comics, science-fiction

Y Le Dernier Homme (Brian K. Vaughan et Pia Guerra)

Y Le Dernier Homme (Y The Last Man en VO) est une série éditée par Vertigo. Elle a été pré-publiée aux Etats-Unis de septembre 2002 à mars 2008, s’étalant sur 60 épisodes. On doit ce comics au célèbre scénariste Brian K. Vaughan et à la dessinatrice Pia Guerra (rejointe plus tard par le Croate Goran Sudžuka, avec Paul Chadwick en guest star sur l’arc de la troupe de théâtre). En France, Y Le Dernier Homme est édité par Semic (2 volumes) avant d’atterrir chez Panini (10 volumes, complet) puis enfin chez Urban (5 volumes cartonnés, complet).

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Un jour d’été 2002, tous les mammifères porteurs du chromosome Y meurent de manière instantanée. Seuls Yorick Brown (22 ans), et le capucin avec lequel il vit, Esperluette (Ampersand en VO), sont épargnés. Le monde entier, et surtout les États-Unis, sont en proie à une panique générale. En tant que dernier homme, Yorick se trouve confronté à divers groupes de femmes voulant s’emparer de lui. En fait, il aimerait surtout rejoindre l’Australie pour se retrouver auprès de Beth qu’il vient de demander en mariage. Yorick est escorté par l’Agent 355 à travers les Etats-Unis afin de rejoindre le Dr Alison Mann dont les travaux sur le clonage se révèlent cruciaux pour le futur de l’humanité.

Y Le Dernier Homme m’intrigue depuis des années (depuis ma découverte des titres du label Vertigo, aux côtés de 100 Bullets, Sandman, Fables). Contrairement aux trois autres titres cités, je ne suis jamais passée à l’achat, sûrement la faute à des dessins un peu fades sur les premiers tomes, contrairement aux couvertures très réussies de chaque épisodes. J’ai aussi eu l’occasion, il y a bien 10 ans, de lire une partie en bibliothèque dans son édition Panini. Alors que la série était disponible jusqu’au bout, j’ai fini par laisser tomber (je n’ai jamais su pourquoi). En croisant d’occasion l’intégrale de l’édition Deluxe VO (équivalent de celle d’Urban), j’ai fini par redonner une chance à Y Le Dernier Homme, hit Vertigo des années 2000.

Mon premier contact avec Brian K. Vaughan a été la série Marvel Les Fugitifs, faite pour des personnes comme moi à l’époque: les newbies en matière de comics, ne connaissant absolument pas l’univers Marvel (je ne dis pas que je le connais beaucoup plus aujourd’hui). Cette série se terminait en 3 volumes (il s’agissait en fait d’une première saison) m’ayant laissé une très bonne impression. Puis j’ai lu un bout de Y Le Dernier Homme (impression mitigée à l’époque), Ex Machina (idem), Pride Of Bagdad (pas accroché), Saga (jamais compris la hype même si le premier volume se lit très très bien). En fait, Vaughan est surtout un rusé, fort pour pitcher: ses séries partent toujours d’un point de départ très curieux, attirant donc dés le premier épisode (j’ai d’ailleurs envie de lire Paper Girls et Private Eye). Et c’est le cas pour Y Le Dernier Homme.

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Alter, ce personnage que j’ai un peu trouvé en trop

Après un premier épisode très réussi, le souffle retombe par la suite. Du moins, sur une bonne dizaine d’épisodes de la série. Il faut dire que le scénario souffre un peu de son époque (le début des années 2000) avec sa narration du type « Maintenant », « Il y a 2 heures », « Il y a un mois », « trois jours plus tard » (un peu comme Bendis parfois). Mais aussi et surtout, les dessins de Pia Guerra sont plats, un peu quelconques, les visages sont peu expressifs, les décors sont parfois vides. La narration manque de punch. Le défaut de la série est aussi qu’elle manque de surprise sur ses débuts.

