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Ashinaga Ojisantachi No Yukue (Ichiko Ima)

Ashinaga Ojisantachi No Yukue (あしながおじさん達の行方) fait partie des boys’ love de Ichiko Ima, plus connue en France pour sa série phare – et regrettée – Le Cortège des cent démons. Prépubliée dans le magazine Hanaoto (花音) de l’éditeur Hôbunsha en 1999, l’histoire s’étale sur deux volumes. Il semble que la mangaka est une habituée du Hanaoto dans lequel sont déjà parus plusieurs de ses boys’ love: Boku no yasashii oniisan (僕のやさしいお兄さん), Otona no mondai (大人の問題), Rakuen Made Ato Mou Chotto (楽園まであともうちょっと) et l’actuellement en cours Homeless Salary Man (ホームレス・サラリーマン). Le titre, particulièrement long à retenir , signifie littéralement quelque chose comme « A la recherche de mes Papas longues jambes ». A Taïwan, la série est éditée par l’éditeur aujourd’hui disparu Daran (大然) sous le titre 沉浸在彼方的幸福 (attention aux contrefaçons, l’édition officielle est verte, comme sur cette photo).

Ashinaga Ojisantachi no Yukue

La référence à Papa longues jambes est bel et bien présente, comme en témoigne le synopsis. A l’âge de 5 ans, Kasuga Yoshioka (吉岡春日) a été abandonné par sa mère dans un orphelinat où il a grandi depuis. Aujourd’hui, Kasuga a 15 ans et veut à tout prix quitter ce lieu afin de devenir indépendant et subvenir à ses propres besoins en travaillant. Cependant, Kasuga a des « anges gardiens » ayant veillé sur lui toutes ces années et lui ayant payé ses études jusqu’au lycée. De plus, comme dans Papa longues jambes, un de ses bienfaiteurs lui écrivait très souvent des lettres. C’est donc dans cette optique qu’il décide de retrouver ses 5 bienfaiteurs afin de les remercier et d’en savoir plus sur ses origines.

Le point de départ de ce boys’ love ne ressemble pas à la plupart de ceux qu’on a pu voir en France. Je m’avance peut-être un peu, n’étant pas une grande lectrice des titres (principalement) proposés par Taïfu. Tout comme dans Otona no mondai et Boku no yasashii oniisan (dont je n’ai malheureusement pas parlé ici mais voici mon avis pour le premier, et le second), Ima s’intéresse avant tout aux relations entre les personnages en général, plus qu’aux histoires purement romantiques. Ainsi, la vie quotidienne à travers une curieuse cohabitation et la famille au sens large sont au centre de Ashinaga ojisantachi no yukue. Un peu comme dans Otono no mondai, et c’est ce qui constitue une particularité dans les boys’ love d’Ima, l’homosexualité ne concerne pas en premier lieu le héros de l’histoire, mais plusieurs personnages masculins de l’histoire nourrissent des sentiments amoureux pour un autre homme.

Très souvent, dans les histoires de Ima, j’ai remarqué que les parents divorçaient ou se séparaient, donnant lieu à des familles recomposées. C’est un peu moins le cas ici (du moins au début de l’histoire…) mais cela permet à Ima de composer avec le sens de la famille et de faire un peu réfléchir sur ce sens. Dans Ashinaga ojisantachi no yukue, on part d’un héros sans famille qui va découvrir la vie à plusieurs dans un petit appartement. Dés le début de l’histoire, il va retrouver 3 de ses bienfaiteurs, et va vivre chez l’un d’eux, Natsumi Suzuki (鈴木夏海), concierge d’un immeuble, et c’est d’ailleurs dans ce même immeuble que vivent en couple deux autres de ses bienfaiteurs: Kyōhei Yamamoto (山本恭兵) et Kaoru Akiyoshi (秋吉薫). Alors que Natsumi propose à Kasuga de vivre avec lui débarque un autre adolescent du même âge – Yasuhiro Naito (内藤也寸尋) – complètement épris de Natsumi, décidé de vivre en couple avec l’objet de son amour. Cet adolescent a lui aussi une vie bien compliquée car il ne veut plus vivre avec sa mère et son cinquième mari avec qui il ne s’entend pas. Et j’oubliais aussi autre chose: Natsumi est aussi le quatrième mari de sa mère, et avec qui il a passé de très bons souvenirs. A noter que le métier de concierge d’immeuble de Natsumi évoque la première histoire professionnelle de Ima: My Beautiful Green Palace (マイ ビューティフル グリーン パレス) qu’on retrouve dans le recueil d’histoires courtes Natsukashii Hana no Omoide (懐かしい花の思い出).

Au milieu de tout ce tumulte (et une colocation assez folle dans un espace tout petit), Kasuga se cherche et tente surtout d’en savoir plus sur les raisons qui ont poussé ses bienfaiteurs à l’aider lui, ce qui constitue donc le fil rouge de l’histoire. Alors que mon texte ne le reflète pas vraiment, l’humour est omniprésent au long du manga. On avait déjà remarqué le talent de Ima pour faire rire dans Le cortège des cent démons et cela continue effectivement dans ses autres titres moins empreints de fantastique (Otona no mondai notamment). Quant au fil rouge, celui-ci s’avère plutôt intéressant et l’histoire est tout aussi bien menée de ce côté, le mystère étant préservé jusqu’à la fin du manga, de même ce qui lie tous les bienfaiteurs et les raisons de l’aider. Les relations entre les personnages sont pleines de surprises (et de piquant) et le ton est évidemment très positif (et empreint d’un certain flegme), alors que l’histoire en soi n’est pas drôle du tout: orphelins, divorces, parents démissionnaires et autres drames que je ne révèle pas ici. Cette note un peu légère et envolée rappelle un peu Kiki dans Love Me Tender (à quand le volume 7?), et c’est sans doute le point commun qui existe entre les mangaka très fortes dans la tranche de vie telles que Fumi Yoshinaga, est em (dans Happy End Apartment notamment), Ichiko Ima ou encore Reiko Okano (j’en oublie peut-être).

Au final, la famille n’est pas seulement « un papa + une maman = des enfants », mais plutôt des personnes qui vivent sous le même toit, qui s’aiment et sont solidaires. Comme dans Otona no mondai, l’homosexualité n’est pas forcément bien vécue par les parents du concerné, voyant ce choix comme une « maladie à guérir » voire une passade, et non un véritable amour, voulant même aller jusqu’à un mariage contraint pour guérir le « malade ». Les histoires d’amour sont présentes mais ne prennent pas le pas sur l’intrigue, le tout constituant plutôt un fond comique, comme l’adolescent amoureux de Natsumi au début du manga, ou encore cette histoire passée entre Natsumi et son ami Kyōhei, le premier devenant un peu « dangereux » après avoir un peu trop bu, ne sachant plus trop avec qui il partage son lit (il n’a pas vu une certaine prévention contre l’alcool dans les années 90 lui…). En bref, Ashinaga ojisantachi no yukue est un excellent manga signé Ichiko Ima sous le signe de la comédie. Petite remarque sur la lecture ceci dit, je trouve les manga de Ima plutôt longs à lire: beaucoup de cases dans une page, pas mal de dialogues aussi, ce qui prend du temps. Après, je n’ai pas noté de difficultés sur le vocabulaire. Enfin, on ne voit quasiment pas de scènes de sexe dans les boys’ love de Ima. Graphiquement, on retrouve Ima avec son dessin habituel, toujours très doux et particulièrement agréable (quand on l’apprécie).

