Errances et phylactères

Manga, éditions taïwanaises, Moto Hagio, Akimi Yoshida, bandes dessinées… du papier avant tout!

Moto Hagio – Univers SF

le 03/12/2013

Cela fait longtemps que je voulais dresser un inventaire des titres de science-fiction de Moto Hagio. Il n’est peut-être pas complet, dû à ma méconnaissance de la langue japonaise (j’utilise pour me débrouiller, les fameuses traductions automatiques de vous-savez-qui). Dans ce cas-là, vous pourrez me le signaler, et j’espère que les fautes seront pardonnées. Certains titres m’ont donné du fil à retordre, hésitant entre fantasy, fantastique et science-fiction, les initiales « SF » ne signifiant pas toujours qu’il s’agit de science-fiction. Si j’ai réussi à dénicher des scans japonais pour certaines histoires afin de voir le contenu, cela n’est pas le cas pour d’autres. Je considère qu’il s’agit de science-fiction dés qu’on y mentionne des voyages dans l’espace ou d’autres planètes.

Comme pour les manga de la période musicale de Moto Hagio, j’ai fait mes recherches via le site hagiomoto.net avec en complément Mangayomi (notamment pour les romaji) et l’inévitable Wikipédia. Pour les titres en anglais des manga inédits aux États-Unis, j’ai repris ceux de Matt Thorn dans son interview pour The Comics Journal. Pour les titres en français, l’anthologie Moto Hagio sortie chez Glénat très récemment (achetez-la pour Noël!!!) fait évidemment foi. Certaines informations proviennent aussi de mes lectures (avec une compréhension parfois minime): Nous sommes onze, sa suite Est et Ouest, un horizon lointainStar RedTen Billion Days and One Hundred Billion NightsGin No SankakuUn rêve ivre, Slow Down et une partie de Marginal.

Débuts de Moto Hagio, première moitié des années 1970

Amatrice de science-fiction dés le début de son adolescence, Moto Hagio (萩尾望都) écrit aussi des récits du genre tout au long de sa (prolifique) carrière, malgré la présence très peu féminine dans la science-fiction à l’époque. Moto Hagio débute en 1969 avec Ruru to Mimi (ルルとミミ) dans le Nakayoshi (なかよし) de Kodansha, une revue qui cible un public féminin pré-adolescent. Elle continue à dessiner pour ce public, avec des histoires mettant en scène des enfants aux boucles blondes aux grands yeux, souvent dans une Europe fantasmée.

En 1971, Moto Hagio commence à écrire pour Shogakukan, grâce à Keiko Takemiya (竹宮惠子) qui lui présente l’éditeur Junya Yamamoto. A ce moment, Moto Hagio trouve plus de liberté et y publie même les histoires refusées par Kodansha (on retrouve dans le tas Le petit flûtiste de la Forêt blanche). Moto Hagio restera très fidèle à Shogakukan tout au long de sa carrière, et c’est surtout dans le magazine Petit Flower (プチフラワー) qu’elle s’illustrera le plus, de mon point de vue (mais je suis loin d’avoir lu tous les manga de Moto Hagio pour l’affirmer). Petit aparté, ce magazine cible un public féminin sur la fin de l’adolescence. Il n’existe plus aujourd’hui et c’est le Flowers qui a repris cette cible (7 SEEDS, Ane No Kekkon, Kids on the Slope, Kamakura Diary).

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Asobidama

A mes yeux, la première histoire de science-fiction de Moto Hagio est Asobidama (あそび玉), parue en janvier 1972 dans Bessatsu Shōjo Comic (別冊少女コミック) de Shogakukan. Moto Hagio y met en scène des enfants, le héros joue aux billes avec ses amis et parvient à les contrôler grâce à des dons de télékinésie. Le cadre (bâtiments, machines) est celui d’une ville futuriste.

Seireigari

Seireigari

Seireigari (extrait en chinois)

Seireigari (extrait en chinois)

Cependant, dans la chronologie de hagiomoto.net, un titre de 30 pages me fait douter: Seireigari (精霊狩り) paru en juillet 1971 dans Bessatsu Shōjo Comic (別冊少女コミック). Ce récit parle d’esprits, en commentaires de la fiche consacrée, il s’agirait de la première histoire de science-fiction de Moto Hagio. Seireigari a par ailleurs donné lieu à deux suites de 30 pages chacune: Door no Naka no Watashi no Musuko (ドアの中のわたしのむすこ) en avril 1972 et Minna de Ocha wo (みんなでお茶を) en avril 1974.

