Errances et phylactères

Manga, éditions taïwanaises, Moto Hagio, Akimi Yoshida, bandes dessinées… du papier avant tout!

Dennou Coil – Coil A Circle Of Children

le 01/07/2010

dennocoil

Dennou Coil est une série de 26 épisodes réalisée par un certain Mitsuo Iso, qu’on a souvent retrouvé au poste d’animateur clé dans des productions telles que Porco Rosso, Perfect Blue, Ghost In The Shell ou encore FLCL. Dans le staff, on retrouve pas mal de personnes ayant bossé chez Ghibli. La série est produite par Madhouse, et traite des univers virtuels dans un futur plus ou moins proche. Elle a souvent été surnommée de « Ghibli meets Lain » pour son chara-design ghiblien et l’univers cyber qui s’apparente plus ou moins à Serial Experiments Lain. Ce sont ces deux aspects qui m’ont attiré vers cette série, ainsi que les échos très positifs qui entouraient la série sur la Toile. Et puis, j’aime bien les gamins dans les anime, l’ambiance estivale et ses jeux en plein air… comme Noein par exemple.

Environnement:

On est dans un futur proche où l’utilisation du réseau virtuel qu’on connaît sous le nom d’Internet est différent du nôtre. En effet, tout passe par des lunettes que portent les gens. Ces lunettes se connectent au grand réseau, et c’est par elles qu’on peut voir une réalité virtuelle se superposant à notre réalité. Par exemple, on peut en mettant des lunettes voir un mur qui n’existe pas, ou encore voir un cyber animal de compagnie qu’on ne verrait pas dans notre réalité, lancer des sorts ou taper sur un clavier virtuel… Je ne sais pas si je suis claire. Certains parlent de « réalité augmentée », chaque endroit de notre réalité est lui-même encodé dans la Toile.

A Daikoku City, les anciennes versions donnent des « espaces obsolètes », ce qui signifie que le Réseau n’a pas remis à jour certains endroits de la ville. Cela procure aux enfants de la ville divers espaces de jeux tels que la chasse aux Illegals, ces entités noires à l’intérieur desquelles on trouve des « metabug » permettant d’échanger des objets cyber dans la boutique de la vieille Megabaa. Bien entendu, ces jeux dans les espaces obsolètes sont à la limite de la légalité (futurs cyber-délinquants que ces gamins xD). Notons que l’univers ne s’apparente pas à ce qu’on a l’habitude en SF, on est dans un futur qui ressemble très fort au nôtre (la ville de Daikoku City est même plus que normale dans son architecture), seules les lunettes changent la donne. Pour assurer la sécurité virtuelle de Daikoku City, un logiciel dont l’interface est un gros bonhomme rouge maladroit appelé Satchi défile les rues et annihile toute illégalité cyber dont les fameux gadgets virtuels des enfants.

satchii

Histoire:

Au milieu de tout cela, Yûko Okonogi, surnommée Yasako, emménage avec sa petite soeur Kyôko dans la ville de Daikoku City où son père a été muté au siège de son entreprise, une grande compagnie de lunettes. A son arrivée à Daikoku City, Yûko découvre les espaces obsolètes où elle perd son chien Densuke. Heureusement, elle fait la rencontre de Fumie qui lui explique le fonctionnement de Daikoku City et ses possibilités, et devient membre d’un club de détectives virtuels dirigé par Megabaa, la fameuse vendeuse de gadgets virtuels et de surcroît grand-mère de Yasako. A l’école, Yasako fait aussi la rencontre de Haraken qui enquête sur le décès de son amie Kanna sûrement provoqué par des Illegals. Dans sa classe, Yûko Amasawa, une nouvelle venue avec qui les relations sont difficiles (malgré le même prénom), enquête également sur les Illegals pour retrouver son frère disparu. Quant à Yasako, qui a hérité des lunettes et de Densuke à la mort de son grand-père, elle voit en rêve un mystérieux passé qu’elle ne comprend pas. En même temps, une légende urbaine circule parmi les enfants sur une certaine Michiko qui peut exaucer n’importe quel voeu dans un espace situé de l’autre côté (de la vie).

