Ashinaga Ojisantachi No Yukue (Ichiko Ima)

Ashinaga Ojisantachi No Yukue (あしながおじさん達の行方) fait partie des boys’ love de Ichiko Ima, plus connue en France pour sa série phare – et regrettée – Le Cortège des cent démons. Prépubliée dans le magazine Hanaoto (花音) de l’éditeur Hôbunsha en 1999, l’histoire s’étale sur deux volumes. Il semble que la mangaka est une habituée du Hanaoto dans lequel sont déjà parus plusieurs de ses boys’ love: Boku no yasashii oniisan (僕のやさしいお兄さん), Otona no mondai (大人の問題), Rakuen Made Ato Mou Chotto (楽園まであともうちょっと) et l’actuellement en cours Homeless Salary Man (ホームレス・サラリーマン). Le titre, particulièrement long à retenir , signifie littéralement quelque chose comme « A la recherche de mes Papas longues jambes ». A Taïwan, la série est éditée par l’éditeur aujourd’hui disparu Daran (大然) sous le titre 沉浸在彼方的幸福 (attention aux contrefaçons, l’édition officielle est verte, comme sur cette photo).

Ashinaga Ojisantachi no Yukue

La référence à Papa longues jambes est bel et bien présente, comme en témoigne le synopsis. A l’âge de 5 ans, Kasuga Yoshioka (吉岡春日) a été abandonné par sa mère dans un orphelinat où il a grandi depuis. Aujourd’hui, Kasuga a 15 ans et veut à tout prix quitter ce lieu afin de devenir indépendant et subvenir à ses propres besoins en travaillant. Cependant, Kasuga a des « anges gardiens » ayant veillé sur lui toutes ces années et lui ayant payé ses études jusqu’au lycée. De plus, comme dans Papa longues jambes, un de ses bienfaiteurs lui écrivait très souvent des lettres. C’est donc dans cette optique qu’il décide de retrouver ses 5 bienfaiteurs afin de les remercier et d’en savoir plus sur ses origines.

Le point de départ de ce boys’ love ne ressemble pas à la plupart de ceux qu’on a pu voir en France. Je m’avance peut-être un peu, n’étant pas une grande lectrice des titres (principalement) proposés par Taïfu. Tout comme dans Otona no mondai et Boku no yasashii oniisan (dont je n’ai malheureusement pas parlé ici mais voici mon avis pour le premier, et le second), Ima s’intéresse avant tout aux relations entre les personnages en général, plus qu’aux histoires purement romantiques. Ainsi, la vie quotidienne à travers une curieuse cohabitation et la famille au sens large sont au centre de Ashinaga ojisantachi no yukue. Un peu comme dans Otono no mondai, et c’est ce qui constitue une particularité dans les boys’ love d’Ima, l’homosexualité ne concerne pas en premier lieu le héros de l’histoire, mais plusieurs personnages masculins de l’histoire nourrissent des sentiments amoureux pour un autre homme.

Très souvent, dans les histoires de Ima, j’ai remarqué que les parents divorçaient ou se séparaient, donnant lieu à des familles recomposées. C’est un peu moins le cas ici (du moins au début de l’histoire…) mais cela permet à Ima de composer avec le sens de la famille et de faire un peu réfléchir sur ce sens. Dans Ashinaga ojisantachi no yukue, on part d’un héros sans famille qui va découvrir la vie à plusieurs dans un petit appartement. Dés le début de l’histoire, il va retrouver 3 de ses bienfaiteurs, et va vivre chez l’un d’eux, Natsumi Suzuki (鈴木夏海), concierge d’un immeuble, et c’est d’ailleurs dans ce même immeuble que vivent en couple deux autres de ses bienfaiteurs: Kyōhei Yamamoto (山本恭兵) et Kaoru Akiyoshi (秋吉薫). Alors que Natsumi propose à Kasuga de vivre avec lui débarque un autre adolescent du même âge – Yasuhiro Naito (内藤也寸尋) – complètement épris de Natsumi, décidé de vivre en couple avec l’objet de son amour. Cet adolescent a lui aussi une vie bien compliquée car il ne veut plus vivre avec sa mère et son cinquième mari avec qui il ne s’entend pas. Et j’oubliais aussi autre chose: Natsumi est aussi le quatrième mari de sa mère, et avec qui il a passé de très bons souvenirs. A noter que le métier de concierge d’immeuble de Natsumi évoque la première histoire professionnelle de Ima: My Beautiful Green Palace (マイ ビューティフル グリーン パレス) qu’on retrouve dans le recueil d’histoires courtes Natsukashii Hana no Omoide (懐かしい花の思い出).

