éditions étrangères, fétichisme, manga, reiko okano

Reiko Okano – éditions étrangères

Reiko Okano (岡野玲子) est une mangaka connue en France pour sa série Onmyôji – Celui qui parle aux démons, édité par Delcourt. Je ne peux pas dire qu’elle est dans mon panthéon des mangaka préférés, mais je dois dire que son dessin magnifique m’a séduite. Voici un panorama de manga de Reiko Okano que j’ai pu voir en chinois, toujours en édition officielle. Le nom de Reiko Okano en chinois est le même qu’en japonais 岡野玲子. Reiko Okano semble une auteure très attachée au genre fantastique, mais elle a aussi écrit un manga de sumotori (oui c’est étonnant hein?) et un manga sentimental, Fancy Dance, prépublié de 1984 à 1990 dans le Petit Flower de Shogakukan (mangashi dans lequel on trouve tant de Moto Hagio et Shio Sato *sigh*). Sa série phare est évidemment Onmyôji, et elle travaille actuellement sur la suite Onmyôji – Tamatebako en prépublication dans le Melody de Hakusensha.

A Taïwan (chinois traditionnel)

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Titre: 摩登和尚 (Modern Monk), Titre original: ファンシィダンス (Fancy Dance), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), série terminée en 8 volumes, Genre: comédie sentimentale dans le Japon des années 80. Indisponible mais trouvable d’occasion sur des sites de style Taobao. En savoir plus (en italien). Chronique: oui.

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Titre: 陰陽師, Titre original: 陰陽師 (Onmyôji), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), série terminée en 13 volumes. Voir la série ainsi au complet me fait incroyablement saliver. Vu le niveau en français, j’imagine qu’il est impossible de s’attaquer à ce manga en chinois (prions pour une fin en français un jour). Disponible en neuf sur Books.com.tw.

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Titre: 妖魅變成夜話, Titre original: 妖魅変成夜話 (Yômi Henjô Yawa), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), série stoppée en 4 volumes, Genre: comédie fantastique dans la Chine des Tang. Plus de photos ici. Chronique: oui. Disponible en neuf sur Books.com.tw.

onmyoji_tamatebako_chineseTitre: 陰陽師 玉手匣, Titre original: 陰陽師 玉手匣 (Onmyouji – Tamatebako), Editeur: 東立 (Tong Li), série en cours au Japon (3 volumes), 1 seul volume sorti à Taïwan (novembre 2013). Disponible sur Books.com.tw neuf.

En Italie

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Titre: The Calling, Titre original: コーリング, Editeur: Shin Vision, série complète en 3 volumes, Genre: fantasy, il s’agit de l’adaptation du roman La magicienne de la forêt d’Eld de Patricia McKillip (The Forgotten Beasts Of Eld). Il s’agit d’un roman ayant fortement marqué Reiko Okano. On peut trouver la série en vente sur amazon.it, il est possible de demander au vendeur d’envoyer le bien en France. L’édition est épuisée L’éditeur a fait faillite en 2008, et les volumes étaient commercialisés 18€ l’unité. Pages couleurs inclues au début (inutile de préciser qu’elles sont magnifiques). Chacun d’eux contient plus de 260 pages. Un coffret intégral existe également.

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Uryuudou Yumebanashi – édition taïwanaise

Uryuudou Yumebanashi (雨柳堂夢咄) est une série de Akiko Hatsu (波津彬子). Si elle m’intéresse, c’est d’une part à cause de Ialda qui m’en a parlé, et nous avons des goûts proches pour certains shôjo fantastiques (ou se déroulant en Chine ancienne). Mais aussi, l’ambiance que dégagent les illustrations donne envie. Puis surtout, la série paraît dans le Nemuki, qui n’est autre que le même magazine de prépublication que Le cortège des cent démons de Ichiko Ima, Shiori et Shimiko de Daijirô Morohoshi, puis Hoshi ga Hara Aa Manjuu no Mori de Hisae Iwaoka (La Cité Saturne que je vous recommande chaudement de lire si ce n’est encore fait!). Etant de tendance monomaniaque, je n’ai évidemment toujours pas oublié l’arrêt du Cortège des cent démons en France, et j’ai toujours beaucoup de mal à en faire mon deuil (la même année qu’une autre d’ailleurs, Hotel Africa de Park Hee Jung, dont la rareté est encore plus dure à vivre car les manhwa s’exportent mal).

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Uryuudou Yumebanashi, si on en croit sa fiche Baka Updates, s’intéresse à la boutique d’antiquités Uryuudou, tenue par un vieil homme et son petit fils pendant l’ère Meiji. Ce dernier, Ren, est un jeune homme calme doté d’un don pour voir ce que les autres ne voient pas. La série semble épisodique, un peu à la manière du Cortège des cent démons, et l’ambiance y est assez proche au vue de planches feuilletées en scans sur les sites chinois (pour les plus curieux). Cependant, l’humour ne semble pas aussi présent que chez Ichiko Ima (mais elle est impayable dans son genre). Le côté boutique et fantastique m’évoque aussi Pet Shop Of Horrors de Matsuri Akino (aujourd’hui difficilement disponible en anglais, ou même en allemand, mais les scans sont faciles à trouver…).

Malheureusement, du fait de la mauvaise qualité des scans des premiers volumes (lien modifié, de meilleurs scans existent), de ma flemme légendaire devant un écran, mais aussi de ma flemme devant les idéogrammes (et de mon mauvais chinois), je n’ai toujours pas lu ne serait-ce qu’un chapitre de cette série. Je suis donc incapable d’en dire plus sur le sujet. J’aurais aimé en commander un ou deux volumes sur un site taïwanais, mais la plupart des volumes semblent en rupture de stock. Il ne me reste plus qu’à acheter un pack regroupant 13 volumes sur Taobao, et prier pour ne pas avoir la flemme de les lire une fois le colis reçu, parce que idéogrammes…

Quant à Akiko Hatsu, il s’agit d’une contemporaine de Moto Hagio, dont elle a été l’assistante. Avec son amie mangaka Yasuko Sakata, elle crée des dôjinshi et c’est ensemble qu’elles inventent le terme yaoi. La carrière de Akiko Hatsu, un peu comme celle de Ichiko Ima, se compose essentiellement d’histoires boys love ou d’histoires fantastiques.

Un one-shot de Akiko Hatsu a été traduit aux Etats-Unis par l’éditeur ComicsOne. Il s’agit d’un one-shot fantastique intitulé Devil in the water, qui n’est plus disponible en vente.

En chinois, la série est éditée par 東立 (Tong Li Comics). Voici une photo de l’édition officielle. On reconnaît sur la tranche le nom de l’éditeur, le prix qui est en NT (dollars taïwanais), et les caractères chinois traditionnels. Si vous avez autre chose, comme du RMB ou du simplifié, ou un autre nom d’éditeur, alors vous n’avez plus rien à faire sur cette annonce. Et la photo ne dit pas tout, il faut toujours regarder le nom de l’éditeur, si ce n’est pas le même alors méfiance. Enfin, il est possible que les volumes soient agrafés. Titre chinois: 雨柳堂夢語, auteure: 波津彬子, éditeur: 東立, nombre de volumes sortis: 13 (en cours). La plupart des volumes sont en rupture de stock sur les sites de vente en ligne de livres neufs.

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Akimi Yoshida – éditions taïwanaises

Akimi Yoshida (吉田秋生) est connue en France pour son manga Banana Fish. Depuis 2013, nous avons aussi la chance de pouvoir lire Kamakura Diary édité par Kana et dont les volumes sortent, pour le moment, tous les trois mois. N’oubliez pas de découvrir ce fabuleux manga. Akimi Yoshida est une mangaka malheureusement trop peu traduite dans les pays occidentaux. Seul Banana Fish aura eu cet honneur en anglais, en allemand (jusqu’au volume 8), ou en italien. Les manga d’Akimi Yoshida semblent avoir eu un certain succès à Taïwan et nombre de ses œuvres ont donc été traduites en chinois (système d’écriture traditionnel). Toutes les photos proposées proviennent évidemment d’éditions officielles. Le nom chinois de Akimi Yoshida s’écrit avec les mêmes kanji qu’en japonais. Le niveau n’est pas spécialement difficile, sauf par moments sur la série Yasha. On dira que Akimi Yoshida est un peu responsable de mes petits progrès dans la reconnaissance des idéogrammes.