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Fumi Yoshinaga – Editions étrangères

Fumi Yoshinaga (よしなが ふみ) est une mangaka que j’affectionne particulièrement. Mon premier contact avec son oeuvre fut le one-shot All My Darling Daughters, alors édité dans la collection Sakka (et traduit par Marie-Saskia Raynal même si cela n’est indiqué nulle part car erreur de l’éditeur). J’y ai découvert une grande mangaka, incroyablement douée pour parler des relations humaines, avec, dans le one-shot en question, une petite pointe de féminisme. Le propos est en plus mature, s’adressant donc à un public adulte. Son style graphique est simple et sobre, voire austère et très vide au niveau des décors, mais tout cela n’a guère d’importance dés qu’on se lance à corps perdu dans la lecture de ses manga. Ses dialogues sont très fluides et son humour fait mouche. Graphiquement, ses personnages se ressemblent d’une série à l’autre. Ses personnages bruns me plaisent beaucoup.

Sentimentaux, ses manga le sont sans aucun doute, mais sans pathos. Finesse psychologique des personnages, observation des relations humaines, subtilité, sentiments et maturité sont les maîtres mots de son oeuvre. Fumi Yoshinaga est très peu traduite en France. Heureusement, ses meilleures oeuvres nous sont parvenues: All My Darling Daughters et Le pavillon des hommes, actuellement en cours chez Kana. Si cela n’est pas fait, je vous invite à lire les oeuvres citées. Le pavillon des hommes est, à ce jour, son titre le plus ambitieux. Fumi Yoshinaga fait partie de ces auteures ayant débuté avec des dojinshi de Slam Dunk avant de se lancer dans une carrière professionnelle, elle écrit donc du boys love, mais a su s’en affranchir pour toucher un public plus large, s’aventurant aujourd’hui sur le terrain du seinen. Au Japon, elle mène actuellement deux séries: Le pavillon des hommes dans le Melody de Hakusensha et Kinou Nani Tabeta? (What did you eat yesterday?) dans le Morning de Kodansha (magazine seinen). Deux sujets reviennent souvent dans son oeuvre: l’homosexualité et la nourriture, tous deux rassemblés dans le second titre cité. Enfin, elle semble apprécier l’époque de la Révolution française.

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Ichiko Ima – Editions taïwanaises

Ichiko Ima est une mangaka que j’ai connue par le biais de la série Le Cortège des cent démons, premier titre sorti chez Doki-Doki. Malgré l’arrêt de la série au bout du sixième opus, je ne remercierai jamais assez Doki-Doki pour la découverte de cette auteure au style unique et à l’humour ravageur. De plus, les chapitres étant indépendants, la frustration d’une série inachevée ne se ressent pas réellement, sauf lorsqu’on voit le nombre de volumes sortis au Japon. La carrière d’Ichiko Ima se centre avant tout sur les histoires de yôkai et sur les boys love. Elle a également écrit plusieurs one-shots se déroulant tous dans un même univers de fantasy à la chinoise. Les illustrations couleurs de Ima sont extrêmement belles et restituent l’ambiance douce dont elle a le secret. Ichiko Ima se dit très influencée par Moto Hagio.

A l’intérieur, les planches ont souvent déçu ceux qui s’attendaient à la même chose qu’en couverture. J’adore ce style qui laisse souvent place à une forme de rêverie, ce trait aérien, jamais précis, et puis les compositions… Le Cortège des cent démons fait partie des titres maudits, un peu comme ceux de Park Hee Jung. Jugez plutôt: le titre s’arrête au bout de 6 volumes chez nous (sûrement le mot « démons » qui lui a porté malheur?), il est enfin annoncé aux Etats-Unis chez Aurora Publishing sous le titre Beyond Twilight sans jamais sortir, il est enfin disponible en édition numérique chez JManga qui a fermé ses portes il y a peu.

Les sinophones ont plus de chance. Car il semble que de l’autre côté de la planète, autre qu’au Japon, les titres de Ichiko Ima semblent plutôt bien marcher, à en juger du nombre de titres disponibles. En chinois, son nom est identique à son nom en japonais, soit 今市子. Voici donc, comme je l’ai déjà proposé pour d’autres mangaka, un panorama de titres disponibles sur le marché taïwanais et hongkongais, soit en chinois traditionnel. Je rappelle que Taïwan bénéficie de plusieurs gros éditeurs qui font de l’officiel, et que je ne connais absolument pas l’édition chinoise, qui semble truffée d’exemplaires pirates. J’aurais bien aimé plus de titres fantasy traduits, tels que Kishibe No UtaKumo wo Koroshita Otoko ou Kageboushitachi no Shima même si je ne les trouve pas très simples à lire avec mon niveau. Enfin, j’ai aussi rédigé un article concernant l’achat de manga en chinois. Les photos proposées (et trouvées sur les annonces Taobao) sont toutes prises d’éditions officielles (donc si vous voyez une police bizarre, un logo étrange, du deluxe alléchant, du chinois simplifié, passez votre chemin).

hyakki_yakoushou_ichiko_ima

Titre: 百鬼夜行抄, Titre original: 百鬼夜行抄 (Hyakki Yakoushou), Titre français: Le cortège des cent démons, Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, série en cours avec 23 volumes sortis.

gengetsurou_kitan_ichiko_ima

Titre: 幻月樓奇譚, Titre original: 幻月樓奇譚 (Gengetsurou Kitan), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: fantastique, série en cours avec 4 volumes sortis. Il s’agit d’une série mélangeant ce que Ichiko Ima aime le plus: délires boys love et histoires de fantômes… La série est encore en cours même si le volume 3 est sorti depuis des années. Sur les sites style Books.com.tw, le volume 1 est indisponible. Les volumes semblent sortir plus que lentement: environ tous les 3 ans.

Boku no Yasashii Onii-san_ichiko_ima

Titre: 我的溫柔大哥, Titre original: 僕のやさしいお兄さん (Boku no Yasashii Onii-san), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), Genre: boys love, 4 volumes (série terminée en 5 volumes au Japon). La couverture du volume II est juste extrêmement tendancieuse avec ce personnage à quatre pattes (et puis faut voir le tout petit cul aussi)… Contrairement à ce que je pensais, et malgré la mention de frères, il s’agit encore une fois d’un manga à la Ima, avec quotidien et famille puis pas mal d’humour (lu le volume 1 seulement). Les deux « frères » n’ont pas de lien de sang. A noter que l’éditeur fait l’autruche quand on parle du volume 5 (je pense que c’est mort de mort).

Kyouka Ayakashi Hichou_ichiko_ima

Titre: 鏡花妖異秘帖, Titre original: 鏡花あやかし秘帖 (Kyouka Ayakashi Hichou), Editeur: 青文 (Ching Win), Genre: fantastique, one-shot. Adaptation d’un light novel. L’action se passe au début du XXème siècle chez un éditeur de magazine de littérature fantastique. Un peu décevant comme manga, que ce soit sur la narration ou les dessins que je trouve un poil plus fade que d’ordinaire.

Akumujou no Aruji_ichiko_ima

Titre: 惡夢城之主, Titre original: 悪夢城の主 (Akumujou no Aruji), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy, one-shot.

Touzoku no Mizusashi_ichiko_ima

Titre: 盜賊的神奇水壺, Titre original: 盗賊の水さし(Touzoku no Mizusashi), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy, one-shot.

b_kyu_gourmet_club_ichiko_ima

Titre: B級美食俱樂部, Titre original: B級グルメ倶楽部 (B Kyuu Gourmet Club), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, série en cours avec 2 volumes sortis  (4 au Japon). [EDIT du 01/08/2014] Il semble que les négociations entre SSP et l’éditeur japonais soient bloqués. Les volumes suivants ne sont donc toujours pas prévus à ce jour. Je rappelle que le volume 2 est sorti chez SSP en 2007…

您好,請問貴出版社還會繼續出今市子《B級美食俱樂部》的3、4嗎?

