Errances et phylactères

Manga, éditions taïwanaises, Moto Hagio, Akimi Yoshida, bandes dessinées… du papier avant tout!

Fancy Dance (Reiko Okano)

Fancy Dance (ファンシィダンス) est un manga de Reiko Okano (Onmyôji – celui qui parle aux démons chez Delcourt) prépublié entre 1984 et 1990 dans le Petit Flower (プチフラワ) de Shogakukan. En 1989, Okano reçoit le 34ème prix Shogakukan dans la catégorie shôjo pour cette série. Au Japon, l’histoire de Fancy Dance s’étale sur 9 volumes (tankôbon), mais la série est (semble?) plus facilement trouvable en format bunko en 5 volumes. A Taïwan, Fancy Dance prend le titre 摩登和尚 (sous-titré Modern Monk, il s’agit de la traduction littérale du titre en chinois) en 8 volumes, chez l’éditeur Sharp Point Press (尖端). Chez cet éditeur, les manga des années 90 étaient souvent affublés d’un sous-tire en anglais (Marginal de Moto Hagio est par exemple sous-titré Infertile World). Le succès de Fancy Dance fut tel que le manga a connu une adaptation filmique réalisée par Masayuki Suo.

fancy_dance

L’histoire se penche sur Yôhei Shiono (塩野陽平), étudiant branché qui vit à Tokyô au début des années 80. Véritable citadin des temps modernes, il aime fréquenter les endroits « in » de la capitale, fait partie d’un groupe de rock baptisé les Flamingos et surtout, il aime son look, choisissant ses tenues avec grand soin. Le seul problème dans sa vie, c’est sa famille et surtout son père: il est le moine bouddhiste d’un temple d’une petite ville de province, et Yôhei doit hériter de ce temple, vu qu’il est le fils aîné. Il a bien un petit frère, Ikuo, mais surprotégé par sa mère, il a été diagnostiqué « trop fragile psychologiquement ». Entre autre, Yôhei fait la connaissance de Masoho (赤石真朱), jeune femme tout aussi belle et fashion que Yôhei et au caractère bien trempé. Les deux ont visiblement des sentiments l’un pour l’autre, mais Yôhei doit tout de même suivre sa formation de moine dans un monastère pendant plusieurs années, ce qui le coupe de sa bien-aimée.

Reiko Okano a dû batailler avec son éditeur, si on en croit les dires de Frederik Schodt dans son Dreamland Japan, pour écrire sur un moine bouddhiste, tellement le sujet semblait ringard à cette époque au Japon (et sinistre, les moines bouddhistes étant plus associés aux funérailles qu’autre chose). C’est peut-être pour cela que Okano a dû rassurer un peu son public en inscrivant l’histoire dans un Tokyô très moderne entre discothèques et autres fringues à la mode. Le début est plein d’humour et un peu ringard, c’est une comédie sentimentale qui prend son temps (on est dans les années 80, le premier bisou c’est jamais tout de suite!). Pour autant, Okano n’est jamais ennuyante dans le sens où le couple prend un peu son temps pour se former, mais pas trop de quiproquos ou autres comportements puérils faisant allonger la sauce. Côté dessins, on retrouve le talent graphique de Okano.

La relation entre Yôhei et Masoho est très humaine et évolue petit à petit, les sentiments se développent mais les personnages sont souvent en proie à des réflexions, surtout Masoho qui s’interroge beaucoup sur la notion de liberté et du couple. Car la liberté est un thème central pour cette jeunesse qui tente de croquer la vie à pleine dent, Masoho ne veut pas « changer Yôhei », et c’est une des difficultés l’empêchant en quelque sorte d’accepter ses sentiments amoureux. J’ai malgré tout eu un peu de mal à lire cette partie, entre les noms de groupes, d’endroits et le côté un peu ringard (puis faut dire que j’étais là pour voir des moines!!!). Cette partie sur une jeunesse insouciante, vu le contexte économique du Japon, m’a fait penser à Tokyô Girls Bravo de Kyôko Okazaki, ou à PIL de Mari Yamazaki. Dans les deux cas, la musique est très présentes et les vêtements très datés (ou du gros n’importe quoi… si j’arrive à prendre des photos). La narration est un peu ancienne aussi, Okano s’attarde beaucoup moins sur les personnages secondaires que dans les manga qu’on peut lire de nos jours, l’histoire se centrant vraiment sur le héros Yôhei, puis Masoho, qui tient le rôle féminin principal.

Le tout décolle avec le volume 3 lorsque Yôhei suit enfin la (tant attendue!!!) formation de moine dans un temple bouddhiste Zen (école Sôtô d’après Schodt). Là, finie l’ambiance ringarde pour aller dans un monde clos, sévère, austère, pleine de personnes sans cheveu. La vie dans le temple est très détaillée, de même que la formation. J’ai malheureusement été victime de flemmingite du dictionnaire, et il se trouve que je n’ai donc pas tout compris aux différents grades. On reconnaît le côté toujours détaillé et érudit des manga de Okano. Toujours est-il que le tout fut passionnant, et à partir de ce moment, je dois dire que j’ai eu beaucoup de mal à quitter les pages de Fancy Dance. Pour autant, l’ambiance n’est absolument pas austère, bien au contraire. Car Yôhei, accompagné de son petit frère, se fait de nombreux amis lors de cette formation, et ceux-ci ne sont pas les derniers pour la déconne! Même si les repas sont frugaux, l’alcool interdit, la viande proscrite, la vie chaste, les jeunes sont toujours pleins d’énergie et d’entrain pour tenter d’enfreindre les règles et s’amuser, donnant lieu à de multiples punitions et donc, pas mal de moments rigolos (le KFC, le matage de Saint-Seiya en cachette, les beuveries, le karaoké, le taxi). Côté dessins, je suis gâtée, entre les bâtiments, les tenues de moines et ces jeunes hommes chauves. Et puis il faut dire qu’au niveau du visage, Yôhei se Seimei-ise…