Il y a un enchaînement de péripéties plus ou moins artificiel: nos personnages (Yorick, Mann, 355, Esperluette) sont au calme? Alors, vite il va se passer quelque chose! Il y a comme un manque de répit à chaque fois que l’équipe se pose, mais un manque de répit « attendu »: « ils ont eu tant de calme, obligé il va se passer quelque chose ». Autre défaut, à chaque fois qu’il y a des conflits internes dans l’équipe, un événement survient forcément, parce que tel ou tel personnage est isolé (et même Esperluette en fait les frais)! Enfin, du côté des personnages rencontrés en route, la méfiance est de mise (c’est un monde post-apo), et c’est au moment où le conflit s’amorce (avec ou sans mortes) que l’on penser à sauver l’autre car elle n’était pas si méchante (et avec un peu de chance, une vraie ennemie pointe son nez au même moment!!!). Ou les séparations des personnages qui se jouent à rien, et qui fait que ceux-ci doivent ensuite parcourir le monde pour retrouver une telle. Et puis il y a aussi cette tension familiale avec Hero, la sœur de Yorick. Le personnage de Alter est pour moi assez raté (et entre dans l’histoire de manière un peu artificielle à mon goût…).

C’est donc parfois répétitif et les ficelles de Vaughan sont souvent les mêmes. Ceci dit, je pense que mon impression est surtout due à une lecture d’une traite. Contrairement à d’autres titres Vertigo, Y Le Dernier Homme se lit beaucoup mieux en suivant la prépublication (au rythme mensuel) qu’en relié (ce qui le rend assez différent des autres titres Vertigo qui se lisent souvent très bien en relié), Vaughan maîtrisant bien l’art du cliffhanger. La narration de Vaughan est bien plus frontale, plus « américaine », moins littéraire et beaucoup plus tournée vers les dialogues.

Cependant, même si l’aspect répétitif des péripéties est toujours là (ce qui a failli me lasser au bout de 2 volumes, soit 20 épisodes), l’histoire s’améliore par la suite. Les rebondissements sont nombreux mais un peu mieux gérés. Ou bien, je me suis attachée aux différents personnages. La série devient un peu plus intéressante lorsqu’on rencontre des femmes qui n’en veulent pas forcément à la vie de Yorick et de ses acolytes, ou qu’on voit des femmes prendre leur vie en main comme le capitaine du bateau. Les personnages sont réussis et c’est ce qui rend la série suffisamment attrayante malgré les 10 premiers épisodes. Soit Vaughan s’est amélioré au fil de la publication, soit je me suis attachée aux personnages, rendant le comics plus facile à suivre. J’ai trouvé que c’était plus fluide à partir de l’arc des cosmonautes. Une autre force de Vaughan provient des dialogues: ceux-ci sont très vivants et plein d’humour.

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La fine équipe: 355, Alison Mann, Yorick Brown et Ampersand

Côté personnages, j’ai surtout aimé le Dr Mann: métisse Sino-Japonaise (peut-être que ce point a joué, je ne saurais dire si je suis neutre à ce sujet), intelligente, indépendante, scientifique, lesbienne, rebelle (faut la voir avec ses parents) et qui ne sait pas se battre. C’est d’ailleurs avec ce personnage qu’on peut voir les améliorations graphiques au long de Y Le Dernier Homme. Les dessins restent passe-partout, un peu quelconque mais pas laids pour autant, et on peut aussi noter la stabilité graphique de l’ensemble tout au long de la série. En revanche, les visages gagnent en expressivité et sont plus convaincants aussi. Je trouve qu’on ne voit pas vraiment les traits asiatiques du Dr Mann au début de l’histoire, mais ceux-ci sont bien plus visibles par la suite. Le personnage de 355 (Afro-Américaine) est également une réussite, elle fait office de gros bras du groupe, et de cerveau pour tout ce qui est pratique. Par contre, je suis moins fan de Yorick que je trouve souvent agaçant, mais le trio fonctionne finalement très bien. Le capitaine du bateau est aussi une autre femme que j’ai trouvée très charismatique. Globalement, la palette des personnages féminins est variée et heureusement vu le scénario.