如果會,大約什麼時候出呢?
這系列很好看
不過等了好久…..
您好:這系列有點久小編確認了一下,因為和日方的合約問題,非常抱歉目前仍無法出版,也謝謝你耐心的等待。

warawanai_ningyo_ichiko_ima

Titre: 不笑的人魚, Titre original: 笑わない人魚 (Warawanai Ningyo), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), Genre: boys love, one-shot. Il s’agit d’un recueil d’histoires courtes. Il existe une réédition avec une couverture et un titre différents. A cause de son titre « Une sirène qui ne sourit pas » et de sa couverture j’ai cru à un titre fantastique…

warawanai_ningyo_reed_ichiko_ima

Titre: 水面上的人魚, Titre original: 笑わない人魚 (Warawanai Ningyo), Editeur: 長鴻 (Ever Glory Publishing), Genre: boys love, one-shot. Il s’agit de la réédition de 不笑的人魚.

Rakuen_Made_Ato_Mou_Chotto_ichiko_ima

Titre: 樂園在身邊, Titre original: 楽園まであともうちょっと (Rakuen Made Ato Mou Chotto), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, série terminée en 3 volumes. Il s’agit d’un spin off de Warawanai Ningyo dans lequel on retrouve le couple de la troisième histoire.

game_ichiko_ima

Titre: 愛情遊戲, Titre original: Game, Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, one-shot. Indisponible. Un manga qui ne me faisait absolument pas envie et qui m’a au final beaucoup plu! Ca débute mal avec des histoires de kidnapping mais on suit les personnages dans leur évolution. Une chronique ici!

Yoru to Hoshi no Mukou_ichiko_ima

Titre: 星夜奇譚, Titre original: 夜と星のむこう (Yoru to Hoshi no Mukou), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, série en cours avec 1 volume sorti (en pause depuis 2008). Il s’agit d’un des rares travaux ciblant un public adolescent masculin, la série a été prépubliée dans le King Ours, même magazine dans lequel on trouve Samidare.

moe_no_shikaku_ichiko_ima

Titre: 萌的死角, Titre original: 萌えの死角 (Moe No Shikaku), Editeur: 長鴻 (Ever Glory Publishing), Genre: essai sur le moe dans le boys love, série terminée en 3 volumes (seul 1 volumes sorti en chinois). Chronique de Roshieru sur Quatre Saisons. Indisponible.

itoko_doushi_ichiko_ima

Titre: 相愛太早, Titre original: いとこ同士 (Itoko Doushi), Editeur: 尖端 (Sharp Point Press), Genre: boys love, one-shot.

Kotou no Himegimi_ichiko_ima

Titre: 孤島的公主, Titre original: 孤島の姫君 (Kotou no Himegimi), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, one-shot. Indisponible.

Natsukashii Hana no Omoide_ichiko_ima

Titre: 花的記憶, Titre original: 懐かしい花の思い出 (Natsukashii Hana no Omoide), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, one-shot. Indisponible.

otona_no_mondai_ichiko_ima

Titre: 成人問題, Titre original: 大人の問題 (Otona No Mondai), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: boys love, one-shot. Indisponible. Et pourtant indispensable. Un boys love vraiment pas comme les autres, avec une très forte présence de la famille, de personnes hétérosexuelles, et beaucoup d’humour. Le héros que l’on suit est hétérosexuel, à la fac, a très peur de « finir homo » comme son père qui annonce (comme une fleur) qu’il est sur le point d’épouser un homme aussi jeune que sa progéniture! Chronique chez yowlingyaoi.

Suna no Ue no Rakuen_ichiko_ima

Titre: 砂上的樂園, Titre original: 砂の上の楽園 (Suna no Ue no Rakuen), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantastique, one-shot. Chronique de Ialda sur Shokushu-no-daifukkatsu.

Ashinaga Ojisantachi no Yukue_ichiko_ima

Titre: 沉浸在彼方的幸福, Titre original: あしながおじさん達の行方 (Ashinaga Ojisantachi no Yukue), Editeur: 大然 (Daran), Genre: boys love, série terminée en 2 volumes. Edition épuisée, l’éditeur n’existant plus (toujours vérifier que le nom de l’éditeur correspond pour un achat Taobao!). Chronique: oui

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Titre: 五箱物語, Titre original: 五つの箱の物語 (Itsutsu no Hako no Monogatari), Editeur: 晶采 (Crystal Comics), Genre: boys love.

[EDIT du 01/08/2014: Nouvelle sortie à Taïwan!]

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Titre: 旅人之樹, Titre original: 旅人の樹 (Tabibito No Ki), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy et fantastique, one-shot.

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Titre:影法師之島, Titre original: 影法師たちの島 (Kageboushitachi no Shima), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: fantasy et fantastique, one-shot.

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Titre: 流浪漢上班族, Titre original: ホームレス・サラリーマン (Homeless Salaryman), Editeur: 東立 (Tong Li Comics), Genre: BL, 1 volume sorti (depuis décembre 2014).

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Natsume Ono / basso – Editions étrangères

Peu avant est em, j’ai découvert Natsume Ono (オノ ナツメ) par sa série Goyô, et elle a rapidement rejoint le club de mes mangaka préférés. En France, seuls Goyô, Gente et Ristorante Paradiso sont sortis chez Kana. Il faut croire que le dessin particulier et le rythme extrêmement lent des histoires de Natsume Ono n’aient pas trouvé son public, ce qui fait qu’on en est resté là. La carrière de Natsume Ono a démarré assez tard, mais elle s’est rapidement fait remarquer. Son succès n’est pas démenti, et elle sort même une nouvelle série dans le Monthly Big Gangan de Square Enix: ACCA 13-Ku Kansatsu-Ka.

Alors qu’elle a commencé avec le seinen, Natsume Ono mène également une carrière dans le boys love sous le pseudonyme de basso. Natsume Ono voue un culte à l’Italie, et inscrit souvent ses histoires dans ce pays. Dans ses titres sortis en France, elle a un style plutôt élégant, celui qu’elle utilise dans ses boys love. La plupart de ses autres manga sont dessinés dans un style plutôt ratatiné, « cartoony » comme on peut le voir sur la blogosphère anglophone, avec de grosses têtes et de petits corps, sans parler de très grands yeux ronds. Lors d’une interview, Natsume Ono cite Yumi Tada (多田由美) comme une de ses influences (planches issues de Yukikaze). Je compte ici parler non pas de l’artiste, ni de ses oeuvres (quelques mots maxi), mais surtout des livres disponibles en anglais et en chinois.

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Il se trouve que Natsume Ono a rencontré plus de succès aux Etats-Unis (sûrement le côté très comics indépendant de son trait). Cela a donné lieu à sa présence lors de l’édition 2011 du Toronto Comics Arts Festival. Aux Etats-Unis, c’est surtout Viz qui édite les titres de Natsume Ono. Comme chez nous, il y a eu Goyô sous le titre House Of Five Leaves sous le label SigIKKI. De même, Gente – People of Ristorante Paradiso et Ristorante Paradiso sont aussi disponibles chez Viz. Mais en plus de cela, les Américains ont eu la chance d’avoir, encore une fois chez Viz, plusieurs one-shots: Not Simple, La Quinta Camera – The Fifth Room et Tesoro. En fin d’année 2012, Kodansha Comics, la branche américaine de l’éditeur du même nom, sort le one-shot Danza. La machine à fantasmes était lancée et j’espérais d’autres annonces des manga de Natsume Ono du Morning 2, tels que Coppers ou Tsuratsura Waraji, mais cela n’a pour le moment rien donné. De même, lors de l’annonce du label boys love suBLime de chez Viz, on aurait pu penser voir des annonces des boys love de basso tomber. Malheureusement, toujours rien à l’horizon. Peut-être Ono est-elle passée de mode?