Yôhei est un héros décidément attachant. Il sait se montrer très drôle et un peu idiot, mais il lui arrive souvent, même avant sa formation bouddhiste, de réfléchir sur beaucoup de choses, sur la vie, sur l’être humain. Il progresse sous nos yeux lors de sa formation, et finit par apprécier la vie au temple et surtout les instants de méditation. Alors qu’il pensait partir une année, Yôhei reste plusieurs années au monastère, et plusieurs vieux moines s’attachent à lui. Le retour à la ville s’avère difficile, de même que le retour avec sa bien-aimée. Tout au long de la formation, Masoho et Yôhei restent en contact au moyen de lettres, et on voit tout de même les deux évoluer chacun de leur côté. Masoho finit par trouver un boulot de bureau, en tant que OL (office lady, un job qu’on voit souvent dans les manga comme une espèce  de moyen pour rencontrer des hommes ayant une situation stable…), mais se montre plus travailleuse que je ne le pensais, et monte peu à peu les échelons. Elle se voit comme une femme indépendante économiquement parlant.

Le mariage est une discussion souvent abordée lors de discussions entre copines, et tout cela me paraît bien loin (déjà que je n’y pense jamais…) aujourd’hui, car toutes même lors des années étudiantes, désirent trouver un mari. Parmi les amies de Masoho, on s’intéresse à l’une d’entre elles restée célibataire lors d’un chapitre, voyant tout son entourage se mettre en couple (elle devient professeur d’anglais et mate les voyous, elle m’évoque un peu une Gokusen). Au final, elle connaîtra aussi le « bonheur », évidemment. Il y a quelque chose de daté dans ces histoires de mariage et de couple. Et même Masoho, finalement, s’inquiète de la direction qu’elle veut donner à son « couple », se demande ce que « veut » Yôhei, attendant plutôt sagement son amoureux qui doit descendre de la montagne, une partie de la personnalité de Masoho qui m’a quelque peu étonnée. C’est sans doute le contexte social de l’époque, un peu plus coincée sur ces histoires de mariage. Et puis il ne faut pas s’attendre à grand chose à part quelques bisous entre Masoho et Yôhei, celui-ci étant un homme correct (après, c’était plus difficile au milieu du manga).

La famille de Yôhei est assez peu abordée, mais chaque fois qu’elle est mise en avant, c’est souvent un bon moment de rigolade. Il faut dire que la dynamique entre tous les membres est cocasse. Yôhei est souvent jaloux de son petit frère Ikuo, qui parvient souvent à se faire aimer de tous, que ce soit dans la famille ou pendant la formation de moine où il n’est pratiquement pas puni! Il a un don pour éviter les ennuis, et n’a même pas besoin de se battre contre son père pour pouvoir faire partie d’un groupe de rock. Même avec les filles, la vie lui sourit! Tout ceci attise la jalousie de Yôhei qui n’hésite pas à lui jouer de mauvais tours. Quant à Yôhei et son père, l’engueulade ayant lieu au début du manga est juste tordante, avec le père qui finit par hurler un « OH MY BUDDHA! », réminiscence de l’humour Okano, celle-ci aimant tant faire dire des « OH MY GOD » dans son Yômi Henjô Yawa, et je suppose que ce doit être le cas dans Onmyôji aussi. La mère n’est pas mal dans son genre, à surprotéger son Ikuo chéri, une belle femme qui arrive même à attirer de vieux moines (au grand dam de Yôhei…). Que dire alors de la grand-mère, farceuse au possible, et lisant son roman SM lors d’une cérémonie bouddhiste pour l’âme de son défunt mari… Bref, une famille que j’ai regretté de trop peu voir, vraiment!!!

En bref, si vous le pouvez, il faut tenter l’aventure Fancy Dance. C’est très drôle, très bien écrit, les personnages principaux sont attachants et le trait de Okano est déjà très joli. Mais c’est surtout sur la formation au temple bouddhiste Zen que le tout s’envole vraiment, la description dans la vie au monastère marque une rupture graphique et narrative. Les deux derniers volumes, dans lesquels Yôhei revient en ville, sont tout aussi passionnants, entre réflexions philosophiques de Yôhei et doutes de Masoho, le tout ponctué de nombreux gags. Surtout, les personnages grandissent, on a sous les yeux un véritable passage à l’âge adulte sur plusieurs années (l’action se déroule entre 1984 et 1990) dans un environnement daté. Okano est une auteure pleine d’humour, parfois décalée (elle le prouve dans Onmyôji ou Yômi Henjô Yawa moins dans The Calling ceci dit), comme lors d’un chapitre dans lequel on laisse de côté notre héros et le Tokyô des années 80 pour… la Grèce Antique! Ce procédé m’a presque rappelé le fameux volume de Hôshin où Fujisaki parle de remplacer la série par un manga de sport. Un mot ceci dit, le tout peut être un peu long à lire, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de cases dans une planche, et que les dialogues sont nombreux (le tout est peut-être biaisé du fait de ma lecture en chinois). On peut retrouver un article sur Fancy Dance dans l’ouvrage en anglais Dreamland Japan de Frederik Schodt (un grand merci à la personne qui me l’a prêté), puis une chronique sur le site italien Shoujo Manga Outline. [Ajout du 02/01/2015] Notons que les pages publicitaires de l’éditeur sont consacrées à Rumiko Takahashi, et en particulier Urusei Yatsura