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Titre: Banana Fish ou 戰栗殺機, Titre original: バナナフィッシュ (Banana Fish), Editeur: 東販 (Tohan Comics) ou 長鴻 (Ever Glory Publishing), Série terminée en 19 volumes, Genre: action, thriller. Il existe deux éditions de cette série: la première intitulée 戰栗殺機 chez l’éditeur 長鴻 (Ever Glory Publishing), avec des couvertures ressemblant à notre édition chez Génération Comics. La réédition de 東販 (Tohan Comics), bien plus récente, reprend le titre anglais Banana Fish, avec de nouvelles couvertures plus actuelles. Dans les deux cas, la série comporte 19 volumes, il ne s’agit donc pas d’édition deluxe. Comme en français, seuls les 19 volumes ont été traduits, donc pas de one-shot Private Opinion (dommage). Enfin, les pages sont restées blanches (seuls les Français aiment la fantaisie!!!). Le titre de la première édition, 戰栗殺機, peut signifier quelque chose comme « la machine à tuer qui tremble », il s’agit surtout de l’effet du Banana Fish et pas le nom de la drogue qui est mis en avant.

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Titre: 吉祥天女, Titre original: 吉祥天女 (Kisshou Tennyo), Editeur: 長鴻 (Ever Glory Publishing), Série terminée en 4 volumes, Genre: thriller psychologique. Rien à signaler, les couvertures sont laides mais c’est bel et bien l’édition officielle. Série ancienne, elle n’est plus disponible aujourd’hui, sauf en occasion sur Taobao. Chronique: oui. Le titre signifie littéralement « la déesse du destin ».

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Titre: 情人的吻, Titre original: ラヴァーズ・キス (Lovers’ Kiss), Editeur: 東立 (Tong Li), Série terminée en 2 volumes, Genre: chronique adolescente, romance. Aujourd’hui malheureusement indisponible, sauf peut-être en occasion sur Taobao. Encore mieux si vous pouvez acheter sur Rakuten à Taïwan. Chronique: oui.

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Titre: 櫻園, Titre original: 櫻の園 (Sakura No Sono), Editeur: 中國時報 (China Times Publishing), one-shot, Genre: romance avec de l’homosexualité féminine. Aujourd’hui indisponible et assez difficilement trouvable. Il y en a parfois sur Taobao. Littéralement, le titre signifie « La Cerisaie », comme la pièce de Chekhov. Du vrai old school, avec des vêtements anciens et des dessins moins glamour. La tranche est très laide, avec un personnage masculin alors qu’on y parle surtout de 4 lycéennes. Chronique: oui.

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Titre: YASHA 夜叉, Titre original: YASHA 夜叉, Editeur: 東立 (Tong Li), Série terminée en 12 volumes, Genre: action, science fiction. Aujourd’hui indisponible en neuf, elle est néanmoins très facilement trouvable sur Taobao. Une des séries les plus longues de la mangaka après Banana Fish. Le titre signifie littéralement « démon ». Les couvertures ont beau être laides (le mot est faible), il s’agit bien de l’édition officielle. Ne pas tomber dans le panneau d’une couverture jolie comme en japonais. Chronique: oui.

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Titre: 沈睡的夏娃, Titre original: イヴの眠り ― YASHA NEXT GENERATION (Eve No Nemuri – Yasha Next Generation), Editeur: 東立 (Tong Li), Série terminée en 5 volumes, Genre: action, science fiction. Suite directe de Yasha. Série disponible en neuf. Chronique: oui.

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Titre: 海街diary, Titre original: 海街diary (Umimachi Diary), Editeur: 東立 (Tong Li), Série en cours 4 volumes sortis, Genre: tranche de vie familiale. Se déroule dans le même univers que Lovers’ Kiss. Série disponible en neuf. Format seinen, proche de la VF (mais papier plus épais). Akimi Yoshida étant plutôt célèbre, le quatrième de couverture se voit attribué d’un « Le nouveau manga d’Akimi Yoshida! »… Comme en japonais, chaque volume comporte un sous-titre, ce que nous n’avons pas chez Kana.

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Yômi Henjô Yawa

Reiko Okano (岡野 玲子) est connue en France pour son oeuvre phare Onmyôji – Celui qui parle aux démons disponible chez Delcourt. Sa suite, Onmyôji – Tamatebako est actuellement en prépublication dans le Melody de Hakusensha (dans lequel paraît également Le pavillon des hommes de Fumi Yoshinaga, à lire absolument). Reiko Okano est également la bru de feu Osamu Tezuka. Elle semble attachée au genre fantastique et aime beaucoup les poèmes de la dynastie Tang. Yômi Henjô Yawa (妖魅変成夜話) résulte de cette passion (on trouve aussi l’orthographe Youmi Henjou Yawa). Derrière ce titre difficile à retenir (du moins dans sa sonorité), on retrouve donc Yômi (妖魅) qui signifie esprit/fantôme à l’apparence enchanteuse, Henjô (変成) signifie se transformer en et Yawa (夜話) signifie histoires racontées la nuit. C’est ce qu’on peut en déduire, en gros, des caractères chinois: « Esprits enchanteurs métamorphosés en histoires racontées la nuit », ce qui sonne un peu lourd en français.

youmi_henjou_yawa_vol2 Lire la suite « Yômi Henjô Yawa »

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Ichiko Ima – Editions taïwanaises

Ichiko Ima est une mangaka que j’ai connue par le biais de la série Le Cortège des cent démons, premier titre sorti chez Doki-Doki. Malgré l’arrêt de la série au bout du sixième opus, je ne remercierai jamais assez Doki-Doki pour la découverte de cette auteure au style unique et à l’humour ravageur. De plus, les chapitres étant indépendants, la frustration d’une série inachevée ne se ressent pas réellement, sauf lorsqu’on voit le nombre de volumes sortis au Japon. La carrière d’Ichiko Ima se centre avant tout sur les histoires de yôkai et sur les boys love. Elle a également écrit plusieurs one-shots se déroulant tous dans un même univers de fantasy à la chinoise. Les illustrations couleurs de Ima sont extrêmement belles et restituent l’ambiance douce dont elle a le secret. Ichiko Ima se dit très influencée par Moto Hagio.

A l’intérieur, les planches ont souvent déçu ceux qui s’attendaient à la même chose qu’en couverture. J’adore ce style qui laisse souvent place à une forme de rêverie, ce trait aérien, jamais précis, et puis les compositions… Le Cortège des cent démons fait partie des titres maudits, un peu comme ceux de Park Hee Jung. Jugez plutôt: le titre s’arrête au bout de 6 volumes chez nous (sûrement le mot « démons » qui lui a porté malheur?), il est enfin annoncé aux Etats-Unis chez Aurora Publishing sous le titre Beyond Twilight sans jamais sortir, il est enfin disponible en édition numérique chez JManga qui a fermé ses portes il y a peu.

Les sinophones ont plus de chance. Car il semble que de l’autre côté de la planète, autre qu’au Japon, les titres de Ichiko Ima semblent plutôt bien marcher, à en juger du nombre de titres disponibles. En chinois, son nom est identique à son nom en japonais, soit 今市子. Voici donc, comme je l’ai déjà proposé pour d’autres mangaka, un panorama de titres disponibles sur le marché taïwanais et hongkongais, soit en chinois traditionnel. Je rappelle que Taïwan bénéficie de plusieurs gros éditeurs qui font de l’officiel, et que je ne connais absolument pas l’édition chinoise, qui semble truffée d’exemplaires pirates. J’aurais bien aimé plus de titres fantasy traduits, tels que Kishibe No UtaKumo wo Koroshita Otoko ou Kageboushitachi no Shima même si je ne les trouve pas très simples à lire avec mon niveau. Enfin, j’ai aussi rédigé un article concernant l’achat de manga en chinois. Les photos proposées (et trouvées sur les annonces Taobao) sont toutes prises d’éditions officielles (donc si vous voyez une police bizarre, un logo étrange, du deluxe alléchant, du chinois simplifié, passez votre chemin).

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Titre: 百鬼夜行抄, Titre original: 百鬼夜行抄 (Hyakki Yakoushou), Titre français: Le cortège des cent démons, Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, série en cours avec 23 volumes sortis.

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Titre: 幻月樓奇譚, Titre original: 幻月樓奇譚 (Gengetsurou Kitan), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: fantastique, série en cours avec 4 volumes sortis. Il s’agit d’une série mélangeant ce que Ichiko Ima aime le plus: délires boys love et histoires de fantômes… La série est encore en cours même si le volume 3 est sorti depuis des années. Sur les sites style Books.com.tw, le volume 1 est indisponible. Les volumes semblent sortir plus que lentement: environ tous les 3 ans.

Boku no Yasashii Onii-san_ichiko_ima

Titre: 我的溫柔大哥, Titre original: 僕のやさしいお兄さん (Boku no Yasashii Onii-san), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), Genre: boys love, 4 volumes (série terminée en 5 volumes au Japon). La couverture du volume II est juste extrêmement tendancieuse avec ce personnage à quatre pattes (et puis faut voir le tout petit cul aussi)… Contrairement à ce que je pensais, et malgré la mention de frères, il s’agit encore une fois d’un manga à la Ima, avec quotidien et famille puis pas mal d’humour (lu le volume 1 seulement). Les deux « frères » n’ont pas de lien de sang. A noter que l’éditeur fait l’autruche quand on parle du volume 5 (je pense que c’est mort de mort).