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Titre: House Of Five Leaves, Titre original: さらい屋五葉 (Saraiya Goyou), Editeur: Viz Media, série terminée en 8 volumes

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Titre: Ristorante Paradiso, Titre original: リストランテ・パラディーゾ (Ristorante Paradiso), Editeur: Viz Media, one-shot lié à la série Gente

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Titre: Gente – The People of Ristorante Paradiso, Titre original: GENTE – リストランテの人々 (Gente – Ristorante No Hibito), Editeur: Viz Media, série terminée en 3 volumes

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Titre: Not Simple, Titre original: Not Simple, Editeur: Viz Media, one-shot. Drame familial se déroulant aux Etats-Unis. Le récit s’étale environ sur 300 pages. Je recommande chaudement cette très belle histoire, très triste et émouvante. L’ambiance y est particulière et le rythme extrêmement lent, avec pas mal de flashbacks. Un récit qui n’accrochera pas tout le monde et peut parfois sembler soporifique (un peu comme Goyô l’a été pour certains). Le dessin est dans un style « cartoony ». Chronique de Plumy sur L’heure du boeuf.

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Titre: La Quinta Camera – The Fifth Room, Titre original: LA QUINTA CAMERA – 5番目の部屋 (LA QUINTA CAMERA – 5banme no Heya), Editeur: Viz Media, one-shot. Il s’agit d’un one-shot très facile à lire, une sorte d’Auberge Espagnole en Italie. Le tout est né, évidemment, de l’amour de Natsume Ono pour l’Italie. Ca joue donc sur l’exotisme et ça se rapproche donc de Gente. C’est très accessible et parfois un peu facile, ça respire la bonne humeur, mais ce n’est clairement pas le titre que je préfère de Ono. Le dessin est dans un style « cartoony » dans une bichromie sépia. C’est avec ce titre, publié en web comic au début, qu’a débuté la carrière professionnelle de Natsume Ono.

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Titre: Tesoro, Titre original: テゾーロ (Tesoro), Editeur: Viz Media, one-shot (recueil d’histoires courtes). Nombreuses histoires sont réunies dans ce recueil d’environ 300 pages. La plupart sont réussies et tournent autour de la famille, des relations humaines et de la nourriture (notamment celle avec le bento). On y trouve aussi des histoires des débuts d’Ono. Dessin dans un style « cartoony » et bichromie sépia.

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Titre: Danza, Titre original: ダンツァ (Danza), Editeur: Kodansha Comics, one-shot (recueil d’histoires courtes). Six histoires sont réunies dans ce recueil. Le tout est principalement centré sur les relations masculines et souvent familiales: père-fils, père-gendre, frère-frère, mais aussi entre collègues. On y trouve aussi le pilote de ce qui donnera lieu à la série Coppers, ce qui m’a fait légèrement espérer… L’histoire SF vaut le coup aussi, moi qui n’ai jamais vu Ono dans ce registre. Enfin, le dessin est « cartoony » et très réussi. Un recueil que je recommande pour ceux qui aiment Ono.

En chinois, les traductions sont plus nombreuses. Parmi les titre sortis aux Etats-Unis, seuls Not simple et Danza manquent. Le nom chinois de Natsume Ono s’écrit 小野夏芽 pour les fans de Natsume Ono qui lisent bien le chinois (je précise que ce n’est pas vraiment mon cas, ce qui est un peu frustrant pour certains titres que j’aimerais tellement avoir chez moi!). La plupart de ses titres sont encore trouvables sur les sites de vente en ligne type Books.com.tw.

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Titre: 江戶盜賊團五葉, Titre original: さらい屋五葉 (Saraiya Goyou), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), série terminée en 8 volumes

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Titre: 天堂餐館, Titre original: リストランテ・パラディーゾ (Ristorante Paradiso), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), one-shot lié à la série Gente

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Titre: GENTE ~ 天堂餐館外傳, Titre original: GENTE – リストランテの人々 (Gente – Ristorante No Hibito), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), série terminée en 3 volumes

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Titre: 草鞋武士-備前熊田家出勤記, Titre original: つらつらわらじ (Tsuratsura Waraji), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), 4 volumes sortis (série terminée en 5 volumes au Japon)

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Titre: 時尚五號房, Titre original: LA QUINTA CAMERA – 5番目の部屋 (LA QUINTA CAMERA – 5banme no Heya), Editeur: 臺灣東販 (Tohan Comics), one-shot

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Titre: 逃跑的男人, Titre original: 逃げる男 (Nigeru Otoko), Editeur: 瑪朵 (Mightor Publishing), one-shot. [MAJ de novembre 2013] indisponible, l’éditeur semble ne plus donner signe de vie (et tous les manga de Mightor ne figurent plus sur les sites de vente en ligne). Reste encore Taobao… [MAJ de mars 2014] One-shot fort conseillé. Il donne l’occasion de voir Ono dans un trait plus croquis. Que ce soit dans l’histoire ou dans son graphisme, on pense beaucoup ici à la BD indé ou au comics indé. Les pages sont très silencieuses, il y a peu de bulles pour ceux qui voudraient tenter le volume en VO.

Le problème se situe plutôt au niveau de ses boys love sous le pseudonyme de basso. En effet, ceux-ci ne sont pas commandables sur des sites de vente en ligne tels que Books.com.tw ou Kingstone.com.tw, ce qui nécessite de se rendre sur Taobao. Le hic est donc de tomber sur du pirate (je reviens sur ce point à la fin de ce post). De ce que j’en déduis, il n’y a pas vraiment d’édition officielle pour les titres de basso. L’éditeur taïwanais spécialisé dans le boys love 晶採漫畫 (晶采漫画 en simplifié, ou Crystal Comics) propose des éditions soignées que je recommande, malgré le papier un peu fin (et les noirs pas assez noirs). Tous les titres de basso sont des one-shot se déroulant en Italie, et le tout se déroule dans un même univers. Les personnages de politiciens (à lunettes, le même délire que dans Ristorante Paradiso) et journalistes se croisent chez le même glacier de Rome ou encore dans un même restaurant.

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Titre: 熊男與知識分子, Titre original: クマとインテリ – Orso e Intelletuale (Kuma To Interi), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

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Titre: Amato Amaro 被愛與苦澀, Titre original: アマート・アマーロ (Amato Amaro), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

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Titre: 亞爾與尼利,以及身邊事, Titre original: アルとネーリとその周辺 (Aru to Neeri to Sono Shuuhen), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot, spin-off de Orso e Intelletuale

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Titre: 刺青師加德, Titre original: ガッド スフォルトゥナート (Gad Sfortunato), Editeur: 晶採漫畫 (Crystal Comics), one-shot

Il semble que le dernier basso, Naka-san no Nagare, soit également vendu sur Taobao. Evidemment, le titre n’est pas officiel, et même pas disponible chez l’éditeur taïwanais Crystal Comics que je soupçonne déjà de ne pas être officiel. Ce titre se déroule non pas en Italie comme souvent, mais au Japon. En chinois, le titre signifie « Les ramen de Naka-san ». Evidemment, le prix du livre est très bas (environ 1 yuan haha). Je mets ma main au feu qu’il s’agit d’imprimés de scans trouvés sur le net reliés ensuite. Cependant, le prix du livre en dollars taïwanais laisse supposer qu’il existe une édition taïwanaise 青點 (BL Comics) (sûrement pirate), scannée sur le net. Mais sur Taobao, ce n’est clairement pas l’édition taïwanaise (du moins pour le moment).