Tout ceci m’a malheureusement donné envie de relire Ikkyû de Hisashi Sakaguchi, aujourd’hui devenu bien rare (je me demande si il y a un problème avec les droits, il n’y a pas eu de réédition depuis celle de Vents d’Ouest il y a dix ans. L’édition taïwanaise semble également coûter un bras). J’ai été trop jeune et trop bête pour l’acheter à l’époque dans l’édition Glénat (l’édition Vents d’Ouest étant bien trop grand format, et le papier glacé pour du noir et blanc, sans commentaires, heureusement qu’il est dispo à la bibliothèque).

(images à venir… je ne garantis rien)

Publicités
13 commentaires »

Lovers’ Kiss

Lovers’ Kiss (ラヴァーズ・キス) est un manga de Akimi Yoshida en deux volumes, prépublié dans les numéros d’avril 1995 à février 1996 du Flowers de Shogakukan, peu après la fin de la série phare Banana Fish. Lovers’ Kiss, pour changer par rapport à Banana Fish, est un manga sentimental avec pour sujet l’adolescence. L’histoire se passe à Kamakura de nos jours (enfin, dans les années 90). Akimi Yoshida raconte ici non pas un triangle, mais un polygone amoureux passablement compliqué, le manga se faisant ainsi connaître des amateurs et amatrices de boys love ou yuri.

Lovers’ Kiss est malheureusement inédit en France, mais gageons qu’avec le retour de Akimi Yoshida avec Kamakura Diary, un éditeur se penchera peut-être dessus. Surtout que les deux œuvres se déroulent dans le même univers et partagent des personnages en commun: Tomoaki Fujii en premier lieu (le petit ami de Yoshino), mais aussi les familles Ozaki (qui tient un commerce d’alcool) et Ogata (originaire d’Osaka) ainsi que Mikako, la collègue de Sachi. Notons aussi que les deux œuvres se déroulent au même moment, ce que j’ai compris en lisant le second opus de Kamakura Diary. Ceux qui lisent le chinois peuvent se tourner vers l’édition taïwanaise sortie chez Tong Li (dans la collection « Romance Fantasy » ha ha) sous le titre 情人的吻, trouvable en occasion uniquement, ou en scans ici. Enfin, il existe une adaptation filmique éponyme réalisée par Ataru Oika.

loversKiss Lire la suite »

16 commentaires »

La Fleur millénaire vol 1

fleur-millenaire-1Lorsque sa sortie a été annoncée chez Kaze, je n’y croyais pas vraiment. L’auteure de La Fleur millénaire, Kaneyoshi Izumi, n’est pas une inconnue de l’éditeur qui compte dans son catalogue 100% Doubt et Seiho Men’s School, des titres qui ne m’intéressent pas spécialement (et que je ne compte pas lire non plus), étant orientés comédie romantique en milieu scolaire. Ceci dit, un détail m’a quand même attirée: les costumes chinois sur la couverture de La Fleur millénaire. Du nombre de commentaires positifs quant à l’annonce de cette acquisition, j’en ai conclu que la série était plus ou moins suivie en scans par de nombreuses personnes. Et en jetant un coup d’oeil aux sites de scans, je dois avouer que le dessin ne m’attirait pour ainsi dire pas du tout: soigné mais assez impersonnel, et surtout, les fameuses « séquences émotion ». Seulement, un shôjo d’aventure, en Chine ancienne fictive avec des costumes et des décors chinois, je ne pouvais pas laisser passer. Surtout qu’en plus, Kaze propose le volume 1 au prix de lancement de 3,99€ et ce serait dommage de s’en priver (je rappelle que de nombreux manga d’occasion coûtent aujourd’hui 4€).

La Fleur millénaire se déroule dans un univers inspiré de la Chine ancienne et découpé en 4 royaumes qui s’affrontent plus ou moins. Aki vit au pays de Â, et son père n’est pas n’importe qui: il s’agit de l’Empereur de Â. Sa mère étant souvent malade et n’ayant pu donner naissance à un fils, l’Empereur s’est remarié avec une autre femme qui vient du pays de Do (la Reine de Do), tandis que la mère d’Aki est originaire du pays de Kô. La deuxième femme a donné naissance  à un fils, Aki et sa mère habitent donc dans des appartements éloignés du Palais, malgré leur rang. De plus, Aki doit dés son plus jeune âge apprendre  à se débrouiller seule pour survivre face aux machinations de  sa belle-mère, puis protéger une faible maman. Si Aki est seule à rester fidèle à sa mère, Hakusei, un esclave blond aux yeux bleus (une apparence peu commune qui fait peur aux gens sauf à Aki, évidemment), est également là pour l’épauler. Alors que Aki a 15 ans, la guerre éclate entre les pays de Do et Kô.