Kyouka Ayakashi Hichou_ichiko_ima

Titre: 鏡花妖異秘帖, Titre original: 鏡花あやかし秘帖 (Kyouka Ayakashi Hichou), Editeur: 青文 (Ching Win), Genre: fantastique, one-shot. Adaptation d’un light novel. L’action se passe au début du XXème siècle chez un éditeur de magazine de littérature fantastique. Un peu décevant comme manga, que ce soit sur la narration ou les dessins que je trouve un poil plus fade que d’ordinaire.

Akumujou no Aruji_ichiko_ima

Titre: 惡夢城之主, Titre original: 悪夢城の主 (Akumujou no Aruji), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy, one-shot.

Touzoku no Mizusashi_ichiko_ima

Titre: 盜賊的神奇水壺, Titre original: 盗賊の水さし(Touzoku no Mizusashi), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy, one-shot.

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Titre: B級美食俱樂部, Titre original: B級グルメ倶楽部 (B Kyuu Gourmet Club), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, série en cours avec 2 volumes sortis  (4 au Japon). [EDIT du 01/08/2014] Il semble que les négociations entre SSP et l’éditeur japonais soient bloqués. Les volumes suivants ne sont donc toujours pas prévus à ce jour. Je rappelle que le volume 2 est sorti chez SSP en 2007…

您好,請問貴出版社還會繼續出今市子《B級美食俱樂部》的3、4嗎?

如果會,大約什麼時候出呢?
這系列很好看
不過等了好久…..
您好:這系列有點久小編確認了一下,因為和日方的合約問題,非常抱歉目前仍無法出版,也謝謝你耐心的等待。

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Titre: 不笑的人魚, Titre original: 笑わない人魚 (Warawanai Ningyo), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), Genre: boys love, one-shot. Il s’agit d’un recueil d’histoires courtes. Il existe une réédition avec une couverture et un titre différents. A cause de son titre « Une sirène qui ne sourit pas » et de sa couverture j’ai cru à un titre fantastique…

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Titre: 水面上的人魚, Titre original: 笑わない人魚 (Warawanai Ningyo), Editeur: 長鴻 (Ever Glory Publishing), Genre: boys love, one-shot. Il s’agit de la réédition de 不笑的人魚.

Rakuen_Made_Ato_Mou_Chotto_ichiko_ima

Titre: 樂園在身邊, Titre original: 楽園まであともうちょっと (Rakuen Made Ato Mou Chotto), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, série terminée en 3 volumes. Il s’agit d’un spin off de Warawanai Ningyo dans lequel on retrouve le couple de la troisième histoire.

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Titre: 愛情遊戲, Titre original: Game, Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, one-shot. Indisponible. Un manga qui ne me faisait absolument pas envie et qui m’a au final beaucoup plu! Ca débute mal avec des histoires de kidnapping mais on suit les personnages dans leur évolution. Une chronique ici!

Yoru to Hoshi no Mukou_ichiko_ima

Titre: 星夜奇譚, Titre original: 夜と星のむこう (Yoru to Hoshi no Mukou), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, série en cours avec 1 volume sorti (en pause depuis 2008). Il s’agit d’un des rares travaux ciblant un public adolescent masculin, la série a été prépubliée dans le King Ours, même magazine dans lequel on trouve Samidare.

moe_no_shikaku_ichiko_ima

Titre: 萌的死角, Titre original: 萌えの死角 (Moe No Shikaku), Editeur: 長鴻 (Ever Glory Publishing), Genre: essai sur le moe dans le boys love, série terminée en 3 volumes (seul 1 volumes sorti en chinois). Chronique de Roshieru sur Quatre Saisons. Indisponible.

itoko_doushi_ichiko_ima

Titre: 相愛太早, Titre original: いとこ同士 (Itoko Doushi), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, one-shot.

Kotou no Himegimi_ichiko_ima

Titre: 孤島的公主, Titre original: 孤島の姫君 (Kotou no Himegimi), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, one-shot. Indisponible.

Natsukashii Hana no Omoide_ichiko_ima

Titre: 花的記憶, Titre original: 懐かしい花の思い出 (Natsukashii Hana no Omoide), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, one-shot. Indisponible.

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Titre: 成人問題, Titre original: 大人の問題 (Otona No Mondai), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: boys love, one-shot. Indisponible. Et pourtant indispensable. Un boys love vraiment pas comme les autres, avec une très forte présence de la famille, de personnes hétérosexuelles, et beaucoup d’humour. Le héros que l’on suit est hétérosexuel, à la fac, a très peur de « finir homo » comme son père qui annonce (comme une fleur) qu’il est sur le point d’épouser un homme aussi jeune que sa progéniture! Chronique chez yowlingyaoi.

Suna no Ue no Rakuen_ichiko_ima

Titre: 砂上的樂園, Titre original: 砂の上の楽園 (Suna no Ue no Rakuen), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, one-shot. Chronique de Ialda sur Shokushu-no-daifukkatsu.

Ashinaga Ojisantachi no Yukue_ichiko_ima

Titre: 沉浸在彼方的幸福, Titre original: あしながおじさん達の行方 (Ashinaga Ojisantachi no Yukue), Editeur: 大然 (Daran), Genre: boys love, série terminée en 2 volumes. Edition épuisée, l’éditeur n’existant plus (toujours vérifier que le nom de l’éditeur correspond pour un achat Taobao!). Chronique: oui

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Titre: 五箱物語, Titre original: 五つの箱の物語 (Itsutsu no Hako no Monogatari), Editeur: 晶采 (Crystal Comics), Genre: boys love.

[EDIT du 01/08/2014: Nouvelle sortie à Taïwan!]

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Titre: 旅人之樹, Titre original: 旅人の樹 (Tabibito No Ki), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy et fantastique, one-shot.

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Titre:影法師之島, Titre original: 影法師たちの島 (Kageboushitachi no Shima), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy et fantastique, one-shot.

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Titre: 流浪漢上班族, Titre original: ホームレス・サラリーマン (Homeless Salaryman), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: BL, 1 volume sorti (depuis décembre 2014).

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Natsume Ono / basso – Editions étrangères

Peu avant est em, j’ai découvert Natsume Ono (オノ ナツメ) par sa série Goyô, et elle a rapidement rejoint le club de mes mangaka préférés. En France, seuls Goyô, Gente et Ristorante Paradiso sont sortis chez Kana. Il faut croire que le dessin particulier et le rythme extrêmement lent des histoires de Natsume Ono n’aient pas trouvé son public, ce qui fait qu’on en est resté là. La carrière de Natsume Ono a démarré assez tard, mais elle s’est rapidement fait remarquer. Son succès n’est pas démenti, et elle sort même une nouvelle série dans le Monthly Big Gangan de Square Enix: ACCA 13-Ku Kansatsu-Ka.

Alors qu’elle a commencé avec le seinen, Natsume Ono mène également une carrière dans le boys love sous le pseudonyme de basso. Natsume Ono voue un culte à l’Italie, et inscrit souvent ses histoires dans ce pays. Dans ses titres sortis en France, elle a un style plutôt élégant, celui qu’elle utilise dans ses boys love. La plupart de ses autres manga sont dessinés dans un style plutôt ratatiné, « cartoony » comme on peut le voir sur la blogosphère anglophone, avec de grosses têtes et de petits corps, sans parler de très grands yeux ronds. Lors d’une interview, Natsume Ono cite Yumi Tada (多田由美) comme une de ses influences (planches issues de Yukikaze). Je compte ici parler non pas de l’artiste, ni de ses oeuvres (quelques mots maxi), mais surtout des livres disponibles en anglais et en chinois.

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Il se trouve que Natsume Ono a rencontré plus de succès aux Etats-Unis (sûrement le côté très comics indépendant de son trait). Cela a donné lieu à sa présence lors de l’édition 2011 du Toronto Comics Arts Festival. Aux Etats-Unis, c’est surtout Viz qui édite les titres de Natsume Ono. Comme chez nous, il y a eu Goyô sous le titre House Of Five Leaves sous le label SigIKKI. De même, Gente – People of Ristorante Paradiso et Ristorante Paradiso sont aussi disponibles chez Viz. Mais en plus de cela, les Américains ont eu la chance d’avoir, encore une fois chez Viz, plusieurs one-shots: Not Simple, La Quinta Camera – The Fifth Room et Tesoro. En fin d’année 2012, Kodansha Comics, la branche américaine de l’éditeur du même nom, sort le one-shot Danza. La machine à fantasmes était lancée et j’espérais d’autres annonces des manga de Natsume Ono du Morning 2, tels que Coppers ou Tsuratsura Waraji, mais cela n’a pour le moment rien donné. De même, lors de l’annonce du label boys love suBLime de chez Viz, on aurait pu penser voir des annonces des boys love de basso tomber. Malheureusement, toujours rien à l’horizon. Peut-être Ono est-elle passée de mode?