Dans sa globalité, je dois dire que Y Le Dernier Homme est une série très réussie. Je dois aussi dire que la fin est tout à fait intéressante, évitant le sacro-saint happy end (cette fin m’a surprise, et j’ai trouvé effectivement que Vaughan a su rendre le récit fort de ce point de vue, surtout du côté des quatre personnages principaux). Une partie de moi a  donc apprécié cette lecture bien que parfois laborieuse dans ses débuts, ayant réussi à m’attacher aux personnages (même si j’ai eu du mal avec Yorick tout au long de l’histoire), mais une autre partie a du mal avec certains aspects de l’histoire. Je vais tenter d’en parler un peu, même si l’exercice va surtout être périlleux. L’idée de départ, soit un monde post-apo uniquement peuplé de femmes, est alléchant. Mais il faut voir le parti pris de Vaughan (je l’accuse lui, sachant que je ne connais pas la part de Guerra dans cette création – certains dessinateurs comme Peter Gross travaillent avec le scénariste, en l’occurrence Mike Carey). Dans ce monde rempli de femmes, comme le titre l’indique (au moins je suis prévenue), Vaughan s’intéressera avant tout à son héros: Yorick. Pourtant (je soupçonne les avis plutôt masculins…), le soi-disant féminisme de Vaughan est largement vanté. A ceci près que, comme Vaughan le dit lui-même dans une interview, sa volonté est d’écrire sur la vie d’un jeune homme qui va devenir un homme (1). La démarche en soi n’est donc pas féministe (après tout, des histoires parlant d’hommes… donnant la parole à l’homme… bref): dans un monde où il n’y a plus d’hommes, on en n’a encore une fois que pour eux (et je me permets de citer @Cescoindie(2)).

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Les Amazones, ces fanatiques misandres

Autre élément que je trouve assez peu féministe, c’est aussi la manière qu’a Vaughan de tourner totalement en ridicule les mouvements féministes, en créant les Amazones (Daughters of Amazon – non pas le site…), un groupe de femmes fanatiques (elles doivent se couper un sein pour entrer au *sein* du groupe), dangereuses et surtout misandres! En somme, de véritables furies hystériques (encore un cliché de la féministe revancharde?)… Dans un monde où il n’y a plus d’homme, il faut à tout prix éradiquer le dernier spécimen du lot, et surtout, il faut éradiquer toute trace du patriarcat, des églises aux autres monuments, et tant pis si ces édifices permettent à certaines de s’abriter. Un groupe qui hait les hommes, ce qui est très (trop?) souvent reproché aux femmes féministes de nos jours qui doivent, à longueur de pédagogie, éduquer l’autre et prouver que non, elles veulent des droits ET ne sont *pas* misandres (oui, faut réussir à se justifier quand on demande l’égalité)… Alors je comprends que pour les besoins de l’histoire, Vaughan a donc créé des ennemies afin de mettre des bâtons dans les roues de notre petite équipe, pour avoir plus de péripéties et tout ça. C’est sans doute un détail, mais à plusieurs reprises, il y a des blagues sur la fameuse mauvaise humeur causées par les règles (lors de l’arc de la prison, une femme explique à Yorick que lorsque tout le monde a ses règles en même temps, l’ambiance est quand même tendue. Ou encore mieux, une personne demandant à une autre si elle n’aurait pas son syndrome pré-menstruel… haha).

