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2014, et c’est pas fini!

[EDIT 2018] Il s’agit d’un vieux post que je n’ai jamais terminé en 2015 et qui contient des pavés (c’est la suite du post intitulé 2014)… si cela peut intéresser quelqu’un je le publie ainsi, sans y retoucher!

Je continue (enfin, je tente) ce défi idiot de listing de lectures commencé ici (à vos risques et périls). Je ne me leurre plus, chacun n’aura malheureusement pas de billets, et je tente de réparer tout ça vu que je lis pas mal de choses inédites (on ne sait jamais, ça renseignera peut-être quelqu’un…). Bref, voici pèle-mêle la suite, encore plus bordélique que le billet précédent. Si vous n’êtes pas mort, alors bravo!! Ou bien je soupçonne un ennui mortel au bureau et je vous souhaite d’avoir un écran hors de portée de votre patron-ne.

hanaotokoHanaotoko (花男) de Taiyou Matsumoto, série terminée en 3 volumes, issue du Big Comic Spirits (seinen, Shogakukan). Ça fait presque 10 ans que j’ai découvert Taiyou Matsumoto. A l’époque, Amer Béton n’était plus disponible et j’ai dû me payer les trois volumes sur ebay. J’ai longtemps espéré voir chez nous Hanaotoko, une des vieilles séries inédites de Matsumoto qui l’est encore aujourd’hui. J’ai fini par baisser les bras, en achetant l’édition hongkongaise (officielle, chez JD Comics) en 2012. Hanaotoko est disponible en scantrad en anglais, donc facilement compréhensible, mais ma flemme de l’écran est plus forte que ma flemme des idéogrammes. J’ai longtemps redouté de lire du Matsumoto en chinois (entre Amer Béton, Gogo Monster et Number 5, il y a de quoi être effrayée) et j’ai été surprise de voir que Hanaotoko  était relativement facile à lire. On retrouve là le Matsumoto de l’époque Amer Béton alors que j’essayais de guérir de ma semi-déception du Samouraï Bambou, et le voyage ne déçoit pas. On retrouve toute l’audace graphique de Matsumoto, avec son trait tremblant, ses effets fish-eye ou encore ses éléments incongrus dans le décors, tels les animaux. L’histoire est touchante, racontant la relation entre un garçon premier de la classe et son père, une espèce de grand enfant immature croyant encore au rêve de devenir un jour joueur de baseball professionnel. On retrouve encore une fois un mystérieux chauve, ce qui n’est jamais bon signe quand on lit Matsumoto!!! Un de mes Matsumoto préférés.

zero_matsumotoZERO de Taiyou Matsumoto, série terminée en 2 volumes, issue du Big Comic Spirits (seinen, Shogakukan). Encore une autre vieille série de Matsumoto datant d’avant Amer Béton, et toujours inédite en France. Si à l’époque de mon achat, celle-ci n’était pas disponible en scantrad, elle a été depuis traduite dans sa totalité. J’ai acheté les 2 volumes en chinois, sur Yahoo! Auction (avec l’aide d’une cousine) et mes deux volumes ne sont pas de la même taille: l’un en format seinen, l’autre en grand format comme Sunny (JD Comics). Encore une fois, on retrouve donc le vieux dessin de Matsumoto, celui qui me plaît le plus dans son audace (pour ce qui est de la beauté, mon époque préféré est Gogo Monster et Number 5). Cette fois, Matsumoto prend le manga de sport à contrepied en faisant intervenir un vieux boxeur, Gosima, quadragénaire, qui est plus proche de la retraite que de ses débuts! Et Gosima est une machine à tuer, celui-ci étant sûrement le Zéro, celui qui est encore plus fort que le numéro 1. En parallèle, un jeune d’Amérique latine (je ne sais plus quel pays…) a réputation de tuer ses adversaires et Gosima voit là enfin un rival à sa taille. La narration de Matsumoto est comme souvent pleine de poésie, avec un Gosima qui aime particulièrement les fleurs. Le rythme est lent, avec l’entraîneur de Gosima qui s’exprime souvent, mais les phases de combat sont très nerveuses, avec les effets visuels de Matsumoto à la Ping Pong. Pas mon titre préféré mais un manga qui a beaucoup de force et de caractère!