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Titre: House Of Five Leaves, Titre original: さらい屋五葉 (Saraiya Goyou), Editeur: Viz Media, série terminée en 8 volumes

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Titre: Ristorante Paradiso, Titre original: リストランテ・パラディーゾ (Ristorante Paradiso), Editeur: Viz Media, one-shot lié à la série Gente

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Titre: Gente – The People of Ristorante Paradiso, Titre original: GENTE – リストランテの人々 (Gente – Ristorante No Hibito), Editeur: Viz Media, série terminée en 3 volumes

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Titre: Not Simple, Titre original: Not Simple, Editeur: Viz Media, one-shot. Drame familial se déroulant aux Etats-Unis. Le récit s’étale environ sur 300 pages. Je recommande chaudement cette très belle histoire, très triste et émouvante. L’ambiance y est particulière et le rythme extrêmement lent, avec pas mal de flashbacks. Un récit qui n’accrochera pas tout le monde et peut parfois sembler soporifique (un peu comme Goyô l’a été pour certains). Le dessin est dans un style « cartoony ». Chronique de Plumy sur L’heure du boeuf.

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Titre: La Quinta Camera – The Fifth Room, Titre original: LA QUINTA CAMERA – 5番目の部屋 (LA QUINTA CAMERA – 5banme no Heya), Editeur: Viz Media, one-shot. Il s’agit d’un one-shot très facile à lire, une sorte d’Auberge Espagnole en Italie. Le tout est né, évidemment, de l’amour de Natsume Ono pour l’Italie. Ca joue donc sur l’exotisme et ça se rapproche donc de Gente. C’est très accessible et parfois un peu facile, ça respire la bonne humeur, mais ce n’est clairement pas le titre que je préfère de Ono. Le dessin est dans un style « cartoony » dans une bichromie sépia. C’est avec ce titre, publié en web comic au début, qu’a débuté la carrière professionnelle de Natsume Ono.

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Titre: Tesoro, Titre original: テゾーロ (Tesoro), Editeur: Viz Media, one-shot (recueil d’histoires courtes). Nombreuses histoires sont réunies dans ce recueil d’environ 300 pages. La plupart sont réussies et tournent autour de la famille, des relations humaines et de la nourriture (notamment celle avec le bento). On y trouve aussi des histoires des débuts d’Ono. Dessin dans un style « cartoony » et bichromie sépia.

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Titre: Danza, Titre original: ダンツァ (Danza), Editeur: Kodansha Comics, one-shot (recueil d’histoires courtes). Six histoires sont réunies dans ce recueil. Le tout est principalement centré sur les relations masculines et souvent familiales: père-fils, père-gendre, frère-frère, mais aussi entre collègues. On y trouve aussi le pilote de ce qui donnera lieu à la série Coppers, ce qui m’a fait légèrement espérer… L’histoire SF vaut le coup aussi, moi qui n’ai jamais vu Ono dans ce registre. Enfin, le dessin est « cartoony » et très réussi. Un recueil que je recommande pour ceux qui aiment Ono.

En chinois, les traductions sont plus nombreuses. Parmi les titre sortis aux Etats-Unis, seuls Not simple et Danza manquent. Le nom chinois de Natsume Ono s’écrit 小野夏芽 pour les fans de Natsume Ono qui lisent bien le chinois (je précise que ce n’est pas vraiment mon cas, ce qui est un peu frustrant pour certains titres que j’aimerais tellement avoir chez moi!). La plupart de ses titres sont encore trouvables sur les sites de vente en ligne type Books.com.tw.

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Titre: 江戶盜賊團五葉, Titre original: さらい屋五葉 (Saraiya Goyou), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), série terminée en 8 volumes

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Titre: 天堂餐館, Titre original: リストランテ・パラディーゾ (Ristorante Paradiso), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), one-shot lié à la série Gente

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Titre: GENTE ~ 天堂餐館外傳, Titre original: GENTE – リストランテの人々 (Gente – Ristorante No Hibito), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), série terminée en 3 volumes

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Titre: 草鞋武士-備前熊田家出勤記, Titre original: つらつらわらじ (Tsuratsura Waraji), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), 4 volumes sortis (série terminée en 5 volumes au Japon)

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Titre: 時尚五號房, Titre original: LA QUINTA CAMERA – 5番目の部屋 (LA QUINTA CAMERA – 5banme no Heya), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), one-shot

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Titre: 逃跑的男人, Titre original: 逃げる男 (Nigeru Otoko), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), one-shot. [MAJ de novembre 2013] indisponible, l’éditeur semble ne plus donner signe de vie (et tous les manga de Mightor ne figurent plus sur les sites de vente en ligne). Reste encore Taobao… [MAJ de mars 2014] One-shot fort conseillé. Il donne l’occasion de voir Ono dans un trait plus croquis. Que ce soit dans l’histoire ou dans son graphisme, on pense beaucoup ici à la BD indé ou au comics indé. Les pages sont très silencieuses, il y a peu de bulles pour ceux qui voudraient tenter le volume en VO.

Le problème se situe plutôt au niveau de ses boys love sous le pseudonyme de basso. En effet, ceux-ci ne sont pas commandables sur des sites de vente en ligne tels que Books.com.tw ou Kingstone.com.tw, ce qui nécessite de se rendre sur Taobao. Le hic est donc de tomber sur du pirate (je reviens sur ce point à la fin de ce post). De ce que j’en déduis, il n’y a pas vraiment d’édition officielle pour les titres de basso. L’éditeur taïwanais spécialisé dans le boys love 晶採漫畫 (晶采漫画 en simplifié, ou Crystal Comics) propose des éditions soignées que je recommande, malgré le papier un peu fin (et les noirs pas assez noirs). Tous les titres de basso sont des one-shot se déroulant en Italie, et le tout se déroule dans un même univers. Les personnages de politiciens (à lunettes, le même délire que dans Ristorante Paradiso) et journalistes se croisent chez le même glacier de Rome ou encore dans un même restaurant.

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Titre: 熊男與知識分子, Titre original: クマとインテリ – Orso e Intelletuale (Kuma To Interi), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

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Titre: Amato Amaro 被愛與苦澀, Titre original: アマート・アマーロ (Amato Amaro), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

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Titre: 亞爾與尼利,以及身邊事, Titre original: アルとネーリとその周辺 (Aru to Neeri to Sono Shuuhen), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot, spin-off de Orso e Intelletuale

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Titre: 刺青師加德, Titre original: ガッド スフォルトゥナート (Gad Sfortunato), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

Il semble que le dernier basso, Naka-san no Nagare, soit également vendu sur Taobao. Evidemment, le titre n’est pas officiel, et même pas disponible chez l’éditeur taïwanais Crystal Comics que je soupçonne déjà de ne pas être officiel. Ce titre se déroule non pas en Italie comme souvent, mais au Japon. En chinois, le titre signifie « Les ramen de Naka-san ». Evidemment, le prix du livre est très bas (environ 1 yuan haha). Je mets ma main au feu qu’il s’agit d’imprimés de scans trouvés sur le net reliés ensuite. Cependant, le prix du livre en dollars taïwanais laisse supposer qu’il existe une édition taïwanaise 青點 (BL Comics) (sûrement pirate), scannée sur le net. Mais sur Taobao, ce n’est clairement pas l’édition taïwanaise (du moins pour le moment).

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Titre: 阿中拉面, Titre original: ナカさんのながれ(Naka-san No Nagare), Editeur: 青點 (BL Comics), one-shot

A propos des éditions pirates chinoises: j’ai été très déçue après l’achat d’un exemplaire de Gad Sfortunato car je n’ai pas fait attention au nom de l’éditeur lors de ma commande chez Taobao. En effet, je recommande plutôt l’éditeur taïwanais spécialisé dans le boys love 晶採漫畫 (晶采漫画) (Crystal Comics) plutôt que l’éditeur chinois 藍色領域 (蓝色领域). Pour le coup, il s’agit vraiment d’une édition pirate chez l’éditeur chinois. Ce n’est pas beau, le format n’est pas le même (shônen au lieu de seinen), le titre est parfois écrit en simplifié sur la couverture pour retrouver du traditionnel dans les phylactères, la colle est pourrie, le papier n’est clairement pas terrible sans parler de l’impression (sûrement des scans glanés de l’éditeur Crystal Comics sur le net, et réimprimés ensuite). Enfin, alors que les boys love sont de basso, le nom de l’auteure est celui de Natsume Ono en chinois, soit 小野夏芽. Enfin, le prix peut être un indicateur sur Taobao: si le livre coûte aux environ de 1 à 10 yuans, on peut être sûr que c’est du pirate soit l’éditeur chinois 藍色領域. Si le livre coûte environ 35 yuans, c’est peut-être l’éditeur taïwanais 晶採漫畫.

Photos comparatives sur le format, la tranche et la colle. D’autres détails ne sont pas visibles à l’oeil nu, la texture du papier et même de la jaquette.