Enfin, je rejoins Erica Friedman sur le fait que Vaughan montre aussi une société où les femmes paniquent et ne parviennent pas vraiment à reprendre les choses en main lorsque les hommes ne sont plus. Encore une fois, j’ai du mal à considérer le scénariste comme féministe dans sa vision de l’histoire. Effectivement, je peux concevoir le traumatisme subi dans un monde dans lequel la moitié de l’humanité disparaît. Après tout, un moment de catastrophe de grande ampleur voit les personnes traumatisées et difficilement retrouver un contrôle sur soi. De plus, concernant cette moitié de l’humanité, toutes les femmes ont au moins un être aimé dans son entourage porteur du fameux chromosome Y. Je peux concevoir un pétage de câble. Dans cette vision de Vaughan, il y a tout de même une ambivalence (et c’est le cas tout au long de ce comics, pour cette vision féministe ou soi-disant féministe de l’histoire): le monde part totalement en vrille parce-que certaines professions sont exercées en grande partie par des hommes. Ainsi, Vaughan montre peut-être le manque de femmes dans certains corps de métier. En même temps, on peut souligner l’inefficacité (car le chaos dure quand même un bon nombre d’années) des femmes à reprendre leur monde en main. L’échec est donc d’ordre collectif pour une société composé de femmes. De plus, le point de vue adopté par Vaughan étant du genre post-apo, on ne verra jamais des femmes s’organiser, ensemble, afin de reconstruire un monde. Tout ce qu’on verra est donc un groupe de femmes se tirant dans les pattes pour… un homme!

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Sur son temps libre, 355 tricote une écharpe qui n’en finit pas!

Maintenant, je parle d’ambivalence, et je ne cherchais pas à faire le procès de la personne qu’est Vaughan ci-dessus, ne pouvant dire que je le connais bien (c’est juste cette réputation de scénariste féministe qui me donne du poil à gratter, réputation qui le suit aussi dans Saga, grâce à Y Le Dernier Homme – une fois la réputation acquise, on ne s’en défait pas!). Ambivalence car comme je le dis dans le paragraphe précédent, Vaughan souligne le manque de femmes dans certains corps de métier. Il fait aussi dire à un des personnages qu’avant le « gendercide » (je ne sais comment c’est traduit dans la VF), elle était le second rôle de sa vie: la femme de, l’assistante de, etc…, mais qu’elle a enfin réussi à être l’héroïne de sa propre vie depuis la disparition des hommes, ce que des femmes peuvent parfois ressentir dans leurs vies. Il parvient aussi à créer de très beaux personnages féminins, aux profils, aux aspirations et aux personnalités très diverses (je me demande si de ce côté, Guerra a eu une influence?). La mère de Yorick est par exemple une femme politique, et ce, avant la disparition des hommes. De plus, alors qu’on n’est pas encore dans les années 2010, Vaughan parvient à créer de la diversité: on retrouve 355 et Mann en tant que personnages principaux (en tête d’affiche, sur les couvertures), et l’un de ces personnages est ouvertement homosexuelle. En revanche, je trouve que les corps sont peu variés (elles sont toutes belles, minces, élancées, mais pas sexualisées!). Si individuellement, les profils sont variés et réussis, c’est collectivement que l’échec d’un projet de société semble se poser.

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Beth, la dulcinée de Yorick et le but à atteindre tout au long de l’histoire

Côté ambivalence, il y a le personnage de Yorick. C’est le seul homme, mais paradoxalement, il joue le rôle de demoiselle en détresse, avec comme prince charmant l’Agent 355 qui doit toujours le secourir! Il y a donc inversion des rôles traditionnels que l’on a l’habitude de voir dans les fictions, surtout dans le genre post-apo justement. De plus, la personnalité même de Yorick ne penche pas vers le cliché du mec viril. Car Yorick aime la littérature, il est plutôt rêveur, fidèle et surtout, très très très romantique! Dans sa relation avec Beth, alors que Yorick reste à la maison, c’est elle qui s’en va à l’autre bout du monde jouer les exploratrices. Lui l’attend sagement, en quelque sorte, alors que l’inverse est plus courant. Les femmes autour de Yorick font preuve d’initiative dans les moments d’action, alors qu’il se met souvent en danger pour des bêtises (ce que l’on reprochera souvent au personnage de la demoiselle en détresse, je fais appel à toi, ôôôô Saori, otage professionnelle). A plusieurs reprises, 355 sauvera la pomme de Yorick qui s’est comporté comme un idiot. Yorick est donc un personnage souvent ridicule avec ses répliques et son comportement de « gentleman » qui n’a plus lieu d’être, lui qui essaie de tenir ce principe de « ne jamais frapper une femme ». Yorick reste tout de même agaçant, ayant parfois son comportement de « mâle primaire »: alors qu’il faut faire profil bas, il ouvrira sa grande bouche pour donner son avis de mâle auquel on a rien demandé, surtout au début de la série avec les Amazones…