Finalement, la lecture de ce volume m’a enthousiasmée, la série semble donc prometteuse (croisons les doigts, ça fait longtemps qu’on n’avait pas eu de chouettes shôjo d’aventure). On sent que l’histoire se met en place, notamment les intrigues politiques que Izumi parvient très bien à faire passer, tout en s’intéressant à Aki, le tout de manière fluide. Côté graphisme, rien d’original, ce n’est pas laid mais pas particulièrement magnifique non plus, pas besoin de s’adapter particulièrement. J’ai eu du mal pour le dessin des personnages, que ce soit Aki ou Hakusei, les trouvant particulièrement irréguliers, ne se ressemblant pas d’une planche à l’autre. C’est maladroit, et ça m’a déplu. Le trait est soigné et moderne, j’ai du mal mais le public d’aujourd’hui n’aura pas autant de mal que moi. L’autre point qui me fait tiquer, c’est l’émotion. Trop appuyé, trop de « oooh la pauvre », trop de « ooooh le pauvre », des séquences émotion qui me font un peu peur pour la suite, notamment ces images où on voit Aki et Hakusei rire de manière complice, les planches « mignonnes » en somme. Pour le moment, pas d’histoires de coeur, mais l’impression que Hakusei est quand même amoureux de sa maîtresse.

Le bon point, outre l’univers et l’intrigue, puis la guerre qui éclate (annonçant de l’action!!!!), provient de l’héroïne. Forte, courageuse, débrouillarde, intelligente (ses joutes verbales avec sa belle-mère ne sont pas mal), on espère qu’elle ne deviendra pas une cruche dés qu’un bel inconnu se pointera (inconnu brun, vu qu’on a déjà le blond avec Hakusei…). Dans ce premier volume, Aki montre de très bonnes aptitudes physiques et martiales, j’espère qu’il en restera ainsi, comme ce fut le cas pour Basara, tout au long de la série, alors même que Sasara tombe amoureuse. Pour le moment, Aki est mature vu que toute son enfance s’est résumée à protéger une mère trop faible, mais elle reste une héroïne mignonne, c’est-à-dire naïve en amour, comme on peut souvent en voir dans les shôjo. Le personnage de Hakusei est là uniquement pour servir Aki. Il est classe, il est beau, mais il est craint pour sa différence physique, ce qui permet à Izumi d’introduire plus ou moins les différences, le rejet de l’autre, enfin des thèmes bien ado. Hakusei est un personnage très classique, protecteur, dévoué (et amoureux?). Il se montre fort, et lors d’une scène, il baisse sa tête car il sent que les larmes lui montent aux yeux (comme c’est mignon…).

La Fleur millénaire est prépublié dans le Betsucomi de l’éditeur Shogakukan, magazine ayant vu passer des titres tels que les excellents Basara et Banana Fish, ou encore Kisshô Tennyo, qui est bien loin des shôjo niais. Il est donc navrant, de mon point de vue, de lire à la fin du volume les remerciements de Izumi à son éditrice (tantô) qui a dû se battre pour que la série soit prépubliée dans ce magazine, malgré ses « thèmes difficiles dans un shôjo ». Où est le thème difficile dans cette série? La guerre? Les intrigues politiques? L’univers chinois? Les lectrices (en majorité) doivent se contenter d’histoires de coeurs? C’est moi ou il y a régression? Mis à part ce bémol, La Fleur millénaire démarre bien et il plaira sûrement au public de L’Arcane de l’aube (pour lequel j’ai eu un peu de mal) chez le même éditeur. Honnêtement, je suis enthousiaste, malgré quelques petits défauts et les « instants émotion » comme je ne les aime pas, la fin du volume me donne vraiment envie de lire la suite. Un shôjo d’aventure, avec de l’action, une héroïne forte, un univers chinois (depuis Fushigi Yûgi), ça va faire longtemps!

4 commentaires »

Mokke vol 1

mokke1Mokke fait partie des titres annoncés pour 2013 et qui m’intéressaient. Et miracle, chez Pika, avec Chihayafuru, ce qui n’était pas arrivé depuis 7 SEEDS. Le volume 1 est sorti en mars, malheureusement, un mois très chargé niveau achats pour moi. De plus, au feuilletage, la qualité du livre (le papier en premier lieu) laisse à désirer, contrairement à Chihayafuru qui est bien plus soigné. Evidemment, si Mokke m’a intéressé, ce n’est pas pour rien. Outre la couverture avec ses très belles couleurs, il s’agit d’un titre portant sur les yôkai (créatures surnaturelles du folklore japonais aimant parfois jouer des tours aux humains, ou bien s’engloutir de leur énergie vitale au choix), et il faut dire que j’ai du mal à y rester insensible.

L’histoire se penche sur Shizuru (au collège) et Mizuki (en primaire), deux soeurs ayant le don – ou plutôt le malheur – d’être sensibles aux yôkai: l’une peut les voir, l’autre peut se faire facilement posséder. Elles vivent à la campagne, chez leur grand-père exorciste qui connaît bien les yôkai, leur enseignant au quotidien la manière d’agir face à d’étranges situations.

Mokke est une série de 9 volumes dessinée par Takatoshi Kumakura et prépubliée dans le magazine Afternoon de Kodansha au début des années 2000. La série a été adaptée en série animée de 25 épisodes par le studio Madhouse. La particularité de Mokke, par rapport à d’autres séries sur les yôkai – ou assimilées – que j’ai lues (Le cortège des cent démons, Le pacte des yôkai, Mushishi) vient sûrement de l’omniprésence de la famille. Dans Mokke, les deux soeurs ne sont pas seules, mais accompagnées d’un adulte qui connaît bien les yôkai, le manga s’appuyant donc sur la transmission d’un savoir, contrairement au Cortège des cent démons dans lequel Ritsu perd son grand-père dés son enfance, et Le pacte des yôkai dans lequel Natsume est tout simplement seul, face à des créatures traumatisantes qu’il est le seul à voir.