Unicorn no Yume

Unicorn no Yume

En 1972, Moto Hagio écrit une autre histoire de science-fiction, Rokugatsu no Koe (6月の声) – Voice of June en anglais, mêlant, comme Moto Hagio sait si bien le faire (et ce qui imprimera sa patte): spatial, romance, composition particulièrement poétique. En 1974, Moto Hagio publie Unicorn No Yume (ユニコーンの夢) – Dream of a Unicorn en anglais, une histoire où elle introduit le mot « Unicorn » renvoyant à l’univers de A, A’. Le seul visuel que j’ai eu fait aussi penser à de la fantasy, mais en commentaires, il est bien spécifié que cela se passe sur une autre planète. Pour le coup, les Unicorns évoqués ont bien des formes de licornes.

Rokugatsu no Koe en chinois

Rokugatsu no Koe en chinois

Explosion SF, fin des années 1970

Cette période correspond à la consécration de Moto Hagio, avec de nombreux succès à la clé. Moto Hagio marque l’histoire du manga avec Le Clan Poe (ポーの一族), premier shōjo de l’éditeur Shogakukan à sortir en tankōbon (format relié). Le succès fut tel que Rumiko Takahashi (Ranma 1/2, Rinne) n’a pu se procurer le sien car il fut épuisé très rapidement (anecdote contenue dans l’une des préfaces de l’anthologie Glénat). De septembre à novembre 1975, Nous sommes onze (11人いる!) paraît dans Bessatsu Shōjo Comic (別冊少女コミック). Dés lors, le nom de Moto Hagio sera très fortement associé à la science-fiction. A tel point que bien souvent, c’est ce récit de 120 pages qui revient pour parler de la première histoire du genre dans la carrière de Moto Hagio.

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Nous sommes onze, édition bunko

Poe No Ichizoku, manga marquant des années 1970

Poe No Ichizoku, manga marquant des années 1970

L’intrigue se déroule dans un futur lointain en milieu spatial, lors de l’épreuve de survie de l’examen d’entrée pour l’Université intergalactique. Alors que l’épreuve se déroule par équipe de dix, notre groupe de héros s’aperçoit qu’ils sont onze. Avec cette histoire hautement divertissante, mystérieuse, pleine de rebondissements et abordant la question du genre, Moto Hagio marque une génération. Elle remporte, pour Le Clan Poe et Nous sommes onze, le Prix Shogakukan en 1975 dans la catégorie shōnen. En 1979, Keiko Takemiya réitérera l’exploit pour Kaze To Ki No Uta (風と木の詩) et sa série de science-fiction Terra he… (地球へ…) – To Terra… en anglais, disponible chez l’éditeur américain Vertical, en 3 volumes.

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Est et Ouest, un horizon lointain

Le succès de Nous sommes onze donne lieu à une suite titrée Est et Ouest, un horizon lointain (続・11人いる!!―東の地平・西の永遠) dans les numéros de décembre 1976 à février 1977 du Bessatsu Shōjo Comic. Tada et Flore sont invités sur la planète de King, désormais devenu roi. Seulement, un complot politique afin de le renverser a lieu, et nos héros y sont donc mêlés. Cette histoire est plus longue (160 pages) et change de ton. Alors que le précédent récit donnait une grande part au suspense, Est et Ouest, un horizon lointain tient de l’aventure plus classique, avec un décor spatial. Sur la planète de King, l’univers et les vêtements évoquent une société médiéval. Cela me rappelle un peu Ursula Le Guin, dans son cycle de l’Ekumen, dans lequel certaines planètes adoptent une société renvoyant plutôt au passé. Tada et Flore reviennent avec Tada to Flore no Street Space ((タダとフロルの)スペースストリート) dans les numéros de mars à septembre 1977 du Bessatsu Shōjo Comic sous la forme de gags très courts.

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Tada to Flore no Street Space (en chinois)

Ce succès, couplé à celui du Clan Poe font de Moto Hagio une mangaka incontournable. Elle travaille avec d’autres éditeurs, et les années 1977 à 1979 sont marquées par plusieurs adaptations littéraires. En 1977 et 1978, Moto Hagio travaille avec l’éditeur Shueisha pour le magazine Margaret (週刊マーガレット) – qui cible un lectorat féminin collégien – en adaptant des nouvelles de Ray Bradburry. Ces nouvelles sont réunies dans un recueil sous le titre U wa Uchuusen no U (ウは宇宙船のウ) – R is for Rocket en anglais, et contient les histoires The Lake (みずうみ), The Foghorn (霧笛), R is for Rocket (ウは宇宙船のウ), Come into my Cellar (ぼくの地下室へおいで), The Rocket Man (宇宙船乗組員), The Screaming Woman (泣きさけぶ女の人), Jack-in-the-box (びっくり箱), Homecoming (集会). Parmi les adaptations littéraires de l’époque, on retrouve aussi chez Shueisha Osorubeki Kodomotachi (恐るべき子どもたち) dans le Seventeen (月刊セブンティーン) de mai à août 1979. Il s’agit de l’adaptation des Enfants terribles de Jean Cocteau dans un magazine visant un public féminin plutôt lycéen.