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éditions étrangères, est em, fétichisme, manga

est em – Editions étrangères

D’est em, nous n’avons pas grand chose à nous mettre sous la dent. Pourtant, nombreux sont ses manga au Japon, comme en témoignent les différentes chroniques sur Brain VS Book que je vous conseille vraiment de lire (avec en plus une longue interview en prime). De plus, la carrière d’est em est en plein envol. Elle qui a commencé avec le boys love s’est vite trouvé un lectorat conquis par un dessin différent, très européen même, et surtout, par des histoires possédant une tonalité unique. Je ne parlerai pas des oeuvres en elles-mêmes dans ce post, mais plutôt du livre (l’objet). Enfin, le pseudonyme est em vient de ses initiales, SM (SATOH Maki), S & M, ce qui se dit S to M en japonais, soit est em phonétiquement, en général, ça s’écrit en minuscule (MAJ 19 mai 2014: l’interview conduite par Jocelyne Allen pour le Comics Journal explique beaucoup plus longuement l’origine de ce pseudonyme).

Aujourd’hui, est em a plusieurs séries en cours, et touche aussi au seinen avec Golondrina chez IKKI, et Ippo dans le Jump X. Elle a également écrit plusieurs josei. Elle a donc su s’émanciper du boys love, comme Fumi Yoshinaga ou Ima Ichiko (deux mangaka que je ne manque jamais de citer). est em est une auteure que j’ai découverte par Tango aux Editions H, et son dessin m’a marquée par sa proximité avec celui d’une autre mangaka que j’aime beaucoup: Natsume Ono, dont je suivais à ce moment-là Goyô (j’ai pas l’impression mais ça remonte finalement). Un article de Sébastien Kimbgert dans le 10 000 Images N°1′: Le Yaoi – Edition augmentée et réactualisée est par ailleurs consacré à la carrière d’est em. Sa lecture est évidemment conseillée.

Les traductions des titres d’est em ne sont pas nombreuses, alors qu’elle a écrit de nombreux manga. Je vais ici me concentrer sur les Etats-Unis, et puis le monde chinois, bien qu’on n’y gagne pas grand chose.

Aux Etats-Unis, trois manga (des one-shot) ont été traduits. Il y a bien sûr Seduce Me After the Show, que nous connaissons sous le titre de Tango ici, chez Deux Press, éditeur spécialisé dans le boys love. Mais il y a aussi eu, suite à ce succès, Red Blinds the Foolish, toujours chez le même éditeur. Le troisième titre à être traduit en anglais n’est autre que Age Called Blue chez NetComics. Ce dernier se focalise d’ailleurs sur des personnages rencontrés dans les pages de Tango: le groupe de rock. Enfin, un quatrième titre est annoncé pour octobre de cette année: Tableau 20, chez suBLime, le label boys love de Viz Media. Autant vous dire que j’ai hâte de voir ça…

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Titre: Seduce Me After the Show, Editeur: Deux Press, Titre original: ショーが跳ねたら逢いましょう (Show ga Hanetara Aimashou), sorti en 2008. Il n’est pas particulièrement difficile à acheter et coûte environ 10€.

Red Blinds the Foolish Deux Press

Titre: Red Blinds the Foolish, Editeur: Deux Press, Titre original: 愚か者は赤を嫌う (Orokamono wa Aka wo Kirau), sorti en 2008, traduit par Matt Thorn. Cet excellent one-shot est centré sur un couple évoluant dans le milieu de la corrida en Espagne, et plaira à ceux qui ont aimé Tango. Ce titre est malheureusement difficile à se procurer à prix correct aujourd’hui, et se trouve aux environs de 50€ sur les plateformes de vente en ligne. Amazon.com le propose, je crois, aux environs de 10$ mais il faut compter les frais de port vers la France… A surveiller quand même, j’ai réussi à cliquer assez rapidement sur Amazon.de pour 9.99€… ce n’est donc pas desespéré.

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Titre: Age Called Blue, Editeur: NetComics, Titre original: エイジ・コールド・ブルー (Age Called Blue), sorti en 2009. Ce one-shot reprend des personnages vus dans Tango, l’histoire sur les rockers notamment. Il y a également d’autres histoires annexes. Age Called Blue n’est pas difficile à trouver sur les sites de vente en ligne, aux environs de 10€, dans un format seinen. Il ne s’agit pas du meilleur manga d’est em mais il vaut le coup d’être lu, déjà parce qu’il y a très peu de manga de l’auteure traduits, mais aussi parce que ça reste très bien.

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Titre: Tableau 20, Editeur: Viz (suBLime), Titre original: 作品ナンバー20 (Sakuhin Number 20), prévu pour octobre 2013. Il coûtera 10€ environ. Maintenant, j’attends de Viz la série Golondrina vu qu’elle paraît dans le IKKI.

Si on compte l’édition numérique, il y a eu plus de titres aux Etats-Unis. Malheureusement, deux des plus intéressants (du moins en apparence) figuraient sur la plateforme de diffusion numérique légale JManga, qui a fermé ses portes il y a peu. Il s’agit de Happy End Apartments et Haratake Kentauros!. Il est regrettable qu’un format papier n’ait pas vu le jour pour ces deux titres. Enfin, Digital Manga Guild édite  Kine In!, un boys love, vendu chez Amazon au format Kindle. Grâce à Mangaconseil, je sais aussi que Digital Manga Guild a aussi édité Ultras, un boys love dans le milieu du football.

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Titre: Apartments of Calle Feliz, Editeur: JManga, Titre original: ハッピーエンドアパートメント (Happy End Apartments). Plus disponible aujourd’hui.

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Titre: Working Kentauros, Editeur: JManga, Titre original: はたらけ、ケンタウロス! (Hatarake, Kentauros!). Plus disponible aujourd’hui. Ce titre me fait vraiment fantasmer, avec son centaure salary man. Le tout se déroule dans un monde comme le nôtre, mais dans lequel humains et centaures cohabitent. Il y a un autre one-shot, plus axé sexe, sur les centaures: Equus.

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Titre: Kine In!, Editeur: Digital Manga Guild, Titre original: キネイン! (Kine In!). Disponible sur les sites de ventes en ligne, notamment Amazon.

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Titre: Ultras, Editeur: Digital Manga Guild, Titre original: Ultras. Disponible en format Kindle chez Amazon.

[MAJ 19 mai 2014] La venue de est em en tant qu’invitée du TCAF (Toronto Comics Arts Festival) ce mois-ci a donné lieu à un objet collector, traduit en anglais par Jocelyne Allen. Il s’agit du doujinshi Carmen une histoire en 32 pages vendue 5 dollars canadiens. Il s’agit d’une version boys love de Carmen.

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Le nom de est em en chinois, pour ceux qui le chercheraient, s’écrit 愛思雁. On retrouve parfois le nom de l’auteur directement en japonais えすとえむ, et ce, au sein d’un même éditeur (Tong Li!!!). Pour le moment, seuls 輕狂年代 (Age Called Blue) et 相約謝幕後 (Seduce Me After the Show) existent sur le marché, tous deux édités par 瑪朵 (Mightor Publishing). Autant dire que mieux vaut se lire les manga en anglais, du moins pour moi. Mais comme on ne sait jamais, je garde ce nom en chinois ici, dans les pages de ce blog, pour pouvoir les copier sur des sites de vente en ligne tels que Taobao ou Books.com.tw, pour me faire du mal (ou non). Les manga coûtent aux environs de 3.5€ mais il faut aussi se farcir les frais de port vers l’Europe. [MAJ de novembre 2013: l’éditeur Mightor semble mort et les manga ci-dessous ne sont plus disponibles].

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[MAJ 19 mai 2014] Il s’avère que les éditeurs taïwanais ne sont pas tous en accord quant au nom officiel en chinois de est em. C’est le cas de Tong Li Comics qui utilise directement le nom japonais, en hiragana: えすとえむ. C’est donc de cette manière que j’ai découvert l’existence d’un autre one-shot d’est em traduit chez ce gros éditeur, sorti en 2013 et toujours disponible aujourd’hui. Il s’agit de Kuslar (クシュラル), un recueil d’histoires courtes contenant des histoires boys love se passant en Turquie. Le recueil étant interdit au moins de 18 ans, il n’y a pas de livraison vers l’étranger sur le site Books.com.tw. En revanche, il est toujours disponible sur Yesasia. Enfin, le grand problème sur les sites comme Books.com.tw, c’est qu’on ne trouve rien quand on tape le nom de l’auteure en hiragana: Kuslar est un livre « invisible » si on ne connaît pas son titre en chinois, et on ne peut même pas chercher d’autres livres de l’auteure du coup.

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Titre: 被囚禁的鳥, titre original: クシュラル (Kuslar), one-shot, boys love, éditeur taïwanais: 東立 (Tong Li Comics).