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superbe couverture mettant en avant Ampersand dans l’arc de la troupe de théâtre

Faire de Yorick un personnage de romantique très fidèle n’est peut-être pas aussi féministe qu’on ne le pense. Cette inversion des rôles m’a parfois agacée de la part d’un scénariste masculin: on y voit en oeuvre le fameux slogan « not all men » (pas comme ça) souvent scandé par les hommes lorsque des femmes prennent la parole en parlant de violence sexuelle ou de harcèlement de rue… En quelque sorte, Yorick valide plus ou moins cette idée que non, tous les hommes ne sont pas comme ça. De plus, les femmes que rencontrera Yorick sont toujours les premières surprises du fait que Yorick cherche encore à rejoindre Beth sans la tromper, pensant encore à elle alors qu’il est le dernier homme sur Terre et qu’il pourrait bien en profiter. Comme si ce comportement était tellement droit, tellement fort qu’il faut le mentionner sans cesse. Mais comme Vaughan le dit, il parle d’un jeune homme de 22 ans et de la manière dont il va devenir un homme. En cela, il montre surtout un Yorick plutôt naïf, puisque le reste de la série n’ira pas forcément dans ce sens: Yorick vit donc dans un idéal, il n’a pas encore mûri. D’ailleurs, on retrouvera un Yorick bien différent sur la fin de l’histoire, un Yorick que j’ai trouvé limite masculiniste.

Bref, il fallait que tout ceci sorte, j’avais vraiment besoin d’en parler. Ceci dit, Y Le Dernier Homme reste un comics qui vaut largement la peine d’être découvert, et ce malgré ce que je dis sur sa réputation soi-disant féministe. Vaughan fait surtout honneur au feuilleton, avec ses cliffhanger, ses rebondissements et ses péripéties. J’ai longtemps trouvé un aspect « série TV » dans la manière qu’a Vaughan d’écrire, mais j’ai aussi découvert récemment qu’il a aussi officié comme scénariste sur la série Lost! Pour ce qui est de la raison à la disparition des hommes, celle-ci est effectivement plus ou moins révélée, mais jamais de manière explicite. En tout cas, Y Le Dernier Homme est une série hautement divertissante avec des personnages très réussis, des dialogues savoureux (avec plein de références à la pop culture pour ceux et celles qui apprécient cela, et même un clin-d’oeil à Preacher), pas mal de voyages, du suspense, de l’action et des personnages qui mûrissent tout au long de l’histoire (surtout Yorick, forcément!).

(1) « Y is the story of the last boy on Earth becoming the last man on Earth. It’s his developing from the age of 22 to the age of 27, which are the most important five years of a young man’s life, and the most unexplored. So I wanted that to unfold in real time. »

(2) « C’est d’ailleurs amusant de voir la différence de traitement d’une idée assez similaire selon qu’on ait un point de vue réellement féminin (Fumi Yoshinaga) ou à tendance masculine (Brian K Vaughan).N’est pas Los Bros Hernandez qui veut mais qui peut. »

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10 réflexions au sujet de “Y Le Dernier Homme (Brian K. Vaughan et Pia Guerra)”

  1. Il y en avait de la lecture 🙂 En tout cas, l’angle de la chronique est très intéressant. Après, est-ce que ça m’a donné envie de m’y mettre… Je ne sais pas car j’ai vraiment du mal avec Saga (où je ne vois rien de féministe, mais bon…). D’un autre côté, j’ai bien aimé Private Eye dernièrement. Je verrai, en fonction de ce que je trouve en biblio/

    1. Le pitch peut t’intéresser mais je ne sais pas si tu aimeras. En tout cas, je pense que tu auras peut-être du mal sur les débuts un peu plats. Après, je ne sais pas, il y a de très bons avis sur les débuts sur Bulledair, comme quoi 😮 (et c’est ce qui m’avait à l’époque donné envie de débuter cette série, puis non).

