Errances et phylactères

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Fuyumi Soryo Short Stories vol 1: Taiyou No Ijiwaru

le 29/01/2013

Taiyo No Ijiwaru - Fuyumi Short StoriesAuteure de Mars et ES – Eternal Sabbath, Fuyumi Soryo a été traduite en Europe, que ce soit en France, Italie ou en Allemagne. En Allemagne notamment, l’éditeur Egmont Manga und Anime s’est penché sur les one-shots de la mangaka. Ainsi, trois volumes sont sortis sous la bannière Fuyumi Soryo Short Stories, au prix de 6.50€ chacun. Avec une sortie de ce type, il faut croire que les manga de Fuyumi Soryo ont plutôt bien marché en Allemagne.

En Italie, sont aussi éditées les séries Cesare (les Borgia obligent?) et Three, un shôjo romantique se déroulant dans le milieu du rock. Le premier volume est sorti à l’époque de la série ES – Eternal Sabbath (2002 d’après Baka Updates, belle couverture en VO). Il est intitulé Taiyou No Ijiwaru (太陽のイヂワル) et contient 4 histoires: Cruel Sun, A Strange TraitDie Eintagsfliege (« Ephémère ») et Der Regenbogenfisch (« Le poisson arc-en-ciel »). C’est le volume le plus court (220 pages environ) de la série d’anthologies, et le plus récent également. Il est édité au Japon chez Kodansha, et les histoires semblent être parues dans les magazines seinen Morning et Evening.

Dans Cruel Sun, Maki est une lycéenne ayant rendez-vous avec son petit ami. Celui-ci lui pose un lapin (et accessoirement, est au lit avec une autre fille ce même matin…) et se fait aborder par Ryo, qui dit pouvoir assassiner ce petit ami pour elle. Les deux personnages commencent à se lier d’amitié autour du thème de la mort, alors qu’une personne se suicide devant leurs yeux.

A Strange Trait se penche sur une certaine Ryoko qui parle à son éditrice de son livre, basé sur une théorie selon laquelle les êtres humains, telles les denrées alimentaires, ont aussi une date de péremption. Passée cette date, l’être humain cesse de briller et devient totalement banal. Pour écrire son livre, Ryoko s’est inspirée de son amie d’enfance Ayako, avec qui elle est restée en contact jusqu’au lycée. Belle, intelligente, courageuse, ayant un grand sens de la justice, Ayako a toujours été l’admiration de Ryoko.

Die Eintagsfliege s’intéresse à une femme carriériste dans le milieu du marketing, obsédée par son apparence physique. Pour elle, celle-ci prime plus que tout lors des rencontres professionnelles. On suit l’histoire du point de vue de Saegusa, son assistant, extrêmement gentil et en totale admiration devant sa boss.

Dans Der Regenbogenfisch, Sari se souvient du temps où petite, elle aimait beaucoup dessiner et colorier ses oeuvres comme elle l’entendait, avec des couleurs pour le moins originales (des cheveux bleus par exemple). Malheureusement, elle s’est toujours fait reprendre par les adultes (un poisson, ce n’est pas de telle couleur, etc…) et a fini par faire ce qu’on attendait d’elle, même en continuant dans la voie artistique.

Comme souvent dans les oeuvres de Fuyumi Soryo, on a affaire à des personnages plutôt marginaux, et l’auteure aime toujours sonder les tréfonds de l’âme humaine. La mort, la jalousie, la pression devant les adultes, la fragilité de l’être humain semblent en effet des thèmes qui reviendront souvent lors des histoires courtes de Fuyumi Soryo. Ses personnages sont toujours curieux, à l’instar de Maki, la lycéenne qui pense souvent à la mort malgré une apparence tout à fait banale. Fuyumi Soryo semble ne pas apprécier les adultes et l’influence qu’ils exercent sur l’originalité d’un enfant, totalement vierge face au monde. Le carcan social est quelque chose qui ne lui convient décidément pas et c’est ains que tous ses personnages sont aux bans de la société.

Couverture originale

Couverture originale, très différente et très « art nouveau », non?

Que ce soit dans Mars avec Kira, ou encore les héros de Eternal Sabbath entre Akiba par son statut d’être de laboratoire aux capacités hors-normes ou encore l’héroïne, véritable otaku du cerveau ayant beaucoup de mal à vivre en société. Dans ce one-shot, c’est visiblement la dernière histoire qui accuse le coup, et l’héroïne, après ses souvenirs, se rend compte à quel point son art est au service des autres. J’ai l’impression qu’il y a comme du vécu dans cette histoire, d’autant plus que Soyro revient souvent vers des histoires avec une jeune fille qui aime beaucoup le dessin, et qu’elle-même dessinait beaucoup de chevaux dans son enfance. De plus, il semble que si elle a débuté dans le shôjo (faisant sans doute par moments ce qu’on a pu lui demander, et manquant de liberté), elle s’est orientée vers le seinen plus tard afin d’avoir plus de liberté dans ses choix d’histoires. Dans cette histoire, Soryo réfléchit sur l’art même et la profession artistique (alimentaire).

Dans Die Eintagsfliege, Soryo y aborde la folie et le stress dans la société moderne. Toutes les histoires possèdent de bonnes chutes, et elles m’ont beaucoup plu toutes les quatre. A Strange Trait est également très intéressant, et ce thème de la fille timide admirant une fille en apparence parfaite semble aussi revenir souvent dans les manga de Soryo. Les dessins sont très beaux dans ce one-shot récent. Le trait se rapproche de celui de Eternal Sabbath. Fuyumi Soryo est décidément une mangaka très intéressante, avec des thèmes qui reviennent assez souvent. C’est une lecture vivement conseillée, surtout lorsqu’on a du mal avec le trait plus ancien de Soryo, qui s’apparente plutôt à du shôjo romantique de base (voir les débuts de Mars, mais en plus vieux), ce qui sera le cas des volumes suivants. Quoiqu’il en soit, j’aime beaucoup son trait assez froid, et le découpage de ses planches, qui participe à la chute des histoire. Le trait froid semble donner une façade en société à ses personnages (ils paraissent tous « normaux », que ce soit la lycéenne, la working girl, l’illustratrice ou bien Ayako qui finalement a plus de faiblesse qu’on ne le croit) et le découpage, les gros plans, permettent de saisir la fragilité de ceux-ci. Ce one-shot est disponible en scans en anglais.


2 responses to “Fuyumi Soryo Short Stories vol 1: Taiyou No Ijiwaru

  1. […] pages. Les histoires sont cette fois plus anciennes que le volume précédent (fin des années 80), Taiyou No Ijiwaru qui datait des années 2000. De plus, il s’agit ici d’histoires parues chez les […]

  2. […] de Soryo, en passant dans plusieurs registres. J’ai surtout aimé toutes les histoires de Taiyou No Ijiwaru, See You In Eden, Saboten et Ein blasser Nachmittag. Les personnages de Fuyumi Soryo, par leurs non […]

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