Outre ce détail, le titre se démarque aussi du fait que la personne voyant les yôkai n’est pas seule à voir et intéragir avec, ici, l’une voit des yôkai alors que l’autre est possédée par eux. Dans Mokke, Shizuru et Mizuki doivent donc agir en équipe afin de se débarasser de ces aléas du quotidien. D’un point de vue personnel, je préfère être à la place de Shizuru plutôt que celle de Mizuki, il semble bien plus embêtant d’être possédée par une créature surnaturelle plutôt que de simplement les voir. La suite de la série démontrera sûrement le contraire, mais ce premier volume se focalise quand même plus sur Mizuki, la petite fille active au contraire de Shizuru, la grande soeur jolie, douce, timide et calme (celle qu’on aime qualifier de plus « féminine » en somme).

Le manga se focalise aussi sur l’importance de la famille, la vie de tous les jours, les petits tracas quotidiens. L’ambiance est agréable et familiale, avec en plus en décor la campagne japonaise. Le personnage du grand-père éduque les deux soeurs de manière sévère, n’hésitant pas à les laisser se débrouiller tout en leur donnant les clés, au lieu de les aider de suite. C’est, je trouve, une des forces de ce titre, car les yôkai, dont le grand-père a une grande connaissance, sont souvent décrits, rangés par type, dangereux ou simplement ennuyeux. Les deux héroïnes sont donc obligées de réfléchir avant d’agir pour trouver une solution. Mokke fait partie des manga de type grand public que tout le monde peut lire, malgré les noms de yôkai japonais et pas toujours faciles à retenir, peut-être à l’instar d’Une sacrée mamie qui mettait aussi l’accent sur la relation enfant – grands-parents (bon, j’en ai lu 2 volumes).

Voilà un premier volume qui m’a totalement charmée. C’est sûr qu’il n’y a pas d’effet « j’attends la suite!!! » vu que les histoires sont indépendantes. Mais c’est un manga rafraîchissant, qui m’a fait beaucoup de bien. Je pense que l’environnement bucolique y est pour beaucoup. Si le dessin paraît simpliste (et peu original) au niveau des personnages, je trouve les décors détaillés et très beaux, le rendu est donc très agréable à l’oeil. Lecture très enthousiasmante, et j’attends donc de lire la suite pour juin. A essayer!

2 commentaires »

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

oiseau-moqueurIl m’arrive rarement de lire des livres sans images. Cela résulte de nombreux achats manga et comics ces deux dernières années, et que je n’achète que rarement des romans, préférant les emprunter en bibliothèque municipale (on pourrait faire le même constat pour la BD dite indé). De ce fait, je me suis mise en « interdit bibliothèque » pour pouvoir finir les livres déjà chez moi (ce qui ne marche pas: je le suis depuis un an, mais comme j’achète aussi, je rentre dans un cercle vicieux). Ce Noël, j’ai reçu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee en cadeau, un « livre culte » comme on dit, par une personne qui me connaît peu, mais qui sait que j’apprécie la lecture (je ne me suis pas étendue sur les manga). La couverture est, de mon point de vue, très avenante avec cette petite fille très mignonne.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a porté trois titres en français (Source: Wikipedia). Il s’agit du seul roman de Harper Lee, sorti dans les années 60 pendant la période marquante des Droits Civiques. Le roman se déroule dans l’Alabama, au Sud des Etats-Unis, dans les années 30, pendant la Grande Dépression. La narratrice de l’histoire est Jean Louise Fincher (ou Scout), une petite fille de 6 ans qui vit avec son grand frère Jem et son père Atticus. Sa mère est décédée peu après sa naissance, et elle ne la connaît que très peu. Atticus, qui travaille comme avocat, est aidé par une bonne noire, Calpurnia. Les enfants adorent jouer avec leur ami Dil, qui passe ses vacances d’été chez sa tante. Tout ce beau monde vit dans une petite ville où tout le monde se connaît depuis plusieurs générations. Le quotidien de Scott et Jem bascule le jour où Atticus devient l’avocat commis d’office de Tim Robinson, un homme noir accusé d’avoir violé une femme blanche, alors dans un Etat pratiquant la ségrégation.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman d’apprentissage dans lequel on voit nos jeunes héros, Scout et Jem, grandir d’années en années, et perdre petit à petit leur innocence. Le roman se déroule pendant trois ans, et on ne verra donc pas les enfants devenir adultes (juste Jem qui commence son adolescence). Pour ma part, je me suis beaucoup attachée à la petite Scout, petite fille espiègle qui aime gambader avec son frère et Dil, et qui est ce que beaucoup décrivent comme un « garçon manqué », et cela est sûrement dû à l’influence d’un grand frère. Voir des enfants constamment jouer dehors donne pas mal d’oxygène à la personne que je suis qui passe toute ses journées enfermée dans une tour de 31 étages. Surtout, j’ai l’impression (un ressenti hein) que les enfants d’aujourd’hui passent beaucoup moins de temps dehors à jouer que jadis. Je me souviens de mon enfance, surtout l’été, l’occasion enfin d’être dehors toute la journée. Scout est une petite fille très intelligente mais qui garde encore l’innocence et la naïveté d’une enfant. La narration à la première personne a donc beaucoup de charme, la naïveté se mélangeant parfois à beaucoup d’ironie lorsque le ton change, quand l’adulte prend le dessus sur la petite fille.

