝色领域). Pour le coup, il s’agit vraiment d’une édition pirate chez l’éditeur chinois. Ce n’est pas beau, le format n’est pas le même (shônen au lieu de seinen), le titre est parfois écrit en simplifié sur la couverture pour retrouver du traditionnel dans les phylactères, la colle est pourrie, le papier n’est clairement pas terrible sans parler de l’impression (sûrement des scans glanés de l’éditeur Crystal Comics sur le net, et réimprimés ensuite). Enfin, alors que les boys love sont de basso, le nom de l’auteure est celui de Natsume Ono en chinois, soit 小野夏芽. Enfin, le prix peut être un indicateur sur Taobao: si le livre coûte aux environ de 1 à 10 yuans, on peut être sûr que c’est du pirate soit l’éditeur chinois 藍色領域. Si le livre coûte environ 35 yuans, c’est peut-être l’éditeur taïwanais 晶採漫畫.

Photos comparatives sur le format, la tranche et la colle. D’autres détails ne sont pas visibles à l’oeil nu, la texture du papier et même de la jaquette.

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chroniques, manga

Mokke vol 1

mokke1Mokke fait partie des titres annoncés pour 2013 et qui m’intéressaient. Et miracle, chez Pika, avec Chihayafuru, ce qui n’était pas arrivé depuis 7 SEEDS. Le volume 1 est sorti en mars, malheureusement, un mois très chargé niveau achats pour moi. De plus, au feuilletage, la qualité du livre (le papier en premier lieu) laisse à désirer, contrairement à Chihayafuru qui est bien plus soigné. Evidemment, si Mokke m’a intéressé, ce n’est pas pour rien. Outre la couverture avec ses très belles couleurs, il s’agit d’un titre portant sur les yôkai (créatures surnaturelles du folklore japonais aimant parfois jouer des tours aux humains, ou bien s’engloutir de leur énergie vitale au choix), et il faut dire que j’ai du mal à y rester insensible.

L’histoire se penche sur Shizuru (au collège) et Mizuki (en primaire), deux soeurs ayant le don – ou plutôt le malheur – d’être sensibles aux yôkai: l’une peut les voir, l’autre peut se faire facilement posséder. Elles vivent à la campagne, chez leur grand-père exorciste qui connaît bien les yôkai, leur enseignant au quotidien la manière d’agir face à d’étranges situations.

Mokke est une série de 9 volumes dessinée par Takatoshi Kumakura et prépubliée dans le magazine Afternoon de Kodansha au début des années 2000. La série a été adaptée en série animée de 25 épisodes par le studio Madhouse. La particularité de Mokke, par rapport à d’autres séries sur les yôkai – ou assimilées – que j’ai lues (Le cortège des cent démons, Le pacte des yôkai, Mushishi) vient sûrement de l’omniprésence de la famille. Dans Mokke, les deux soeurs ne sont pas seules, mais accompagnées d’un adulte qui connaît bien les yôkai, le manga s’appuyant donc sur la transmission d’un savoir, contrairement au Cortège des cent démons dans lequel Ritsu perd son grand-père dés son enfance, et Le pacte des yôkai dans lequel Natsume est tout simplement seul, face à des créatures traumatisantes qu’il est le seul à voir.

Outre ce détail, le titre se démarque aussi du fait que la personne voyant les yôkai n’est pas seule à voir et intéragir avec, ici, l’une voit des yôkai alors que l’autre est possédée par eux. Dans Mokke, Shizuru et Mizuki doivent donc agir en équipe afin de se débarasser de ces aléas du quotidien. D’un point de vue personnel, je préfère être à la place de Shizuru plutôt que celle de Mizuki, il semble bien plus embêtant d’être possédée par une créature surnaturelle plutôt que de simplement les voir. La suite de la série démontrera sûrement le contraire, mais ce premier volume se focalise quand même plus sur Mizuki, la petite fille active au contraire de Shizuru, la grande soeur jolie, douce, timide et calme (celle qu’on aime qualifier de plus « féminine » en somme).