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R is for Rocket, recueil comprenant les nouvelles de Ray Bradburry

L’autre grande adaptation littéraire de Moto Hagio dans le genre de la science-fiction est Hyakuoku no Hiru to Senoku no Yoru (百億の昼と千億の夜) – Ten Billion Days and One Hundred Billion Nights en anglais. Le roman original est écrit dans les années 1960 par Ryu Mitsuse (光瀬龍), et serait considéré comme un des plus grands romans de science-fiction au Japon. Une édition américaine est disponible chez Viz. Ryu Mitsuse est souvent cité comme une influence majeure par Moto Hagio ou Keiko Takemiya, et plus particulièrement  ce roman-ci. Il a d’ailleurs travaillé avec Keiko Takemiya en tant que scénariste sur le manga de science-fiction Andromeda Stories (アンドロメダ・ストーリーズ), également disponible chez l’éditeur américain Vertical en 3 volumes. Ten Billion Days and One Hundred Billion Nights paraît dans le Weekly Shōnen Champion (週刊少年チャンピオン) de 1977 à 1978 chez Akita Shoten. Il s’agit d’un des rares shōnen de Moto Hagio et de sa première série longue en science-fiction, puisque l’histoire est compilée sur 2 volumes.

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Ten Billion Days and One Hundred Billion Nights, adapté du roman de Ryu Mitsuse

Ten Billion Days and One Hundred Billion Nights est une histoire cosmique, ésotérique (et passablement complexe) dont les personnages principaux sont Platon, Siddhartha, Judas, Jésus, Maitreya et surtout Ashura. Pour ce qui est de l’histoire, on retrouve un Platon obsédé par le mythe de l’Atlantide, un Jésus trahi par Judas, un Siddhartha discutant avec Ashura et tout ce beau monde va traverser le cours du temps pour se retrouver dans un futur lointain, des millénaires plus tard, dans un décor de fin de monde sans trace de vie. Pour être honnête, je n’ai plus rien compris à l’intrigue passé le chapitre consacré à Jésus (qui était bien facile). D’un point de vue graphique, Moto Hagio est très inspirée, son trait est vivant, fin, extrêmement beau, et tout cela est sans doute, à mes yeux, sublimé par la divinité Ashura au physique très féminin. Le graphisme de Moto Hagio prend ses marques, même si l’influence d’Osamu Tezuka se fait encore sentir. En parlant d’Ashura, il s’agit graphiquement d’un des plus beaux personnages de Moto Hagio, et je me demande si CLAMP ne s’en est pas inspiré pour RG Veda. C’est cet aspect très « CLAMPesque » du dessin qui m’a fait venir vers ce manga.

En avril 1978, Hidarikiki no Izan (左ききのイザン) – The Left Hand of Izan en anglais – paraît dans le magazine SF Fantasia (SFファンタジア) chez Gakken. Moto Hagio vise un public adulte plutôt habitué à la science-fiction donc masculin, avec en guise de protagonistes deux hommes. L’histoire est très courte, seulement 16 pages. Elle constitue une première percée de Moto Hagio qui reviendra dans la décennie suivante vers ce lectorat avec Gin No Sankaku.

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Hidarikiki no Izan (en chinois)

Avec Star Red (スター・レッド), Moto Hagio franchit un pas en écrivant une série longue de science-fiction (3 volumes reliés) dont elle est l’unique auteure. Star Red paraît dans le Shōjo Comic (週刊少女コミック) de Shogakukan en 1978 et 1979. Il s’agit d’un magazine visant un public féminin collégien, plus âgé que celui du Bessatsu Shōjo Comic dans lequel la plupart des histoires de science-fiction étaient alors publiées. Star Red remporte en 1980 le prix Seiun (qui récompense les œuvres de science-fiction) dans la catégorie manga. Par rapport aux autres séries de science-fiction, je trouve un processus d’identification plus fort, avec son héroïne âgée de 15 ans, proche des lectrices. Sei est une jeune fille pas comme les autres. D’origine martienne, elle vit sur Terre depuis environ 10 ans chez son père adoptif. Elle cache ses origines en se teignant les cheveux (blancs à l’origine) et en portant des lentilles (ses yeux sont rouges), elle a aussi des pouvoirs psy. Fille de bonne famille fréquentant un collège de jeunes filles le jour, elle se métamorphose en cheffe d’une bande de motards la nuit. Ses yeux sont souvent tournés vers le ciel, et en l’occurrence vers Mars où elle voudrait retourner, jusqu’au jour où le mystérieux Erg lui en donne l’opportunité.