Avis:

Je ne sais pas si quelqu’un a compris quelque chose à la description de l’environnement ou encore à l’histoire… Il est vrai que c’est pas très compréhensible écrit sur le papier. Visuellement, c’est beaucoup plus clair je vous rassure, et puis on a pas mal d’épisodes pour s’adapter à l’environnement. Voici une série très bien construite, cohérente, c’est un petit bijou plein d’inventivité. L’animation est très bonne, la qualité d’anciens de Ghibli se voit. Le chara-design fait bien sûr penser aux productions Ghibli, mais déroute légèrement avec ses visages tout en rondeurs, ou ses nez/bouche parfois placés bizarrement, une impression parfois toonesque se dégage de tout ça, tel Densuke (je veux le même), le chien de Yasako.

Le rythme est bien dosé, c’est lent au début mais on ne s’ennuie jamais et on découvre avec Yasako les possibilités offertes par les lunettes. Grâce à elles, contrairement aux enfants d’aujourd’hui, les héros de la série ne passent pas leur temps sur Internet dans leur chambre mais jouent souvent dehors et courent partout à la découverte de nouveaux espaces obsolètes pour chasser des Illegals et récolter des metabugs. Ca fait plaisir de voir autant d’enfants en plein air en train de jouer, je trouve qu’on en voit de moins en moins (les jeux vidéo sûrement et des parents plus protecteurs qui préfèrent voir leurs enfants en sécurité). La première partie est pleine d’humour et son aspect enfantin n’est pas désagréable. Enfantin mais pas neuneu.

Pendant la première moitié de la série, Dennou Coil invite le spectateur à découvrir son univers. C’est donc une immersion dans cette nouvelle virtualité où on rencontre les Illegals, les metabugs, les rumeurs et légendes urbaines, les cyber animaux de compagnie. Kyôko la terrible (turbulente) petite soeur sera souvent de la partie. Elle fait penser à Mei, la petite soeur dans Mon voisin Totoro mais celle-ci était bien plus adorable (je trouve xD). On découvre aussi toutes sortes d’Illegals, tels le dinosaure, la baleine qui transforme les espaces touchés en cubes d’eau ou encore, le virus des barbes qui poussent qui se répand comme une trainée de poudre parmi les utilisateurs de lunettes (un épisode qui vaut le détour, le 13). L’intrigue principale prend également forme dés le début, mais se renforce petit à petit jusqu’au grand final plein de suspens. Il est question de mystères virtuels, de morts, de coma ou encore de rêves. C’est le côté qui m’a fait penser à Serial Experiments Lain car les morts semblent revenir pour communiqer avec les vivants au travers du Réseau.

L’intrigue est sombre et pleines de révélations, et permet d’apporter une réflexion par rapport aux nouvelles technologies auxquelles les enfants sont très vite accros. Les espaces obsolètes avec lesquels s’amusent les enfants, comme en témoignent les légendes urbaines, ne sont pas sans danger et tendent à pousser les spectateurs à se tourner vers la réalité et à s’éloigner du virtuel. On peut très vite se faire aspirer dedans et ne plus en sortir. Il faut aussi accepter certaines douleurs, certains traumatismes, comme en témoigne la fin de la série, et avancer sans regarder le passé. Cela s’applique surtout à Yûko Amasawa, la jeune fille froide, complètement tournée vers la recherche de son grand frère.

Dennou Coil est donc une série fort intéressante, qui plus est bien réalisée. On sourit souvent devant la série, surtout les interventions idiotes des « boku Satchi » ou les bêtises de la petite Kyôko (heureusement je ne l’ai pas en petite soeur…). Une série complète: drôle, mystérieuse, attachante, intéressante, inventive, pleine d’émotion sur la fin et qui propose quelques pistes de réflexion. C’est une série originale dans son genre et à moins d’inviter certains d’entre vous à la découvrir, je ne vois pas trop à qui la conseiller. Notons que les personnages féminins ont pour la plupart pas mal de caractère, je suis fan de Fumie (je plains le pauvre petit frère). Enfin, bien que Dennou Coil s’adresse aux enfants (elle a été diffusée sur une chaîne éducative), elle peut largement être appréciée par des adultes.


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