Au milieu de tout ce tumulte (et une colocation assez folle dans un espace tout petit), Kasuga se cherche et tente surtout d’en savoir plus sur les raisons qui ont poussé ses bienfaiteurs à l’aider lui, ce qui constitue donc le fil rouge de l’histoire. Alors que mon texte ne le reflète pas vraiment, l’humour est omniprésent au long du manga. On avait déjà remarqué le talent de Ima pour faire rire dans Le cortège des cent démons et cela continue effectivement dans ses autres titres moins empreints de fantastique (Otona no mondai notamment). Quant au fil rouge, celui-ci s’avère plutôt intéressant et l’histoire est tout aussi bien menée de ce côté, le mystère étant préservé jusqu’à la fin du manga, de même ce qui lie tous les bienfaiteurs et les raisons de l’aider. Les relations entre les personnages sont pleines de surprises (et de piquant) et le ton est évidemment très positif (et empreint d’un certain flegme), alors que l’histoire en soi n’est pas drôle du tout: orphelins, divorces, parents démissionnaires et autres drames que je ne révèle pas ici. Cette note un peu légère et envolée rappelle un peu Kiki dans Love Me Tender (à quand le volume 7?), et c’est sans doute le point commun qui existe entre les mangaka très fortes dans la tranche de vie telles que Fumi Yoshinaga, est em (dans Happy End Apartment notamment), Ichiko Ima ou encore Reiko Okano (j’en oublie peut-être).

Au final, la famille n’est pas seulement « un papa + une maman = des enfants », mais plutôt des personnes qui vivent sous le même toit, qui s’aiment et sont solidaires. Comme dans Otona no mondai, l’homosexualité n’est pas forcément bien vécue par les parents du concerné, voyant ce choix comme une « maladie à guérir » voire une passade, et non un véritable amour, voulant même aller jusqu’à un mariage contraint pour guérir le « malade ». Les histoires d’amour sont présentes mais ne prennent pas le pas sur l’intrigue, le tout constituant plutôt un fond comique, comme l’adolescent amoureux de Natsumi au début du manga, ou encore cette histoire passée entre Natsumi et son ami Kyōhei, le premier devenant un peu « dangereux » après avoir un peu trop bu, ne sachant plus trop avec qui il partage son lit (il n’a pas vu une certaine prévention contre l’alcool dans les années 90 lui…). En bref, Ashinaga ojisantachi no yukue est un excellent manga signé Ichiko Ima sous le signe de la comédie. Petite remarque sur la lecture ceci dit, je trouve les manga de Ima plutôt longs à lire: beaucoup de cases dans une page, pas mal de dialogues aussi, ce qui prend du temps. Après, je n’ai pas noté de difficultés sur le vocabulaire. Enfin, on ne voit quasiment pas de scènes de sexe dans les boys’ love de Ima. Graphiquement, on retrouve Ima avec son dessin habituel, toujours très doux et particulièrement agréable (quand on l’apprécie).