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Titre: 阿中拉面, Titre original: ナカさんのながれ(Naka-san No Nagare), Editeur: 青點 (BL Comics), one-shot

A propos des éditions pirates chinoises: j’ai été très déçue après l’achat d’un exemplaire de Gad Sfortunato car je n’ai pas fait attention au nom de l’éditeur lors de ma commande chez Taobao. En effet, je recommande plutôt l’éditeur taïwanais spécialisé dans le boys love 晶採漫畫 (晶采漫画) (Crystal Comics) plutôt que l’éditeur chinois 藍色領域 (蓝色领域). Pour le coup, il s’agit vraiment d’une édition pirate chez l’éditeur chinois. Ce n’est pas beau, le format n’est pas le même (shônen au lieu de seinen), le titre est parfois écrit en simplifié sur la couverture pour retrouver du traditionnel dans les phylactères, la colle est pourrie, le papier n’est clairement pas terrible sans parler de l’impression (sûrement des scans glanés de l’éditeur Crystal Comics sur le net, et réimprimés ensuite). Enfin, alors que les boys love sont de basso, le nom de l’auteure est celui de Natsume Ono en chinois, soit 小野夏芽. Enfin, le prix peut être un indicateur sur Taobao: si le livre coûte aux environ de 1 à 10 yuans, on peut être sûr que c’est du pirate soit l’éditeur chinois 藍色領域. Si le livre coûte environ 35 yuans, c’est peut-être l’éditeur taïwanais 晶採漫畫.

Photos comparatives sur le format, la tranche et la colle. D’autres détails ne sont pas visibles à l’oeil nu, la texture du papier et même de la jaquette.

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éditions étrangères, est em, fétichisme, manga

est em – Editions étrangères

D’est em, nous n’avons pas grand chose à nous mettre sous la dent. Pourtant, nombreux sont ses manga au Japon, comme en témoignent les différentes chroniques sur Brain VS Book que je vous conseille vraiment de lire (avec en plus une longue interview en prime). De plus, la carrière d’est em est en plein envol. Elle qui a commencé avec le boys love s’est vite trouvé un lectorat conquis par un dessin différent, très européen même, et surtout, par des histoires possédant une tonalité unique. Je ne parlerai pas des oeuvres en elles-mêmes dans ce post, mais plutôt du livre (l’objet). Enfin, le pseudonyme est em vient de ses initiales, SM (SATOH Maki), S & M, ce qui se dit S to M en japonais, soit est em phonétiquement, en général, ça s’écrit en minuscule (MAJ 19 mai 2014: l’interview conduite par Jocelyne Allen pour le Comics Journal explique beaucoup plus longuement l’origine de ce pseudonyme).

Aujourd’hui, est em a plusieurs séries en cours, et touche aussi au seinen avec Golondrina chez IKKI, et Ippo dans le Jump X. Elle a également écrit plusieurs josei. Elle a donc su s’émanciper du boys love, comme Fumi Yoshinaga ou Ima Ichiko (deux mangaka que je ne manque jamais de citer). est em est une auteure que j’ai découverte par Tango aux Editions H, et son dessin m’a marquée par sa proximité avec celui d’une autre mangaka que j’aime beaucoup: Natsume Ono, dont je suivais à ce moment-là Goyô (j’ai pas l’impression mais ça remonte finalement). Un article de Sébastien Kimbgert dans le 10 000 Images N°1′: Le Yaoi – Edition augmentée et réactualisée est par ailleurs consacré à la carrière d’est em. Sa lecture est évidemment conseillée.

Les traductions des titres d’est em ne sont pas nombreuses, alors qu’elle a écrit de nombreux manga. Je vais ici me concentrer sur les Etats-Unis, et puis le monde chinois, bien qu’on n’y gagne pas grand chose.

Aux Etats-Unis, trois manga (des one-shot) ont été traduits. Il y a bien sûr Seduce Me After the Show, que nous connaissons sous le titre de Tango ici, chez Deux Press, éditeur spécialisé dans le boys love. Mais il y a aussi eu, suite à ce succès, Red Blinds the Foolish, toujours chez le même éditeur. Le troisième titre à être traduit en anglais n’est autre que Age Called Blue chez NetComics. Ce dernier se focalise d’ailleurs sur des personnages rencontrés dans les pages de Tango: le groupe de rock. Enfin, un quatrième titre est annoncé pour octobre de cette année: Tableau 20, chez suBLime, le label boys love de Viz Media. Autant vous dire que j’ai hâte de voir ça…

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Titre: Seduce Me After the Show, Editeur: Deux Press, Titre original: ショーが跳ねたら逢いましょう (Show ga Hanetara Aimashou), sorti en 2008. Il n’est pas particulièrement difficile à acheter et coûte environ 10€.

Red Blinds the Foolish Deux Press

Titre: Red Blinds the Foolish, Editeur: Deux Press, Titre original: 愚か者は赤を嫌う (Orokamono wa Aka wo Kirau), sorti en 2008, traduit par Matt Thorn. Cet excellent one-shot est centré sur un couple évoluant dans le milieu de la corrida en Espagne, et plaira à ceux qui ont aimé Tango. Ce titre est malheureusement difficile à se procurer à prix correct aujourd’hui, et se trouve aux environs de 50€ sur les plateformes de vente en ligne. Amazon.com le propose, je crois, aux environs de 10$ mais il faut compter les frais de port vers la France… A surveiller quand même, j’ai réussi à cliquer assez rapidement sur Amazon.de pour 9.99€… ce n’est donc pas desespéré.

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Titre: Age Called Blue, Editeur: NetComics, Titre original: エイジ・コールド・ブルー (Age Called Blue), sorti en 2009. Ce one-shot reprend des personnages vus dans Tango, l’histoire sur les rockers notamment. Il y a également d’autres histoires annexes. Age Called Blue n’est pas difficile à trouver sur les sites de vente en ligne, aux environs de 10€, dans un format seinen. Il ne s’agit pas du meilleur manga d’est em mais il vaut le coup d’être lu, déjà parce qu’il y a très peu de manga de l’auteure traduits, mais aussi parce que ça reste très bien.

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Titre: Tableau 20, Editeur: Viz (suBLime), Titre original: 作品ナンバー20 (Sakuhin Number 20), prévu pour octobre 2013. Il coûtera 10€ environ. Maintenant, j’attends de Viz la série Golondrina vu qu’elle paraît dans le IKKI.

Si on compte l’édition numérique, il y a eu plus de titres aux Etats-Unis. Malheureusement, deux des plus intéressants (du moins en apparence) figuraient sur la plateforme de diffusion numérique légale JManga, qui a fermé ses portes il y a peu. Il s’agit de Happy End Apartments et Haratake Kentauros!. Il est regrettable qu’un format papier n’ait pas vu le jour pour ces deux titres. Enfin, Digital Manga Guild édite  Kine In!, un boys love, vendu chez Amazon au format Kindle. Grâce à Mangaconseil, je sais aussi que Digital Manga Guild a aussi édité Ultras, un boys love dans le milieu du football.

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Titre: Apartments of Calle Feliz, Editeur: JManga, Titre original: ハッピーエンドアパートメント (Happy End Apartments). Plus disponible aujourd’hui.

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Titre: Working Kentauros, Editeur: JManga, Titre original: はたらけ、ケンタウロス! (Hatarake, Kentauros!). Plus disponible aujourd’hui. Ce titre me fait vraiment fantasmer, avec son centaure salary man. Le tout se déroule dans un monde comme le nôtre, mais dans lequel humains et centaures cohabitent. Il y a un autre one-shot, plus axé sexe, sur les centaures: Equus.