[MAJ: mars 2015] Depuis février, sortie de Golondrina!!! Autant vous dire que je suis devenue très vite hystérique lorsque je l’ai vu sur le planning de l’éditeur (enfin, si on peut appeler cela ainsi)… Toujours est-il que l’éditeur Tong Li, qui n’est pas un petit (loin de là), est doté d’une cohérence à toute épreuve. Jugez: le one-shot Kuslar est sorti avec le nom japonais d’est em, alors même que l’éditeur Mightor utilisait le nom chinois de l’auteure. D’une. Mais surtout, Golondrina sort, on ne sait pour quelle raison, sous le nom chinois de est em!!! Le pire dans tout ça, c’est que rien n’est mentionné sur le ruban pour dire que えすとえむ = 愛思雁, et que Golondrina n’est pas le premier manga à sortir à Taïwan de est em… Bref, il sort malgré tout, et évidemment, je saute dessus même si j’espérais secrètement une sortie aux Etats-Unis, vu le côté très « européen » de l’oeuvre… Niveau lecture, il n’est pas si difficile à appréhender: peu d’écritures au final.

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Titre: Golondrina 鬪牛悲歌, Titre original: Golondrina-ゴロンドリーナ, éditeur taïwanais: 東立 (Tong Li Comics), 2 volumes sortis (en même temps) sur 6 prévus. Toujours en cours au Japon, et sortant en tankôbon directement depuis l’arrêt du Ikki.

[MAJ: mai 2015]

Ravie de voir la sortie d’une série d’est em chez Tong Li, encore une fois. Sauf que, contrairement à Golondrina, le nom de l’auteure est cette fois en hiragana, soit えすとえむ. Sur le site de l’éditeur, on ne voit donc pas que Golondrina et IPPO sont de la même mangaka, mais on voit au moins Kuslar…

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Titre: IPPO一步, Titre original: イッポ IPPO, éditeur taïwanais: 東立 (Tong Li Comics), 2 volumes sortis (en même temps). Toujours en cours au Japon.

Enfin, je complète (mais j’espère qu’il y aura des mises à jour, Golondrina fut une excellente nouvelle m’ayant poussée à une commande en début d’année!!!) cette liste des traductions en chinois traditionnel des manga d’est em par ce que je suppose comme des éditions pirates, vu leur indisponibilité sur les grandes plateformes. Inutile de dire que je ne me suis pas privée malgré tout pour les acheter, et que ce n’est pas mal imprimé, mais le nom de l’éditeur japonais, ou du magazine de prépublication Citron restent par exemple visibles… Toutes ces publications sont sorties sous le nom japonais d’est em: えすとえむ. Photos à venir aussi, on en trouve assez peu en fait.

Titre: 快樂結局公寓, Titre original: ハッピーエンドアパートメント (Happy End Apartment), one-shot, BL

Titre: 藍染師之戀, Titre original: やがて、藍になる (Yagate, Ai ni naru), one-shot, BL

Titre: 那个男人、爱好甜食, Titre original: その男、甘党につき (Sono Otoko, Amatou ni Tsuki), sous-titré en français: Une histoire d’un amateur de friandises, one-shot.

akimi yoshida, éditions étrangères, chroniques, manga

Lovers’ Kiss

Lovers’ Kiss (ラヴァーズ・キス) est un manga de Akimi Yoshida en deux volumes, prépublié dans les numéros d’avril 1995 à février 1996 du Flowers de Shogakukan, peu après la fin de la série phare Banana Fish. Lovers’ Kiss, pour changer par rapport à Banana Fish, est un manga sentimental avec pour sujet l’adolescence. L’histoire se passe à Kamakura de nos jours (enfin, dans les années 90). Akimi Yoshida raconte ici non pas un triangle, mais un polygone amoureux passablement compliqué, le manga se faisant ainsi connaître des amateurs et amatrices de boys love ou yuri.

Lovers’ Kiss est malheureusement inédit en France, mais gageons qu’avec le retour de Akimi Yoshida avec Kamakura Diary, un éditeur se penchera peut-être dessus. Surtout que les deux œuvres se déroulent dans le même univers et partagent des personnages en commun: Tomoaki Fujii en premier lieu (le petit ami de Yoshino), mais aussi les familles Ozaki (qui tient un commerce d’alcool) et Ogata (originaire d’Osaka) ainsi que Mikako, la collègue de Sachi. Notons aussi que les deux œuvres se déroulent au même moment, ce que j’ai compris en lisant le second opus de Kamakura Diary. Ceux qui lisent le chinois peuvent se tourner vers l’édition taïwanaise sortie chez Tong Li (dans la collection « Romance Fantasy » ha ha) sous le titre 情人的吻, trouvable en occasion uniquement, ou en scans ici. Enfin, il existe une adaptation filmique éponyme réalisée par Ataru Oika.

loversKiss Lire la suite « Lovers’ Kiss »

éditions étrangères, manga, sinophilie

Karin

« L’enfer, c’est les autres » disait Jean-Paul Sartre. Pour moi, c’est un certain Ialda, source de mon obsession pour un shôjo des années 90: Karin (火輪) de Masumi Kawasou (河惣益巳). Grande déception en lisant l’article car ce genre de titre a peu de chance de sortir en France vu son style graphique très ancré dans les années 70 et son univers chinois (le Japon ça vend quand même mieux). Surtout, Kawasou ne jouit pas de la même  réputation que Moto Hagio ou Keiko Takemiya. Bien qu’elle soit l’auteure de nombreux manga, aucun ne semble connu en Occident (je vous invite à lire l’article de xkazemg pour en savoir plus). Karin est prépubliée de 1992 à 1997 dans le magazine de Hakusensha Hana To Yume (Angel Sanctuary, Please Save My Earth) et s’étend sur 17 volumes. Sa dernière série en date, Kuro Tsubaki, est prépubliée dans le Melody (OnmyôjiLe Pavillon des Hommes et The Top Secret, des séries à lire absolument, cela va de soi), toujours chez Hakusensha, avec des protagonistes tels que geisha et acteurs de kabuki. A propos de Karin, je vous invite également à lire la chronique de Aesthetiscm (ou plutôt ses archives), surtout que celle-ci est couplée à Hi Izuru Tokoro No Tenshi de Ryoko Yamagishi. Enfin, Kawasou est née en 1959, et a débuté sa carrière dans les années 80 (la même génération que Fuyumi Soryo, Saki Hiwatari et Akimi Yoshida).

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Pour bien comprendre ma frustration, il faut savoir que je suis une grande amatrice de Hôshin – L’Investiture des dieux de Ryû Fujisaki, et que je suis très sensible aux univers chinois (fictifs ou historiques) créés par des artistes japonais. Dernièrement, j’ai débuté La Fleur millénaire, j’ai regardé une saison de Saiunkoku Monogatari même si je n’aime pas la couleur rose, j’adore évidemment l’anime des Douze Royaumes, j’ai acheté Qwan de Aki Shimizu, je me suis jadis penchée sur Saiyuki de Minekura (bien que j’aie lâché l’affaire), j’en veux toujours aux romances à l’eau de rose de Fushigi Yûgi de Yuu Watase et je vais expier mes fautes en achetant prochainement tous les manga de Natsuki Sumeragi sortis chez Akata (mais j’en ai lu pas mal, en bibliothèque, ça compte?). Quand j’apprends l’existence d’un shôjo des années 90 plutôt long, s’inspirant de L’investiture des Dieux de Xu Zhonglin, avec de jolis costumes à gogo, de nombreux personnages (dont certains proviennent de la mythologie chinoise) et une intrigue tordue, je ne peux que m’y intéresser et me désespérer de ne pas pouvoir le lire en français (et même pas en scans en anglais).

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Le Prince Shou assassine son frère Ying avec le Sabre du Roi Dragon

Les années 90, c’était l’époque des longs shôjo fantastiques ou d’aventure, avec des personnages à foison, époque qui a vu naître des titres tels que Angel Sanctuary, X, Basara, Princesse Kaguya (volume 16 en avril, n’oubliez pas!), et j’en passe, époque certes révolue mais qui me manque aujourd’hui, depuis que les shôjo de romance au lycée sont arrivés en masse. Malgré l’intrigue compliquée et les personnages nombreux, j’ai ravalé mon désespoir et reporté celui-ci en cherchant un peu: la solution ultime fut de le lire en chinois, surtout après avoir trouvé des scans, signifiant l’existence d’une édition taïwanaise. Pour les sinophiles, Karin est édité par Daran (大然出版社) qui a aujourd’hui disparu (mes Karakuri Circus dépareillés le savent bien), de même que de nombreux manga de Kawasou (sauf Kuro Tsubaki à mon grand regret). D’ailleurs, si vous trouvez des éditions chinoises deluxe (avec coffrets et tout), méfiance (la seule édition officielle que je connaisse étant la basique, celle qui est jaune et moche)… Enfin, j’utiliserai les retranscriptions chinoises pour les noms propres (pour une fois, pas besoin de se faire chier soucier à trouver les noms japonais).