Fancy Dance (Reiko Okano)

Fancy Dance (ファンシィダンス) est un manga de Reiko Okano (Onmyôji – celui qui parle aux démons chez Delcourt) prépublié entre 1984 et 1990 dans le Petit Flower (プチフラワ) de Shogakukan. En 1989, Okano reçoit le 34ème prix Shogakukan dans la catégorie shôjo pour cette série. Au Japon, l’histoire de Fancy Dance s’étale sur 9 volumes (tankôbon), mais la série est (semble?) plus facilement trouvable en format bunko en 5 volumes. A Taïwan, Fancy Dance prend le titre 摩登和尚 (sous-titré Modern Monk, il s’agit de la traduction littérale du titre en chinois) en 8 volumes, chez l’éditeur Sharp Point Press (尖端). Chez cet éditeur, les manga des années 90 étaient souvent affublés d’un sous-tire en anglais (Marginal de Moto Hagio est par exemple sous-titré Infertile World). Le succès de Fancy Dance fut tel que le manga a connu une adaptation filmique réalisée par Masayuki Suo.

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L’histoire se penche sur Yôhei Shiono (塩野陽平), étudiant branché qui vit à Tokyô au début des années 80. Véritable citadin des temps modernes, il aime fréquenter les endroits « in » de la capitale, fait partie d’un groupe de rock baptisé les Flamingos et surtout, il aime son look, choisissant ses tenues avec grand soin. Le seul problème dans sa vie, c’est sa famille et surtout son père: il est le moine bouddhiste d’un temple d’une petite ville de province, et Yôhei doit hériter de ce temple, vu qu’il est le fils aîné. Il a bien un petit frère, Ikuo, mais surprotégé par sa mère, il a été diagnostiqué « trop fragile psychologiquement ». Entre autre, Yôhei fait la connaissance de Masoho (赤石真朱), jeune femme tout aussi belle et fashion que Yôhei et au caractère bien trempé. Les deux ont visiblement des sentiments l’un pour l’autre, mais Yôhei doit tout de même suivre sa formation de moine dans un monastère pendant plusieurs années, ce qui le coupe de sa bien-aimée.

Reiko Okano a dû batailler avec son éditeur, si on en croit les dires de Frederik Schodt dans son Dreamland Japan, pour écrire sur un moine bouddhiste, tellement le sujet semblait ringard à cette époque au Japon (et sinistre, les moines bouddhistes étant plus associés aux funérailles qu’autre chose). C’est peut-être pour cela que Okano a dû rassurer un peu son public en inscrivant l’histoire dans un Tokyô très moderne entre discothèques et autres fringues à la mode. Le début est plein d’humour et un peu ringard, c’est une comédie sentimentale qui prend son temps (on est dans les années 80, le premier bisou c’est jamais tout de suite!). Pour autant, Okano n’est jamais ennuyante dans le sens où le couple prend un peu son temps pour se former, mais pas trop de quiproquos ou autres comportements puérils faisant allonger la sauce. Côté dessins, on retrouve le talent graphique de Okano.

La relation entre Yôhei et Masoho est très humaine et évolue petit à petit, les sentiments se développent mais les personnages sont souvent en proie à des réflexions, surtout Masoho qui s’interroge beaucoup sur la notion de liberté et du couple. Car la liberté est un thème central pour cette jeunesse qui tente de croquer la vie à pleine dent, Masoho ne veut pas « changer Yôhei », et c’est une des difficultés l’empêchant en quelque sorte d’accepter ses sentiments amoureux. J’ai malgré tout eu un peu de mal à lire cette partie, entre les noms de groupes, d’endroits et le côté un peu ringard (puis faut dire que j’étais là pour voir des moines!!!). Cette partie sur une jeunesse insouciante, vu le contexte économique du Japon, m’a fait penser à Tokyô Girls Bravo de Kyôko Okazaki, ou à PIL de Mari Yamazaki. Dans les deux cas, la musique est très présentes et les vêtements très datés (ou du gros n’importe quoi… si j’arrive à prendre des photos). La narration est un peu ancienne aussi, Okano s’attarde beaucoup moins sur les personnages secondaires que dans les manga qu’on peut lire de nos jours, l’histoire se centrant vraiment sur le héros Yôhei, puis Masoho, qui tient le rôle féminin principal.