yume_no_ishibumiYume no Ishibumi (夢の碑) de Toshie Kihara (木原敏江), série terminée en 20 volumes (tankôbon), issue du Petit Flower (shôjo, Shogakukan). 3 volumes lus en chinois. Voici une série qui aura plongé mon budget dans le rouge pour des mois en compagnie de Hi izuru tokoro no tenshi et que j’ai maudit après l’avoir découverte totalement par hasard. C’est par le biais d’une très belle illustration en couleurs que j’ai découvert Toshie Kihara (et sûrement le résultat d’une recherche sur Moto Hagio…). Surtout, j’ai craqué sur Yume no Ishibumi pour son univers plein de beaux kimono et de (je pensais) yôkai… Toshie Kihara est une shôjo mangaka faisant partie du Groupe de l’An 24, et Yume no Ishibumi semble être un manga culte des années 1980. Kihara est très connue pour sa série Mari to Shingo (摩利と新吾) comportant une histoire d’amour entre deux adolescents de sexe masculin. En réalité, sous la bannière Yume no Ishibumi se cache un ensemble d’histoires se déroulant dans diverses époques, plus ou moins courtes (de quelques chapitres à 5 volumes) et surtout, plus ou moins célèbres (les histoires avec deux hommes en particulier telles que Furenki ou Nue). En japonais, le découpage des volumes constitue un casse-tête, les bunko rassemblant les histoires par thème, très différent de l’édition tankôbon. Les volumes 1 et 2 rassemblent l’adaptation culte de Torikaebaya Monogatari (とりかへばや物語), un roman de l’ère Heian dans lequel un frère et une sœur échangent leurs rôles (d’ailleurs Chiho Satô l’adapte en ce moment). Dans l’adaptation de Kihara, l’histoire se passe pendant l’ère Edo et une jeune femme doit prendre la place de son frère malade, seigneur devant aller à la guerre. En même temps, l’héroïne est amoureuse d’un homme mystérieux aux cheveux blonds et aux yeux bleus, et ayant des pouvoirs surnaturels. Le volume 3 surprend car il rassemble des histoires se déroulant en Europe, et je suis servie alors que j’évite les « boucles blondes ». La première, intitulée Bernstein (ベルンシュタイン) se passe au XVIIIèmeyume_no_ishibumi_bernstein siècle dans l’Empire d’Autriche-Hongrie en conflit contre les Ottomans. L’héroïne, sœur du duc de Bernstein s’habille en homme (à l’instar de Oscar) et tombe sous le charme d’un roturier d’origine de Bohême. La seconde s’intitule Kira no rondo (煌のロンド) et se déroule dans les Alpes, près de la Suisse et de l’Autriche dans les années 60 avec des personnages français. Le tout mêle science-fiction et romance, car les héros parviennent, en allant dans un château, à rencontrer un officier Nazi gentil (oui, un gros WTF). Pour le moment, j’accroche aux dessins et à la narration efficace de Kihara, mais je suis moins emballée que je ne le pensais: il n’y a pas de yôkai et c’est en réalité très romantique, avec des personnages féminins souvent rongés par la jalousie!!! J’ai donc dû découper la série pour la lire plus facilement. Les dessins de Kihara sont une merveille pour les yeux, en particulier les double-pages. J’essaierai d’écrire un vrai billet sur cette série un jour. A noter qu’on retrouve dans les pages publicitaires Asakiyumemishi (あさきゆめみし 源氏物語), adaptation du Dit de Genji par Waki Yamato (大和和紀), autre shôjo culte des années 80… que j’hésite à commencer pour son ambiance trop romantique (mais j’ai du mal à résister aux kimono…).

terremerTerremer de Ursula Le Guin, saga de fantasy composée de 5 romans et 1 recueil d’histoires courtes. Il me reste un roman à lire (reporté en 2015 car une personne est en retard à la bibliothèque). Par Moto Hagio, j’ai redécouvert Urusla Le Guin avec La main gauche de la nuit pour dévorer tout le Cycle de l’Ekumen (dont les romans ne sont pas à suivre), en particulier Les dépossédés, Quatre chemins de pardon et le recueil d’histoires courtes L’anniversaire du monde. Cette année, j’ai voulu redonner une chance à Terremer, dont j’ai lu l’intégrale (vers 2009) reprenant les 3 premiers opus réédité à l’occasion de la sortie du film de Gorô Miyazaki (top 1 de la couverture la plus laide pour un livre de fantasy en illustration). A l’origine, j’ai décidé de lire le livre afin de comprendre quelque chose au film que je trouvais très confus. Je n’avais pas aimé ma lecture, imaginant plus d’action et n’ayant gardé aucun souvenir. Lorsque j’ai relu les 3 premiers opus cette année, ce fut un bonheur. Il faut savoir apprécier le rythme lent des récits de Le Guin, son écriture simple et accessible, pleine de sagesse, sans effet bling-bling, pour pouvoir aimer Terremer. Dans Terremer, Le Guin décrit un univers composé d’îles et où la magietehanu consiste à connaître le Véritable nom des choses, le Langage ancien que seuls les dragons parlent naturellement. Les trois opus écrits dans le début des années 1970 (regroupés sous l’intégrale de Robert Laffont) racontent la vie de Ged. Dans Le Sorcier de Terremer, Le Guin raconte l’enfance et l’adolescence de Ged en formation de mage à l’école des sorciers de Roke, il doit affronter ses peurs. Les tombeaux d’Athuan a pour héroïne Tenar, élevée dans les tombeaux et vouée à ne pas voir le monde, ce roman parle d’émancipation, on y croise un Ged adulte et mal en point. Dans L’ultime rivage, Ged est devenu Archimage de Roke et s’embarque dans un voyage avec le jeune Arren afin de comprendre pourquoi la magie du monde est déséquilibrée. Dans les années 1990, Le Guin décide de revenir vers Terremer avec le roman Tehanu où elle focalise son histoire sur Tenar devenue une femme mûre recueillant Therru, victime d’agressions sexuelle et retrouvée brûlée, mutilée. On y trouve un roman beaucoup plus lent, plus calme, centré sur le quotidien et dans un seul contes_terremerendroit, Gont, là où la première trilogie était composée de voyages. C’est un roman mal aimé que j’ai beaucoup apprécié, où Tenar se pose beaucoup de questions en tant que femme, sur le pouvoir et la magie. Vient ensuite le recueil d’histoires courtes Contes de Terremer, composé d’histoires se déroulant bien avant la première trilogie (Le Trouvier raconte la formation de l’école de Roke, Les os de la terre s’intéresse à Ogion, le maître de Ged), pendant que Ged est Archimage (Dans le grand marais), après Tehanu (Libellule) ou encore hors-temps (Rosenoir et Diamant, une histoire d’amour). Alors que j’ai souvent lu que ce recueil était peu inspiré, je dois dire que je l’ai trouvé passionnant. Le Guin continue à réfléchir sur les femmes dans la fantasy, sur la nature dugedo_senki pouvoir et continue de faire évoluer son univers, surtout avec Libellule où l’intrigue sur l’Archimage de l’école de Roke reprend (« une femme de Gont »).  A la fin de la première trilogie, j’ai décidé de revoir le film de Gorô Miyazaki, intitulé Contes de Terremer en VF, et je dois dire que j’ai beaucoup plus apprécié, même si je n’ai pas réellement trouvé l’ambiance de Le Guin: plus sombre, plus porté sur l’action, plus porté sur Arren aussi, avec un début faisant un peu penser à Princesse Mononoke. Et surtout, il faut lire Tehanu avant de le voir car le film comprend le personnage de Therru et pas mal de révélations sur elle (d’ailleurs, ne PAS lire le quatrième de couverture de Tehanu non plus). Le film est très beau et ça m’a fait plaisir de retrouver le chara-design des studio Ghibli dans un monde de fantasy. Dans tout le cycle, Le Guin est influencée par le taoïsme avec sa notion d’équilibre de la magie, du non-agir ou encore la magie des mots.