Li An, notre héros
Li An, notre héros

L’intrigue (sans spoiler) se penche sur une Chine antique fictive, durant la dynastie Hua. Le point de départ de la série est la disparition du Sabre du Roi Dragon qui appartient à Ao Guang, le Roi Dragon des Mers de l’Est, alors qu’il est supposé se trouver au Mont Sheng Long, un endroit réservé au Monde Céleste et Immortels (un kekkai). Tout ceci est bien embarrassant et surtout intriguant, lorsque Bai Ling découvre que le Sabre se trouve au Palais impérial, dans le monde des Humains. Pourquoi et comment le Sabre a-t-il atterri au milieu des humains, alors même qu’ils ne peuvent pénétrer un kekkai? C’est ce que va devoir découvrir Lang Li An, notre jeune héros, aux origines bien mystérieuses. Car voilà le problème: les Divinités et Immortels ne doivent pas interférer aux affaires du monde Humain, et Li An est le seul humain à la portée de Bai Ling. Li An est un orphelin que Bai Ling a recueilli et élevé au Mont Sheng Long, il ne connaît donc rien du monde humain, mais complètement dévoué à sa mère adoptive, Li An décide de se pencher sur l’affaire en se faisant passer pour un étudiant.

Li An est parfois une héroïne
Li An est parfois une héroïne

Cela l’emmène donc au Palais Impérial, où se trouve un Empereur compétent qui a quatre fils: le premier (Beth?) est très malade depuis toujours, le second (Ying) travaille comme son Ministre est tout indiqué pour la succession, le troisième (Shou) est officier de l’armée, et le dernier () est encore étudiant mais déjà très prometteur (et doté d’un physique de rêve, plus féminin que masculin). Li An découvre vite que le Sabre se trouve dans les mains de Shou, qui aime beaucoup les combats au corps à corps, surtout avec un autre officier, Lei. Alors que Li An se trouve au Palais, il assiste au terrible drame: Shou, armé du Sabre, décide d’assassiner aux yeux de tous son père et ses deux frères aînés, et prend très vite le poste d’Empereur. Il s’avère que c’est Lü, son petit frère, qui a manipulé son monde, en mettant dans les mains de Shou le Sabre du Roi Dragon, se servant de l’ambition de ce dernier, grâce à son homme de main et amant Lei. Seulement, Shou s’avère être un militaire plus qu’un homme doté des qualités de souverain, ce que Lü sait. Car ce prince, en plaçant Shou sur le trône, cherche à mettre fin à une ère de paix pour obtenir une ère de chaos, partant du principe que la Terre étant un miroir au Ciel, le désordre y régnera alors. L’Empereur Shou (marionnette du Prince et Ministre Lü) décide alors de mener des campagnes de guerre contre les pays du Nord (Xiang), du Sud (Zhu), de l’Ouest (Dan) et de l’Est (Bi), provoquant la rebellion des rois respectifs qui décident de destituer l’Empereur, celui-ci ne méritant pas le mandat du ciel (Lü est tout sourire).

Yang Jian, l'ami de Li An et bel immortel
Yang Jian, l’ami de Li An et bel immortel

En parallèle à tout cela, on suit notre héros Li An, dont le but est un poil moins noble, mais très respectueux d’un certain amour filial si cher à la culture chinoise. Bai Ling, alors au Mont Sheng Long lors du triple assassinat commis par l’ex-Prince Shou a retrouvé sa forme originelle de Perle, ne supportant pas le sang versé par le Sabre. Car Bai Ling est en réalité l’une des Trois Perles ornant le Sabre du Roi Dragon (le trésor des Mers, au passage) devenue Immortelle suite à l’exposition depuis des millénaires (?) à la lumière céleste, de même que ses deux sœurs. Les Trois Perles sont: Bai Ling (la Perle Blanche), Hei Shao (la Perle Noire, que Li An découvre entre les mains du Prince Lü) et Yu Hua (la Perle Dorée). Lorsque Li An revient au Mont Sheng Long, il ne retrouve qu’Ao Guang lui annonçant la triste nouvelle. Car il faudra sans doute des siècles voire plus de temps pour Bai Ling afin de retrouver une forme humaine. Li An, simple humain, est alors désespéré, ne pouvant vivre assez longtemps pour revoir la personne la plus importante de sa vie: sa môman. Il décide donc de récupérer le Sabre du Roi Dragon et de devenir Immortel afin de revoir Bai Ling lorsqu’elle reprendra forme humaine. Li An se lie aussi d’amitié avec un immortel qu’il considère comme son maître: Yang Jian. Tout ceci est l’occasion pour le jeune homme d’aller vers l’aventure et de grandir, d’en apprendre plus sur lui et sur le monde. Fin du synopsis (il était temps)

L'Empereur du Ciel et son troisième oeil
L’Empereur du Ciel et son troisième œil

Je suis désolée pour ce long synopsis mais je ne voyais pas trop comment résumer tout ça autrement. L’univers du manga est particulièrement foisonnant, et je n’ai même pas parlé de tous les personnages! Car il faut se le dire, cette série est démesurée, tout simplement la plus over the top (comme le film sur le bras de fer écrit par Stallone) qu’il m’a été donné de lire. Si vous cherchez une série avec des excès de partout, vous avez frappé à la bonne porte. Excès déjà par son nombre même de personnages (et puis leurs titres et leurs fonctions!), par le nombre de tragédies et sous-intrigues, par le nombre de révélations (au moins une par volume!), par l’expression d’étonnement des personnages (presque un étonnement par page, à la Riyoko Ikeda, on pourrait en faire un tumblr!), par le nombre de tenues différentes, par les tenues elles-mêmes, abominablement difficiles à porter, par les cheveux toujours super longs (sauf le chauve, échappé de Sabu et Ichi), par les changements de sexes fréquents, par les possibilités d’histoires d’amour (boys love, hétéro, bi, trans, inceste, différence d’âge – en même temps chez les immortels…), par l’intrigue principale mêlant Terre et Ciel, et puis surtout, par la notion de temps (chez les immortels, ça ne compte pas! On peut alors voir des flashbacks genre « je me souviens il y a 1000 ans, … » mais évidemment). Celui ou celle qui cherche la sobriété a décidément cogné à la mauvaise porte, tant les planches sont chargées, mais extrêmement belles grâce aux détails sur les tenues, aux coupes de cheveux, et tout cela a même un côté vieux shôjo qui ne me déplaît clairement pas. Les amatrices – et amateurs – de boys love seront comblé(e)s avec les différentes histoires d’amour (et de coucherie…), et même une scène de tentative de viol récurrente (et comique).

Ao Guand, véritable sex symbol de la série, avec Dai Wang du pays de Bi
Ao Guang, véritable sex symbol de la série, en compagnie de Dai Wang du pays de Bi
Les trois généraux Dragon
Les trois généraux Dragon: Yin, Hong et Zao (Ichi)

Et malgré tous ces excès, et c’est là la force de Masumi Kawasou, on y croit et on entre totalement dans le délire. La narration est accrocheuse et rappelle en effet les shôjo des années 70, avec les personnages qui s’étonnent pour un oui pour un non, ce qui finalement est drôle avec un certain recul, mais m’a aussi étonnée en pleine lecture, car j’étais totalement à fond, portée par l’histoire du manga (alors qu’il faut bien l’avouer, on n’arrête pas d’aller plus loin: le fameux Troisième Oeil, symbole de l’Empereur du Ciel qu’on retrouve chez plein de personnages au final, ou encore les changements de sexes de Lü qui s’étendent aussi à d’autres, le syndrome des super saiyan dans Dragon Ball?). C’est simple, alors qu’on vient de se remettre d’une révélation, une autre surgit d’un coup, et ceci jusqu’à la fin. La narration et les personnages, même nombreux, constituent les points forts de Karin, en plus d’un décor particulièrement immersif (me concernant) et d’une mythologie chinoise dans laquelle Kawasou puise ses idées.

Le Lac Yao où est célébré le banquet dans lequel on déguste des Pêches d’Immortalité

Côté mythologie chinoise, on y trouve de tout: l’Empereur de Jade, le célèbre immortel Yang Jian (celui qui se la joue beau gosse dans Hôshin et qui aime se transformer en Daji…), le Roi Dragon des Mers de l’Est Ao Guang, La Grand-Mère de l’Ouest, Le Roi de l’Est, la Princesse Long Ji (qu’on a vue sous le nom de Gong Zhu – qui signifie « princesse » – dans Hôshin), les différents endroits (Palais de Cristal sous la mer, Palais de l’Empereur de Jade, le Mont Peng Lai et son Lac Yao où sont organisés des garden party avec dégustation de pêches d’immortalité), les nuages magiques (des moyens de locomotion pratiques), les Divinités des quatre points cardinaux (qu’on connaît sous les noms japonais Suzaku, Byakkô, Seiryu et Genbu, merci Yuu Watase) et certaines bestioles de la mythologie chinoise sont aussi visibles (dragon, phénix, tortue, tigre blanc, qilin). Mais tout ceci constitue un véritable foutoir, car Kawasou a inventé tout un tas de personnages fictifs, mais aussi fusionné certaines fonctions (le Roi Dragon des Mers de l’Est est aussi Seiryu, ce qui n’est pas le cas dans la mythologie chinoise, Suzaku n’est pas un phénix mais un oiseau qui commande les autres, mais la confusion est très fréquente).