Le tout décolle avec le volume 3 lorsque Yôhei suit enfin la (tant attendue!!!) formation de moine dans un temple bouddhiste Zen (école Sôtô d’après Schodt). Là, finie l’ambiance ringarde pour aller dans un monde clos, sévère, austère, pleine de personnes sans cheveu. La vie dans le temple est très détaillée, de même que la formation. J’ai malheureusement été victime de flemmingite du dictionnaire, et il se trouve que je n’ai donc pas tout compris aux différents grades. On reconnaît le côté toujours détaillé et érudit des manga de Okano. Toujours est-il que le tout fut passionnant, et à partir de ce moment, je dois dire que j’ai eu beaucoup de mal à quitter les pages de Fancy Dance. Pour autant, l’ambiance n’est absolument pas austère, bien au contraire. Car Yôhei, accompagné de son petit frère, se fait de nombreux amis lors de cette formation, et ceux-ci ne sont pas les derniers pour la déconne! Même si les repas sont frugaux, l’alcool interdit, la viande proscrite, la vie chaste, les jeunes sont toujours pleins d’énergie et d’entrain pour tenter d’enfreindre les règles et s’amuser, donnant lieu à de multiples punitions et donc, pas mal de moments rigolos (le KFC, le matage de Saint-Seiya en cachette, les beuveries, le karaoké, le taxi). Côté dessins, je suis gâtée, entre les bâtiments, les tenues de moines et ces jeunes hommes chauves. Et puis il faut dire qu’au niveau du visage, Yôhei se Seimei-ise…

Yôhei est un héros décidément attachant. Il sait se montrer très drôle et un peu idiot, mais il lui arrive souvent, même avant sa formation bouddhiste, de réfléchir sur beaucoup de choses, sur la vie, sur l’être humain. Il progresse sous nos yeux lors de sa formation, et finit par apprécier la vie au temple et surtout les instants de méditation. Alors qu’il pensait partir une année, Yôhei reste plusieurs années au monastère, et plusieurs vieux moines s’attachent à lui. Le retour à la ville s’avère difficile, de même que le retour avec sa bien-aimée. Tout au long de la formation, Masoho et Yôhei restent en contact au moyen de lettres, et on voit tout de même les deux évoluer chacun de leur côté. Masoho finit par trouver un boulot de bureau, en tant que OL (office lady, un job qu’on voit souvent dans les manga comme une espèce  de moyen pour rencontrer des hommes ayant une situation stable…), mais se montre plus travailleuse que je ne le pensais, et monte peu à peu les échelons. Elle se voit comme une femme indépendante économiquement parlant.

Le mariage est une discussion souvent abordée lors de discussions entre copines, et tout cela me paraît bien loin (déjà que je n’y pense jamais…) aujourd’hui, car toutes même lors des années étudiantes, désirent trouver un mari. Parmi les amies de Masoho, on s’intéresse à l’une d’entre elles restée célibataire lors d’un chapitre, voyant tout son entourage se mettre en couple (elle devient professeur d’anglais et mate les voyous, elle m’évoque un peu une Gokusen). Au final, elle connaîtra aussi le « bonheur », évidemment. Il y a quelque chose de daté dans ces histoires de mariage et de couple. Et même Masoho, finalement, s’inquiète de la direction qu’elle veut donner à son « couple », se demande ce que « veut » Yôhei, attendant plutôt sagement son amoureux qui doit descendre de la montagne, une partie de la personnalité de Masoho qui m’a quelque peu étonnée. C’est sans doute le contexte social de l’époque, un peu plus coincée sur ces histoires de mariage. Et puis il ne faut pas s’attendre à grand chose à part quelques bisous entre Masoho et Yôhei, celui-ci étant un homme correct (après, c’était plus difficile au milieu du manga).

