akimi yoshida, chroniques, manga

Kawa Yori mo Nagaku Yuruyaka ni

Kawa-Yori-mo-Nagaku-Yuruyaka-ni-vol01Kawa Yori mo Nagaku Yuruyaka ni (河よりも長くゆるやかに) est une série de deux volumes écrite en 1983 par Akimi Yoshida (Banana Fish) et prépubliée dans le magazine Petit Flower de l’éditeur Shogakukan. Ce manga reste à ce jour inédit, même en chinois, je l’ai donc lu en scans, traduit en anglais par Hotcakes. La traduction littérale du titre est « Longer and Slower than a river », et qui pourrait signifier en français « La vie est un long fleuve tranquille ». Kawa Yori… a été réédité dans les années 90 au format bunko, en un seul volume. Tout comme Lovers’ Kiss et Sakura No Sono, Kawa Yori… s’intéresse à l’adolescence.

Le quotidien de Toshikuni Noshiro, dit Toshi, est celui d’un adolescent banal ou presque. Inscrit dans un lycée exclusivement masculin, il se rend en cours sans passion et aime traîner avec ses potes Miyuki Kubota et Akio Kanda, un peu glandeurs sur les bords et véritables obsédés toujours à l’affût d’une bonne érection. Mais Toshi vit seul avec sa soeur aînée Ikuyo, et travaille de nuit comme barman dans un établissement fréquenté par les Américains, et dans lequel se produisent des spectacles de travestis. Ikuyo, elle, y travaille comme hôtesse. L’histoire se déroule dans le Sud du Japon, sans doute à Okinawa, où des bases américaines se trouvent encore (à l’instar de Next Stop de Atsushi Kamijo). Il arrive aussi à Toshi de faire du trafic de canabis dans son lycée, et de ramener des filles japonaises aux soirées d’Américains de sa connaissance. Enfin, il a une petite amie du nom de Midori, suscitant régulièrement la jalousie de ses amis (quant à des relations sexuelles possibles!). Lire la suite « Kawa Yori mo Nagaku Yuruyaka ni »

Publicités
éditions étrangères, fétichisme, manga

Hi Izuru Tokoro no Tenshi en chinois

Un classique du shôjo que j’ai très envie de lire, et qui m’intrigue au plus haut point est Hi Izuru Tokoro No Tenshi (日出処の天子) de Ryoko Yamagishi, mangaka faisant partie du fameux groupe de l’An 24. Il paraît aussi que Akimi Yoshida est fortement influencée par cette auteure, et plus particulièrement par ce manga. De ce que j’ai pu virtuellement feuilleter, je dirais que c’est Kisshô Tennyo qui bénéficie le plus de cette influence, tant au niveau de l’ambiance mystérieuse qu’au niveau du dessin. Hi Izuru Tokoro No Tenshi est paru dans le magazine de prépublication Lala de l’éditeur Hakusensha entre 1980 et 1984. Enfin, on imagine souvent des fleurs et des bouclettes pour les manga du groupe de l’An 24, on est loin du compte pour celui-ci: le style est particulièrement sobre.

Hi Izuru Tokoro No Tenshi, édition de base
Hi Izuru Tokoro No Tenshi, édition de base

Sur Taobao, on trouve divers volumes en vente. Je savais que l’édition de base, très ancienne et assez rare (donc onéreuse, même en chinois plus de 150€ les 10 volumes), était sortie chez Tong Li Comics (Taiwan) en 10 volumes (alors que Baka Updates indique 11 volumes en japonais). Ce que j’ignorais et que j’ai appris sur Taobao, c’est l’existence, en chinois, d’une édition Perfect qui semble très récente et en 7 volumes (comme l’édition Perfect japonaise). Je ne trouve nulle trace de cette édition sur le site Books.com.tw, ce qui veut dire qu’il s’agit peut-être d’une édition chinoise (et apparemment, il s’agit d’une édition chinoise pirate, de ce que j’ai pu voir sur un blog, l’auteur de l’article n’ayant aucune idée de la qualité).

Hi Izuru Tokoro No Tenshi, édition Perfect
Hi Izuru Tokoro No Tenshi, édition Perfect (sûrement du pirate)

Hi Izuru Tokoro No Tenshi s’intéresse au Prince Shôtoku dans le Japon du septième siècle. Shôtoku est un personnage ayant réellement existé, il est connu pour avoir joué un rôle très important pour le bouddhisme au Japon. De ce que je sais sur ce manga, Yamagishi a rendu le personnage mystique et très mystérieux, avec une sexualité douteuse.