      Dans Saga, ce que les personnes voyaient de féministe était l’héroïne badass comme on aime tant le dire aujourd’hui. Je n’y voyais pas grand chose de féministe non plus dedans, mais ensuite, avec ce genre d’héroïne, on va repêcher Y The Last Man pour prouver le féminisme de Vaughan (je ne pense pas qu’il l’ait revendiqué).

      Je lirais bien Private Eye en bibli, et rien ne m’empêche de continuer à lire Saga en bibliothèque. Je trouvais le volume 1 très sympa, très bien fichu, vraiment un chouette moment de lecture. Mais de là à l’encenser comme j’ai vu par la suite, et même faisant partie de la sélection de Angoulême (me souviens plus l’année), j’ai été très surprise!

      Y The Last Man est largement trouvable en bibliothèque. Je te conseille l’édition Urban avec son papier mate, alors que les couleurs sont plus fades chez Panini vu le papier utilisé. Par contre, je ne sais rien de la traduction. En VO les dialogues sont très bons. La dernière fois que j’ai lu la VF, c’était il y a 10 ans (voire +).

    2. Et merci d’avoir tout lu au fait ^^; je pensais me faire peut-être lyncher mais j’ai tellement peu de visiteurs que finalement, je peux me lâcher 😀 !

        1. Je confirme le côté assez invisible de ce blog, je ne risque pas grand chose ^^ . Et en même temps, ça m’a fait du bien de tout mettre par écrit!

  2. Merci pour cette chronique détaillée et bien intéressante 🙂

    Comme herbv, je n’ai pas plus envie de reprendre ma lecture là où je l’avais laissée (bon ok, si, le Dr Mann (Mann, ha-ha) m’y donne un peu envie, surtout si elle ne sait pas se taper), parce que Yorick va me poser problème, c’est sûr. Globalement, on assiste à une (ré)surgence du perso masculin trentenaire gentil, un peu benêt, qui est sorti du carcan masculiniste, mais pour mieux plonger – comme tu dis – dans la pensée not all men. C’est une évolution, certes, mais ce n’est pas suffisant.

    Pour ce qui est du fait que la série (ou son auteur) soit qualifiée de « féministe », je pense que s’il y en a, c’est un féminisme confortable, qui bouscule un peu les codes mais pas trop. C’est peut-être un embryon de féminisme pour différents types de lecteurs et lectrices.

    Enfin, j’avais complètement oublié le nom du capucin ! J’espère que ce n’est pas lui qui m’a inconsciemment fait choisir le même nom pour mon entreprise, j’aurais tout un paragraphe à changer sur mon site o_o

    1. Merci pour la lecture et le commentaire!

      Pas sûre que j’aurais eu la force de tout lire via les emprunts bibliothèque. Je pense avoir laissé tomber ainsi, car j’étais tentée par d’autres titres. Ce qui m’a fait aller au bout, c’est que j’ai cette fois acheté les volumes xD. J’ai bien failli stopper ma lecture au volume 1 voire 2, puis finalement, j’ai bien fait de continuer. Paradoxalement, c’est la série Vertigo que je possède que j’aime le moins, mais celle qui a la plus belle édition!

      Le féminisme « confortable » comme tu le dis, me rappelle tous les titres Bride Stories-like mais je suis peut-être méchante avec ces manga. Encore une fois, la communication des éditeurs est plutôt dans ce délire de « féminsime », mais bien soft, mignon et surtout qui ne bouscule rien.