La famille de Yôhei est assez peu abordée, mais chaque fois qu’elle est mise en avant, c’est souvent un bon moment de rigolade. Il faut dire que la dynamique entre tous les membres est cocasse. Yôhei est souvent jaloux de son petit frère Ikuo, qui parvient souvent à se faire aimer de tous, que ce soit dans la famille ou pendant la formation de moine où il n’est pratiquement pas puni! Il a un don pour éviter les ennuis, et n’a même pas besoin de se battre contre son père pour pouvoir faire partie d’un groupe de rock. Même avec les filles, la vie lui sourit! Tout ceci attise la jalousie de Yôhei qui n’hésite pas à lui jouer de mauvais tours. Quant à Yôhei et son père, l’engueulade ayant lieu au début du manga est juste tordante, avec le père qui finit par hurler un « OH MY BUDDHA! », réminiscence de l’humour Okano, celle-ci aimant tant faire dire des « OH MY GOD » dans son Yômi Henjô Yawa, et je suppose que ce doit être le cas dans Onmyôji aussi. La mère n’est pas mal dans son genre, à surprotéger son Ikuo chéri, une belle femme qui arrive même à attirer de vieux moines (au grand dam de Yôhei…). Que dire alors de la grand-mère, farceuse au possible, et lisant son roman SM lors d’une cérémonie bouddhiste pour l’âme de son défunt mari… Bref, une famille que j’ai regretté de trop peu voir, vraiment!!!

En bref, si vous le pouvez, il faut tenter l’aventure Fancy Dance. C’est très drôle, très bien écrit, les personnages principaux sont attachants et le trait de Okano est déjà très joli. Mais c’est surtout sur la formation au temple bouddhiste Zen que le tout s’envole vraiment, la description dans la vie au monastère marque une rupture graphique et narrative. Les deux derniers volumes, dans lesquels Yôhei revient en ville, sont tout aussi passionnants, entre réflexions philosophiques de Yôhei et doutes de Masoho, le tout ponctué de nombreux gags. Surtout, les personnages grandissent, on a sous les yeux un véritable passage à l’âge adulte sur plusieurs années (l’action se déroule entre 1984 et 1990) dans un environnement daté. Okano est une auteure pleine d’humour, parfois décalée (elle le prouve dans Onmyôji ou Yômi Henjô Yawa moins dans The Calling ceci dit), comme lors d’un chapitre dans lequel on laisse de côté notre héros et le Tokyô des années 80 pour… la Grèce Antique! Ce procédé m’a presque rappelé le fameux volume de Hôshin où Fujisaki parle de remplacer la série par un manga de sport. Un mot ceci dit, le tout peut être un peu long à lire, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de cases dans une planche, et que les dialogues sont nombreux (le tout est peut-être biaisé du fait de ma lecture en chinois). On peut retrouver un article sur Fancy Dance dans l’ouvrage en anglais Dreamland Japan de Frederik Schodt (un grand merci à la personne qui me l’a prêté), puis une chronique sur le site italien Shoujo Manga Outline.

Tout ceci m’a malheureusement donné envie de relire Ikkyû de Hisashi Sakaguchi, aujourd’hui devenu bien rare (je me demande si il y a un problème avec les droits, il n’y a pas eu de réédition depuis celle de Vents d’Ouest il y a dix ans. L’édition taïwanaise semble également coûter un bras). J’ai été trop jeune et trop bête pour l’acheter à l’époque dans l’édition Glénat (l’édition Vents d’Ouest étant bien trop grand format, et le papier glacé pour du noir et blanc, sans commentaires, heureusement qu’il est dispo à la bibliothèque).