En chinois:
Titre: 日出处天子/日出處天子
Auteure: 山岸凉子

En scans: chinois, anglais

Chroniques: Livejournal de Roughan (anglais), Sergent Tanuki (anglais)

bandes dessinées, fétichisme, mangasochisme, manhwa, park hee jung

Hotel Africa, histoire d’une frustration et dernières planches en coréen

Hotel Africa, édition en 5 volumes
Hotel Africa, édition deluxe en 4 volumes
Hotel Africa, édition classique en 5 volumes
Hotel Africa, édition classique en 5 volumes

Je ne sais pas si certains s’en souviennent encore, mais en 2005, Paquet se lance aussi dans l’édition de bandes dessinées asiatiques, avec sa collection Asie, dans laquelle se trouve toujours Usagi Yojimbo de Stan Sakai (je précise quand même pour le coup qu’il s’agit d’un comics). Paquet a surtout misé sur le manhwa (malgré les effets peu fructueux de feu Tokebi et feu Saphira), parmi lesquels une auteure: Park Hee Jung. Le tout commence donc avec Fever, en grand format, au prix « asiatique » de 5.95€. La couverture était avenante, et je découvris ainsi un de mes coups de cœur de l’année. Le rythme de parution n’est pas rapide (« asiatique »?) mais la série Fever, en 4 volumes, sort dans son intégralité. Dans les grands formats de cette collection, j’apprécie l’absence de jaquette mais une couverture avec rabats du plus bel effet. Paquet avait mis le paquet (sans jeu de mot douteux) à cette époque, et Park Hee Jung eut droit à une séance de dédicace au Quai des Bulles de Saint-Malo, suivie d’une interview chez Actua BD.

Vint ensuite Hotel Africa, la série culte de Park Hee Jung, écrite dans les années 90 et qui lui a valu la célébrité dont elle jouit aujourd’hui. Hotel Africa est édité en Corée par Seoul Cultural et paraît dans le magazine de prépublication Wink qui cible un lectorat féminin (magazine et éditeur auxquels Park Hee Jung est restée fidèle, et dans lequel apparaissent Audition de Kye Young Chon, ou encore Kitchen – Là où une histoire commence qu’on trouve actuellement chez Clair de Lune) . Hotel Africa, dans son édition de base, fait 5 volumes dans sa totalité. Pour ses 10 ans, une édition en 4 volumes est sortie en Corée. C’est cette édition-là que Paquet choisit d’éditer pour le public francophone. Ainsi, pour chaque volume d’environ 250 pages, le prix du volume est de 8.95€, toujours en grand format. La parution est toujours peu rapide, mais le volume 3 est tout de même annoncé. Jusqu’au jour où Paquet annonce que toutes les séries du catalogue Asie sont en cours de renégociation avec l’éditeur d’origine, sauf Usagi Yojimbo. Les fidèles au rendez-vous attendent des nouvelles, Paquet répond (ou non) aux questions dans sa page FAQ, mais c’est toujours en « renégociation », jusqu’au jour où en allant sur la page du catalogue de l’éditeur, Hotel Africa n’y apparaît plus (C.O.Y. – Crush On You de Lee Kyung Ha non plus d’ailleurs, mais celui-ci se trouve en scantrad dans son intégralité). Comme ça. Ni vu, ni connu. Étant assez rancunière de nature, je n’ai toujours pas digéré l’affaire, et j’ai fini par acheter mes Usagi Yojimbo en VO (en même temps, quand on fait une pause d’un an sans nouvelles du volume 21…).