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Star Red, avec son héroïne en tenue de moto

On retrouve dans Star Red de nombreux ingrédients présents dans les histoires de science-fiction de Moto Hagio: de la romance, du spatial, des pouvoirs psy, des rêves. Moto Hagio introduit aussi le thème de la fertilité, qui sera ensuite poussé dans Marginal. Le tout respecte un cahier des charges qu’on attribue au manga destiné aux filles, avec un petit côté fleur bleu. Graphiquement, Moto Hagio continue à affiner les personnages, même si les bouclettes blondes sont toujours présentes chez le beau gosse Erg. Au niveau des personnages, Sei s’avère une héroïne un peu rebelle qui se cherche, mais qui s’adoucit au fil du temps, notamment au contact d’Erg, avec des réactions de jeune fille offusquée au départ… Le graphisme est très joli, malgré les tenues un peu datées, des motifs à poids ridicules ou des coupes de cheveux (permanentés?). Les compositions dont Moto Hagio a le secret sont bel et bien présentes, notamment sur la fin de l’histoire. D’après Akiko Hebihara dans son article Japan’s Feminist Fabulation qui analyse Marginal, c’est par Star Red que Moto Hagio parvient à créer une science-fiction bien à elle, plus mature, moins portée sur les voyages dans l’espace.

The first to break into this new genre was Moto Hagio. Her early works mostly centered around the idea of as a boy’s dream of space, typified by her adaptation of Ray Bradbury stories, but as she established her popularity and matured as a woman, her science fiction started to evolve into speculative fiction. Staa Reddo (Star Red) was the story of a conflict between male and female principles, and in her next offering, Maajinaru (Marginal) she developed this thesis into a more fundamental, species-level question: the root of maternity.

Vers des projets plus personnels dans les années 1980

Cette décennie marque un véritable tournant dans la carrière de Moto Hagio dont les histoires prennent un ton plus adulte et plus sombre. Elle change ainsi de magazine de prépublication, restant toujours fidèle à Shogakukan, en se dirigeant vers Petit Flower (プチフラワー). De 1980 à 1984, Moto Hagio travaille sur Mesh (メッシュ), projet important aux yeux de Moto Hagio puisqu’il lui permet d’aborder des thèmes lui tenant à cœur: les traumatismes psychologiques (en particulier ceux vécus dans un contexte familial), la quête de liberté (thème déjà présent dans Le Cœur de Thomas ou Nous sommes onze), l’ambiguïté sexuelle par l’aspect androgyne de Mesh (et son prénom civil féminin: Françoise-Marie, il n’y a pas d’erreur, cela fait partie du scénario de la série) et même le viol (approfondi dans Zankoku na Kami ga Shihai Suru dans la décennie suivante). L’ambiance sombre est accentuée par un Paris peu accueillant (avec une planche qui évoque Le Locataire de Roman Polanski!), la présence de la drogue, le suicide, la prostitution. Le titre de la série vient du mot français « mèche » car le héros a des mèches de couleur argenté sur les tempes (et Moto Hagio semble aimer les mèches de cheveux, avec les Unicorns…).

Mesh

Mesh

Le dessin de Moto Hagio subit quelques changements. Dans Mesh, le trait devient plus anguleux, les personnages plus longilignes, Moto Hagio s’affranchit de ce qui lui donne un goût plus ancien, l’humour, les grimaces sont moins tezukéennes. C’est au début des années 80 que commence à surgir cette figure de beau garçon androgyne (comme Mesh, le jeune garçon du Coquetier, Tacto de 4/4), remplaçant l’archétype du beau garçon à bouclettes. Graphiquement, ce type de personnage me fait penser à Reiko Shimizu (Princesse Kaguya, The Top Secret) avec laquelle je sens une véritable filiation, déjà par ce goût prononcé de la science-fiction (cela reste à voir dans sa série d’histoires dédiées à Jack et Elena, deux androïdes traversant l’espace).

Si le projet Mesh marque le début de la décennie, Moto Hagio n’abandonne pas encore la science-fiction, bien au contraire. Elle écrit de nombreuses histoires courtes mais aussi deux séries marquantes: Gin No Sankaku (銀の三角) – Silver Triangle en anglais et Marginal (マージナル). Avec Ragini (ラーギニー) en février 1980, Moto Hagio débute dans la revue SF Magazine (SFマガジン) de l’éditeur Gakken. SF Magazine est un magazine de prépublication spécialisé dans la science-fiction, lu par un public adulte et dans lequel on peut trouver les écrits de Ryu Mitsuse. Il ne s’agit donc pas d’un magazine de prépublication manga. Ragini est un récit où la musique et le rêve sont présents, Moto Hagio situe son histoire dans un univers très inspiré par l’Inde (tenues, danses), un peu comme la présence bouddhiste dans Ten Billion Days and One Hundred Billion Nights. La présence du rêve et de la musique évoque une publication ultérieure de Moto Hagio au sein de ce même périodique: Gin No Sankaku.