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Titre: Kine In!, Editeur: Digital Manga Guild, Titre original: キネイン! (Kine In!). Disponible sur les sites de ventes en ligne, notamment Amazon.

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Titre: Ultras, Editeur: Digital Manga Guild, Titre original: Ultras. Disponible en format Kindle chez Amazon.

[MAJ 19 mai 2014] La venue de est em en tant qu’invitée du TCAF (Toronto Comics Arts Festival) ce mois-ci a donné lieu à un objet collector, traduit en anglais par Jocelyne Allen. Il s’agit du doujinshi Carmen une histoire en 32 pages vendue 5 dollars canadiens. Il s’agit d’une version boys love de Carmen.

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Le nom de est em en chinois, pour ceux qui le chercheraient, s’écrit 愛思雁. On retrouve parfois le nom de l’auteur directement en japonais えすとえむ, et ce, au sein d’un même éditeur (Tong Li!!!). Pour le moment, seuls 輕狂年代 (Age Called Blue) et 相約謝幕後 (Seduce Me After the Show) existent sur le marché, tous deux édités par 瑪朵 (Mightor Publishing). Autant dire que mieux vaut se lire les manga en anglais, du moins pour moi. Mais comme on ne sait jamais, je garde ce nom en chinois ici, dans les pages de ce blog, pour pouvoir les copier sur des sites de vente en ligne tels que Taobao ou Books.com.tw, pour me faire du mal (ou non). Les manga coûtent aux environs de 3.5€ mais il faut aussi se farcir les frais de port vers l’Europe. [MAJ de novembre 2013: l’éditeur Mightor semble mort et les manga ci-dessous ne sont plus disponibles].

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[MAJ 19 mai 2014] Il s’avère que les éditeurs taïwanais ne sont pas tous en accord quant au nom officiel en chinois de est em. C’est le cas de Tong Li Comics qui utilise directement le nom japonais, en hiragana: えすとえむ. C’est donc de cette manière que j’ai découvert l’existence d’un autre one-shot d’est em traduit chez ce gros éditeur, sorti en 2013 et toujours disponible aujourd’hui. Il s’agit de Kuslar (クシュラル), un recueil d’histoires courtes contenant des histoires boys love se passant en Turquie. Le recueil étant interdit au moins de 18 ans, il n’y a pas de livraison vers l’étranger sur le site Books.com.tw. En revanche, il est toujours disponible sur Yesasia. Enfin, le grand problème sur les sites comme Books.com.tw, c’est qu’on ne trouve rien quand on tape le nom de l’auteure en hiragana: Kuslar est un livre « invisible » si on ne connaît pas son titre en chinois, et on ne peut même pas chercher d’autres livres de l’auteure du coup.

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Titre: 被囚禁的鳥, titre original: クシュラル (Kuslar), one-shot, boys love, éditeur taïwanais: 東立 (Tong Li Comics).

[MAJ: mars 2015] Depuis février, sortie de Golondrina!!! Autant vous dire que je suis devenue très vite hystérique lorsque je l’ai vu sur le planning de l’éditeur (enfin, si on peut appeler cela ainsi)… Toujours est-il que l’éditeur Tong Li, qui n’est pas un petit (loin de là), est doté d’une cohérence à toute épreuve. Jugez: le one-shot Kuslar est sorti avec le nom japonais d’est em, alors même que l’éditeur Mightor utilisait le nom chinois de l’auteure. D’une. Mais surtout, Golondrina sort, on ne sait pour quelle raison, sous le nom chinois de est em!!! Le pire dans tout ça, c’est que rien n’est mentionné sur le ruban pour dire que えすとえむ = 愛思雁, et que Golondrina n’est pas le premier manga à sortir à Taïwan de est em… Bref, il sort malgré tout, et évidemment, je saute dessus même si j’espérais secrètement une sortie aux Etats-Unis, vu le côté très « européen » de l’oeuvre… Niveau lecture, il n’est pas si difficile à appréhender: peu d’écritures au final.

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Titre: Golondrina 鬪牛悲歌, Titre original: Golondrina-ゴロンドリーナ, éditeur taïwanais: 東立 (Tong Li Comics), 2 volumes sortis (en même temps) sur 6 prévus. Toujours en cours au Japon, et sortant en tankôbon directement depuis l’arrêt du Ikki.

[MAJ: mai 2015]

Ravie de voir la sortie d’une série d’est em chez Tong Li, encore une fois. Sauf que, contrairement à Golondrina, le nom de l’auteure est cette fois en hiragana, soit えすとえむ. Sur le site de l’éditeur, on ne voit donc pas que Golondrina et IPPO sont de la même mangaka, mais on voit au moins Kuslar…

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Titre: IPPO一步, Titre original: イッポ IPPO, éditeur taïwanais: 東立 (Tong Li Comics), 2 volumes sortis (en même temps). Toujours en cours au Japon.

Enfin, je complète (mais j’espère qu’il y aura des mises à jour, Golondrina fut une excellente nouvelle m’ayant poussée à une commande en début d’année!!!) cette liste des traductions en chinois traditionnel des manga d’est em par ce que je suppose comme des éditions pirates, vu leur indisponibilité sur les grandes plateformes. Inutile de dire que je ne me suis pas privée malgré tout pour les acheter, et que ce n’est pas mal imprimé, mais le nom de l’éditeur japonais, ou du magazine de prépublication Citron restent par exemple visibles… Toutes ces publications sont sorties sous le nom japonais d’est em: えすとえむ. Photos à venir aussi, on en trouve assez peu en fait.

Titre: 快樂結局公寓, Titre original: ハッピーエンドアパートメント (Happy End Apartment), one-shot, BL

Titre: 藍染師之戀, Titre original: やがて、藍になる (Yagate, Ai ni naru), one-shot, BL

Titre: 那个男人、爱好甜食, Titre original: その男、甘党につき (Sono Otoko, Amatou ni Tsuki), sous-titré en français: Une histoire d’un amateur de friandises, one-shot.

actu, éditions étrangères, est em, manga

Tableau Numéro 20 de est em chez SuBLime

tableau_numero_20_estemJe suis très nulle pour les actu. Encore plus pour les actu manga à l’étranger. Alors que la nouvelle date de janvier, je ne l’ai découverte que récemment, il y a quelques semaines. Et pourtant, j’adule est em. Parfois, par curiosité, j’aime taper les noms de mes mangaka préférés sur Amazon, pour voir si il y a de nouvelles sorties aux Etats-Unis. L’anglais étant une langue obligatoire à l’école, autant en profiter pour tenter des manga non traduits ici (et dont l’espoir est hyper mince chez nous). C’est ainsi que j’ai découvert le Danza de Natsume Ono, ou la sortie de Tableau Numéro 20 de est em, pour octobre de cette année. Le titre sort chez SuBLime, la ligne boys love de chez Viz.