Yu Hua (la Perle Dorée) et Dai Wang de Bi (futur Empereur désigné pour ses qualités)
Yu Hua (la Perle Dorée) et Dai Wang de Bi (futur Empereur désigné pour ses qualités)

L’intrigue principale ressemble beaucoup à celle de L’investiture des dieux, à savoir la fin d’une dynastie représentée par un empereur qui ne mérite pas sa place. Et d’autant plus l’Empereur Shou, vu la manière à laquelle il obtient le trône. C’est donc cette idée d’une dynastie qui doit finalement être remplacée, pour donner un règne plus juste. Cette partie concerne plutôt les humains, et on y voit donc des champs de batailles, avec une rébellion qui s’organise et un futur empereur à mettre sur le trône. Mais le tout est lié aux immortels et leurs sous-intrigues, qu’on découvre petit à petit, avec évidemment révélation à chaque page. Les flashbacks sont donc très fréquents (on reconnaît ces moments grâce aux contours des cases) et remontent souvent loin: parfois à 300 ans, parfois 600 ans, ou encore 1000 ans (tant qu’on y est…), et c’est vraiment tout au long de la série qu’on découvre les relations entre les immortels, les rancœurs du passé, les objectifs de chacun, les jalousies. Les relations entre les personnages sont parfois complexes, profondément ancrées sur la durée, les sentiments étant entremêlés parfois entre le pardon, la haine, l’amour, il n’y a donc pas vraiment de méchant lorsqu’on y réfléchit bien à la fin.

Kai l'Empereur du Ciel et Ao Guang, le Roi Dragon des Mers de l'Est (et Seiryu)
Kai l’Empereur du Ciel et Ao Guang, le Roi Dragon des Mers de l’Est (et Seiryu)
Papouilles fréquentes entre Lü et Lei
Papouilles fréquentes entre Lü et Lei
Yang Jian et Long Ji le couple hyper classe
Yang Jian et Long Ji le couple hyper classe

Au milieu de toutes ces magouilles, on a Li An, personnage dont on sait peu de choses, qui sait lui-même peu de chose, seul personnage foncièrement gentil et incroyablement naïf de la série (ou presque), car tout le monde complote au moins un truc ou deux. Surtout Yang Jian, incroyablement charismatique (très populaire auprès des femmes, sa beauté n’était donc pas qu’un délire de Ryu Fujisaki), cache bien des choses, et on ne sait jamais vraiment ce qu’il trame. Le Prince Lü (non pas de mauvaises blagues sur les gâteaux…) est doté d’un charme voluptueux et surtout mystérieux, on ne sait jamais, avec ses changements fréquents de sexe, s’il s’agit d’une femme ou d’un homme. D’ailleurs, je pense que c’est lui qui gagne le palmarès de scènes de coucheries ou de seins à l’air. Ah oui, j’aurais dû le dire plus tôt: la série regorge de femmes nues dotées d’attributs généreux (et je dois vous dire que Kawasou dessine superbement les tétons en plus…), il y a souvent des scènes au lit, bref, on est dans un manga avec des personnages adultes qui font un peu ce qu’ils veulent de leurs fesses. Mis à part Li An (et la craintive, douce et faible Bai Ling), je n’ai pas vu de « cruches » abonnées aux shôjo ni de pathos.

Hu Xun (Byakkô) cherchera à profiter de Li An, qu'il soit en fille ou garçon
Hu Xun (Byakkô) cherchera à profiter de Li An, qu’il soit en fille ou garçon
Byakko en profite encore!
Byakko en profite encore!

La comparaison de Ialda avec le shôjo Angel Sanctuary n’est donc pas volée, à ceci près qu’avec les délires taoïstes, Karin s’avère encore plus ardu à comprendre. Les personnages sont charismatiques, beaux, mais aussi très forts, dotés d’une certaine volonté, chacun agissant pour accomplir ses objectifs, parfois cruels, ce sont des figures assez marquantes au final. Le dépaysement est total, et on se prend vite au jeu, grâce aux talents de narration, de dessin (à condition de s’habituer au style) et de mise en scène de Masumi Kawasou. On ne sait jamais vraiment trop à quoi s’attendre dans cette série, la narration n’étant pas linéaire, composée de sous-intrigues et de flashbacks à gogo, c’est donc complètement imprévisible. Au final, on suit surtout l’apprentissage de Li An à la vie. Moi qui étais en manque de shôjo fantastique avec de l’aventure dans le style des années 90, j’ai été comblée et je dois dire que j’ai donc adoré Karin. Sûrement pas un indispensable de la culture shôjo, mais un indispensable pour tout amateur d’immortels chinois qui complotent de partout. Et vu que la série n’est pas historiquement culte, qu’elle n’est pas assez vintage (malgré son dessin), et que l’auteure n’est pas si connue, les chances de voir ce titre traduit en français semblent minces… Tout cela m’a donné envie de relire Hôshin.

Les Trois Perles du Sabre du Roi Dragon
Les Trois Perles du Sabre du Roi Dragon

J’allais oublier: le titre signifie « Cercle de feu », je me suis demandée si cela faisait référence aux baobei de Nezha, ou encore, s’il s’agissait d’une image pour le personnage de Suzaku (qui représente le feu, et qui est un phénix pouvant se regénérer de ses flammes dans la série, personnage qui revient pour « boucler la boucle »). La réponse se trouve dans le dernier petit mot de l’auteure: il s’agit du soleil, c’était tout bête: une boule de feu quoi… Enfin, j’aime beaucoup les petits mots de Kawasou, on apprend ainsi que comme le pays de Bi se trouve à l’Est, elle a voulu lui donner des côtés très japonais. Le pays de Dan, à l’Ouest, ressemble beaucoup à un pays arabe des Mille et Une Nuits (et ses habitants ont une apparence de l’Ouest: cheveux clairs, yeux clairs). Dans un de ses mots aux lectrices (et lecteurs), Kawasou parlant de son inspiration pour Karin de L’investiture des Dieux, considéré comme l’un des quatre plus grands romans chinois aux côtés des Trois Royaumes, Au Bord de l’eau et Le Voyage en Occident, ce qui est réfuté par la traductrice taïwanaise qui enlève L’investiture des Dieux de la liste, citant à la place Fleur en Fiole d’Or. En effet, il se trouve que L’investiture des Dieux, par le succès de sa traduction japonaise, est considéré à tort comme l’un des quatre plus grands romans chinois par les mangaka (j’ai lu la même erreur dans les bonus de l’édition française de Hôshin). Ce qui est curieux, c’est de voir Fleur en Fiole d’Or dans cette correction, mais pas Le Rêve dans le Pavillon rouge, véritable fleuron de la littérature chinoise.

Xing Sha du pays de Bi, inspiré du Japon, portant un somptueux kimono comme sait si bien les faire Kawasou
Xing Sha du pays de Bi, inspiré du Japon, portant un somptueux kimono comme sait si bien les faire Kawasou
Qui a dit que c'était chargé?
Qui a parlé de planches chargées?
Li An et Xing Sha dans de somptueuses tenues du pays de Bi (très japonaises)
Li An et Xing Sha dans de somptueuses tenues du pays de Bi (très japonaises)
Dai Wang sur son cheval (non mais vous avez vu ses yeux?!)
Dai Wang sur son cheval (non mais vous avez vu ses yeux?!)
Yu Hua et Byakkô
Yu Hua et Byakkô
akimi yoshida, éditions étrangères, chroniques, manga

Eve No Nemuri – Yasha Next Generation

Eve No Nemuri – Yasha Next Generation (イヴの眠り ― YASHA NEXT GENERATION – littéralement « Le Sommeil d’Ève ») est un manga de Akimi Yoshida (吉田秋生). Il s’agit de la suite de Yasha (YASHA 夜叉) et l’histoire se déroule 18 ans après. Eve No Nemuri  est prépublié en 2004 dans le magazine Flowers de Shogakukan et s’étale sur 5 volumes. L’héroïne de la série n’est autre que la fille de Sei Arisue, le héros de Yasha. J’ai lu cette série par l’édition taïwanaise de Tong Li Comics, en chinois traditionnel (et en édition officielle) sous le titre 沈睡的夏娃. Ce post contient des spoilers, notamment sur Yasha, puisque cette série se déroule après. Images à venir si je n’ai pas la flemme de prendre des photos.

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