(images à venir… je ne garantis rien)

A-Un de Mari Okazaki – extraits

A-Un Mari Okazaki

Mari Okazaki est une mangaka que j’ai toujours trouvé intéressante, et ce depuis la sortie de Déclic amoureux à l’époque où Akata travaillait avec Delcourt (ça fait déjà dix ans!), même si je ne peux me vanter de l’avoir soutenue (et je le regrette aujourd’hui). Avec Complément Affectif, elle prouve qu’elle est également capable d’écrire une série longue comme des histoires courtes. Depuis, elle a sorti & qui s’est terminé au volume 8, puis s’est lancée dans A-Un (阿吽), un seinen prépublié dans le Gekkan! Spirits, première incursion dans la catégorie éditoriale étant donné que Okazaki était jusque là publiée dans des revues shôjo ou josei.

Un titre qui m’a intriguée dés l’annonce de sa sortie, déjà pour le côté seinen, mais surtout pour son sujet: des moines bouddhistes! L’histoire se déroule à l’ère Heian (l’époque de Onmyôji de Reiko Okano, à quand le volume 8?), ce qui promet des kimono. D’ailleurs, les kimono et le dessin d’Okazaki font bon ménage: quelques illustrations dans Complément Affectif, dans &, mais aussi une histoire courte du Cocon (un poil glauque d’ailleurs). Mais aussi et surtout, il s’agit des moines Kûkai et Saicho, fondateurs des temples Enryaku et Kôya (ce qui me fait penser à Sorata de X… souvenirs de vieille peau), d’après Manga-news.

Evidemment, je n’ai pas lu ce manga. Mais si vous voulez voir à quoi ressemblent les planches, Shogakukan propose des pages du premier chapitre ici. Il suffit de cliquer sur le bouton bleu de la page. Le découpage reste toujours aussi particulier.

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Le volume 1 vient de sortir, et je dois dire que les moines font un peu des têtes de psychopathes dessus. Encore plus de cernes que Sanzô dans Saiyuki!

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Pour information (si cela peut intéresser quelqu’un), la série & a commencé il y a quelques mois à Taïwan chez l’éditeur Tong Li sous le titre & ~ 兼職 (nom de l’auteure 岡崎真里) avec 2 volumes sortis. Espérons qu’elle ira à son terme. Pour le moment, je me demande si une sortie est envisageable en France. Pour A-Un, je ne sais pas du tout ce qu’il en sera. Il faut dire que le nom de Mari Okazaki n’est pas des plus vendeurs, et que les histoires de bouddhisme ne semblent pas non plus des plus attirantes…

Petit ajout: interview de Mari Okazaki sur Akata (faite dans le cadre du Feel Young, je suppose).

En panne!

Comme vous (rares lecteurs et lectrices) l’aurez sans doute remarqué, je n’ai pas écrit de l’année ou presque sur ce blog. La raison? Sûrement pas le temps car je reste tout de même active en tant que forumeuse, ma vie sociale est toujours aussi désertique et surtout, je n’arrête pas de penser à mes lectures!

Au départ, dans ce blog, je voulais avant tout regrouper tous mes bla-bla manga lus en chinois, étant donné qu’il est plus facile de s’y retrouver ainsi que sur un forum (et peut-être faire profiter quelqu’un qui rechercherait des info sur tel ou tel manga). Je ne parviens pas vraiment à trouver l’origine du blocage, sans doute la perte d’habitude de ce blog. Pourtant, la spontanéité ayant été plus ou moins  mon credo ici, j’aurais dû écrire, même si c’est pour dire des trucs complètement inintéressants, dans ma relation entre moi et… mes manga voire mes lectures.