Ragini

Ragini

En août 1980 sort l’artbook Kingin Sagan (金銀左岸) ayant pour thème la science-fiction. On y trouve en bichromie l’histoire en 20 pages Un rêve ivre (酔夢) reprise par les anthologies sorties en Occident (A Drunken Dream and Other Stories chez Fantagraphics, Moto Hagio – Anthologie chez Glénat, ou encore Hanshin chez JP Fantastica). Il s’agit d’une science-fiction fortement teintée de fantastique, entre rêves et réincarnations dans un univers spatial et une ambiance quelque peu romantique. J’ignore quelle est l’importance de ce récit pour figurer dans tant d’anthologies, peut-être son aspect graphique en bichromie.

Artbook Kingin Sagan

Artbook Kingin Sagan

Un rêve ivre (Suimu)

Un rêve ivre (Suimu)

Kinyou No Yoru No Shuukai

Kinyou No Yoru No Shuukai

En novembre 1980, Moto Hagio revient dans la revue SF Magazine avec l’histoire en 32 pages Kinyou no Yoru no Shuukai (金曜の夜の集会). Elle continue sur cette lancée de décembre 1980 à juin 1982 dans ce même magazine pour un récit de 300 pages: Gin No Sankaku (銀の三角) – Silver Triangle en anglais. Cette histoire remporte le prix Seiun en 1983 dans la catégorie manga. Il s’agit de la première histoire de science-fiction destinée à un public adulte pour laquelle Moto Hagio est primée. L’intrigue se déroule dans un futur lointain. La technologie permet de se cloner avant de mourir et transférer des souvenirs à celui-ci. Les voyages dans l’espace sont courants. Depuis un attentat ayant coûté la vie à une star de la chanson et dont il était garde du corps, le héros est intrigué par un instrument de musique à cordes appartenant à un peuple mystérieux aujourd’hui disparu qui vivait dans une zone de l’espace appelée Triangle d’argent. Le scénario est complexe avec des révélations, des distorsions espace-temps, des rêves, une mémoire floue et une ambiance mystérieuse. Le dessin est très anguleux, fin, avec de très jolies compositions. Moto Hagio se détache d’une science-fiction plus classique, avec fusées et voyages, pour aller vers quelque chose de plus fantastique et mystérieux. Je dois admettre qu’à partir d’un moment, l’intrigue est devenue très floue à mes yeux. Mais cela est dû à des lacunes linguistiques. Ce sont les planches de Gin No Sankaku et Marginal qui m’ont poussée à m’intéresser à Moto Hagio, étant complètement subjuguée.

Recueil de Gin No Sankaku chez Hakusensha

Recueil de Gin No Sankaku chez Hakusensha

Le peuple du Triangle d'argent

Le peuple du Triangle d’argent

A, A’ paraît en août 1981 dans le magazine Princess (プリンセス) de Akita Shoten visant un public de jeunes adolsecentes. Il s’agit d’une histoire en 46 pages qui introduit l’espèce des Unicorns, des créatures créées par l’Homme pour effectuer des missions dans l’espace. Si les Unicorns sont dotés d’une intelligence scientifique hors-pair, ils sont aussi caractérisés par leur absence (ou manque) d’émotion. Ils se démarquent par une mèche de cheveux. Le terme de Unicorn apparaît pour la première fois au début des années 1970, avec l’histoire courte Unicorn no Yume. A, A’ est le début d’une série d’histoires se déroulant dans un même univers, toutes mettant en scène un Unicorn. A, A’ est une histoire romantique ayant pour thème la mémoire. Addy est une Unicorn et chercheuse pour un projet scientifique se déroulant sur une lointaine planète. Elle meurt à la suite d’un accident mais tous les scientifiques se sont fait cloner avant leur départ en prévision des dangers de la mission. Le clone d’Addy est donc réveillé et renvoyé dans son équipe de recherches, mais tout est à réapprendre puisqu’il s’agit d’Addy avec quelques années en moins. Pour compliquer les choses, le petit ami d’Addy ne sait comment réagir face à son clone, sans oublier le caractère Unicorn des émotions d’Addy.

A, A' édition bunko (réunit aussi 4/4 et X+Y)

A, A’ édition bunko (réunit aussi 4/4 et X+Y)

De septembre à décembre 1982, Moto Hagio reste dans le Princess avec la série Mosaic Rasen (プリンセス) – Mosaic Spiral en anglais. Celle-ci s’étale sur 165 pages et sera compilée en un volume. Mosaic Spiral tient surtout du fantastique, avec un peu de science-fiction. L’intrigue se passe dans un pensionnat anglais. L’héroïne va faire la rencontre en chair et en os d’un garçon qu’elle voyait en rêve depuis son enfance. Celui-ci est alors transporté dans un monde parallèle, et elle va tenter de le suivre afin de le secourir.