Pour rappel, est em est l’auteure de l’excellent Tango sorti chez les Editions H en France. Aux Etats-Unis, Tango porte le titre Seduce Me After the Show et d’autres titres de est em ont suivi, dont Age Called Blue et Red Blinds the Foolish (aujourd’hui devenu plus rare). Sur le Kindle, on peut lire Kine In! et  sur la plateforme Jmanga, on pouvait y lire Hatarake Kentauros! (le titre avec des centaures salary men qui me fait vraiment beaucoup fantasmer) et Happy End Apartments. A quand une version papier pour ces deux titres? A quand Golondrina issu du IKKI? En tout cas, la news sur Tableau Numéro 20 me réjouit énormément, et j’attends donc cette sortie avec impatience. Parmi les titres annoncés chez Animenewsnetwork, Man of Tango m’intrigue par sa couverture, il s’agit en fait d’une suite, mais le premier volet semble indisponible aujourd’hui.

chroniques, manga, moto hagio

Le Cœur de Thomas

Le Coeur de Thomas, Moto Hagio, Kaze
Le Cœur de Thomas de Moto Hagio est enfin sorti en ce mois de décembre 2012. Œuvre culte des années 70, elle est considérée comme pionnière du boys love, aux côtés de Kaze To Ki No Uta de Keiko Takemiya. Je me suis longuement exprimée sur un forum manga sur l’édition qui m’a beaucoup déçue. Déjà à l’époque où les visuels de la couverture ont été publiés, je ne cachais pas ma déception. Le côté sobre, certes, mais très austère, classant d’emblée le manga comme vintage, alors que la série regorge de nombreuses illustrations couleurs déjà disponibles (mais il y a peut-être une histoire de droit là-dessous après). Ensuite, à la sortie de l’ouvrage, l’édition a continué de me décevoir: au-delà de la couverture à laquelle je finis par m’y faire, le papier est jaune et fin, puis surtout, il n’y a aucun travail d’édition accompagnant le lecteur. En effet, compte tenu de la mangaka qu’on nomme souvent la « Tezuka du shôjo manga » (et à ce titre, je voudrais souligner à quel point cela me déplaît de voir ces équivalents masculins chaque fois qu’on parle d’une femme… mais ceci est un autre sujet), la « mère du shôjo moderne », et compte tenu de l’œuvre culte dont il s’agit, il est étonnant de souligner l’absence (ou quasi) de textes venant de l’éditeur, sauf sur le rabat de la couverture. Il aurait été pertinent, vu le battage, vu l’auteure, vu l’œuvre, qu’un travail d’édition soit fourni. Quant au format one-shot regroupant les 3 volumes de la série, j’avoue que cela est une bonne chose, évitant, si les ventes sont mauvaises pour un premier volume, l’érosion des ventes pour les autres.

Le Cœur de Thomas, je l’avoue, cristallise mon envie de lire du Moto Hagio en français, et constitue donc un point d’entrée pour ses autres œuvres et c’est aussi pourquoi je déplore la pauvreté de cette édition française. Bien que Le Cœur de Thomas ne soit pas l’œuvre qui m’intéresse le plus, je me suis procurée le manga à sa sortie pour le lire, car à réclamer du Moto Hagio, il serait malvenu que je ne l’achète pas lorsqu’il sort enfin en français. Je souhaite à cette édition française un certain succès pour voir, je rêve peut-être, une sortie pour Marginal, Barbara Ikai, They were eleven (bien que je le possède déjà en anglais) ou encore Zankoku na Kami ga Shihai Suru, qui compte (soyons fous) 17 volumes. Je m’avance sans doute, mais je crains que si jamais cela marche, Kaze To Ki No Uta, l’autre œuvre fondatrice du boys love, aura bien plus de chance de voir le jour. Mais gageons, gageons, et restons optimistes. Notons que Le Cœur de Thomas n’est pas la première œuvre de Moto Hagio à nous parvenir car c’est Léokun qui en eut la primeur, lors de la Japan Expo 2012, pendant laquelle Moto Hagio y tenait un stand. Œuvre hautement collector, sortie pour l’évènement seulement.

Le suicide de Thomas Werner
Julusmooole!!! Non, arrêtez avec ce nom …

L’intrigue se déroule au début du XXème siècle dans un pensionnat pour garçons en Allemagne, et s’ouvre sur le suicide du jeune Thomas Werner. Thomas adresse une lettre posthume à Julusmole Bayhan (dit Juli), dans laquelle il lui décrit ses sentiments d’amour passionnés. Le décès de Thomas plane dans l’établissement, d’autant plus que cet élève était particulièrement populaire et aimé de tous. Juli est bien plus troublé qu’il ne le montre, et parvient, aux yeux de ses camarades, à rester l’élève parfait, le délégué stoïque aux cheveux noirs de jais. Car sous ses aspects d’élève modèle, Juli est le plus troublé par le geste de Thomas, et voudrait à tout prix l’oublier. Seulement, le nouvel élève qui arrive au pensionnat sous le nom de Eric Frühling se révèle le portrait craché du défunt Thomas. Ceci dit, Eric n’a pas le même caractère (il est plutôt fougueux) et ne supporte pas qu’on voit en lui cet élève décédé.

Le Cœur de Thomas, tout comme Kaze To Ki No Uta, est inspiré du film français de 1964 Les amitiés particulières réalisé par Jean Delannoy. On y retrouve donc, comme dans le film, l’univers clos du pensionnat pour garçons, les histoires d’amour (ou d’admiration) entre les élèves, la dimension tragique que peut prendre le sentiment amoureux, l’acte du suicide (et l’image des rails), l’époque du début du XXème siècle et l’Europe. Les deux mangaka ont vu ensemble ce film dans sa version originale sans sous-titres, et c’est de ce ressenti que sont nées les deux œuvres. Moto Hagio, comme elle l’a expliqué lors de sa venue au Centre Pompidou lors de l’évènement Planète Manga, ne comptait pas réellement écrire une histoire d’amour entre deux personnages de sexe masculin. Mais il faut savoir que dans les années 70, les magazines de prépublication de shôjo manga n’étaient pas prêts à montrer certaines choses à son lectorat. Ainsi, les manga étaient souvent dessinés par des hommes, et mettaient en scène une jeune fille souvent très passive qui attendait plus ou moins son prince charmant (à ce sujet, je vous renvoie à la revue d’étude sur le manga 10 000 Images N°3: Le manga au féminin des Editions H). Les rapports amoureux entre une jeune fille et un jeune homme étaient donc visuellement proscrits, mais la vision d’un personnage féminin restait encore étriquée et c’est pourquoi Moto Hagio trouvait, pour l’histoire, plus simple de mettre en scène deux personnages masculins. En 1976, la série ne connaît pas réellement un succès mais l’éditeur lui laisse quand même terminer son histoire, compte tenu du succès de son autre série fantastique Poe No Ichizoku. C’est la première fois qu’on voit une histoire entre deux garçons, mais c’est surtout Kaze To Ki No Uta qui mérite le qualificatif d’œuvre précurseur du boys love, car Keiko Takemiya a réellement voulu écrire une histoire d’amour entre deux protagonistes masculins.

Le Cœur de Thomas n’aborde donc pas uniquement une histoire d’amour dramatique entre deux collégiens, mais se sert de ce point de départ afin de toucher plusieurs thèmes. Il est finalement surprenant de voir la densité de l’histoire en si peu de volumes. Car Moto Hagio parvient à toucher des tabous: le suicide, le deuil, l’adolescence et ses sentiments passionnés, la liberté de vivre, mais aussi les traumatismes profonds, la souffrance de vivre, et, mais ceci n’est que métaphorique, le viol. Les difficultés familiales parsèment aussi le récit, en témoignent les personnages de Juli, Oscar ou Eric. A ce sujet, il faut encore une fois se reporter à la conférence de Planète Manga, ou encore à l’interview menée par Matt Thorn pour The Comics Journal (que l’on peut également trouver à la fin de l’anthologie de A Drunken Dream and Other Stories sorti chez Fantagraphics) où Moto Hagio exprime son mal-être vis-à-vis de sa famille. Ainsi, il lui est impossible de dessiner une famille « fonctionnellement normale » car elle a du mal à connaître ce schéma. D’ailleurs, ces thèmes abordés dans Le Cœur de Thomas sont approfondis dans sa plus longue série Zankoku na Kami ga Shihai Suru (Sous le règne du dieu cruel), beaucoup plus récente et donc moins entravée par les tabous de l’époque.