      Je vois que nous sommes 2 pour le Dr Mann ^^ (oui son nom me fait bien rire aussi :D). Moi aussi ce type de personnage masculin gentil et « banal » m’embête un peu. Et aussi la figure du « nouveau père », et de la « paternité ».

      Aparté, mais je me demande encore une fois à quel point Vertigo se porte en ce moment vu ce que dit Peter Gross via Twitter: Vertigo ne continue pas les éditions Deluxe de The Unwritten (il n’y en a eu qu’un seul!!!)….

      1. Oui, mais justement, acheter oblige à lire et à finir, on en sait quelque chose xD J’aime bien acheter au petit bonheur la chance dans l’espoir de tomber sur une pépite, mais pas 10 volumes !

        Je suis beaucoup, beaucoup moins la com’ des éditeurs (japonais ou même français) que toi, donc je n’en sais trop rien pour le féminisme (?) de Bride Stories et consorts. Ce n’est pas ce que je recherche pour un titre descriptif et narratif et je ne vais pas aller juger des femmes et des pratiques dont je ne connais rien et que je découvre via un manga.

        Mais récemment, je me suis rendu compte que je sous-estimais la puissance du buzz et des mots « à la mode ». Ce qui fait que même les personnes qui n’ont rien à faire du féminisme (ou pire) seront quand même attirées par le féminisme dès lors qu’on en parle. Faut pas me demander le pourquoi de la chose, par contre. Mais du coup, du point de vue marketing/commercial, c’est peut-être ce comportement qui incite, voire oblige, les éditeurs à balancer ces fameux mots à la mode. Bon, j’imagine que pour un spécialiste du marketing, mon raisonnement est d’une naïveté flippante, mais c’est comme ça que je vois les choses.

        Après, ce que j’essayais de dire avec les différents niveaux de féminisme, c’est qu’il y a aussi plusieurs degrés de prise de conscience, chez les éditeurs eux-mêmes comme chez les lecteurs. Je dis sûrement ça car j’ai lu d’anciennes chroniques à moi et je suis tentée de tout supprimer, tant elles contiennent d’inepties ^^ » Mais bon, ça prouve aussi que j’ai fait un peu de chemin et que, plus jeune, j’avais mes œillères et ai trouvé féministe ce qui ne l’est pas en réalité. Tout ça pour dire que la com’ des éditeurs n’est aussi qu’un reflet de l’actualité et un reflet de leurs propres convictions. À moins d’être Rakham, je ne les vois pas introduire du féminisme hardcore d’emblée. À tort ou à raison, c’est un autre débat. Et bien sûr, les motifs mercantiles ne devraient pas non plus les dédouaner de militer, à leur niveau, juste en sortant des clichés à la noix, mais encore une fois, en sont-ils conscients ?

        Est-ce qu’il y a des chiffres, un rapport, pour Vertigo ?

        PS : oui, voilà, pour Yorick, le mot que je cherchais est « inoffensif », c’est le gentil. Mais c’est pas innocent qu’il vire limite masculiniste à la fin, comme tu le dis.

        1. Disons que pour ce qui est des titres Bride Stories like, ils paraissent dans des mag à destination d’un public masculin. D’où un côté confortable. Je ne sais plus qui avait qualifié ces titres de « féministes pour hommes ».

          Non mais je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il y a plusieurs degrés de prise de conscience et ce que tu dis sur les mots buzz.

          Pour Vertigo, je n’ai aucun chiffre. Mais quand on voit le catalogue, on se dit bien qu’il n’y a pas eu de remplacement à la fin de Fables. Image rafle beaucoup plus de lecteurs dans cette cible-là. Mais quand on voit que même les intégrales ne peuvent se terminer…

          Que Yorick vire mascu, pourquoi pas après tout, dans un monde uniquement peuplé de femmes xD. Mais c’est juste que ça va moyennement avec la réputation féministe de la série.

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