Mosaic Rasen

Mosaic Rasen

En novembre 1983, Moto Hagio revient dans l’univers des Unicorns avec 4/4 (カトルカース) dans le Petit Flower, une histoire en 50 pages. L’intrigue raconte la rencontre entre Mori, un adolescent doté de pouvoirs psy qu’il est incapable de contrôler, avec une Unicorn, Trill. Celle-ci vit avec un professeur à qui elle sert de sujet d’expérience. Alors que les émotions sont peu développées chez les Unicorns, Trill s’ouvre pourtant au monde au contact de Mori. L’histoire est doté d’une pointe de romantisme, mais est marquée par de véritables traumatismes. Le dessin est très beau, et c’est sur cette nouvelle que j’ai pensé à Reiko Shimizu, en particulier le design de Trill.

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4/4 (version américaine)

Dans les numéros de juillet et août 1984 du Petit Flower, Moto Hagio écrit sa dernière histoire sur les Unicorns sur 100 pages: X+Y et remporte encore une fois le prix Seiun en 1985 dans la catégorie manga. X+Y est l’occasion de revoir Mori, des années plus tard. Cette fois, il va faire la rencontre d’un Unicorn mâle du nom de Tacto. Ce dernier travaille avec d’autres scientifiques sur un projet permettant de rendre l’environnement d’une planète vivable pour les êtres humains. L’intrigue est prenante, Moto Hagio explorant encore une fois la question du genre et du traumatisme, de la famille, des relations parents-enfant, le tout matiné d’un peu de fan service boys love. Tacto arbore des traits du beau garçon androgyne évoquant Reiko Shimizu. Notons que les histoires A, A’, 4/4 et X+Y ont été traduites en anglais dans les années 1990 par Matt Thorn et sont sorties dans un recueil intitulé A, A’ chez Viz, aujourd’hui épuisé.

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X+Y – édition américaine de Viz

Niseou (偽王), une histoire de 50 pages, paraît dans le numéro de septembre 1984 du Petit Flower. Herbal Beauty (ハーバル・ビューティ) paraît dans le numéro d’octobre 1984 de Bouquet (ぶ~け) – magazine qui n’existe plus aujourd’hui, visant un public féminin – chez Shueisha. Il s’agit d’une histoire de science-fiction spatiale en 57 pages, avec une thématique sur les plantes. Dans le Petit Flower de mai 1985 paraît une histoire très courte (16 pages) titrée Slow Down (スロー・ダウン) dans laquelle un jeune homme est enfermé dans une pièce pour une expérience scientifique. Le tout est un huis-clos avec une fin surprenante. Le mois d’août 1985 marque une première incursion de Moto Hagio dans le magazine ASUKA de Kadokawa Shoten (dans lequel on trouve X de CLAMP, un magazine visant un public féminin plutôt otaku), avec Kimi wa Utsukushii Hitomi (きみは美しい瞳). Cette histoire de 40 pages est reprise dans une anthologie de fantasy dans laquelle on retrouve des auteures comme Keiko Nishi (Ane No Kekkon), Yumi Tamura (Basara), Akiko Hatsu (Uryuudou Yumebanashi) ou encore Masako Yoshi (Comment ne pas t’aimer, Du haut de mon monde, Manabu).

Niseou

Niseou

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Herbal Beauty

Slow Down

Slow Down

Kimi wa utsukushi Hitomi

Kimi wa utsukushi Hitomi

La plupart des histoires courtes mentionnées, que ce soit dans les années 70, 80 ou 90 sont regroupées dans les volumes reliés Hanshin (半神) ou A, A’. Curieusement, alors que l’histoire Mon côté ange figure dans le volume De l’humain de l’anthologie Moto Hagio chez Glénat, celle-ci fait partie au Japon d’un recueil où figurent plutôt des histoires de science-fiction, donc, plutôt du côté du volume intitulé De la rêverie.

Hanshin regroupe de nombreuses histoires courtes SF et aussi Mon côté ange

Hanshin regroupe de nombreuses histoires courtes SF et aussi Mon côté ange

L’œuvre majeure en science-fiction de cette décennie reste Marginal (マージナル) en prépublication dans le Petit Flower d’août 1985 à octobre 1987. Il s’agit à ce jour du récit de science-fiction le plus long de Moto Hagio, le tout s’étalant sur un millier de pages (5 volumes reliés). Dans Marginal, Moto Hagio parle d’un sujet qui lui tient beaucoup à cœur: la maternité. Alors que la relation parents-enfant est un sujet récurrent dans ses histoires, Moto Hagio s’intéresse tout autant au fait d’être, biologiquement, un parent. Ainsi dans Star Red, l’infertilité et le taux de mortalité infantile constituent un problème majeur sur la planète Mars. Dans Marginal, toute l’histoire tourne autour de ce sujet. Pour écrire cette histoire complexe et au ton mature, Moto Hagio situe l’action en 2999 duquel les individus de sexe féminin ont disparu, et dont l’existence tient même du mythe.