Beaucoup de personnes voient en ce livre un pamphlet contre la ségrégation. C’est en partie vrai, puisque le sujet du livre, qui ne vient qu’à la deuxième partie de l’histoire, implique la défense d’un homme noir accusé pour un crime qu’il n’a pas commis. Mais surtout, j’y ai vu la dénonciation de nombreux préjugés pouvant survenir lorsqu’on habite dans une petite ville où chacun se connaît. Ainsi, celui qui dévie de la « normalité » est montré du doigt, que ce soit Atticus qui fait tout ce qu’il peut pour élever ses enfants et qui ne veut pas se remarier, ou encore le voisin qui n’est pas sorti de chez lui depuis 30 ans, et sur qui tous les fantasmes se cristalisent. On a beau côtoyé des personnes depuis toujours, penser qu’ils sont bons, et pourtant, leur nature se révèle à un moment ou un autre. C’est ce que vont devoir apprendre Scout et Jem. Les préjugés, les ragots, qui font finalement plus de mal qu’on ne le croit. En même temps, Harper Lee n’est pas dans un schéma « nique tout », pas de violence ou de remise en question en bloc, mais surtout, il faut du temps pour que les gens s’habituent, les choses vont donc petit à petit, pas à pas. Je me demande ce que deviendra Scout après le roman, surtout qu’il y a l’injonction de la tante Alexandra, femme qui tient à faire d’elle une « dame » et tout ce que cela implique.

Dans ce roman, le thème de l’école comme une institution carcérale est fortement mis en avant. La petite Scout n’aime pas l’école, elle qui était impatiente d’y mettre les pieds en voyant son frère y aller. Malheureusement pour elle, l’école constituera des années de journées ennuyeuses pour elle, surtout qu’elle est en avance pour son âge, sachant lire depuis son plus jeune âge. Ainsi est soulignée l’absurdité d’une école qui tient à suivre un certain programme, demandant même à Scout de désapprendre ce qu’elle sait, lui interdisant la lecture, uniformisant donc tout le monde sur un même moule, tout le monde devant comprendre et apprendre de la même manière.

J’ai beaucoup aimé ce livre, et surtout la première partie avec les enfants qui jouent, qui se posent des questions sur tous les sujets. Les phases de jeux m’ont beaucoup plu, alors qu’elles ont ennuyé d’autres personnes (cela vient sûrement du fait que j’aime l’enfance). Ce sont lors de ces phases de jeu que se révèlent la personnalité des enfants. Que l’histoire soit vue par une fille est également quelque chose qui m’a plu, on voit qu’il est souvent difficile d’être une fille dans un groupe en majorité masculin, avec des garçons qui ont toujours cette injonction du « tu ressembles de plus en plus à une fille » pour indiquer qu’une personne est chiante. C’est un roman que je trouve riche, par sa narration, mais aussi par ses nombreux thèmes finalement. Le tout y est souvent traité avec finesse et la personnalité haute en couleurs de Scout y est pour beaucoup. Moi qui n’aime pas les cadeaux (surtout de Noël, je les vois comme un calvaire et une forme de politesse forcée…) je dois admettre que celui-ci fut très beau, ne connaissant absolument pas ce livre. Par contre, le quatrième de couverture est un peu tiré par les cheveux, comparant Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur avec L’attrape-coeurs. Les dernières pages contiennent une postface de la traductrice, Isabelle Stonaïov, très intéressante, avec aussi une petite frise sur les événements historiques dont il est question dans le roman. Le titre original du roman est To Kill a Mocking Bird.

Poster un commentaire »

Albator, le corsaire de l’espace

J’ai 30 ans. Et je regarde pour la première fois Albator, le Corsaire de l’espace, connu aussi sous le titre Albator 78. Contrairement à beaucoup d’enfants, je n’étais pas attirée par les histoires de science fiction, que je trouvais bien souvent trop compliquées. Albator est un personnage culte évidemment, mais chaque fois que son image apparaissait à l’écran, je me sentais obligée de changer de chaîne. Vous penserez sans doute que j’aimais donc les dessins animés à destination du public féminin, vous vous mettrez le doigt dans l’oeil… j’avais des goûts très enfantins, fallait que ce soit rond, coloré et souvent avec des animaux (qui causent). Sur ce dernier point, je n’ai pas beaucoup évolué. Mais pourquoi cette année? Leiji Matsumoto a été invité d’honneur de la 40ème édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Et je ne connais absolument pas son oeuvre. Après avoir demandé conseil, j’en ai conclu que le manga Albator, le corsaire de l’espace sorti chez Kana est à éviter, et qu’il est plutôt recommandé de regarder les adaptations animées de ses manga. Comme je ne connais rien sur l’univers d’Albator, si ce n’est la figure mythique du corsaire, j’ai choisi la série de base qui date de 1978, en VO afin d’éviter toute nomenclature française. La série compte 42 épisodes et a été réalisée par Rintaro en 1978 chez Toei Animation.

albator78 Lire la suite »

11 commentaires »

Grease Monkey

Grease Monkey est l’oeuvre d’un certain Tim Eldred, un homme ayant pas mal travaillé dans l’animation américaine, grand amateur de science fiction, en particulier de ce qui se passe dans l’espace (il apprécie Star Wars, Battlestar Galactica, et certains anime japonais). Dans son ouvrage, Eldred raconte la genèse de sa série, qui se déroule du début des années 90 aux années 2000. Pour résumer, comme certains autres de ses compagnons, Eldred a eu envie d’écrire autre chose que du super héros, ce qui était difficile dans les années 90. Il voulait écrire une comédie se déroulant dans l’espace, avec des êtres humains banals, et puis un gorille, tout cela sur fond de guerre (les humains dont on parle peu pendant une guerre: l’administration, les mécaniciens, etc…). Cela donna Grease Monkey, édité au début par Kitchen Press, ensuite par Image Comics, et puis enfin, en recueil chez Tor. Le recueil en question contient donc 350 pages environ, en noir et blanc (bien que les six premiers épisodes sont à l’origine en couleurs, épisodes qu’on peut trouver gratuitement ici). D’après l‘interview en ligne, et les bonus du recueil, une suite est prévue.