servante_ecarlateLa servante écarlate (The Handmaid’s Tale) de Margaret Atwood, roman d’anticipation. Voilà un roman que j’ai découvert par le biais de Marginal de Moto Hagio dans une analyse de Ebihara pour le site Genders OnLine, et j’ai longtemps cru qu’il n’existait pas de version française. Le clou s’est enfoncé lorsque je l’ai su, mais qu’en plus, Ursula Le Guin semble apprécier le travail de Atwood, notamment dans sa chronique pour The Guardian du Temps du déluge. Atwood est une auteure canadienne qui écrit principalement sur les femmes, et s’est révélée pour des dystopies (speculative fiction selon Atwood) telles que La Servante écarlate et sa trilogie composée du Dernier homme, Le temps du déluge et Madaddam (dont les droits ont été achetés par HBO). La Servante écarlate partage un thème en commun avec Marginal de Moto Hagio (l’un est sorti en 1985, l’autre en 1987): le problème de naissances. Le synopsis est célèbre, et c’est un peu dommage car la narration particulière de Atwood sur ce roman est très subtile sur l’environnement de l’histoire, Atwood plongeant la lectrice ou le lecteur directement dans les pensées de son héroïne. Le roman se présente en fait comme un journal intime assez anarchique d’une femme dont le travail n’est pas révélé de suite. On pénètre directement dans les pensées de l’héroïne et c’est très immersif mais aussi difficile car Atwood utilise très vite des termes qu’on ne peut comprendre dés le début, et la narration est parsemée de sauts dans le temps et de souvenirs d’une autre époque. J’aurais aimé découvrir ce livre sans rien savoir dessus, car c’est immersif et je pense que le plaisir est encore plus grand quand on comprend petit à petit ce qui se passe dans cette histoire. Ce livre est un véritable cauchemar; il parle de la domination masculine, mais aussi de totalitarisme, de fanatisme religieux, d’absence de libertés et d’excès de moralité puis d’écologie (thème cher à Atwood). La fin est déstabilisante et originale, nous laissant dans le flou concernant notre héroïne et d’autres personnages côtoyés tout le long. La narration est particulière, parfois très froide, et l’ambiance est proche de 1984 d’Orwell. A lire absolument.

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2 réflexions au sujet de “2014, et c’est pas fini!”

  1. Je remarque que les chauves n’ont que rarement un bon rôle (à part peut-être Yasu dans Nana), c’est un méchant préjugé =)

    Sinon, je note Yume no Ishibumi (comme tous les autres…), pour quand je serai vieille/enceinte/milliardaire ou tout ça à la fois et pourrai lire tranquillement.

    1. je te le prêterai Yume no ishibumi. Tu n’es pas obligée de tout lire, tu peux lire certaines histoires. il n’y a aucun suivi! J’avoue que je n’ai pas autant aimé que je ne le pensais 😮 . Mais bon, je l’ai et je peux le relire (un jour lol).

      Dans Banana Fish il a une bonne réputation le chauve!

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