Le manga se focalise aussi sur l’importance de la famille, la vie de tous les jours, les petits tracas quotidiens. L’ambiance est agréable et familiale, avec en plus en décor la campagne japonaise. Le personnage du grand-père éduque les deux soeurs de manière sévère, n’hésitant pas à les laisser se débrouiller tout en leur donnant les clés, au lieu de les aider de suite. C’est, je trouve, une des forces de ce titre, car les yôkai, dont le grand-père a une grande connaissance, sont souvent décrits, rangés par type, dangereux ou simplement ennuyeux. Les deux héroïnes sont donc obligées de réfléchir avant d’agir pour trouver une solution. Mokke fait partie des manga de type grand public que tout le monde peut lire, malgré les noms de yôkai japonais et pas toujours faciles à retenir, peut-être à l’instar d’Une sacrée mamie qui mettait aussi l’accent sur la relation enfant – grands-parents (bon, j’en ai lu 2 volumes).

Voilà un premier volume qui m’a totalement charmée. C’est sûr qu’il n’y a pas d’effet « j’attends la suite!!! » vu que les histoires sont indépendantes. Mais c’est un manga rafraîchissant, qui m’a fait beaucoup de bien. Je pense que l’environnement bucolique y est pour beaucoup. Si le dessin paraît simpliste (et peu original) au niveau des personnages, je trouve les décors détaillés et très beaux, le rendu est donc très agréable à l’oeil. Lecture très enthousiasmante, et j’attends donc de lire la suite pour juin. A essayer!

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Fuyumi Soryo Short Stories vol 1: Taiyou No Ijiwaru

Taiyo No Ijiwaru - Fuyumi Short StoriesAuteure de Mars et ES – Eternal Sabbath, Fuyumi Soryo a été traduite en Europe, que ce soit en France, Italie ou en Allemagne. En Allemagne notamment, l’éditeur Egmont Manga und Anime s’est penché sur les one-shots de la mangaka. Ainsi, trois volumes sont sortis sous la bannière Fuyumi Soryo Short Stories, au prix de 6.50€ chacun. Avec une sortie de ce type, il faut croire que les manga de Fuyumi Soryo ont plutôt bien marché en Allemagne.

En Italie, sont aussi éditées les séries Cesare (les Borgia obligent?) et Three, un shôjo romantique se déroulant dans le milieu du rock. Le premier volume est sorti à l’époque de la série ES – Eternal Sabbath (2002 d’après Baka Updates, belle couverture en VO). Il est intitulé Taiyou No Ijiwaru (太陽のイヂワル) et contient 4 histoires: Cruel Sun, A Strange TraitDie Eintagsfliege (« Ephémère ») et Der Regenbogenfisch (« Le poisson arc-en-ciel »). C’est le volume le plus court (220 pages environ) de la série d’anthologies, et le plus récent également. Il est édité au Japon chez Kodansha, et les histoires semblent être parues dans les magazines seinen Morning et Evening. Lire la suite « Fuyumi Soryo Short Stories vol 1: Taiyou No Ijiwaru »

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Cesare de Fuyumi Soryo chez Ki-oon

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Sur la page Facebook de l’éditeur, on peut trouver le texte ci-dessous. C’est une excellente nouvelle pour l’année 2013, ce qui signe le retour d’une grande mangaka, j’ai nommé Fuyumi Soryo!!! Il s’agit de l’auteure de l’excellent Mars et de ES – Eternal Sabbath qui malgré la déception de la fin pour beaucoup, constitue un des manga auxquels je suis le plus attachée. J’ai vraiment hâte, d’autant plus que j’attendais cette série depuis bien longtemps, évitant donc soigneusement de la lire en scans. J’étais persuadée, à l’époque de Eternal Sabbath, de voir arriver Cesare de la même auteure… Une autre série historique qui m’intrigue beaucoup est Historie de Hitoshi Iwaaki (Parasites). Ce serait bien que Ki-oon le licencie aussi. Depuis 2012, j’ai le sentiment que Ki-oon commence à prendre une autre direction, alors que je n’étais clairement pas une cliente de leur catalogue… Je remerice Natth@mangaverse pour cette news. Et cerise sur le gâteau, Fuyumi Soryo est invitée au Salon du Livre! Lire la suite « Cesare de Fuyumi Soryo chez Ki-oon »