Mais la malédiction n’est pas terminée. Lorsque l’éditeur américain Tokyopop s’intéresse à Park Hee Jung, il annonce donc Hotel Africa, Fever, Martin & John et le one-shot Too Long. Finalement, bouffé par les difficultés économiques (ayant mené aujourd’hui à sa disparition aux Etats-Unis), Tokyopop qui annonce la fin de multiple séries dont Hotel Africa, après 2 volumes, de même pour Fever et Martin & John après 1 seul volume pour ce dernier. Dans cette frustration, j’ai cherché voir si il existe donc une fin en chinois. Je fais des recherches et oui! Il existe bien Hotel Africa chez Tong Li Comics, en 4 volumes. Et malheureusement, non, il n’y a pas de fin! Parce qu’à Taïwan, ils ont choisi de sortir l’édition normale, celle en 5 volumes. En gros, il manque donc 1 volume. Les scans (avant de commander, j’essaie de voir quand même si c’est bien la fin, par la pagination, faut pas rigoler non plus c’est tellement galère à lire dans cette langue) confirment mes suppositions, et la dernière page du volume 4 se termine par un « as-tu déjà vu son visage? ». Mais je n’ai toujours pas lâché l’affaire, et en cherchant avec le titre en coréen, et le nom de l’auteure, je tombe sur un site présentant les dernières pages de la série. Je vous les fais donc partager, tant j’ai eu envie de voir cette fin (cela confirmant donc que l’édition taïwanaise est bien incomplète).

Les images des dernières planches proviennent du site http://saesoon.cc/xe/?document_srl=57482:

HotelAfrica_05_203

HotelAfrica_05_204

HotelAfrica_05_211

HotelAfrica_05_212

HotelAfrica_05_213

HotelAfrica_05_214

HotelAfrica_05_230

HotelAfrica_05_231

Edition américaine de Tokypop
Hotel Africa, volume 1 Tokyopop Hotel Africa, volume 2 Tokyopop

Pour continuer la malédiction liée à l’auteure, je ne sais pas si certains ont suivi Martin & John. Il s’agit d’une série (j’en parlerai peut-être un jour si je décolère) d’histoires plus ou moins courtes, toutes sur des personnages nommés Martin et John, ceci étant inspiré du roman gay du même titre de Dale Peck. La série est complète en Corée, avec 12 volumes. Martin & John est donc édité par feu Samji (qui était construit par René Park de feu Tokebi et feu Saphira…) et sort de manière régulière, tous les deux mois. C’était trop beau pour être vrai et rebelote, la série est « en cours de renégociation avec l’éditeur coréen » avec un autre compagnon d’infortune, j’ai nommé… Gong / Palais (lui je m’y attendais beaucoup moins), du même éditeur et du même magazine de prépublication (tant qu’à faire). Ainsi, seuls 5 volumes de Martin & John ont été traduits, pas de scantrad pour lire la suite non plus. J’ai eu l’idée de me tourner vers l’édition allemande, sortie bien plus tôt que chez nous. Finalement, je me rends compte que depuis 2007, il n’y a rien eu après le volume 4. Bref, c’est donc perdu. En même temps, en Allemagne, ils n’étaient pas gâtés: c’était chez Panini Manga. Oui, les salauds sont partout en Europe! [MAJ de septembre 2013] Pour en ajouter sur la malédiction Park Hee Jung, il semble que même en Italie, Fever n’a jamais connu de fin…

Dans toute cette histoire, je me console quand même en me disant que Fever est au moins terminé en français. Que Hotel Africa peut aussi se lire comme une série d’histoires courtes. Que le recueil d’histoires courtes Too Long, au moins, est terminé en anglais. Que Martin & John s’est terminé avec le volume 5, apportant une conclusion à l’histoire débutée au volume 2, et que l’histoire débutée au volume 5 s’apparente déjà un peu plus à du boys love comme on peut en lire plus souvent. Que j’ai quand même pu, malgré ces malédictions successives, découvrir la fabuleuse manhwaga Park Hee Jung. Et que finalement, si le courage est là un jour, et malgré la qualité des scans et des planches retournées (vu que le coréen se lit de gauche à droite), je peux TENTER de lire jusqu’à la fin du volume 4 (n’oublions pas que « c’est du chinois » comme on dit). Enfin, il était possible fut un temps (sur feu Megaupload) de télécharger les rawscans de Hotel Africa. J’ignore si quelqu’un est aussi fan de la série pour avoir les dits fichiers sur son disque dur, mais je suis partante pour les feuilleter virtuellement, même sans rien piger à l’histoire. Oui, j’en suis là. Et vous savez ce qu’est le plus frustrant? Voir encore sur manga-news la fiche du volume 3 de Hotel Africa avec sa sublime couverture.

Informations de Baka-Updates (Fiche Hotel Africa, Fiche Park Hee Jung):

Titre chinois: 非洲大飯店
Nom de l’auteure en chinois: 朴姬貞

Titre original: 호텔 아프리카
Nom de l’auteure: 박희정