Pourtant, il y avait matière à écrire vu toutes mes lectures cette année, dont pas mal de manga inédits en français. Je pense aussi qu’écrire sur un manga à moitié compris m’a un peu bloquée, plus que sur un forum. Pourtant, c’était un peu le but, écrire bien que tout n’a pas été compris, et relire ensuite! La flemme n’est pas totalement étrangère à tout cela non plus, malheureusement. Je suis ainsi retombée dans cet état difficile de fainéante …

L’année manga fut plus ou moins éprouvante, dans le sens où, pour celles et ceux qui l’ignorent, je me suis fixée un budget mensuel avec un dépassement permis inférieur à 5€. Le plus difficile a été de rester raisonnable tout en achetant des manga en chinois, avec les frais de port élevés, et ne pas craquer en librairie (un véritable défi, surtout en septembre! Malheureusement, je n’ai pas beaucoup soutenu le marché français…).

En plus de cela, j’ai été assez drastique et je me suis plus ou moins forcée à lire tous les manga/comics/BDs achetés et non lus chez moi. Ce fut donc éprouvant car je ne pouvais pas trop déroger. Éprouvant mais néanmoins efficace puisque certains livres traînaient depuis des années ont été lus. Dans ce tas de livres (enfin bandes dessinées), on peut distinguer les oubliés par flemme, d’autres par peur (chinois, allemand), et finalement, ce ne fut pas si terrible (même si certains furent à moitié compris, il faudra les relire…). A vrai dire, même en français, il me faut parfois lire deux fois pour saisir réellement quelque chose, je ne parle même pas d’une autre langue!

Au final, je ne sais pas encore si je réécrirai ici. J’aimerais quand même faire un peu vivre cet espace, que ce soit sur les manga ou sur des trucs « ma life » toujours en relation avec les manga (en fait 80% de ma vie tourne autour! une véritable obsession, je dois bien me l’avouer…). Rien que ce billet fut un défi, alors qu’il n’est pas structuré et mal écrit. D’ailleurs, le fait de tenir un blog était aussi une manière d’apprendre à me structurer un peu, mais je suis bien loin de l’objectif… Alors que novembre se termine bientôt, et que décembre s’approche, je vais enfin voir si le défi de 2014, à savoir limitation financière et un comportement moins « acheteuse compulsive qui achète plus vite qu’elle ne lit », a été relevé!

Peut-être à bientôt pour un post toujours aussi mal écrit et aussi peu structuré, autour d’une lecture!

Le club des bavard(e)s

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Tout d’abord, comme je n’ai pas eu l’occasion de le faire avant, je voudrais vous souhaiter une très bonne année 2014 ainsi que tous mes voeux de bonheur et d’excellentes lectures. Je vais aussi en profiter pour remercier toutes les personnes qui passent par là, et qui commentent ou non. Merci à vous de me lire (si vous le faites) et je suis toujours contente de savoir que certaines personnes peuvent partager un côté quelque peu fétichiste.

Il faut se rendre à l’évidence, je suis une bavarde. Cela est vrai dans la vie réelle, mais ce phénomène s’amplifie dés qu’on prononce un mot: « manga ». A partir de là, on peut dire que je suis partie, et pour longtemps, trèèèèèèèès longtemps. Et certaines personnes l’ont repéré: j’ai été nommée par Bidib de Ma petite médiathèque et aussi par Carolus du Club-Shôjo pour le prix de la convivialité, une idée qui vient de Mo’ du Bar à BD. J’imagine déjà des personnes que je côtoie au quotidien se marrer si elles savaient que j’ai été citée dans un club de bavards…

Voici les règles :

1. Lorsque tu apprendras que tu as été désigné, te réjouir tu devras. Danser la gigue et arborer le logo de ce Tag sur ton blog tu feras.
2. Pour remercier celui qui t’a désigné, un petit texte tu rédigeras.
3. Puis, les 10 internautes les plus bavards sur ton blog tu nommeras.
5. Les prévenir (sur leur blog) de ton méfait tu devras.
6. Faire ce tag UNE SEULE FOIS tu pourras.