greasemonkey

L’intrigue se déroule dans un futur lointain, dans lequel la Terre a été victime d’envahisseurs extra-terrestres. La Terre a été sauvée par une entité extra-terrestre pacifique appelée les Benefactors (Bienfaiteurs) mais les dégâts sont là: 60% de l’humanité a été décimée. Les Bienfaiteurs proposent alors à d’autres espèces terriennes de participer à une évolution rapide afin de faire jeu égal avec les homo sapiens: les dauphins ayant refusé (60% de pollution en moins dans leurs eaux, une aubaine!), la proposition est allée aux gorilles qui ont de suite accepté. Et voilà donc les Terriens engagés dans une guerre intergalactique contre les envahisseurs. Robin Plotnik, notre héros, est une jeune devant faire son service d’une année à bord du Fist of Earth (le Poing de la Terre) comme assistant mécanicien de Mac Gimbensky, un gorille au caractère pour le moins très personnel. Si au départ, Robin appréhende son affectation, il va s’avérer que Mac et lui vont devenir très rapidement inséparables. Mac et Robin sont les mécaniciens du meilleur escadron de pilotes exclusivement féminin dont la tête s’appelle Barbara: les Barbarians.

Voilà une excellente surprise, résultat d’un cadeau d’anniversaire pour mes trente ans. Il est vrai qu’avec un gorille anthropomorphe sur la couverture, cela ne pouvait que me plaire. Vu le passif de l’auteur de ce cadeau, je ne pouvais que rire quand j’ai vu le nom du héros: Robin. Le vaisseau spatial n’est ici qu’un prétexte pour Tim Eldred, un décor. Car l’histoire est réellement centrée sur la vie quotidienne des personnages, le tout de manière humoristique, abordant toute sorte de sujets: la fiction, la science fiction, l’histoire, les différences culturelles, le travail, le passage à l’âge adulte, les parents mais aussi les histoires de cœur, et même les élections. Le tout est porté par un duo, comme les buddy movies de Hollywood.

L’amour constitue un sujet qui revient fréquemment dans l’histoire: Robin est un adolescent plein de bonne volonté, gentil, mais un peu maladroit en amour, il aime une certaine Kara. Kara, elle, est une jeune femme indépendante, ayant du caractère, très intelligente, mais qui s’ennuie au plus haut point à la bibliothèque, endroit dans lequel son service civil lui a été affecté. Mac, le gorille et mentor de Robin, est un adulte ayant de l’expérience et ne voulant pas entrer dans un certain moule, il est amoureux de la plus belle femme gorille qu’il n’ait jamais vue, le colonel Stelter. Là, plus que la maladresse, c’est plus une question de timing qui fait que les amoureux ne peuvent se réunir, le colonel étant la personne la plus importante de cet immense vaisseau, ayant donc de lourdes responsabilités (et des collaborateurs pour le moins manches, il faut bien l’avouer). Les personnages sont tous stéréotypés mais superbement campés et donc terriblement attachants, chacun ayant ses qualités et ses défauts, chacun ayant sa petite histoire.

Mac contemple l'élue de son cœur, le colonel Stelter... Si c'est pas romantique!

Mac contemple l’élue de son cœur, le colonel Stelter… Si c’est pas romantique!

Les différences culturelles, ou plutôt l’aspect ethnique, est abordé du point de vue de Mac. Les gorilles du vaisseau ont une certaine vision des choses, qui ne cadre pas forcément avec celle des humains. Mac est là pour d’une part souligner les absurdités, parfois, des homo sapiens, mais aussi pour avoir sa vision de certains événements historiques, surtout que l’Histoire est bien souvent écrite par les humains. L’histoire d’un certain Ishmaël, premier gorille dont l’évolution a été accélérée, est souvent mise en doute par Mac. Cela renvoie donc aux événements de l’Histoire vus par des peuples, différente de celle par d’autres. Les fictions sont tout aussi abordées, et rappelle un certain Spike Lee, toujours prêt à contester la vision de réalisateurs « blancs » sur par exemple le jazz, ou la Seconde Guerre Mondiale (le dernier clash en date étant d’ailleurs au sujet de Django Unchained). En fait, ces différences culturelles renvoient surtout aux différents groupes ethniques qui peuplent les Etats-Unis. Mais malgré tout, beaucoup de choses réunissent gorilles et humains, et c’est là finalement, le plus important. Le racisme fait aussi face, certains groupuscules craignant que les gorilles retournent soudainement à leur état animal. Mais aussi, Eldred se moque de la langue de bois américaine, certains mots comme « Monkey » étant interdits pour désigner les gorilles par exemple.

greasemonke-cover

La couverture du TPB

Tout au long des 350 pages, on verra Robin grandir et évoluer, devenir petit à petit plus adulte, plus réaliste aussi, lui qui est naïf, plein de volonté, plein de gentillesse, mais qui ne connaît pas grand chose à la vie. C’est le type de personnage adorable et qu’on aime bien, malgré ses maladresses (mais quel boulet avec Kara!!!!), et qu’on a envie de suivre. L’histoire d’amour est d’ailleurs excellente, je pensais, vu le ton généralement positif et heureux de l’ouvrage, que Kara retournera forcément avec Robin à la fin de l’histoire. J’ai eu tort, Eldred ayant voulu finalement éduquer son héros pour l’endurcir un peu. La réalité est ainsi, et tout ne se passe pas comme prévu, les erreurs faisant partie de la vie.