Marginal

Marginal

De son aveu, Moto Hagio voulait surtout dessiner de jolis garçons. Mais on devine que tout ceci permet à Moto Hagio de réfléchir sur le sens de la grossesse, les femmes étant pour le moment celles qui portent encore l’enfant chez les êtres humains. En 2999, la Terre est devenu un monde désertique, les humains vivent sous des domes (et avec des vêtements rappelant l’Europe de la Renaissance?), et il n’y a plus que des hommes. Ceux-ci prennent de jeunes éphèbes pour partenaires sexuels, mais donnent leur semence à la Mère Sacrée, seule femme (en réalité, un utérus artificiel) qui porte les enfants de toute la planète. Au début de l’intrigue, il y a une véritable crise de naissances. L’espoir repose peut-être sur le jeune Kira à l’aspect androgyne, mystérieux garçon ayant perdu la mémoire. Le monde unisexe dans lequel se déroule l’intrigue évoque La main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin, dont l’inspiration est plausible. L’intrigue est complexe, lente, mystérieuse et réserve des surprises (les souvenirs sont loin, et je n’ai jamais lu la fin). Graphiquement, Moto Hagio est au meilleur de sa forme, avec un dessin particulièrement élégant au niveau des personnages et avec de très beaux décors (les bâtiments, le désert). J’ai été surprise en voyant les planches de Marginal lors de la conférence consacrée à Moto Hagio (en sa présence) au Centre Pompidou, étonnée par le talent graphique de la mangaka (ce qui m’a mené à ce long post…) et par la date du manga: la fin des années 1980.  A mes yeux, Marginal est sa plus belle réalisation graphique.

Marginal, extrait

Marginal, extrait (scantrad de Pink Panzer)

Des années 1990 à nos jours

A la fin de Marginal et jusqu’au début des années 1990, Moto Hagio écrit plusieurs manga consacrés à la danse. Les années 1990 ne constituent pas une décennie marquée par la science-fiction. La grande série de Moto Hagio, et la plus longue à ce jour (17 volumes!) est Zankoku na Kami ga Shihaisuru (残酷な神が支配する) – Un dieu cruel me domine en français qui paraît dans le Petit Flower de juillet 1992 à juillet 2001. Cette série est récompensée lors du Prix culturel Osamu Tezuka en 1997, et remporte le prix d’excellence. Avec cette série, Moto Hagio pousse encore plus loin le drame en milieu familial et les traumatismes subis en racontant l’histoire d’un jeune adolescent violé par son beau-père (après remariage de sa mère). C’est sûrement l’apogée dans le versant consacré à l’humain dans l’œuvre de Moto Hagio. Cette grande série ne laisse donc que peu de place à la science-fiction. Dans le Petit Flower de novembre 1990 est prépubliée Manatsu no Yoru no Wakusei (真夏の夜の惑星), une histoire de 32 pages plutôt légère avec de la romance, de la comédie et du spatial. A côté d’une série aussi sombre que Zankoku na Kami ga Shihaisuru, la science-fiction de Moto Hagio devient plus joyeuse.

Zankoku na Kami ga Shihai Suru (scantrad de Pink Panzer)

Zankoku na Kami ga Shihaisuru (scantrad de Pink Panzer)

Les deux séries de science-fiction de Moto Hagio sortent toutes deux chez l’éditeur Kadokawa Shoten, et faisant apparaître des extra-terrestres dans un Japon contemporain. Umi No Aria (海のアリア) – Aria of the sea en anglais – paraît dans le ASUKA de août 1989 à mai 1991, et compte 3 volumes reliés. L’intrigue s’intéresse à un accident en mer vécu par plusieurs amis dont un, disparu, réapparaît. Il s’avère que son corps est possédé par un extra-terrestre. Le ton semble dramatique d’après les extraits que j’ai pu y voir.

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Aria No Umi – volume 1

Aria No Umi (extrait en chinois - édition pirate)

Aria No Umi (extrait en chinois – édition pirate)

L’autre série de science-fiction de la décennie est Abunai Oka no Ie (あぶない丘の家) – House on a Dangerous Hill en anglais – paraît dans le Asuka Fantasy DX (ASUKA増刊ファンタジーDX) de 1992 et 1993. Le Askua Fantasy DX est un magazine visant un public féminin, dans des genres touchant la fantasy, le fantastique ou la science-fiction. House on a Dangerous Hill met en scène des enfants dans une intrigue de science-fiction au ton léger. La totalité de l’histoire est compilée sur 3 volumes. Au niveau des dessins, il s’agit du trait des années 1990, avec des coupes de cheveux parfois en pique, proche de celui dans La Princesse Iguane (イグアナの娘) ou encore Léokun (レオくん). L’évolution graphique de Moto Hagio entamée dans les années 1990 et se poursuivant encore aujourd’hui dans La Reine Margot (王妃マルゴ) actuellement en cours dans le magazine YOU de Shueisha est à mes yeux moins forte que celui de la fin des années 1980.