Comme Bidib, je vais faire l’impasse du petit pas de danse, étant une piètre danseuse. Je ne ferai pas l’impasse sur la deuxième règle, et je remercie très chaleureusement Carolus et Bidib de m’avoir balancée d’avoir pensé à moi. Maintenant, le plus difficile est de balancer les autres étant donné mon e-sociabilité dans la blogosphère, ce qui peut sembler incongru après avoir été citée par deux blogueuses. D’une part, les commentaires ne sont pas vraiment nombreux en cet espace, qui n’invite peut-être pas suffisamment à la discussion. De deux, le blog est très peu visité, et quand il l’est, je pense plus à un hasard ou plutôt à des récupérations d’images. Mais surtout, ceux qui ont la plus grosse (part de commentaires ici!) ne tiennent pas tous des blogs.

Je pense que si je devais citer une bavarde par la longueur et la fréquence de ses posts, ce serait sûrement Tama… qui ne tient donc pas de blog (enfin, si, en quelque sorte, mais pas très régulièrement et pas sur les manga)! Donc, bravo à toi Tama pour tes longs commentaires toujours très pertinants, c’est toujours un plaisir de te lire ici.

Pour la suite, je vais donc nommer – rien d’ordonné – celles et ceux qui repartiront d’ici avec un prix de la convivialité… suspense!!!

Dokebi Bride #1

Fut un temps où les éditeurs ont tous voulu se lancer dans le manga, ou plutôt dans la bande dessinée asiatique petit format, en passant par les manhwa coréens ou les manhua (que je suppose taïwanais). En 2007, Kymera Comics fait partie de ces éditeurs ayant tenté l’aventure pendant un temps bien bref au travers du label Drakosia par 4 titres: Cynical Orange et Dokebi Bride côté coréen, La Perle du Dragon et The Moon côté chinois (ou plutôt monde chinois, ne sachant pas ce qu’il en est de The Moon, dernier titre sorti en 2008 dans le catalogue de Drakosia). Si les deux titres chinois sont des one-shot, ce n’est pas le cas des titres coréens dont fait partie Dokebi Bride. Cynical Orange aura droit à 2 volumes, et Dokebi Bride s’arrêtera au volume 1. Dokebi Bride est donc un manhwa complètement passé inaperçu.

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Moto Hagio – Univers SF

Cela fait longtemps que je voulais dresser un inventaire des titres de science-fiction de Moto Hagio. Il n’est peut-être pas complet, dû à ma méconnaissance de la langue japonaise (j’utilise pour me débrouiller, les fameuses traductions automatiques de vous-savez-qui). Dans ce cas-là, vous pourrez me le signaler, et j’espère que les fautes seront pardonnées. Certains titres m’ont donné du fil à retordre, hésitant entre fantasy, fantastique et science-fiction, les initiales « SF » ne signifiant pas toujours qu’il s’agit de science-fiction. Si j’ai réussi à dénicher des scans japonais pour certaines histoires afin de voir le contenu, cela n’est pas le cas pour d’autres. Je considère qu’il s’agit de science-fiction dés qu’on y mentionne des voyages dans l’espace ou d’autres planètes.

Comme pour les manga de la période musicale de Moto Hagio, j’ai fait mes recherches via le site hagiomoto.net avec en complément Mangayomi (notamment pour les romaji) et l’inévitable Wikipédia. Pour les titres en anglais des manga inédits aux États-Unis, j’ai repris ceux de Matt Thorn dans son interview pour The Comics Journal. Pour les titres en français, l’anthologie Moto Hagio sortie chez Glénat très récemment (achetez-la pour Noël!!!) fait évidemment foi. Certaines informations proviennent aussi de mes lectures (avec une compréhension parfois minime): Nous sommes onze, sa suite Est et Ouest, un horizon lointainStar RedTen Billion Days and One Hundred Billion NightsGin No SankakuUn rêve ivre, Slow Down et une partie de Marginal. Lire la suite