Voilà donc un ouvrage absolument drôle, fun, bien écrit, avec un tas de personnages attachants et suffisamment stéréotypés mais pas trop. Y’a pas à dire, le capital sympathie est clairement là. Et puis, je le répète, il y a un gorille mécano. Et ça, c’est trop chouette! D’ailleurs, à cause de Grease Monkey (mais aussi à cause de Hellboy), ma curiosité à propos de Monkeyman & O’Brien a été ravivée… Voilà un ouvrage facilement trouvable à l’achat, pour vraiment pas cher, et que je conseille à ceux qui veulent lire une comédie bien fun, sur les relations humaines, dans l’espace. Côté graphisme, c’est très classique mais clair. Enfin, les personnages féminins ont tous du caractère, je n’ai pas trop croisé de pots de fleurs, et l’escadron champion est uniquement composé de femmes. Autre chronique: Comics Worth Reading. Parce que les œuvres de type comédie j’ai beaucoup de mal à en parler… Même avec un gorille anthropomorphe dedans.

Poster un commentaire »

Darren Shan

Darren Shan est une saga de 12 romans sortie de l’imagination de Darren Shan. Cette série de romans visant un public ado est un best-seller et se déroule dans l’univers des vampires. Je n’ai pas lu le roman, mais son adaptation en manga par Takahiro Arai (新井隆広) qui signe ici son premier manga (il est depuis sur sa propre série intitulée Arago, qui sort chez Pika). Une adaptation filmique reprenant les trois premiers romans a également vu le jour, sans suite, faute de succès. L’adaptation manga comporte aussi 12 volumes, chacun d’eux correspondant à un roman. Darren Shan (ダレン・シャン) a été prépublié dans le Shônen Sunday de Shogakukan de 2006 à 2009. L’édition française est assurée par Pika, la série est également licenciée aux Etats-Unis et au Royaume Uni, où elle porte le titre de Cirque du Freak.

darrenshan Lire la suite »

Poster un commentaire »

Eve No Nemuri – Yasha Next Generation

Eve No Nemuri – Yasha Next Generation (イヴの眠り ― YASHA NEXT GENERATION – littéralement « Le Sommeil d’Ève ») est un manga de Akimi Yoshida (吉田秋生). Il s’agit de la suite de Yasha (YASHA 夜叉) et l’histoire se déroule 18 ans après. Eve No Nemuri  est prépublié en 2004 dans le magazine Flowers de Shogakukan et s’étale sur 5 volumes. L’héroïne de la série n’est autre que la fille de Sei Arisue, le héros de Yasha. J’ai lu cette série par l’édition taïwanaise de Tong Li Comics, en chinois traditionnel (et en édition officielle) sous le titre 沈睡的夏娃. Ce post contient des spoilers, notamment sur Yasha, puisque cette série se déroule après. Images à venir si je n’ai pas la flemme de prendre des photos.

eveNoNemuri_vol3_jp Lire la suite »

7 commentaires »

Yasha

J’ai décidé de réécrire un article pour parler de la série dans sa globalité, maintenant que j’ai tout (re)lu, présentant donc de nouveau la série, même si cela a été fait dans un autre post. N’étant pas très douée pour organiser mes écrits, j’essaie tout de même de « pondre » ce texte une fois pour toute (il s’agit d’un de mes combats contre la procrastination cette année, écrire même si je ne suis pas satisfaite, au moins pour les manga dont on parle peu). J’ai lu l’intégralité de la série en chinois chez l’éditeur taiwanais Tong Li Comics (en traditionnel, édition officielle pour ceux que ça intéresse, vu que la question surgit de temps à autre).

yasha_vol5_jp

Yasha (YASHA 夜叉 – littéralement « Démon » ou « Esprit maléfique ») est la série la plus célèbre de Akimi Yoshida (吉田秋生) après Banana Fish. Il s’agit d’une histoire mêlant complots, action et eugénisme, avec des bishônen. La série est prépubliée de 1996 à 2002 dans le Bestucomi dans un premier temps, pour ensuite migrer vers le Flowers toujours chez l’éditeur Shogakukan. L’histoire s’étale sur 12 volumes et le succès est au rendez-vous: en 2004, une adaptation drama voit le jour, ainsi qu’une suite, Eve No Nemuri – Yasha Next Generation (イヴの眠り―YASHA NEXT GENERATION – littéralement « Le sommeil d’Ève »). Cette suite qui se déroule 18 ans après la fin de la série est prépubliée dans le Flowers et compte 5 volumes. Petite remarque à ce propos, Eve No Nemuri n’est pas le prologue de Yasha comme l’affirme le dossier sur Banana Fish de Manga-news (j’ai demandé une modification plusieurs fois sans résultat). Pour ma part, avec cette histoire de jumeaux ennemis, cette histoire m’a rappelée Eternal Sabbath de Fuyumi Soryo. Enfin, il existe un art book au sujet de Yasha constitué d’illustrations représentant les deux frères nommé Double Helix.
Lire la suite »

9 commentaires »