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Abunai Oka No Ie – volume 3

Il faudra attendre la fin de Zankoku na Kami ga Shihaisuru pour un retour de Moto Hagio vers la science-fiction. Barbara Ikai (バルバラ異界) – Otherworld Barbara en anglais – paraît dans les numéros de septembre 2002 à août 2005 du Flowers de Shogakukan (qui remplace le Petit Flower), soit 4 volumes reliés. Avec cette série, Moto Hagio fait indéniablement un grand retour, avec une histoire de science-fiction sombre, ambitieuse et originale. L’action se déroule dans un futur proche et laisse place aux rêves. Barbara ne désigne pas une personne, mais un monde paisible dans lequel les enfants ont la capacité de voler. Barbara est un monde rêvé par une jeune fille du nom d’Aoba dans le coma depuis ses 9 ans. Aoba a été découverte inconsciente à côté des corps de ses parents, leurs cœurs se trouvant dans son estomac. Afin de découvrir ce mystère, un homme doté d’un pouvoir particulier va entrer dans son monde, mais celui-ci découvre que les rêves d’Aoba ont une influence sur notre avenir. Cette série à l’intrigue originale et ambitieuse (sur le papier, n’ayant lu qu’un quart de volume…) a été récompensée en 2007 par le Nihon SF Taisho Award, un prix attribué à toute œuvre de science-fiction japonaise peu importe le support.

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Barbara Ikai – volumes 1 et 2

Barbara, un monde paisible et heureux avec ses enfants qui volent et ses chèvres

Barbara, un monde paisible et heureux avec ses enfants qui volent et ses chèvres (extrait en chinois)

La réalité n'est pas sans rappeler certaines scènes de Please Save My Earth

La réalité n’est pas sans rappeler certaines scènes de Please Save My Earth

A la fin de Barbara Ikai, Moto Hagio sort principalement des histoires courtes dans le Flowers regroupées dans des recueils intitulés Anywhere but here (ここではないどこか). Elle revient avec la série longue La Reine Margot (王妃マルゴ) en septembre 2012 dans le YOU (magazine visant un public féminin adulte chez Shueisha), toujours en cours aujourd’hui. Sa dernière incursion dans la science-fiction date des mois de juin et juillet 2013 dans le Flowers, avec l’histoire AWAY (アウェイ-4月1日). Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle Omeshi de l’écrivain Sakyō Komatsu (La submersion du Japon, disponible chez Picquier), série en cours 1 volume sorti, terminée en 2 chapitres, sur environ 80 pages. Pour l’intrigue, je cite Manga-news:

Au niveau de l’histoire, celle-ci se passe en mars 2033. Un jour, dans une certaine ville, tous les adultes disparaissent. Il ne reste plus que les enfants. Que vont-ils devenir? On va suivre le destin du jeune Kazuki Kage.

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AWAY


5 responses to “Moto Hagio – Univers SF

  1. Herbv dit :

    Pfiou, il y avait de la lecture. Tu cherches à faire plus long que mon dossier ?🙂

    En tout cas, bravo pour ce billet bien complet et agréable à lire (même si au niveau du traitement des illustrations, il y aurait peut-être moyen de mieux les intégrer).

    • a-yin dit :

      En guise d’images, j’insère tout ce que je trouve, je suis sans pitié mais je peux me le permetter sur un blog perso. J’aimerais bien réussir à mieux disposer les images mais je n’ai pas d’idées alors ça reste comme ça, pas très esthétique.

      Merci d’avoir lu la totalité de ce long texte. Au départ, ça n’aurait pas dû être aussi long, je voulais faire un simple listing. Puis de fil en aiguille, j’ai un peu creusé et découvert un nombre impressionnant d’histoires .

      Tout ça m’a donné envie de relire Star Red, dont la moitié de l’histoire est passée complètement au-dessus. On dirait que je comprends mieux! Je relirai Ten Billion Days and One Hundred Billion Nights plus tard, je reste traumatisée par le futur sans vie sans rien. Je suis motivée pour relire Gin No Sankaku aussi !!! Vive Moto Hagio!!!!!

  2. […] des titres tels que Le pensionnat de novembre ou Le Cœur de Thomas, elle est aussi célèbre pour ses histoires de science-fiction et ses drames humains (ou plutôt traumatismes familiaux devrais-je dire). A la fin des années […]

  3. xkazemg dit :

    Nice one!
    Shame I have to rely on google translate to read your post🙂
    加油!😉

    • a-yin dit :

      Oooh thanks for your comment🙂 . I’m happy you’ve enjoyed this post, and there is no shame: it was really too long haha!!! Happy that this article has been « google-translated »😀 ! I only can write correctly into French T-T

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