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Magnifique composition à la Moto Hagio

Il est étonnant de voir, donc, la noirceur de ce shôjo manga des années 70. Même si le tout ne se termine pas aussi tragiquement que je l’imaginais, les thèmes sont profonds et très matures, alors qu’aujourd’hui, j’ai l’impression (et ce n’est qu’un sentiment très personnel) de voir dans les shôjo qu’on nous sert en France, une collection de romances lycéennes sans grand intérêt. Le début s’ouvre sur un suicide, acte très violent, surtout qu’il s’agit d’un jeune garçon d’environ 12 ans. Pourquoi Thomas se suicide? Nul ne le sait et c’est en même temps que ses camarades que le lecteur finira par le deviner. Cette œuvre est aussi une forme de brûlot, car si l’amour sauve la plupart du temps les héroïnes de shôjo passives (et cruches?), il peut aussi faire souffrir. Les sentiments d’amour sont passionnés et violents car les protagonistes sont jeunes, sont tous dans la fleur de l’âge et ne savent pas réellement comment exprimer tout cela. L’adolescence est donc décrite comme une période vraiment particulière où toutes les questions se posent, où la mort amène à la réflexion, une période où l’âme est fragile et en quête d’identité (surtout le charismatique « Je suis ton père » Oscar). Mais aussi, les personnages semblent à la recherche de modèles, de personnes à admirer, d’aînés donc (et ne sont pas ouvertement homosexuels, en témoigne la scène où Oscar, voulant consoler Eric, l’emmène draguer les filles en ville). C’est pourquoi les sentiments d’amour et d’admiration semblent parfois se mêler. Moto Hagio se sert de cela pour évoquer le désir (Juli dit « Je me suis senti attiré »), sans mettre les mots dessus de manière abrupte puisque le tabou est encore présent à l’époque. Le viol ou l’agression sexuelle est évoquée par les ailes perdues, par ce sentiment de dégoût que peut ressentir Juli pour son corps. Moto Hagio y aborde également la notion de racisme, par la famille de Juli et notamment cette grand-mère qui a du mal à ressentir de l’amour pour lui. Juli est aussi un personnage ambitieux qui choisit le libre-arbitre, en tentant de devenir la personne qu’il a envie de devenir pour se faire respecter, et cela sans tenir compte de ses origines. C’est un personnage qui représente donc un idéal de liberté, une forme de révolte contre l’ordre établi, mentalité alors en vogue après la fin des années 60. L’individualité est aussi un des thèmes de cette œuvre, et cela se manifeste au travers de Eric Frühling, qui en a assez d’être sans cesse comparé à ce Thomas Werner qu’il ne connaît pas, il aimerait qu’on le voit comme Eric et non comme un double de Thomas.

Ceci dit, l’œuvre souffre quand même de son époque. Moto Hagio le disait, elle avait écrit cette histoire et a finalement décidé de faire des personnages principaux des garçons. Cela se ressent donc car les personnages ne sont masculins, finalement, que d’apparence (et encore…). En effet, l’ambiance du pensionnat est, il faut le souligner, assez féminin: les questions de beauté, de cheveux noirs magnifiques (ou de belles boucles blondes …) ou de rivalité (la petite peste d’Ante avec ses petites bouclettes) pour se faire remarquer de tel ou tel élève, le rituel du thé du samedi avec les « grands », ou encore les fameuses scènes où chacun tente de savoir ce que l’autre ressent (en particulier Oscar, la concierge du pensionnat?). Il y a toujours cette rivalité de celui (ou celle) qui est choisi, sera remarqué, mis en avant pour des qualités purement physique. C’est un peu ce que l’on peut reprocher, d’ailleurs, et malheureusement, aux ambiances « féminines », où on trouve souvent une pimbêche, et tout ça. Mais heureusement, Moto Hagio parvient à donner une personnalité et de l’épaisseur à ses personnages pour éviter ce type d’écueil (écueil que je retrouvais trop dans Très cher frère… de Riyoko Ikeda malgré le thème du suicide et du mal-être, car l’héroïne est quand même une belle cruche vide). L’aspect vieillot peut aussi se voir au travers du graphisme, alors que celui-ci se révèle (de mon point de vue) particulièrement agréable à l’œil: les personnages de profil arborent, malheureusement, ce nez qui accuse son âge. La mise en page, elle, est éclatée et fait honneur à ce que l’on connaît du groupe de l’An 24, groupe de shôjo mangaka femmes ayant révolutionné le shôjo pour donner son espace de liberté. Moto Hagio est quand même très connue pour être celle qui met en scène l’intériorité des personnages, et certaines pages sont à ce titre magnifiques. Je retiens particulièrement celle de l’annonce du décès de Thomas à l’église, avec Juli qui ne cesse de penser à lui.

Arrivée de Juli
Quelle popularité ce Julusmole! Comme quoi le prénom n’empêche pas tout…

Pour ceux qui auraient peur du vieillissement du manga, il faut souligner que oui, le manga a vieilli. Mais en même temps, c’est ce qui lui confère un certain charme. Les mises en page éclatées qu’on ne retrouve plus aussi fréquemment dans le shôjo manga d’aujourd’hui (qui s’est, je trouve, assagi à ce niveau) sont ici très intéressantes et expriment particulièrement bien les sentiments des personnages, sans pour autant occulter complètement les décors (on n’est pas dans un vide de décors comme on peut le voir dans nombre de shôjo manga finalement). Le dessin désuet est aussi très joli, malgré le nombre de boucles blondes parsemant les pages du récit, et les personnages mannequins sont assez légion. La narration peut être perçue comme lente, mais je trouve le tout particulièrement immersif. Je me suis très vite mise dans l’ambiance particulière et si confinée, rappelant fortement Les amitiés particulières. L’œuvre m’a finalement beaucoup évoqué un roman plus qu’un manga par son ambiance très introspective, j’ai parfois eu une impression proche de Demian, seul roman de Hermann Hesse que j’ai lu (et à ce titre, il faut soulever l’anachronisme de l’œuvre censée se dérouler au début du siècle, avec un cours sur Hermann Hesse dans lequel est évoqué le décès de l’auteur, en 1946). Le Cœur de Thomas est une œuvre qui mérite l’attention de tout fan de manga, et encore plus celui qui s’intéresse au shôjo manga et son histoire. Il s’agit d’une œuvre plus marquante que je ne le pensais, moi qui finalement appréhendais de ne pas accrocher, car n’étant pas amatrice d’histoires sentimentales dramatiques. Le tourbillon de sentiments passionnés est certes désuet mais procure un ressenti différent, et cela est mon appréciation, par rapport aux sentiments plein de retenue que l’on peut voir dans les œuvres d’aujourd’hui.

Que celui qui lira ce texte sans queue ni tête me pardonne… Je ne parviens pas à écrire quelque chose de plus intelligible, à organiser mieux mes pensées, mais cela viendra sans doute au fur et à mesure, en écrivant plus souvent… ou non. Mais plutôt qu’une pure procrastination, je préfère tout de même publier ce pavé.

actu, manga, moto hagio

Moto Hagio chez Kazé Manga: Le Coeur de Thomas

Fin du suspense. L’annonce a été faite à la Japan Expo où Moto Hagio fut invitée. Kazé Manga va donc sortir, en 2012, l’oeuvre phare de Moto Hagio, Le Coeur de Thomas, considéré comme l’ancêtre des boys love. Une oeuvre particulièrement attendue ici, et qui correspond bien à l’aura que Moto Hagio renvoie chez nous: pionnière du boys love. Lire la suite « Moto Hagio chez Kazé Manga: Le Coeur de Thomas »